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ARISTOTÉLISME

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3.  La métaphysique

Les éditeurs d'Aristote ont rassemblé dans une collection dite « les livres qui viennent après les livres physiques » les ouvrages d'Aristote qui traitent de sujets divers, qui sont tous objets de controverses. Ces livres constituent ce qu'on appelle depuis lors La Métaphysique d'Aristote. On ne saura jamais si et comment Aristote aurait introduit un ordre parmi ces livres, qui ne sont pas d'une cohérence parfaite, mais qui n'en dessinent pas moins un parcours portant sur des recherches qui ont entre elles un caractère commun, celui de transcender l'expérience sensible, et de tenter une théorie générale de l'être et de la connaissance qui s'y applique.

Il faut relever d'abord qu'Aristote n'était pas peu fier d'avoir, mieux que ses prédécesseurs d'Ionie et que son maître Platon, distingué quatre sortes de causes, dont on a vu qu'elles sont utilisables en physique, qui est la science des êtres en mouvement. Cette science s'achève par la démonstration de l'existence d'un Premier Moteur, qui est la cause du mouvement des astres et, par leur intermédiaire, des mouvements terrestres. En raison de ces liens qui échappent à la science physique proprement dite, on ne peut dire que l'aristotélisme soit un naturalisme, au sens moderne du terme, selon lequel la nature se suffirait à elle-même. Aristote reconnaît l'existence des dieux et même d'un Dieu suprême.

C'est pourquoi, à côté des mathématiques et de la physique, Aristote pose l'existence d'une troisième science théorique, à savoir la théologie. La philosophie d'Aristote, en tant qu' elle recherche les premières causes, donne à cette théologie un accès pour ainsi dire naturel. La théologie plonge, d'autre part, ses racines dans l'analyse de l'être ou ontologie. On a déjà vu que le traité des Catégories, qui est un traité métaphysique davantage qu'un traité logique, assignait à la substance un rôle fondamental, non seulement pour les attributs qui s'y rapportent mais également pour les notions universelles qui […]

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ACTE, philosophie

Écrit par :  Paul GILBERT

Acte signifie « réalité vive, terminée ».* Cette signification, féconde dans le domaine juridique, fait appel à une structure métaphysique venue de l'aristotélisme. Mais avant d'examiner cette source et la tradition qui en est née, il convient de distinguer, sans les séparer, l'acte et l'action. Bien qu'on ne… Lire la suite
ALEXANDRE D'APHRODISE (fin IIe-déb. IIIe s.)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Philosophe péripatéticien grec, Alexandre d'Aphrodise, qui vécut sous le règne de Septime Sévère (193-211), commenta une très grande partie de l'œuvre d'Aristote. Plusieurs de ses commentaires sont perdus, notamment ceux qui concernent les Catégories, le Traité de l'interprétation, le deuxième livre des Premiers AnalytiquesLire la suite
ALEXANDRIE ÉCOLE PHILOSOPHIQUE D'

Écrit par :  Jean PÉPIN

Dans le chapitre "L'éclectisme du Ier siècle avant J.-C."  : …  le principal représentant fut l'Alexandrin Eudore, suivi par son compatriote Potamon. La tradition *aristotélicienne est également florissante. Circonstance curieuse, elle s'inspire moins des grandes œuvres d'Aristote que de ses dialogues, qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Or ces dialogues, datant de la jeunesse d'Aristote, devaient être, par… Lire la suite
ANDRONICOS DE RHODES (Ier s.)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Philosophe aristotélicien, Andronicos de Rhodes a écrit un commentaire, maintenant perdu, sur les Catégories d'Aristote, dont on retrouve la trace dans le commentaire de Simplicius sur le même ouvrage (Commentaria in Aristotelem Graeca, t. VIII, Berlin, 1907) et un traité Sur la division (méthode logique d'origine… Lire la suite
ARISTOTE (~385 env.-~322)

Écrit par :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "« Aristote perdu »"  : …  des problèmes aux historiens. Car cet « Aristote perdu » n'a rien d'« aristotélicien » au sens de l'*aristotélisme des œuvres conservées ; il développe des thèmes platoniciens et renchérit même parfois sur son maître (ainsi, dans le dialogue Eudème ou De l'âme, il compare les rapports de l'âme et du corps à une union contre nature… Lire la suite
ARISTOTÉLISME MÉDIÉVAL

Écrit par :  Alain de LIBERA

Dans le chapitre "Traductions, apocryphes et commentaires"  : …  d'apocryphes et de commentaires, l'Aristote médiéval ne saurait vraiment exister à l'état pur. *Il n'est donc pas étonnant de constater que la catégorie même d'« aristotélisme » soit quasi inconnue du Moyen Âge. Certes, Aristote lui-même est « le Philosophe » (Philosophus) par excellence ou par antonomase (per antonomasiam) ;… Lire la suite
ARISTOXÈNE DE TARENTE (~IVe s.)

Écrit par :  Barbara CASSIN

… *Aristoxène le Musicien, né à Tarente entre ~ 356 et ~ 352, élève d'Aristote et ami de Dicéarque, a participé aux grands travaux historiques et scientifiques du Lycée sous le scolarquat de Théophraste, en écrivant — sur la musique, son histoire, son enseignement, ses instruments, ses principes — des ouvrages qui eurent une influence considérable.… Lire la suite
AUTORITÉ

Écrit par :  Éric LETONTURIER

Dans le chapitre "Les premières conceptions de l'autorité"  : …  parée de transcendance pour mieux mettre à l'abri de la contestation ceux qui s'en prévalent. *Aristote, dans sa Politique, justifie lui aussi par un argument pré-politique l'origine de la distinction qu'il opère entre « ceux qui commandent et ceux qui sont commandés ». Dans cette argumentation, un ordre cosmique, dont l'existence est… Lire la suite
DÉSIR, philosophie

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "Le désir, entre manque et plénitude"  : …  du désir, qui participe à la raison pour autant qu'il peut écouter sa voix et lui obéir. Les *commentateurs grecs d'Aristote distingueront entre désir sensible et rationnel, en réduisant l'épithumètikon de Platon au désir sensible dont les actes sont des affects : amour et haine, joie et tristesse, attirance et répulsion. La… Lire la suite
GRANGER GILLES GASTON (1920- )

Écrit par :  Claude IMBERT

Dans le chapitre "Histoire et philosophie"  : …  exclut aussi le vertige de l'instantané, autant que les certitudes immédiates du cogito. *L'évocation d'Aristote, beaucoup plus que simplement tutélaire, à diverses étapes de cette philosophie du style, met en œvre deux instruments, qu'elle partage, dans une certaine mesure, avec l'école historique des Annales. On y reconnaîtra d… Lire la suite
INTELLECT & INTELLIGIBLES

Écrit par :  Édouard-Henri WÉBER

… *Du latin intellectus (le terme grec correspondant est nous), l'intellect est le principe de la pensée sous sa forme la plus haute ; à l'époque moderne lui correspondent des termes aux nuances particulières : intelligence, raison, esprit ; au xviie siècle : entendement. Pour Aristote, les aristotélisants arabes… Lire la suite
INTUITION

Écrit par :  Noël MOULOUD

Dans le chapitre "Les étapes majeures d'une philosophie de l'intuition"  : …  de connaissance, mais que la seconde a surtout pour rôle de rendre la première plus explicite. La *doctrine aristotélicienne du savoir porte à un très haut degré la solidarité des composantes de celui-ci : l'expérience sensible signale ou annonce l'idée, dont la noèsis prend possession, et dont la déduction développe les implications.… Lire la suite
LOGIQUES NON CLASSIQUES

Écrit par :  Jacques-Paul DUBUCS Universalis

Dans le chapitre "Logique modale"  : …  ne s'appliqueraient pas sans retouches à la logique modale traditionnelle développée par *Aristote et ses successeurs : a) La définition actuelle de la possibilité a été assez longue à mettre en place. Les textes aristotéliciens, souvent énigmatiques et d'interprétation ardue, paraissent hésiter entre le possible « unilatéral »,… Lire la suite
LYCÉE, Antiquité

Écrit par :  Jean-Paul DUMONT

*Dans le portique d'Athènes consacré à Apollon Lycéios, situé en bordure de l'Ilissos et orné par Périclès, Aristote s'installa pour professer et converser en se promenant avec ses disciples. De cette coutume vient aussi le nom d'école péripatéticienne dont on use pour désigner le Lycée (Λ́υκειον). Après… Lire la suite
PENSÉE

Écrit par :  Pascal ENGEL

Dans le chapitre "Critique de la conception cartésienne : Peirce, Wittgenstein et Ryle"  : …  behaviorisme logique »). La conception d'ensemble de ces auteurs est cependant mieux décrite comme* néo-aristotélicienne. Quand Ryle dénonce le mythe cartésien du « fantôme dans la machine » (the ghost in the machine), et l'« erreur de catégorie » (category mistake) que fait le dualiste quand il suppose que l'esprit peut être,… Lire la suite
POMPONAZZI PIETRO (1462-1525)

Écrit par :  Adelin Charles FIORATO

… *Philosophe italien, Pietro Pomponazzi eut une grande influence sur le courant de pensée rationaliste de la Renaissance. Après avoir fait ses études de médecine à Padoue, il enseigna la philosophie dans cette ville pendant une vingtaine d'années (1488-1509), puis passa à l'université de Ferrare et à celle de Bologne, où il séjourna jusqu'à sa mort.… Lire la suite
SIMPLICIUS (fin Ve-déb. VIe s.)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Philosophe grec néo-platonicien, commentateur d'Aristote, Simplicius fut élève d'Ammonius Hermeiou à Alexandrie et de Damascius à Athènes. Après la fermeture de l'école d'Athènes par l'empereur Justinien (529), il fit partie du groupe de philosophes néo-platoniciens qui partirent pour la Perse demander asile au roi Chosroes Nuschirvan. Dès 533, ils… Lire la suite
SOHRAWARDI ou SUHRAWARDI SHIHABODDIN YAHYA (1155-1191)

Écrit par :  Christian JAMBET

Dans le chapitre "Les œuvres"  : …  de l'illumination de l'intellect agent sur l'intellect humain, il faut considérer, par contre, *Aristote comme un disciple fidèle de Platon. Sohrawardī pense que la même religion intérieure s'est maintenue, de cycle en cycle, depuis Hermès et Agathodaīmōn, jusqu'aux sages de l'ancien Iran, et que Socrate, Platon et même Aristote en ont été les… Lire la suite
STRATON DE LAMPSAQUE (~330 env.-env. ~270)

Écrit par :  Michel GAREL

… *Philosophe péripatéticien. Également surnommé le Physicien. Disciple de Théophraste, Straton succéda à ce dernier comme chef de file du Lycée, position qu'il occupa pendant dix-huit ans. Il fut sans doute, pendant un temps, le précepteur de Ptolémée II Philadelphe et jouit de la protection d'Arsinoé, sœur et épouse du souverain. Il joua un rôle… Lire la suite
THÉOPHRASTE (~371/70-~288/87)

Écrit par :  Universalis

… *Le « Divin Parleur » Tyrtamos d'Érèse, surnommé Théophraste, étudia pendant une trentaine d'années sous la direction d'Aristote, avant de lui succéder à la tête du Lycée quand le Stagirite se retira à Chalcis dans l'île d'Eubée (~ 322). La vision d'ensemble qu'il avait de l'œuvre du maître — seul Eudème de Rhodes peut lui être comparé à cet égard… Lire la suite

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