2. La physique, la biologie
Aristote fait de la nature elle-même le principe du mouvement, que ce soit dans le ciel (où le mouvement des astres est circulaire et uniforme) ou sur la Terre (où ont lieu le changement substantiel, et le changement selon le lieu, la qualité ou la quantité). D'où les deux compartiments de la nature : le ciel, dont les mouvements sont éternels et nécessaires ; la Terre, où les changements obéissent aux quatre causes : matérielle, formelle, efficiente, finale, bien qu'ils puissent être également fortuits. On voit que la nature sur Terre, tout en laissant place à la contingence, n'est pas davantage abandonnée au hasard qu'elle ne l'était chez Platon.
Aristote est également célèbre pour avoir donné une définition du mouvement, du lieu et du temps. Il s'est appliqué à réfuter les quatre arguments de Zénon d'Elée sur l'impossibilité du mouvement. Cette réfutation était importante dans la perspective d'Aristote qui voulait accorder un statut scientifique à la physique, dont il faisait une science plus haute que les mathématiques puisqu'elle portait sur la substance mobile, et non, comme ces dernières, sur la quantité, que celle-ci soit discrète (arithmétique) ou continue (géométrie).
À la physique ressortissait, pour Aristote, la biologie, dont on peut dire qu'il fut l'inventeur, tout comme de la logique. L'hylémorphisme, ou doctrine qui assigne à tout être naturel une matière (hulè) et une forme (morphè), s'applique en particulier à l'être vivant, où la forme est également la fin qu'il tend à réaliser.
À la biologie d'Aristote se rattache sa psychologie. Celle-ci s'est intéressée aux différentes fonctions de l'âme mais également à la définition même de l'âme, selon laquelle celle-ci est « la forme d'un corps organisé ayant la vie en puissance ». Cette définition rencontre une certaine difficulté à faire entrer l'intellect parmi les facultés de l'âme humaine, puisque cet intellect vient « du dehors » au cours de la génération et qu'il est immortel, du moins dans sa partie active, sans laquelle l'âme humaine ne peut rien penser.
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