TALMUD

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Petits traités et Midrashim

À la littérature talmudique entendue dans un sens très large se rattachent encore un certain nombre de petits traités, ébauches de codification méthodique, qui datent pour la plupart de l'époque des ge‘onim. Les plus importants sont les suivants : Soferim (Scribes), Kalla (Jeune Mariée), Derekh Eres (Bonnes Manières), Semahot (Joies, euphémisme pour Deuil). Ils traitent, le premier, des procédés et des méthodes réglementaires pour écrire les rouleaux sacrés et des textes bibliques lus dans les synagogues ; le deuxième, de l'éthique sexuelle et du mariage ; le troisième, des règles de bienséance pour diverses circonstances ; le quatrième, des devoirs envers les morts, de l'inhumation, des oraisons funèbres, de la semaine de deuil, etc.

En outre, d'innombrables matériaux haggadiques de provenances et de dates très diverses ont été comme mis bout à bout pour former un commentaire suivi – mais dont le lien avec le texte biblique est plus ou moins lâche – du Pentateuque (Midrash Rabba et Midrash Tanḥuma), des Cinq Rouleaux : Cantique des cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste, Esther (on compte trois midrashim pour le premier), des Psaumes, etc. La rédaction de ces commentaires homilétiques s'échelonne entre le ve siècle (Genèse Rabba) et le xiie siècle (Nombres Rabba) : les uns ont été compilés en Palestine, d'autres dans l'Empire byzantin, certains ont même vu le jour en Languedoc. Deux recueils particulièrement importants sont également à signaler : la Pesiqta de-rab Kahana et la Pesiqta Rabbati ; ils regroupent des commentaires haggadiques sur les lectures synagogales de certains sabbats spéciaux. Mais ce ne sont là que quelques titres dans une production littéraire prolifique.

Le Talmud est, à côté de la Bible, l'œuvre la plus gigantesque du judaïsme. Produit de plusieurs siècles d'intense activité intellectuelle, il renferme non seulement le compte rendu très vivant de discussions très variées, mais enco [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Écrit par :

  • : docteur en théologie, docteur en histoire de la philosophie, docteur d'État ès lettres, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)

Classification

Autres références

«  TALMUD  » est également traité dans :

TALMUD DE BABYLONE

  • Écrit par 
  • Gérard NAHON
  •  • 186 mots

Les écoles des amoraim ou enseignants de Terre sainte et de Mésopotamie, où vit une forte population juive, commentent et complètent la Mishna, sécrétant une jurisprudence, la Gemara ou étude. Elles produisent vers 350 dans un climat politique difficile un vaste recueil, le Talmud […] Lire la suite

ABRAHAM BEN DAVID DE POSQUIÈRES (1125-1199)

  • Écrit par 
  • Gabrielle SED-RAJNA
  •  • 349 mots

Célèbre dans le monde juif du xii e siècle par son école talmudique ( yeshīvah ), Abraham ben David est né à Narbonne, où son père Abraham ben David, qui a eu une influence durable sur son orientation, était président du tribunal religieux. L'école dont il prit la direction à Posquières recevait des savants de tous les pays d'Europe, et plusieurs de ses disciples sont devenus des rabbins et des a […] Lire la suite

ABRAHAM BEN ISAAC DE NARBONNE (1110 env.-1179)

  • Écrit par 
  • Gabrielle SED-RAJNA
  •  • 203 mots

Talmudiste et chef spirituel de la communauté de Provence, Abraham ben Isaac de Narbonne est l'auteur du Sefer Eshkol , son ouvrage le plus célèbre, qui est le premier code de juridiction religieuse écrit dans le sud de la France. Président du tribunal de Narbonne, Abraham jouissait d'une autorité juridique incontestable auprès de ses contemporains ; son disciple le plus connu fut Abraham ben Davi […] Lire la suite

AMORAIM

  • Écrit par 
  • Michel GAREL
  •  • 225 mots

Pluriel de amora , mot araméen de la racine amar (parler, expliquer, interpréter), le terme amoraim désigne les docteurs érudits du judaïsme qui furent en activité depuis la période d'achèvement de la Mishnah (env. 200) jusqu'à l'achèvement des Talmudim de Jérusalem et de Babylone (fin du iv e et fin du v e  s.). Dans la chaîne de la tradition, ils constituent un maillon entre les tannaim et le […] Lire la suite

BIBLE - L'étude de la Bible

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 6 431 mots

Dans le chapitre « Le judaïsme ancien et les études bibliques »  : […] Une autre riposte à ce que l'on peut considérer comme l'impérialisme méthodologique allemand s'agissant des études bibliques consiste dans les travaux et publications sur l'histoire sociale et littéraire du judaïsme ancien. D'une certaine façon, la Bible, le Nouveau Testament y compris, fait partie de cet univers ancien, dont elle est une pièce intimement solidaire. Il faut noter la participation […] Lire la suite

CARO JOSEPH (1488-1575)

  • Écrit par 
  • Roland GOETSCHEL
  •  • 500 mots

Maître des talmudistes et de la communauté de Safed au xvi e siècle, Joseph Karo naquit sans doute à Tolède en Espagne. Après l'expulsion de 1492, sa famille s'exila au Portugal et prit le chemin de la Turquie. Il vécut là quarante années, d'abord à Istanbul, puis à Andrinople, à Nicosie et à Salonique. Il eut pour premier maître son père, Éphraïm Karo, talmudiste de classe. Le martyre de Salomon […] Lire la suite

ÉZÉCHIEL (env. 627-env. 570 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 1 857 mots

Dans le chapitre « Le Livre d'Ézéchiel et sa postérité »  : […] En dépit de ses qualités littéraires modestes, le Livre d'Ézéchiel parvint à maintenir sa grande autorité. Ben Sira (190 av. J.-C.) en est le témoin antique ; Schiller aurait voulu apprendre l'hébreu pour le lire dans l'original et Victor Hugo le placera avec Homère, Eschyle, Juvénal et quelques autres dans « l'avenue des géants immuables de l'esprit humain ». Cependant, l'utilisation d'Ézéchiel f […] Lire la suite

HAGGADAH

  • Écrit par 
  • Roland GOETSCHEL
  •  • 405 mots

La définition purement formelle de l'Haggadah — à savoir la partie de l'enseignement rabbinique ne possédant pas de caractère juridique — ne rend que très imparfaitement compte du contenu positif de cet ensemble d'enseignements, dont la matière représente un tiers du Talmud de Babylone, un sixième du Talmud de Palestine et de nombreuses œuvres entrant dans le cadre du Midrash Haggadah. C'est là qu […] Lire la suite

HALAKHA

  • Écrit par 
  • Michel GAREL
  •  • 409 mots

Règle de conduite pratique, la halakha (de la racine hébraïque halakh , « aller ») est le guide officiel de la vie religieuse et civile dans le judaïsme. Décrétée par l'autorité compétente (les rabbins) dans des formes déterminées, elle est obligatoire pour tout juif orthodoxe et a force de loi. La halakha constitue donc tout le système légal du judaïsme (par opposition à l' haggadah , nom donné a […] Lire la suite

ISAAC BEN JACOB AL-FASI (1013-1103)

  • Écrit par 
  • Michel GAREL
  •  • 402 mots

Auteur du code talmudique le plus important avant le Mishned Torah de Maimonide al-Fasi, né dans la région de Constantine en Algérie, étudia à Kairouan sous la direction, aux dires d'Abraham ibn David, de Nissim ben Jacob et de Ḥananel ben Ḥushiel. Sa formation achevée, il s'installa à Fès (d'où vient son surnom al-Fasi ou Rif, initiales de Rabbi Isaac Fasi) ; il y demeura jusqu'en 1088, date à l […] Lire la suite

Pour citer l’article

Charles TOUATI, « TALMUD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/talmud/