RIFT EST-AFRICAIN

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La branche occidentale

La branche occidentale du système de rift est-africain est longue de 2 100 kilomètres, entre l'extrémité nord du bassin du lac Albert en Ouganda et le fossé Sud-Mozambique (fig. 1). Elle est divisée en trois segments : un segment nord, de direction nord-nord-est ; un segment central orienté nord-sud puis nord-ouest - sud-est ; un segment sud orienté nord-sud.

Schéma structural du système de rift est-africain

Dessin : Schéma structural du système de rift est-africain

En a, deux branches principales : la branche orientale, composée de quatre segments principaux (la dépression de l'Afar, le rift éthiopien, le rift du Kenya, la divergence nord-tanzanienne)  ; la branche occidentale (comprenant un segment nord incluant les fossés des lacs Albert, Édouard,... 

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Le segment nord

Ce segment est caractérisé par trois demi-grabens typiques d'une zone de rift : le demi-graben du lac Albert, orienté nord-nord-est - sud-sud-ouest, qui se prolonge au sud par la vallée de la rivière Semliki, et les demi-grabens des lacs Édouard et George, de plus petite taille et orientés nord-sud. La partie médiane de ce segment est caractérisée par un horst de socle précambrien culminant à 5 109 mètres d'altitude, le horst du Ruwenzori. Le lac Albert, d'une profondeur maximale de 50 mètres, fait partie du système hydrographique complexe du Nil. Le remplissage sédimentaire du bassin est estimé à 3-4 kilomètres d'épaisseur. Les récents travaux d'exploration pour les hydrocarbures y ont révélé un important potentiel pétrolier. Le lac Édouard, profond de 120 mètres, appartient également au système hydrographique du Nil. Une épaisseur de 4 kilomètres de sédiments est supposée remplir la zone axiale du bassin. Au nord-ouest immédiat du lac Édouard se trouve le bassin du lac George, limité à l'est par les grandes failles bordières du horst du Ruwenzori, orientées nord-nord-est, et à l'est par une faille de direction nord-sud. Le lac George est très peu profond – 3 mètres – et son bassin est supposé contenir des sédiments d'âge plio-pléistocène. Ces deux bassins sont proches du massif volcanique de Toro-Ankole, le plus septentrional des massifs volcaniques de la branche occidentale, actif au cours des 50 000 dernières années.

À l'extrémité sud de ce segment se trouve le lac Kivu, profond de 485 mètres. Les caractéristiques géochimiques fort particulières de ce lac – présence d'énormes quantités de dioxyde de carbone et de méthane piégées dans une masse d'eau stratifiée – sont étroitement liées au contexte volcanique très marqué de ce segment du rift, avec la proximité du massif des Virunga. Actif depuis le Miocène, ce massif est aujourd'hui caractérisé par deux grands volcans : le volcan Nyamuragira et le volcan Nyiragongo – second volcan du rift est-africain avec le volcan Erta'ale à posséder un lac de lave et considéré comme l'un des dix volcans les plus dangereux de la planète. Si l'énorme quantité de gaz méthane et de dioxyde de carbone piégée dans les eaux du lac Kivu peut faire la richesse de cette région en termes d'énergie disponible grâce au méthane, elle peut aussi transformer ce lac en un « lac tueur » comparable au lac Nyos (Cameroun), dont l'éruption limnique (dégagement de dioxyde de carbone) fit 1 750 morts en 1986.

Le segment central

Le segment central de la branche occidentale contient le bassin du lac Tanganyika, le plus long (700 km) et le plus profond (1 470 m) des lacs du rift est-africain. Le lac occupe une suite de sept bassins élémentaires, limités par des failles bordières de direction nord-sud à nord-ouest - sud-est. La faille la plus importante qui borde le bassin au nord-ouest est la faille d'Uvira, caractérisée par un rejet de 7 kilomètres (fig. 2b). Les travaux de sismique réflexion conduits au cours des années 1980 sur le lac ont révélé un remplissage sédimentaire de plus de 5 kilomètres d'épaisseur. Le lac Tanganyika représente la plus grande réserve d'eau douce d'Afrique. Il est essentiellement alimenté par la rivière Rusizi, qui est l'émissaire du lac Kivu, et possède un exutoire sur sa rive ouest, la rivière Lukuga, un affluent du fleuve Congo. Contrairement au segment nord de la branche occidentale, le segment central ne montre pas d'activité volcanique de surface. Seule une activité hydrothermale sous-lacustre importante peut témoigner d'une activité magmatique en profondeur dans le bassin.

Vue schématique d'un bassin de rift

Diaporama : Vue schématique d'un bassin de rift

En a, exemple d'un bassin de rift naissant, de type bassin élémentaire à morphologie en demi-graben peu profond, bordé par une faille normale majeure de rejet pluri-hectométrique, et cloisonné à une extrémité par une faille transverse. Ce type de bassin, caractéristique de la branche... 

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Le bassin du lac Rukwa appartient lui aussi au segment central. Il présente une histoire géologique originale dans le contexte de la branche occidentale. Les forages pétroliers réalisés dans cette région ont démontré la présence d'un premier bassin de rift du Karroo inscrit dans une vaste zone de failles d'orientation nord-ouest - sud-est, héritée de la tectonique précambrienne, connue sous le nom de « zone de failles Tanganyika-Rukwa-Ma [...]

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Schéma structural du système de rift est-africain

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Jean-Jacques TIERCELIN, « RIFT EST-AFRICAIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rift-valleys-africains/