Le mot rationalisme, en son sens large, ne désigne pas vraiment une doctrine, comme les mots « idéalisme » « réalisme » ou « empirisme ». Sans doute peut-on en fixer certains traits pour constituer, en un sens étroit, le contenu d'une doctrine qui s'oppose alors à l'empirisme, et pose que toute connaissance exige des principes universels non tirés de l'expérience. Mais le mot correspond plutôt à une orientation générale, à une certaine forme ou manière d'interprétation de l'expérience humaine, qui peut se superposer à différentes doctrines, ou les pénétrer, sans en altérer fondamentalement le contenu. C'est cet aspect que nous essaierons surtout de définir, l'opposant alors à l'irrationalisme. Car le conflit des deux attitudes constitue, sous différentes présentations et à différents niveaux, plus encore aujourd'hui qu'à d'autres époques, un thème déterminant de la culture.
Le motif dominant du rationalisme est évidemment l'hypothèse que la réalité peut être atteinte en quelque façon – et les actions humaines évaluées sinon gouvernées – par l'usage de la raison. Mais que faut-il entendre par la « raison » ? À travers la diversité des sens qui ont été et s […]
Autres références
« RATIONALISME » est également traité dans :
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BACHELARD GASTON (1884-1962)
Auteur :
Guy SAMAMA
science de quoi conférer à la philosophie et à la science la poésie qu'elles méritent. Le *rationalisme de Bachelard est appliqué et engagé. Appliqué, il étudie les effets de compréhension d'un esprit sur un autre esprit ; il s'appuie sur la connaissance fine, objectivée, du détail et du jeu des aberrations ; il repousse ainsi les…
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LE DÉCLIN DE L'OCCIDENT, livre de Oswald Spengler
Auteur :
Éric LETONTURIER
Dans le chapitre "Une politique opportuniste de la décadence " : …
analyses critiques de la civilisation et la dimension tragiquement prophétique de ses conclusions. *Partagée par Mosca, Weber, Pareto et Michels, l'analyse spenglérienne des effets de la montée du rationalisme contient des éléments originaux qui la distinguent des auteurs des « idées de 1914 » (T. Mann, M. Scheler, W. Sombart), opposant la culture…
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DESCRIPTION ET EXPLICATION
Auteur :
Jean LARGEAULT
Dans le chapitre "Les théories de l'explication" : …
loi de correspondance entre les modifications d'individus (les monades), tous reliés entre eux. Les *rationalistes classiques ne pouvaient être que très sélectifs en matière d'admission de causes, puisqu'ils exigeaient qu'elles fussent en même temps des raisons : « causa sive ratio », l'expression se trouve dans Spinoza et dans Leibniz, peut-être…
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EMPIRISME
Auteur :
Edmond ORTIGUES
d'auteurs anciens et modernes qui seraient bien étonnés de se retrouver dans la même auberge : *« Le fait est que l'usage systématique des étiquettes empiristes et rationalistes est un produit du xixe siècle, un produit des historiens de la philosophie qui ont vu la philosophie du xviiie…
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ÉPISTÉMOLOGIE
Auteur :
Gilles Gaston GRANGER
Dans le chapitre "Qu'est-ce qu'un « état de la science » à un moment donné ?" : …
commune et du désir abstrait d'universalité qu'une première réflexion philosophique cultive, le *rationalisme scientifique accepte de démultiplier ses domaines en des systèmes provisoirement autonomes. Bachelard décrit un « rationalisme électrique » et un « rationalisme mécanique ». Chaque région ainsi délimitée à un moment donné de l'histoire…
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Bibliographie
Aristote, Seconds Analytiques, trad. Tricot, Vrin, Paris, 1970
G. G. Granger, Pour la connaissance philosophique, éd. Odile Jacob, Paris, 1987
E. Kant, Critique de la raison pure, in Œuvres philosophiques, F. Alquié éd., Gallimard, 1980-1985
« Critique de la raison pratique », ibid.
J. Vuillemin, Nécessité ou contingence, éd. de Minuit, 1984.
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