VIROÏDES

Médias de l’article

Représentation schématique de la réplication des viroïdes

Représentation schématique de la réplication des viroïdes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Symptômes causés par le viroïde de la mosaïque latente du pêcher

Symptômes causés par le viroïde de la mosaïque latente du pêcher
Crédits : Thierry Candresse/ Inra

photographie

Maladie du rabougrissement apical de la tomate

Maladie du rabougrissement apical de la tomate
Crédits : Thierry Candresse/ Inra

photographie


Découverts au début des années 1970, les viroïdes forment un petit groupe d’agents pathogènes particulièrement originaux. Connus uniquement chez les plantes supérieures, ils sont caractérisés par un très petit génome (environ 250 à 400 nucléotides), dix fois moins important que ceux des plus petits virus. Sur la trentaine de viroïdes recensés, plusieurs d’entre eux sont responsables de graves maladies chez les plantes.

L’émergence du concept de viroïde

Si plusieurs maladies causées par les viroïdes sont connues depuis la première moitié du xxe siècle, ce n’est que progressivement, à la fin des années 1960, que la compréhension de la structure de ces agents a fait émerger le concept de viroïde. Jusqu’alors, ces maladies étaient considérées comme étant d’origine virale car elles en possédaient de nombreuses propriétés, comme leur transmissibilité mécanique et par greffage, ou encore la faible taille de l’agent causal et l’impossibilité de le cultiver.

Grâce aux travaux de l’Américain Theodor O. Diener sur la maladie des tubercules fusiformes de la pomme de terre, les efforts pour purifier le pathogène en cause allaient apporter de nombreuses surprises. Ainsi, l’agent causal ne se sédimentait pas en ultracentrifugation, ce qui impliquait une taille bien plus petite que celle d’un virus. Il a ensuite été démontré qu’il était sensible aux ribonucléases (enzymes permettant la dégradation de l’ARN) et qu’il se comportait comme un acide nucléique de très faible taille. Enfin, ce petit acide nucléique purifié était infectieux et pouvait induire la maladie en l’absence de tout virus. Toutes ces observations ont finalement conduit, vers 1971, à définir un nouveau groupe d’agents pathogènes appelés viroïdes.

Il est important de souligner à quel point ce concept de viroïde, divergeant nettement des caractéristiques de tous les virus connus, a été novateur à l’époque, et a rencontré des difficultés pour [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages


Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis



Écrit par :

  • : directeur de recherche (INRA), UMR 1332 Biologie du fruit et pathologie, INRA et université de Bordeaux

Classification


Autres références

«  VIROÏDES  » est également traité dans :

ARN (acide ribonucléique) ou RNA (ribonucleic acid)

  • Écrit par 
  • Marie-Christine MAUREL
  •  • 2 764 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Des fossiles moléculaires à ARN ? »  : […] virale. Chez le virus de l'hépatite Delta, de nombreux ARN satellites de virus et des viroïdes. Ces motifs viraux, dits en « tête de marteau » ou en « épingle à cheveux » en raison de leur forme, s'auto-coupent de manière réversible et façonnent ainsi le génome viral. Des viroïdes, ou leurs proches ancêtres, encapsulés dans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arn-rna/#i_20802

PHYTOPATHOLOGIE

  • Écrit par 
  • Marie-Thérèse ESQUERRÉ-TUGAYÉ
  •  • 5 863 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Histoire de la phytopathologie »  : […] « virus » (1898). Le virus de la mosaïque du tabac (VMT) sera observé en microscopie électronique pour la première fois en 1939 par Gustav Kausche. Les viroïdes, particules plus petites que les virus et spécifiques du règne végétal, seront découverts bien plus tard, en 1971 par Theodor O. Diener […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/phytopathologie/#i_20802

VIRUS

  • Écrit par 
  • Vincent BARGOIN
  •  • 8 308 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Notion de virus »  : […] de cette définition des agents infectieux longtemps supposés viraux doivent être exclus de cette catégorie : les viroïdes et les prions. Les viroïdes sont de simples boucles d'ARN d'environ 300 nucléotides, qui infectent certains végétaux (pomme de terre, tomate, cocotier, etc.), ne codent aucune protéine, et dont la pathogénicité serait liée à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/virus/#i_20802

Voir aussi

Pour citer l’article

Thierry CANDRESSE, « VIROÏDES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/viroides/