6. Le dopage
Le dopage n'est pas propre au cyclisme, mais concerne tous les sports. De plus, la frontière entre les compétences des autorités sportives et des autorités policières, judiciaires et politiques n'est pas clairement définie. Ainsi, lorsque le procureur de la République a demandé au président du tribunal correctionnel de Lille la relaxe de Richard Virenque lors du procès Festina en novembre 2000, il estimait que le citoyen n'avait rien commis de répréhensible au regard de la loi française, alors que le coureur venait enfin d'avouer qu'il se dopait, qu'il avait triché dans la pratique de son sport. Le 6 juin 2001, la brigade des stupéfiants italienne lançait l'opération « Trèfle à quatre feuilles » : à San Remo, 360 carabiniers investissaient les hôtels des coureurs du Giro et récoltaient 300 produits dopants. Devant l'ampleur avérée du phénomène, la Fédération italienne suspendait – très provisoirement –, à partir du 18 juin 2001, toutes les compétitions cyclistes en Italie. En 2006, la police espagnole lance l'opération Puerto et met au jour un vaste réseau de dopage sanguin, concernant essentiellement des champions cyclistes. Reste que si le dopage n'est pas un phénomène récent dans le cyclisme, l'omerta qui régnait dans le peloton n'aura été levée qu'en raison de l'intervention de la police et de la justice.
• Un fléau ancien
En 1924, déjà, Henri Pélissier déclare à Albert Londres qu'il utilise de la cocaïne. Son frère, Francis, ajoute : « Nous marchons à la dynamite. » En 1955, Jean Malléjac est victime d'une défaillance dans l'ascension du mont Ventoux. Il sera sauvé. Georges Pagnoud relate l'événement dans Le Télégramme de Brest : « ... Il fallut lui desserrer les mâchoires. [...] Ce n'est qu'un quart d'heure plus tard [...] que Malléjac sortit de son évanouissement... » Accusé de dopage, Malléjac portera plainte contre X. Le 1er juin 1965, le Parlement français adopte une loi destinée à combattre le dopage. Jacques Anquetil déclare à ce sujet : « La loi antidoping est une idiotie. » Et ajoute : « Oui, je me suis dopé. » Le 13 juillet 1967, Tom Simpson s'écroule sur les pentes du Ventoux. On ne pourra le sauver. Le docteur Dumas, médecin du Tour de France, refuse le permis d'inhumer. L'autopsie révélera des traces d'amphétamines. Deux ans auparavant, Tom Simpson avait déclaré dans les colonnes du journal The People qu'il se dopait pour pratiquer son métier.
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