TALMUD

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Pour le judaïsme, l'authentique interprétation de la Bible hébraïque a été déposée dans la Tora orale, qui constitue le complément et l'achèvement incontestable de la Tora écrite. Véritable « mystère » divin, elle n'a été confiée par le Verbe qu'à la seule communauté d'Israël, puis transmise par la bouche, de maître à élève, de génération en génération. Mais, dans une saisissante vision marquée de ce caractère paradoxal si courant dans la pensée talmudique, le Talmud montre le plus grand de tous les prophètes, Moïse, assistant à un cours de l'illustre Rabbi Aqiba et étonné de voir celui-ci énoncer, sous son nom, des commentaires que lui-même, le Maître par excellence, ne connaissait pas. On ne pouvait mieux illustrer l'idée que le Talmud est, en même temps qu'une tradition, l'incessante relecture et la constante réactualisation de l'insondable Tora de Moïse par des docteurs qualifiés. « Tout ce qu'un disciple fervent est destiné à apporter de neuf, lit-on encore dans le Talmud, a été déjà dit à Moïse sur le mont Sinaï. »

La loi orale

À côté de la Loi écrite, les pharisiens postulaient l'existence d'une Loi orale, que les sadducéens se sont toujours obstinément refusés à admettre, tout comme les karaïtes au Moyen Âge. On en faisait remonter l'origine à Moïse, qui l'aurait reçue pendant ses différentes retraites sur le mont Sinaï. Elle aurait consisté en interprétations détaillées des préceptes souvent laconiques du Pentateuque, interprétations qui en auraient fixé avec précision les modalités d'application. De Moïse à la destruction du Temple, la chaîne de la transmission était établie de la manière suivante : Moïse, Josué, les Anciens, les Prophètes, la Grande Synagogue, qui comprenait les trois derniers d'ent [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages





Écrit par :

  • : docteur en théologie, docteur en histoire de la philosophie, docteur d'État ès lettres, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)

Classification


Autres références

«  TALMUD  » est également traité dans :

TALMUD DE BABYLONE

  • Écrit par 
  • Gérard NAHON
  •  • 186 mots

Les écoles des amoraim ou enseignants de Terre sainte et de Mésopotamie, où vit une forte population juive, commentent et complètent la Mishna, sécrétant une jurisprudence, la Gemara ou étude. Elles produisent vers 350 dans un climat politique difficile un vaste recueil, le Talmud […] Lire la suite

ABRAHAM BEN DAVID DE POSQUIÈRES (1125-1199)

  • Écrit par 
  • Gabrielle SED-RAJNA
  •  • 349 mots

Célèbre dans le monde juif du xii e siècle par son école talmudique ( yeshīvah ), Abraham ben David est né à Narbonne, où son père Abraham ben David, qui a eu une influence durable sur son orientation, était président du tribunal religieux. L'école dont il prit la direction à Posquières recevait des savants de tous les pays d'Europe, et plusieurs de ses disciples sont devenus des rabbins et des a […] Lire la suite

ABRAHAM BEN ISAAC DE NARBONNE (1110 env.-1179)

  • Écrit par 
  • Gabrielle SED-RAJNA
  •  • 203 mots

Talmudiste et chef spirituel de la communauté de Provence, Abraham ben Isaac de Narbonne est l'auteur du Sefer Eshkol , son ouvrage le plus célèbre, qui est le premier code de juridiction religieuse écrit dans le sud de la France. Président du tribunal de Narbonne, Abraham jouissait d'une autorité juridique incontestable auprès de ses contemporains ; son disciple le plus connu fut Abraham ben Davi […] Lire la suite

AMORAIM

  • Écrit par 
  • Michel GAREL
  •  • 225 mots

Pluriel de amora , mot araméen de la racine amar (parler, expliquer, interpréter), le terme amoraim désigne les docteurs érudits du judaïsme qui furent en activité depuis la période d'achèvement de la Mishnah (env. 200) jusqu'à l'achèvement des Talmudim de Jérusalem et de Babylone (fin du iv e et fin du v e  s.). Dans la chaîne de la tradition, ils constituent un maillon entre les tannaim et le […] Lire la suite

BIBLE - L'étude de la Bible

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 6 431 mots

Dans le chapitre « Le judaïsme ancien et les études bibliques »  : […] Une autre riposte à ce que l'on peut considérer comme l'impérialisme méthodologique allemand s'agissant des études bibliques consiste dans les travaux et publications sur l'histoire sociale et littéraire du judaïsme ancien. D'une certaine façon, la Bible, le Nouveau Testament y compris, fait partie de cet univers ancien, dont elle est une pièce intimement solidaire. Il faut noter la participation […] Lire la suite

CARO JOSEPH (1488-1575)

  • Écrit par 
  • Roland GOETSCHEL
  •  • 500 mots

Maître des talmudistes et de la communauté de Safed au xvi e siècle, Joseph Karo naquit sans doute à Tolède en Espagne. Après l'expulsion de 1492, sa famille s'exila au Portugal et prit le chemin de la Turquie. Il vécut là quarante années, d'abord à Istanbul, puis à Andrinople, à Nicosie et à Salonique. Il eut pour premier maître son père, Éphraïm Karo, talmudiste de classe. Le martyre de Salomon […] Lire la suite

ÉZÉCHIEL (env. 627-env. 570 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 1 857 mots

Dans le chapitre « Le Livre d'Ézéchiel et sa postérité »  : […] En dépit de ses qualités littéraires modestes, le Livre d'Ézéchiel parvint à maintenir sa grande autorité. Ben Sira (190 av. J.-C.) en est le témoin antique ; Schiller aurait voulu apprendre l'hébreu pour le lire dans l'original et Victor Hugo le placera avec Homère, Eschyle, Juvénal et quelques autres dans « l'avenue des géants immuables de l'esprit humain ». Cependant, l'utilisation d'Ézéchiel f […] Lire la suite

HAGGADAH

  • Écrit par 
  • Roland GOETSCHEL
  •  • 405 mots

La définition purement formelle de l'Haggadah — à savoir la partie de l'enseignement rabbinique ne possédant pas de caractère juridique — ne rend que très imparfaitement compte du contenu positif de cet ensemble d'enseignements, dont la matière représente un tiers du Talmud de Babylone, un sixième du Talmud de Palestine et de nombreuses œuvres entrant dans le cadre du Midrash Haggadah. C'est là qu […] Lire la suite

HALAKHA

  • Écrit par 
  • Michel GAREL
  •  • 409 mots

Règle de conduite pratique, la halakha (de la racine hébraïque halakh , « aller ») est le guide officiel de la vie religieuse et civile dans le judaïsme. Décrétée par l'autorité compétente (les rabbins) dans des formes déterminées, elle est obligatoire pour tout juif orthodoxe et a force de loi. La halakha constitue donc tout le système légal du judaïsme (par opposition à l' haggadah , nom donné a […] Lire la suite

ISAAC BEN JACOB AL-FASI (1013-1103)

  • Écrit par 
  • Michel GAREL
  •  • 402 mots

Auteur du code talmudique le plus important avant le Mishned Torah de Maimonide al-Fasi, né dans la région de Constantine en Algérie, étudia à Kairouan sous la direction, aux dires d'Abraham ibn David, de Nissim ben Jacob et de Ḥananel ben Ḥushiel. Sa formation achevée, il s'installa à Fès (d'où vient son surnom al-Fasi ou Rif, initiales de Rabbi Isaac Fasi) ; il y demeura jusqu'en 1088, date à l […] Lire la suite

JUDAÏSME - La religion juive

  • Écrit par 
  • Georges VAJDA
  •  • 6 502 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les rabbins et le Talmud »  : […] Seuls les pharisiens survécurent à la catastrophe de 70. Depuis lors, leur parti s'identifie au judaïsme. Ce n'est que sept siècles plus tard qu'apparut la première exception, les « karaïtes ». Héritière du pharisaïsme, la classe des rabbins (le mot signifie « maître ») se recrutait dans un large éventail social. Durant près de quatre siècles, cependant, le judaïsme palestinien fut dirigé, politi […] Lire la suite

JUDAÏSME - Histoire du peuple juif

  • Écrit par 
  • Gérard NAHON
  •  • 11 236 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Exilarques et geonim à Babylone »  : […] Remontant à l'Exil ( vi e  s. av. J.-C.), le réseau de colonies juives de Mésopotamie témoignait d'une grande vitalité et bénéficiait généralement de l'appui de l'autorité suzeraine, Parthes jusqu'en 211, Perses Sassanides jusqu'en 642, califes arabes enfin. Les trois régimes reconnaissent le gouvernement juif autonome de l'exilarque ( Reš Gālūtā , ou chef de l'Exil). Issu, selon la tradition, du […] Lire la suite

JUDAÏSME - Le judaïsme contemporain

  • Écrit par 
  • Bernard DUPUY
  •  • 2 687 mots

Dans le chapitre « Le courant conservateur »  : […] Entre la réforme et l'orthodoxie, la tendance du judaïsme conservateur apparut, elle aussi, en Allemagne au xix e  siècle, mais elle prit forme en Amérique un peu plus tard (notamment avec la fondation du Jewish Theological Seminary par Solomon Schechter à New York en 1886). Reprochant au judaïsme réformé de demeurer trop expérimental et de ne pouvoir fonder ses positions, et au judaïsme orthodoxe […] Lire la suite

LÉVINAS EMMANUEL (1905-1995)

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 3 188 mots

Dans le chapitre « Athènes et Jérusalem »  : […] Une deuxième période s'ouvre avec la publication de En découvrant l'existence avec Husserl et Heidegger (1949). Elle trouve son apogée en 1961 avec la publication de la thèse d'État, Totalité et Infini . Elle est aussi marquée par la rencontre avec Chouchani, maître talmudiste hors pair. Fort de son enseignement, Lévinas donnera annuellement, à partir de 1957, une leçon talmudique dans le cadre […] Lire la suite

LOEB RABBI, dit LE MAHARAL DE PRAGUE (1512-1609)

  • Écrit par 
  • André NEHER
  •  • 2 091 mots

Dans le chapitre « L'œuvre d'un précurseur »  : […] L'œuvre de Rabbi Loeb, éditée de son vivant entre 1580 et 1600, a été certes connue et estimée dès sa parution, mais exclusivement dans les cercles mystiques du hassidisme d'Europe orientale. Les historiens de la pensée juive et l'intelligentsia juive éclairée d'Europe occidentale ont été, durant trois siècles, paradoxalement fascinés par le mythe de Rabbi Loeb. Ils l'ont transposé sur son œuvre, […] Lire la suite

MIDRASH

  • Écrit par 
  • Roland GOETSCHEL
  •  • 332 mots

Terme dérivé de la racine dorash , qui signifie, en hébreu biblique, « rechercher », « examiner ». Il acquiert à l'époque du second Temple le sens d'éducation et d'étude (cf. II Chron., xiii , 22). Il désigne une exégèse approfondie de l'Écriture, qui s'applique aussi bien au domaine juridique (halakha) qu'au domaine éthique et historique (haggadah). Du point de vue de la forme, on distingue deux […] Lire la suite

MISHNA

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 333 mots

Terme hébraïque qui, dans le judaïsme, a commencé par désigner l'ensemble de la loi orale en corrélation avec le texte écrit ( mikra ), mais en est venu, en fin de compte, à s'appliquer au recueil des halakot rédigé et publié par le patriarche Juda I er vers le début du iii e siècle. La Mishna se compose de six ordres ( sēdarīm ) dont le contenu recouvre aussi bien les prescriptions rituelles e […] Lire la suite

MOÏSE BEN NAḤMAN (1194-1270)

  • Écrit par 
  • Gabrielle SED-RAJNA
  •  • 753 mots

Exégète, philosophe et kabbaliste, né à Gérone, Moïse ben Naḥman, plus connu sous le nom de Naḥmanide, de son nom espagnol Bonastrug de Porta, est une figure éminente de la pensée juive médiévale. D'après son disciple Salomon ben Adret, il gagnait sa vie en exerçant la médecine. Naḥmanide était le chef spirituel de la communauté juive de la Catalogne. Il était respecté même par la cour et particip […] Lire la suite

PHARISIENS

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 848 mots

Le mot « pharisiens » n'est que la translitération du grec pharisaioi , lui-même décalque direct de la forme emphatique araméenne perishayyā , dérivée de l'hébreu perushīm qui, selon l'étymologie la plus probable, signifie « séparés ». L'origine du nom demeure cependant obscure et les essais pour l'expliquer sont nombreux : d'aucuns voient même dans « pharisiens » la simple transposition de « Per […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Charles TOUATI, « TALMUD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/talmud/