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NÉRON (37-68)

Néron a symbolisé pour la postérité ce que l'histoire romaine recèle de plus monstrueux et de plus cruel. Les historiens antiques, Tacite et Suétone, ont tracé un étonnant portrait de l'empereur pervers, fou et sanguinaire ; les chrétiens, dont il fut le premier persécuteur, ont encore noirci ce tableau. On doit constater cependant que le solide édifice impérial créé par Auguste, Tibère et Claude ne fut pas ébranlé par son étrange principat. La recherche contemporaine a nuancé l'image proposée par la tradition : la psychologie permet l'analyse et une meilleure compréhension des traits pathologiques de Néron ; l'archéologie donne une idée positive de l'apport esthétique de son règne ; enfin, les études régionales montrent la faiblesse des conséquences du délire néronien sur la vie des provinces de l'Empire.

Néron avant son avènement (37-54)

Le père de Néron, Cneus Domitius Ahenobarbus, aristocrate connu pour sa cruauté et son absence de sens moral, mourut quand il avait trois ans. Sa mère, Agrippine la Jeune, fille de Germanicus, était l'arrière-petite-fille d'Auguste. Animée d'une insatiable ambition, elle poussa son fils vers le pouvoir impérial. En 48, l'empereur Claude fit mettre à mort son épouse nymphomane Messaline ; Agrippine parvint à le persuader de l'épouser. Claude était son oncle, mais le Sénat, complaisant, déclara légaux, en 49, ces mariages consanguins. Elle voulait assurer à son fils la succession impériale aux dépens du fils de Claude, Britannicus. En 50, Claude adopta Néron et, en 54, pour éviter que l'empereur ne proclamât Britannicus comme son successeur désigné, Agrippine empoisonna son époux. Aidée de Burrus, le préfet du prétoire, elle fit proclamer Néron empereur par les prétoriens. Le Sénat reconnut le fait accompli.

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

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    • 337 mots

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