SCHIZOPHRÉNIE

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L'étiquette « schizophrénie » utilisée pour désigner telle ou telle manière d'être au monde est loin d'avoir une acception univoque. Synonyme de folie pour une grande partie de l'opinion, elle recouvre pour les psychiatres une série de tableaux cliniques disparates, dont le nombre varie avec les pays, les « écoles », l'expérience individuelle. Afin de garder au concept de schizophrénie un sens aussi exact que possible, il est nécessaire de suivre les phases de son évolution historique, qui correspondent à trois aspects fondamentaux de la psychose : l'évolution déficitaire, la dissociation de la vie psychique et l'attitude d'introversion.

À l'affection désignée par l'expression de « démence précoce » (avec ses trois formes classiques : hébéphrénique, catatonique et paranoïde) et isolée des syndromes démentiels par E. Kraepelin qui recherchait une entité anatomo-clinique spécifique, E. Bleuler substitue en 1911 la notion de schizophrénie. Sa conception pathogénique distingue une structure négative plus ou moins déficitaire, effet de la dissociation de la vie psychique, et une structure positive, le délire, fruit de l'émergence des fantasmes. Sous l'influence conjointe des théories socio-psychogénétiques (psychanalytiques en particulier) et des thérapeutiques modernes (biologiques et psychologiques), l'« autisme », élément fondamental de la structure schizophrénique, a vu son sens subir un glissement qui fait abusivement assimiler à la schizophrénie toute forme de « réaction » où les valeurs subjectives prennent le pas sur les valeurs objectives. Si l'absence de limite nosologique précise entrave les recherches psychologiques et biologiques, elle facilite néanmoins l'action thérapeutique.

Nosographie

La « démence précoce » de Kraepelin

La plupart des grands syndromes anatomo-cliniques de la pathologie générale sont nés dans la première moitié du xixe siècle. En constituant en entité selon le même schéma anatomo-clinique une affection mentale, la « démence para [...]

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AMBIVALENCE, psychanalyse

  • Écrit par 
  • Sylvie METAIS
  •  • 1 177 mots
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C'est le psychiatre suisse Eugen Bleuler (1857-1939) qui a introduit ce terme et en a fait le symptôme dominant dans le tableau de la schizophrénie. Il distingue tout d'abord l'ambivalence dans trois secteurs de la vie psychique : dans les modalités de la volonté, deux volontés qui s'opposent ; dans la sphère intellectuelle, affirmation d'une thès […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ambivalence-psychanalyse/#i_36736

BATESON GREGORY (1904-1980)

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  • Daniel de COPPET
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Dans le chapitre « Les propositions théoriques sur l'alcoolisme et la schizophrénie »  : […] Fort de ses convictions épistémologiques nouvelles qui sont fondées sur la cybernétique et la théorie des systèmes et qui coïncident avec ses recherches au Veterans Administration Hospital de Palo Alto en Californie, Bateson continue d'approfondir les questions relatives au « soi » dans la relation complémentaire de celui-ci avec le système plus v […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gregory-bateson/#i_36736

BLEULER EUGEN (1857-1939)

  • Écrit par 
  • Jacques POSTEL
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Psychiatre suisse, né à Zurich, professeur de psychiatrie à l'université de sa ville natale et directeur du célèbre hôpital psychiatrique du Burghölzli. Marqué par les travaux de psycho-physiologie de Wundt et par les idées de Freud, qui lui furent transmises par Jung, alors son assistant, Eugen Bleuler est surtout connu par sa mise en question du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugen-bleuler/#i_36736

BUFOTÉNINE

  • Écrit par 
  • Michel HAMON
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Alcaloïde indolique isolé pour la première fois des glandes cutanées des crapauds ( Bufo sp.). Il s'agit, en réalité, d'un dérivé de la sérotonine, la N,N-diméthyl-sérotonine. Administrée à l'homme, la bufoténine provoque des effets mixtes, périphériques et centraux, de courte durée. La dilatation pupillaire, des mouvements oscillatoires des yeux […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bufotenine/#i_36736

COOPER DAVID (1931-1986)

  • Écrit par 
  • Marie-Odile SUPLIGEAU
  •  • 1 171 mots

Décédé à Paris, David Cooper, dont le nom restera associé aux mouvements antipsychiatrique puis alternatif, naquit au Cap (Afrique du Sud), où il grandit avec son frère, dans une « famille ordinaire ». Après avoir entrepris d'étudier au conservatoire le piano et le hautbois (dans un ouvrage, resté inachevé, il ébauchait une approche structurelle d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/david-cooper/#i_36736

CORPS - Schéma corporel et image de soi

  • Écrit par 
  • Jacques POSTEL
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Dans le chapitre « Genèse de l'image de soi »  : […] Le fait majeur pour le développement de la conscience de soi se situe dans l'acquisition d'une image visuelle, d'une représentation du corps propre, en particulier grâce à l'usage du miroir ; aussi désigne-t-on habituellement l'image de soi du nom d' image spéculaire. C'est vers huit mois et demi que l'enfant fait cette expérience, quelques semain […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/corps-schema-corporel-et-image-de-soi/#i_36736

DÉMENCE PRÉCOCE

  • Écrit par 
  • Georges TORRIS
  •  • 328 mots

Ancien nom de la schizophrénie. Kraepelin (1855-1926) choisit cette expression en 1883 pour désigner des « démences » observées chez des jeunes gens ; en 1896, il rapporta ces cas à l'hébéphrénie de Kahlbaum-Hecker ; enfin, en 1899, il reprit le terme pour nommer une maladie mentale incurable, évolutive, vaguement parallèle à la paralysie générale, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/demence-precoce/#i_36736

FUGUE, psychologie

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GANSER SYNDROME DE

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  • Georges TORRIS
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Syndrome psychique caractérisé par des réponses à côté : le sujet répond à la question qu'on lui pose comme si on lui en avait posé une toute différente. Le phénomène décrit, en 1897, par Sigbert Joseph Ganser (1835-1931) peut servir à décrire le discours discordant du schizophrène ; mais il vaut mieux réserver le syndrome portant ce nom à des état […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/syndrome-de-ganser/#i_36736

HALLUCINATIONS

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Dans le chapitre « Onirisme et psychoses »  : […] Quelles que soient leurs variétés séméiologiques, les troubles psychosensoriels s'inscrivent, schématiquement, dans la double perspective évolutive suivante : tantôt les symptômes sont ceux d'un état hallucinatoire aigu ; tantôt ils sont liés à une perturbation durable. Dans la première hypothèse, il s'agit en général d'onirisme. L'onirisme est fa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hallucinations/#i_36736

INHIBITION

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  • Daniel WIDLÖCHER
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LAING RONALD DAVID (1927-1989)

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Né à Glasgow, Ronald D. Laing, pionnier de l'« antipsychiatrie », obtient son doctorat en médecine à l'université de cette ville en 1951 et sert comme psychiatre dans l'armée britannique de 1951 à 1953. Très rapidement, il rompt avec l'approche psychiatrique classique pour se situer dans le courant de la psychologie existentielle inspirée de Marti […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ronald-david-laing/#i_36736

MALADES MENTAUX ŒUVRES DES

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MARXISME - La réification

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  • Jacques LEENHARDT
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Dans le chapitre « Réification et pathologie mentale »  : […] Le phénomène de réification se caractérise par un recul de la fonction axiologique et par une tendance à l'abstraction due au développement prépondérant des catégories de quantité par opposition à celles de qualité. Ces caractères ont frappé l'esprit des psychiatres lorsqu'ils les rapprochèrent des symptômes constatés dans des affections telles que […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marxisme-la-reification/#i_36736

AUTORÉFÉRENCE ET MÉMOIRE

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  • Serge BRÉDART
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L’effet de l’autoréférence sur la mémoire désigne le fait que les informations relatives à soi sont mieux mémorisées que les informations relatives à autrui. La procédure classique qui a permis la mise en évidence de cet effet consiste à présenter des adjectifs décrivant des traits de personnalité (par exemple, « généreux », « téméraire ») aux par […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/autoreference-et-memoire/#i_36736

MINKOWSKI EUGÈNE (1885-1972)

  • Écrit par 
  • Jacques POSTEL
  •  • 313 mots

Psychiatre français d'origine polonaise. Après des études médicales à Kazan (Russie), Minkowski se spécialise en psychiatrie à Berlin avec le professeur Ziehen et à Zurich avec Bleuler. Engagé volontaire dans l'armée française en 1915, il se fixe, à la fin de la Première Guerre mondiale, à Paris où, après sa naturalisation, en 1926, il obtient le d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugene-minkowski/#i_36736

PARAPHRÉNIE

  • Écrit par 
  • Georges TORRIS
  •  • 398 mots

Variété de délire chronique caractérisée par la préservation d'un secteur important de la personnalité (structure paralogique) et par la prédominance du mécanisme imaginatif (thèmes fantastiques). Si le mot « paranoïa » appartient à la nosologie hippocratique, celui de paraphrénie fut créé à son imitation, en 1882, par K. Kahlbaum pour désigner, co […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paraphrenie/#i_36736

PSYCHIATRIE

  • Écrit par 
  • Jean AYME, 
  • François CAROLI, 
  • Georges LANTERI-LAURA, 
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PSYCHOLOGIE CLINIQUE COMPORTEMENTALE ET COGNITIVE

  • Écrit par 
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Dans le chapitre « La psychologie clinique cognitive »  : […] La psychologie clinique cognitive s’intéresse aux processus de pensée qui filtrent et organisent la perception de l’environnement. Ce courant s’est développé à partir des travaux d’Aaron T. Beck sur la thérapie cognitive de la dépression. Selon cet auteur, l’émotion est dépendante de la cognition ; plus exactement, l’émotion résulterait de l’inter […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-clinique-comportementale-et-cognitive/#i_36736

PSYCHOPATHOLOGIE COGNITIVE

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  • Martial VAN DER LINDEN
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  • Pierre JUILLET, 
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  • Écrit par 
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Dans le chapitre « Utopie, rêve et psychose »  : […] Une première approche du problème est l'étude des analogies existant entre le travail du rêve et la structure du fantasme utopique. L. Gondor et J. Servier soulignent ces analogies : déplacements symboliques, réalisations de désirs, mécanismes de projection et d'évasion. Servier parle de la « vision rassurante d'un avenir planifié », qui exprime p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/utopie/#i_36736

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Pour citer l’article

Gilles DELEUZE, Maurice BAZOT, « SCHIZOPHRÉNIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/schizophrenie/