CONGO RÉPUBLIQUE DU

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Congo (République du) : carte physique

Congo (République du) : carte physique
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Congo (République du) : drapeau

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Éléphants dans le Parc national d'Odzala, République du Congo

Éléphants dans le Parc national d'Odzala, République du Congo
Crédits : M. Nichols/ National Geographic/ Getty

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Congo : milieux et ressources

Congo : milieux et ressources
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Nom officielRépublique du Congo (CG)
Chef de l'ÉtatDenis Sassou-Nguesso (depuis le 25 octobre 1997)
Chef du gouvernementClément Mouamba (depuis le 23 avril 2016)
CapitaleBrazzaville
Langue officiellefrançais 2
Note : Les langues d'usage sont le lingala et le monokutuba
Unité monétairefranc CFA
Population4 992 000 (estim. 2017)
Superficie (km2)342 000

La république du Congo, en tant qu'État, est un produit de la colonisation. C'est du fleuve qu'elle tire son nom, et ce n'est qu'à travers ce dernier que s'établit la filiation qui mène au royaume du Kongo découvert au xve siècle par les Portugais. Ce royaume était contenu, dans sa quasi-totalité, même au temps de sa plus grande extension, dans les limites actuelles de la république du Congo et de l'Angola septentrional. Une première esquisse du Congo actuel prit forme en 1886, quand Brazzaville et les territoires qui en dépendaient furent administrativement séparés de la colonie mère du Gabon, et confiés en propre à Savorgnan de Brazza. Parmi les innombrables changements qui affectèrent, durant toute la période coloniale, aussi bien le statut du Congo que son assiette géographique, deux étapes sont capitales : 1910, création de l'Afrique-Équatoriale française ; 1960, accession à l'indépendance, au terme d'une courte phase d'autonomie par rapport à l'ancienne métropole. Dans l'intervalle, les périodes de centralisme alternèrent avec les phases de déconcentration ; des unités administratives furent longtemps disputées par les États voisins. Amputée de la Lobaye et de la Haute-Sangha au bénéfice de la République centrafricaine (R.C.A.), du Haut-Ogooué resté aux mains du Gabon, mais dotée en revanche (depuis 1918) d'une façade maritime longtemps monopolisée par Libreville, la république du Congo s'est trouvée cristallisée dans ses limites de 1960.

Congo (République du) : carte physique

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Carte physique de la République du Congo. 

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Congo (République du) : drapeau

Congo (République du) : drapeau

drapeau

Congo (1991). C'est en août 1991 que le Congo, abandonnant le drapeau rouge marqué des symboles du communisme, retrouve le drapeau en usage de septembre 1959 à décembre 1969 : une barre jaune taillant le champ en deux triangles vert et rouge. 

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—  Gilles SAUTTER

Au moment de l'indépendance, le Congo est un pays peu peuplé, doté de ressources limitées. En quelques années, avec la chute de Youlou (1963), le pouvoir échappe aux milieux directement liés à l'ancienne métropole et le pays s'engage dans une série d'expériences révolutionnaires qui infléchissent la construction de l'État dans le sens du socialisme. La militarisation du régime, à partir de 1968, ne fait que confirmer une tendance à l'autoritarisme, mais dans un contexte encore favorable aux mobilisations populaires.

Le Congo découvre la richesse grâce au pétrole dans les années 1970, puis subit un pénible retour à la pauvreté, à cause de l'endettement. À l'euphorie d'une société qui jouit d'une large diffusion de biens collectifs dans les domaines de l'éducation, de la santé, des transports, par exemple, succèdent à partir de 1985, des conditions de vie qui se détériorent. Les années 1990 sont marquées par l'apparition de tensions urbaines de plus en plus aiguës qui débouchent sur la guerre civile. Le partage inégal de la rente pétrolière participe des pratiques d'une classe politique particulièrement stable dans sa composition depuis les années 1960, malgré la virulence apparente des purges successives. Cette société est marquée par des clivages qu'accentue l'urbanisation. S'appuyant sur la prégnance des appartenances claniques, les affiliations régionales, manipulées par les politiciens, s'imposent à tous. Le recours à la violence physique collective, telle celle des milices partisanes, constitue le changement le plus notable d'une société dans laquelle la limitation de la liberté d'action des individus s'effectuait auparavant de manière privée. Mais le principal clivage réside aujourd'hui dans le fossé qui s'est creusé entre d'une part une « nomenklatura » fabriquée et reproduite par le système politique et par l'accès à l'argent du pétrole et, d'autre part, les larges couches de la population qui n'ont guère profité des redistributions liées au pétrole, dont les gisements sont pourtant loin d'être épuisés.

—  Patrick QUANTIN

Géographie

La République du Congo (République populaire du Congo de 1969 à 1992) partage avec la République démocratique du Congo (R.D.C., Zaïre de 1971 à 1997) le même nom. Pour éviter la confusion, il est d'usage d'ajouter celui de leur capitale. Le Congo-Brazzaville couvre 342 000 kilomètres carrés ; sa population est estimée à environ 4 000 000 d'habitants en 2005. Depuis l'indépendance (1960), il a connu une histoire mouvementée et des crises violentes, en particulier les guerres civiles de 1994 et 1997, dont Brazzaville a été le théâtre principal. Son économie, entièrement dominée par le pétrole, exploité depuis 1972, a subi de plein fouet les chocs et contre-chocs pétroliers, avec pour conséquence l'exacerbation des tensions politiques.

Un territoire sans unité

Le Congo couvre, de part et d'autre de l'équateur, un espace compris entre le fleuve Congo prolongé par son affluent l'Oubangui, frontaliers de la R.D.C., et la ligne de partage des eaux séparant les bassins du Congo et de l'Ogooué qui a servi à fixer la frontière avec le Gabon. La formation de son territoire renvoie à l'action de Pierre Savorgnan de Brazza et au traité signé avec le roi des Batéké, Makoko, en 1880. Les conquêtes coloniales ayant poussé jusqu'au Tchad l'expansion du « Congo français », celui-ci fut organisé en quatre colonies en 1903, avant de se transformer en fédération d'Afrique-Équatoriale française (A.-É.F.) en 1910, avec Brazzaville pour capitale.

Le territoire composite du Congo comprend des plaines, des plateaux et des massifs montagneux, couverts de forêts (60 p. 100) ou de savanes (40 p. 100). Le Congo septentrional se compose dans sa partie ouest de plateaux d'une altitude moyenne de 500 mètres, pouvant s'élever jusqu'à 1 000 mètres dans la Sangha. Les dernières grandes forêts primaires du pays se situent entre Ouesso et la frontière de la République centrafricaine ; parcourues par les Pygmées, ces forêts sont soumises aujourd'hui à une exploitation qui modifie l'écosystème. La partie est, formée par les plaines marécageuses de la Cuvette congolaise, domaine de la forêt inondée, n'est accessible que par voie d'eau.

Éléphants dans le Parc national d'Odzala, République du Congo

Éléphants dans le Parc national d'Odzala, République du Congo

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Les salines, telles des clairières au sein de la forêt tropicale, dans le Parc national d'Odzala. Situé en bordure du vaste massif forestier de la cuvette congolaise, ce parc est une immense mosaïque d'écosystèmes et abrite une grande variété d'espèces animales. Ici, des éléphants de... 

Crédits : M. Nichols/ National Geographic/ Getty

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Le Congo central correspond aux formations sédimentaires gréseuses des plateaux Batéké (500 à 800 mètres) qui se prolongent au Gabon et en R.D.C. Les sols sableux sont couverts d'une savane herbeuse, les forêts n'occupant que les fonds de vallée. Le Congo méridional est formé d'une succession d'unités géomorphologiques : massif granitique du Chaillu (600-900 mètres), au relief tourmenté, plaines schisto-calcaires du Niari ouvertes à la circulation entre le Pool à l'est et le Gabon au nord, chaîne du Mayombe aux reliefs appalachiens d'altitude moyenne (400-600 mètres) mais suffisante pour isoler une étroite plaine côtière des pays du Niari. La traversée du Mayombe lors de la construction du chemin de fer Congo-Océan entre Pointe-Noire et Brazzaville (1921-1934) a été particulièrement difficile et coûteuse en vies humaines. Dans ce Congo méridional, la végétation dépend du substrat géologique : forêt sur les massifs montagneux (granites du Chaillu, schistes, gneiss et quartzites du Mayombe), savane sur les affleurements schisto-calcaires du Niari et les sédiments argilo-sableux de la plaine côtière.

Congo : milieux et ressources

Congo : milieux et ressources

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Congo : milieux et ressources. 

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Par sa position à cheval sur l'équateur, entre 305' de latitude nord et 50 de latitude sud, le Congo est bien arrosé : entre 1 000 millimètres dans le Niari et plus de 2 000 millimètres sur une dorsale pluviométrique traversant sa partie centrale. Le nord du pays présente un régime équatorial, avec des pluies réparties sur toute l'année ; le sud, un régime tropical marqué par une saison sèche entre juin et septembre. Les rythmes de l'agriculture vivrière se calquent sur cette périodicité : préparation des champs, par abattage et brûlis, pendant la saison sèche.

À la diversité des paysages naturels répond celle des groupes ethniques. Les ethnologues répertorient plus de soixante-dix ethnies, mais celles-ci se regroupent en quelques grands ensembles ethno-régionaux dont les rivalités ont rythmé la vie politique congolaise. Au sud, le groupe Kongo constitue la partie septentrionale d'un vaste ensemble qui s'étend jusqu'au nord de l'Angola. Au centre, les Téké comprennent un grand nombre de sous-groupes apparentés. Dans la Cuvette, les Ngala comptent parmi eux les Mbochi qui, grâce à leurs positions dominantes dans l'armée congolaise, se sont imposés comme un acteur politique majeur. Les entités politico-ethniques ne sont pas figées, comme l'a montré la formation des « Nibolek » au début des années 1990, ensemble régional plus qu'ethnique, constitué autour des provinces (et des premières lettres) du Niari, de la Bouenza et de la Lekoumou, comme base géographique de l'électorat de Pascal Lissouba. Les conflits armés des années 1990 ont fortement instrumentalisé les identités ethniques au service des ambitions politiques de Sassou Nguesso (Mbochi), Kolelas (Kongo-Lari) et Lissouba (Nibolek).

La répartition de la population, très contrastée, oppose le sud, entre Brazzaville et Pointe-Noire, où les quatre cinquièmes de la population se concentrent sur le quart de la superficie du pays, et le nord aux vastes étendues inhabitées. Le Congo est par ailleurs un des pays les plus urbanisés d'Afrique : deux Congolais sur trois vivent en ville, près du quart dans la seule capitale. L'accumulation démographique urbaine, avec pour corollaire celle d'une population jeune et le plus souvent sans emploi régulier, est le grand défi posé au développement économique et social, condition de la stabilité politique.

Une économie de rente dominée par le pétrole

Depuis l'indépendance, l'exploitation pétrolière a été le principal moteur des transformations économiques, et la cause première de l'afflux de population vers les villes, lieux de redistribution de la rente. Ces changements se sont faits au détriment d'autres secteurs de l'économie, principalement l'agriculture. Le Congo ne manque pourtant pas d'atouts : réserves foncières considérables, bonne pluviosité. Les techniques traditionnelles de la culture itinérante sur brûlis sont bien adaptées à un milieu forestier aux faibles densités de population. La trypanosomiase animale limite les possibilités d'élevage du gros bétail, mais il existe d'autres sources de protéines animales : poissons abondants dans les cours d'eau, petit bétail, viande de chasse, sous réserve d'un prélèvement raisonnable, ce qui n'est pas toujours le cas avec la diffusion des armes de guerre et la forte demande citadine. Manioc préparé sous forme de pâte (« chikouangue »), banane plantain, igname, taro, arachide, produits du palmier à huile (huile et vin de palme), canne à sucre, etc., les produits vivriers ne manquent pas. À l'autoconsommation s'ajoute la production pour la vente, stimulée par l'urbanisation. Si le Congo n'est pas autosuffisant et doit importer des produits alimentaires de base, notamment de R.D.C., c'est la conséquence du manque de forces productives dans les villages et des défaillances dans l'articulation ville/campagne.

L'agro-industrie, qui a débuté à l'époque coloniale, n'a pas résisté aux déséquilibres économiques provoqués par le « syndrome hollandais » (cette expression désigne les conséquences de l'injection brutale de ressources monétaires issues de la production d'hydrocarbures sur les autres segments de l'économie). Ayant perdu toute compétitivité internationale, les plantations de palmier à huile du nord du pays ont été laissées à l'abandon. Seule la plantation de canne à sucre de Nkayi (7 000 hectares exploités) a survécu. Quant aux cultures paysannes de cacao et de café, leur production en déclin n'atteint que de faibles volumes (un millier de tonnes de café, moins de 2 000 tonnes de cacao au début du xxie siècle)

Le secteur forestier – première ressource du Congo jusqu'au début des années 1970 – reste dynamique : en 2005 la production a atteint 1 500 000 mètres cubes. Exploitées depuis longtemps, les régions du Mayombe et du massif du Chaillu sont en perte de vitesse, le pôle de l'exploitation s'est déplacé au nord, vers Ouesso et la Likouala. Le nouveau code forestier promulgué en 2000 fait obligation de transformer le bois (sciages, placages) destiné à l'exportation ; la mise en œuvre progressive de ces dispositions favorise la concentration industrielle. La dégradation de la voie de transport via le fleuve Congo et le chemin de fer Congo-Océan, accentuée par l'insécurité, a conduit les sociétés forestières du Nord-Congo à exporter par le port de Douala (Cameroun), au détriment de Pointe-Noire. Le port à bois congolais maintient ses activités grâce à la production d'eucalyptus provenant des immenses plantations de son arrière-pays (50 000 hectares) ; initialement prévus pour alimenter une usine de pâte à papier qui n'a pas vu le jour, les rondins d'eucalyptus sont destinés à l'exportation. Ce trafic ne compense pas, cependant, la perte de l'exportation du manganèse du Gabon qui transite depuis 1991 par le port de Libreville-Owendo.

L'économie congolaise est entièrement dépendante du secteur pétrolier. Total Congo (ex-Elf Congo) produit 80 p. 100 du pétrole congolais, le reste se partageant entre l'autre opérateur historique, Agip, et les nouveaux venus, américains et chinois. L'exploitation offshore met le secteur pétrolier à l'abri des violences politiques continentales. En 1996, l'installation de la plate-forme de Nkossa, ancrée à 60 kilomètres de la côte par des fonds de plus de 300 mètres, a représenté une prouesse technique. Elle prélude à l'exploitation en mer profonde et très profonde (1 000 mètres et jusqu'à 2 000 et 3 000 mètres) appelée à relayer les champs actuellement en production. Celle-ci stagnait autour de 12 millions de tonnes au début des années 2000. Avec la mise en exploitation du gisement onshore de M'Boundi, la production a dépassé 13 millions de tonnes en 2005.

Le pétrole représente 60 p. 100 du P.I.B. et plus ou moins 90 p. 100 des recettes d'exportation : pays rentier par excellence, le Congo est soumis aux à-coups des cours des hydrocarbures. S'il a bénéficié des « chocs » pétroliers, celui de 1973-1974 en particulier, s'il bénéficie de la forte hausse des cours depuis 2005, il a en revanche été frappé de plein fouet par le « contre-choc » de 1986. L'effondrement des recettes pétrolières l'a alors précipité dans l'engrenage d'un endettement insupportable. La crise financière a été une des causes profondes de la crise de l'État et des violences politiques des années 1990. Depuis 2004, le Congo est entré dans une période plus favorable au développement économique et social : annulation partielle de la dette publique, facilités accordées dans le cadre de l'Initiative pour les pays pauvres très endettés (P.P.T.E.) et apaisement des tensions politiques.

—  Roland POURTIER

Histoire contemporaine

Les débuts de l'implantation française (1880-1931)

L'histoire de la colonisation du Congo se confond d'abord avec celle des explorations de Pierre Savorgnan de Brazza. Remontant l'Ogooué, puis l'Alima, Brazza, après avoir fondé le poste de Franceville, pénètre par la Lefini jusqu'au fleuve Congo et atteint M'Bé, capitale du roi Makoko, chef politique et religieux des Batéké. Les deux hommes signent un traité d'amitié le 10 septembre 1880. C'est à cette date que commence véritablement l'époque coloniale pour le territoire qui, quatre-vingts ans plus tard, constituera la République du Congo-Brazzaville. Après avoir confié au sergent Malamine, que sa rencontre avec Stanley rendra à jamais célèbre, la station de N'Kouma qu'il vient de créer, Brazza se dirige vers l'Océan par le bassin du Niari. Mais c'est un autre marin, le lieutenant de vaisseau Cordier, qui reconnaîtra la région du Kouilou-Niari, en 1883, et négociera un traité établissant la souveraineté de la France sur le royaume de Loango, avec le Ma-Loango, principal chef des Vili.

Colonisation du Congo, début du XXe siècle

Colonisation du Congo, début du XXe siècle

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Investis d'une mission civilisatrice, les colonisateurs européens ont très vite catégorisé et hiérarchisé les groupes sociaux africains qu'ils rencontraient. Ici, au Congo vers 1900. 

Crédits : Hulton Getty

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Savorgnan de Brazza

Savorgnan de Brazza

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L'explorateur français Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) en 1882, dans la tenue indigène de ses expéditions au Congo, et en 1905, au retour d'une inspection dans ce même Congo. 

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Dans cette partie du Continent noir, la France se heurte à la fois au Portugal dont les navigateurs ont, quatre siècles plus tôt, reconnu les bouches du Congo, et à la Belgique, plus exactement au roi Léopold II, animateur de l'Association internationale africaine, établie sur la rive méridionale du Stanley Pool. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, la pénétration militaire s'effectue très lentement, à la fois le long de la piste Loango-Brazzaville et, vers le nord, le long du fleuve Congo et de ses affluents. Quelques tribus, dont celle des Bakota, opposent une sérieuse résistance à l'avance des colonnes françaises. Et, en 1913 encore, l'administration coloniale doit réduire un soulèvement important dans la région de la haute Likouala.

Léopold II

Léopold II

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Léopold II (1835-1909), roi des Belges depuis 1865, ici vers 1880. 

Crédits : Hulton Getty

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Guerrier congolais

Guerrier congolais

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Guerrier congolais vers 1910. 

Crédits : Hulton Getty

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Longtemps, le Congo fut considéré comme une simple marche du Gabon. C'est une loi du 17 décembre 1882 qui fonda la colonie du Congo français, où Brazza fut nommé commissaire du gouvernement (à cette époque, le territoire comprenait le Gabon et le Congo). Quatre ans plus tard, le 27 février 1886, le Gabon et le Congo sont séparés, mais restent placés sous l'autorité unique de Savorgnan de Brazza, l'un de ses compagnons, Noël Ballay, futur gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française (A.-O.F.), devenant lieutenant-gouverneur du Congo. Brazza demeurera commissaire général du gouvernement jusqu'en 1897.

Le 29 décembre 1903, la colonie prend le nom de territoire du Moyen-Congo. En 1910, elle devient une des quatre colonies fédérées au sein de l'Afrique-Équatoriale française (A.-É.F.). Les traités de 1918 restituèrent au Congo ses frontières d'avant 1911. En effet, par le traité du 4 novembre 1911, le gouvernement français avait cédé à l'Allemagne une vaste portion de territoire, militairement reconquis sur le Cameroun dès 1915. Il faudra attendre 1923 pour que les derniers militaires remettent à des civils les postes administratifs.

L'administration de Savorgnan de Brazza fut marquée par de graves difficultés nées de l'implantation dans cette région de grandes compagnies concessionnaires, héritières directes des compagnies à charte de l'Ancien Régime. Détenant à une certaine époque jusqu'à 95 p. 100 de la superficie de la colonie, elles se livrèrent à un véritable pillage des ressources naturelles, sans aucun souci de préparer l'avenir, multipliant parfois les exactions à l'encontre des Africains. À la suite des efforts personnels de Brazza, placé à la tête d'une commission d'enquête, ces compagnies durent en 1911 renoncer à leurs droits sur 30 000 km2 (le Congo en couvre 340 000) et ne conservèrent de pleine propriété que 3 800 km2.

Une dizaine d'années après le scandale des compagnies concessionnaires devait éclater celui du chemin de fer Congo-Océan (C.F.C.O.) dont la construction aurait, dit-on « coûté un homme par traverse ». Commencé en 1921 par le gouverneur général Augagneur, inauguré en 1934 par le gouverneur général Antonetti, le C.F.C.O. reste une des réalisations africaines de la France qui ont soulevé le plus grand nombre de polémiques ; son achèvement coïncide avec l'entrée du Congo dans le monde moderne.

La naissance du nationalisme congolais (1931-1945)

Très tôt se manifestèrent, de part et d'autre du Stanley Pool, des mouvements d'ordre religieux qui servirent en fait de support au nationalisme congolais. Les Belges eurent, dès 1921, à faire face au messianisme de Simon Kibangu. Se réclamant de l'œuvre de ce dernier, Simon Pierre M'Padi fondait au Moyen-Congo, en 1939, le mouvement du kakisme. Condamné en août 1949 à Mindouli, M'Padi sera livré aux autorités belges qui le poursuivaient.

Mais le plus puissant des prophétismes congolais fut sans aucun doute le matswanisme, fondé par André Matswa, dit Grenard, ancien sergent de tirailleurs, ancien comptable de l'Assistance publique dans le département de la Seine. Après avoir créé en 1926 l'Amicale des originaires de l'A.-É.F., simple société de secours mutuel, Matswa met plus ou moins ouvertement en cause le régime colonial. En 1930, le prophète est condamné à trois ans de prison et cinq ans d'interdiction de séjour, verdict qui provoque une effervescence parmi les éléments Balali de la population de Brazzaville. D'abord déporté au Tchad, Matswa mourra en avril 1942 à la prison de Mayama.

Le rôle joué par l'A.-É.F., notamment par le Congo, dans la Seconde Guerre mondiale contribuera à accentuer l'essor du nationalisme congolais. Le 28 août 1940, le commandant Delange arrête à Brazzaville le général Husson resté fidèle à Vichy, tandis que le général de Larminat prend au nom du général de Gaulle les pouvoirs de haut-commissaire en A.-É.F. L'action des Français libres est sérieusement soutenue par Jacques Opangault, futur président du premier gouvernement du Congo qui assure le loyalisme des populations du Nord à l'égard du général de Gaulle et stimule l'effort de guerre du pays. Cependant, le gouverneur général Éboué poursuit l'ancienne politique répressive à l'égard des matswanistes ; il fait notamment condamner Matswa à mort en février 1941. Malgré cela, la fidélité au général de Gaulle ne sera à aucun moment remise en cause et les matswanistes vont jusqu'à identifier dans leur culte le destin de l'« homme du 18-Juin » et celui de leur fondateur, André Matswa.

En février 1944, se tient la conférence de Brazzaville qui, tout en condamnant les formules de self-government, ouvrira la voie à l'émancipation politique de l'Afrique francophone.

Des luttes politiques à l'indépendance (1945-1960)

Le 21 novembre 1945, les Congolais élisent leur premier député à l'Assemblée nationale constituante : Jean-Félix Tchicaya (1903-1959), ancien élève de l'École supérieure William-Ponty de Dakar, instituteur, ancien sergent des Forces françaises libres. Réélu en 1946, à la seconde Assemblée constituante, puis à l'Assemblée nationale, Tchicaya entre d'abord en lutte ouverte avec son cadet Opangault ; il fera ensuite route commune avec lui.

Fondateur du Parti progressiste congolais (P.P.C.), il participe en 1946 au congrès constitutif du Rassemblement démocratique africain (R.D.A.) dont il est premier vice-président. Leader incontesté du pays Vili, il affronte alors souvent Jacques Opangault, ancien greffier, originaire du Nord, région où personne ne peut rivaliser avec lui. Les deux hommes se retrouvent en 1947 au sein du Conseil représentatif, première assemblée locale, et au sein de diverses assemblées où le P.P.C. et le Parti socialiste qu'anime Opangault se partagent à peu près également suffrages et sièges. Cependant apparaît en 1956 une troisième figure politique qui va très rapidement éclipser les deux « frères ennemis » : l'abbé Fulbert Youlou. Celui-ci n'avait pratiquement jamais fait parler de lui lorsqu'en 1955, comprenant le parti qu'il peut tirer des ethnies majoritaires telles que les Bakongo, toujours fidèles au rêve matswaniste, il décide, en dépit des ordres de son évêque, de se présenter aux élections.

Des troubles éclatent lors de leur déroulement, en janvier 1956 ; « youlistes » et adversaires de l'abbé s'opposent. Battu de justesse, l'abbé Youlou tente vainement d'obtenir à Paris l'invalidation de Tchicaya. Sans se décourager, il crée, le 27 mai 1956, l'Union démocratique de défense des intérêts africains (U.D.D.I.A.) avec Stéphane Tchitchelle, transfuge du P.P.C., et accroît son audience populaire dans la capitale fédérale. En novembre 1956, les élections municipales sont un triomphe pour l'U.D.D.I.A., et l'abbé Youlou devient maire de Brazzaville, tandis que Tchitchelle est élu maire de Pointe-Noire. Sérieusement ébranlé, le P.P.C. se tourne vers le Mouvement socialiste africain (M.S.A.) de Opangault pour éviter une déroute. En effet, aux élections de mars 1957, il n'enlèvera que deux sièges sur cinquante-cinq à l'Assemblée territoriale. Cependant, le M.S.A. et ses alliés électoraux disposant de vingt-trois sièges, la vice-présidence du premier gouvernement congolais est confiée à Opangault, tandis que l'abbé Youlou est nommé ministre de l'Agriculture. L'union des adversaires de l'U.D.D.I.A. est cependant de courte durée. Européens et Congolais des divers partis s'affrontent. En janvier 1958, ce sont les partisans du M.S.A. et ceux de l'U.D.D.I.A. qui se livrent une bataille rangée à Dolisie. Un nouvel incident grave a lieu en avril 1958 à Kaka-Moeka après la mort accidentelle de Dumont, député U.D.D.I.A. à l'Assemblée législative.

Lorsque éclatent, le 13 mai 1958, les événements qui en France portent le général de Gaulle au pouvoir, Jacques Opangault est le premier leader congolais à l'assurer de son appui – suivi plus tard, avec réserve, par l'abbé Youlou. Mais les trois leaders politiques congolais appelleront cependant à voter « oui » au référendum de septembre, et le « oui » l'emportera massivement.

À la suite de la défection du député Yambot, la majorité se déplace d'une voix du M.S.A. à l'U.D.D.I.A., lorsque le 25 novembre se réunit à Pointe-Noire l'Assemblée congolaise. Tandis que l'émeute gronde en plein fief électoral du P.P.C., Christian Jayle, président de l'Assemblée, fait voter une loi instituant un gouvernement provisoire, aussitôt confié à l'abbé Youlou. Une seconde loi prévoit le transfert de la capitale de Pointe-Noire à Brazzaville, et le M.S.A. et le P.P.C. sont véritablement dépossédés. C'est dans ces circonstances qu'éclate à Brazzaville, en janvier 1959, une sanglante émeute tribale qui, pendant quatre jours, met aux prises M'Bochi et Balali, plutôt que M.S.A. et U.D.D.I.A. Une centaine de personnes trouvent la mort, des centaines sont blessées, tandis que la minorité européenne assiste impuissante aux massacres ; les troupes françaises interviendront, évitant ainsi une véritable guerre civile. Appréhendé pour incitation à la violence, Opangault sera libéré en juillet.

Une nouvelle Constitution donnant des pouvoirs étendus au Premier ministre est adoptée en février ; aux élections de juin, un nouveau découpage électoral permet à l'U.D.D.I.A. d'enlever cinquante et un sièges, alors que ses adversaires n'en obtiennent que dix. Ayant triomphé de ses concurrents sur le plan parlementaire, l'abbé Youlou décide alors de s'attaquer à ceux des matswanistes qui ne veulent pas voir en lui la réincarnation de Matswa, qu'il s'est efforcé de leur présenter. Cette minorité, qui manifeste à son égard le même incivisme que vis-à-vis de l'autorité coloniale et continue à « voter pour les os », c'est-à-dire pour le prophète mort dix ans plus tôt, est livrée à la vindicte des militants de l'U.D.D.I.A. En juin et juillet 1959, pourchassés dans les rues, puis arrêtés, les irréductibles doivent se soumettre, non sans qu'une trentaine d'entre eux aient trouvé la mort. Impressionnés, les leaders du M.S.A. se rallient au nouveau maître des destinées congolaises. Un second ministère Youlou est constitué en juillet 1959, comprenant plusieurs membres du M.S.A., et, le 5 juillet, Jacques Opangault bénéficie d'une mesure d'amnistie avant de devenir vice-président du Conseil, au moment où le Congo accède à l'indépendance, le 15 août 1960.

De l'indépendance à l'éviction de Youlou (1960-1963)

L'indépendance est l'occasion d'un grand courant d'unité nationale. La Constitution de 1961 renforce encore les pouvoirs du chef de l'État, instituant un véritable régime présidentiel. Seul candidat à la magistrature suprême, l'abbé Youlou est élu le 20 mars 1961 avec 97,56 p. 100 des suffrages exprimés. Vivant de facto sous le régime du parti dominant, les Congolais semblent prêts à l'institutionnalisation du parti unique.

L'abbé Youlou entreprend une série de voyages officiels à l'étranger, dont un en France en novembre 1961 ; il s'efforce d'attirer les investissements dans son pays. Pour ce faire, il affirme publiquement ses options en faveur du libéralisme économique et tente d'intéresser des groupes européens à la création du gigantesque barrage hydro-électrique du Kouilou. Dès cette époque, le Congo prend place parmi les États africains « modérés » et, en décembre 1960, se réunit dans la capitale congolaise une conférence des chefs d'État francophones, qui décide la création du « bloc de Brazzaville », ancêtre direct de l'Organisation commune africaine et malgache (O.C.A.M.).

Vis-à-vis des autres États de l'ancienne A.-É.F., le Congo est partisan du maintien d'une politique de coopération, mais sans liens institutionnels trop étroits. Les rapports avec le Gabon sont d'ailleurs médiocres, par suite de revendications territoriales congolaises, et, en septembre 1962, après de violents incidents entre Gabonais et Congolais, à l'occasion d'un match de football, des pogroms anti-gabonais ont lieu à Brazzaville et à Pointe-Noire.

Avec le Congo-Léopoldville, l'abbé Youlou procède avec prudence, bien que ses sympathies profondes aillent vers Moïse Tschombé. Cependant, des liens ethniques unissent le président congolais à son collègue de Léopoldville, Joseph Kasavubu, et, à un certain moment, les deux hommes paraissent avoir caressé l'espoir de reconstituer, sur les deux rives du Stanley Pool, un État Bakongo, qui aurait regroupé divers territoires alors placés sous trois administrations différentes, puisque au nord de l'Angola vit une minorité Bakongo.

Réservé à l'égard des pays de l'Est, l'abbé Youlou ne fait que mettre en application l'anticommunisme militant qui inspire toute sa politique. Comme son collègue Boganda, mort en avril 1959 dans un mystérieux accident d'avion, il estime en effet que le communisme et l'islam constituent pour l'Afrique deux menaces graves et il s'efforce, dans la limite de ses moyens, de combattre l'un et l'autre.

Cependant, l'exercice du pouvoir use très vite en Afrique noire et, trois ans après l'accession de son pays à la souveraineté internationale, celui qui était jusqu'alors apparu à ses concitoyens comme une sorte d'homme providentiel va perdre brusquement le charisme dont il semblait bénéficier. Il vient de recevoir Sékou Touré, en visite officielle à Brazzaville, lorsqu'il croit, en toute sérénité, pouvoir prendre une initiative qui servira de prétexte à sa chute ; il annonce son intention d'imposer avant le 15 août 1963 le parti unique. Quarante-huit heures avant l'expiration de ce terme éclatent ce que ses adversaires appelleront avec quelque emphase « les Trois Glorieuses ». Des syndicalistes hostiles à l'abbé prennent l'initiative de manifestations antigouvernementales. Débordé, isolé, le 15 août, l'abbé Youlou qui n'a pu obtenir l'intervention des troupes françaises – ou n'a pu l'obtenir à temps – remet sa démission aux officiers de l'armée congolaise et quitte la scène politique.

Du socialisme scientifique à la loi des légions (1963-1968)

Fossoyeurs du régime « youliste », les syndicats ne profitent guère de leur victoire. Un gouvernement provisoire aussitôt constitué est confié à la présidence de l'austère Massamba-Débat, ancien militant de l'U.D.D.I.A. qui a rompu avec l'abbé Youlou dont il désapprouve les méthodes autocratiques. En décembre ont lieu de nouvelles élections législatives et un référendum constitutionnel. La consultation est une simple formalité ; un despotisme est en voie d'en remplacer un autre. Le parti unique est d'ailleurs institutionnalisé : c'est le Mouvement national de la révolution (M.N.R.). Seul candidat, Alphonse Massamba-Débat est élu, le 19 décembre, à la présidence de la République. Le mois suivant, Pascal Lissouba, marxiste militant, devient Premier ministre, tandis que le chef de l'État fait déjà figure de « tiède ». De graves tensions internes se développent, la brousse se révélant, tardivement, fidèle à l'abbé Youlou, désormais placé en résidence surveillée.

Au sein du M.N.R., « enragés » et « indulgents » s'affrontent, tandis que ceux qui critiquaient l'abbé Youlou et sa gestion tentent vainement de s'attaquer à ses successeurs. La création de la Jeunesse M.N.R. en août 1964 donne à la « révolution congolaise » les moyens de s'imposer à la nation, et les adversaires du « socialisme scientifique » sont écartés ou arrêtés. En février 1965, quelques assassinats politiques intimident les opposants. En mars 1965, l'abbé Youlou s'évade, gagne Kinshasa, puis, le gouvernement français lui ayant refusé le droit d'asile, Madrid où il consacre son temps à la rédaction de pamphlets anticommunistes en attendant des jours meilleurs. Le 8 juin, un tribunal populaire le condamne à mort par contumace.

Les manifestations « pro-youlistes » de février 1964 à Brazzaville, le coup de main du 14 juillet 1966, déjoué aussi rapidement que le sera celui de janvier 1967, montrent que le régime « révolutionnaire » reste menacé. La mutinerie du capitaine Ngouabi en juin 1966, puis la démission de Pascal Lissouba en janvier 1967 et la mise à l'écart de son successeur M. Noumazalay, en janvier 1968, soulignent les « contradictions internes » du M.N.R. L'autorité de Massamba-Débat est de plus en plus sévèrement contestée par ses amis ; trois ans, presque jour pour jour, après l'élimination de Youlou, il est finalement destitué par l'armée. Deux officiers se partagent alors les responsabilités du pouvoir, le capitaine Raoul, originaire de la région côtière, promu chef de l'État, et le capitaine Ngouabi, ancien mutin de juin 1966, originaire du Nord, président du Conseil national de la révolution. Pour avoir confisqué le pouvoir durant dix années, les Bakongo se trouvent à nouveau à l'écart du jeu politique, mais rien n'est évidemment réglé.

Le poids de l'armée congolaise ne cesse de s'accroître, et, en octobre 1968, toutes les personnalités politiques de l'ancien régime sont écartées du Conseil national de la révolution. Mais les antagonismes existant entre officiers originaires du Nord et originaires du Sud, entre officiers progressistes ou modérés entretiennent une tension permanente. Promu commandant, Marien Ngouabi remplace, en janvier 1969, son collègue Alfred Raoul, devenu également commandant, à la tête de l'État congolais. En février, de nombreuses arrestations ont lieu, dont celle du commandant Mouzaba-Kani, ancien ministre de l'Intérieur.

—  Philippe DECRAENE

L'ajustement militaire d'une révolution populiste : 1968-1979

À la différence des « Trois Glorieuses » de 1963, qui avaient entraîné le pays dans une dynamique révolutionnaire, la prise du pouvoir par des militaires constitue plutôt un « réajustement de la révolution » et ne s'accompagne pas d'une importante épuration, car le personnel politique du temps de Massamba-Débat, écarté du Conseil national de la révolution (C.N.R.), conserve des positions politiques en retrait. En outre, la coupure entre civils et officiers s'ajoute aux tendances factionnelles du milieu politique. L'ascension de Marien Ngouabi, un Nordiste d'extraction obscure, s'accompagne d'une radicalisation idéologique qui aboutit au triomphe du marxisme-léninisme.

Cette option permet le ralliement des éléments de la « gauche » du Mouvement national de la révolution (M.N.R.), tel Ange Diawara, leader charismatique et chef de la Défense civile, qui obtient son intégration dans l'armée régulière. Loin d'être une junte au sens strict, l'armée nationale étant encore en formation, le nouveau pouvoir associe des civils et des militaires dans une entreprise de domination basée sur la coercition et la propagande selon le modèle communiste répandu à l'époque ; la répartition sélective des prébendes générées par une économie étatisée complète progressivement la ressemblance.

Jusqu'à la fin de 1969, le pays est dirigé par le C.N.R., au sein duquel politiciens et techniciens consolident leurs positions sous la houlette des militaires et précisent les règles de fonctionnement que suivra la classe politique, durant les deux décennies suivantes. La pérennité du système repose sur des méthodes typiquement staliniennes : le procès politique et le noyautage des organisations de masse. La dénonciation de complots, imaginaires la plupart du temps, permet de faire condamner les adversaires par des cours de justice révolutionnaires aux procédures expéditives. Quant aux syndicats, mouvements d'étudiants ou de femmes qui avaient agi de façon autonome et spontanée durant la période antérieure, ils sont repris en main par le C.N.R. La mise en place d'un parti « d'avant-garde », se substituant au M.N.R., est l'aboutissement de cette logique.

Proclamé le 31 décembre 1969, le Parti congolais du travail (P.C.T.) dispose de statuts copiés sur la Constitution de la République démocratique allemande. Ceux-ci posent le rôle dirigeant du parti et sa suprématie sur l'État. Le congrès du parti, qui se réunit tous les cinq ans, élit pour la même durée le président du bureau politique, qui devient automatiquement chef de l'État. La fondation du P.C.T. s'accompagne de l'adoption de toute la symbolique marxiste. Le Congo devient une République « populaire ». Le 23 mars 1970, l'échec d'un complot « pro-youliste » mené par le lieutenant Pierre Kinganga permet à la « gauche » de renforcer ses positions : de nombreux officiers soupçonnés d'être « de droite » sont écartés, tandis que Denis Sassou Nguesso, instituteur de formation tôt recyclé dans l'armée et proche de Ngouabi, fait son entrée au bureau politique. La militarisation du régime se renforce avec la dissolution de la gendarmerie et l'intégration de la police urbaine dans l'armée.

De 1968 à 1973, le pays est en proie à des difficultés économiques ; l'État paie avec retard ses fonctionnaires. L'euphorie liée à la manne pétrolière ne dure qu'en 1973-1974 avant que le pays ne replonge dans le dénuement. Les détournements de fonds et les pots-de-vin se développent à cette époque, sous le regard sélectif de la commission du parti chargée du contrôle des entreprises publiques que dirige Justin Lekounzou, un civil du groupe de Ngouabi. Les fonds perçus permettent aux dignitaires du parti d'entretenir des clientèles, souvent sur une base clanique. La « trilogie déterminante » qui associe, selon une formule empruntée à la Roumanie, le parti, le syndicat et l'administration à la gestion des entreprises facilite cette corruption. Dès lors, un fossé se creuse entre les dirigeants, qui affichent leur richesse en construisant de « belles maisons », et la population, démobilisée, qui se réfugie dans des pratiques telles que le culte de l'habit de luxe : la « sape ».

Au sein du parti, une aile gauche s'oppose au groupe de Ngouabi et dénonce la corruption. Exclue, elle participe à la tentative de coup d'État du 22 février 1972 dirigée par Diawara. Ce dernier organise un maquis avant de se réfugier à Kinshasa, d'où Mobutu le livre en 1973. Ce putsch mené, comme celui de 1970, par des officiers originaires du Sud, renforce la tendance ethno-régionale du groupe de militaires qui dirige désormais le pays et dans lequel les deux principaux associés de Ngouabi sont Jacques Yhombi Opango et Denis Sassou Nguesso. Ce dernier, à la tête de la police politique, se charge de constituer des dossiers sur les personnalités.

Ayant fait une fois de plus basculer les alliances internes à partir de 1974 et ouvert à nouveau l'accès du pouvoir à la gauche du P.C.T. et à des Sudistes, Ngouabi est assez désemparé en 1975 lorsque la rente pétrolière diminue soudainement. Il se trouve de plus en plus en difficulté au milieu des groupes qu'il a montés les uns contre les autres. Il soulève les étudiants contre les dignitaires, menace de démissionner, parle de se rapprocher des États-Unis et nomme un civil, Jean-Pierre Thystère Tchicaya, comme numéro deux du parti. Au début de 1976, la contestation devient manifeste au sein du syndicat unique, la Confédération syndicale congolaise (C.S.C.), puis dans l'armée.

Le 18 mars 1977, Marien Ngouabi est assassiné dans des circonstances troubles qui laissent penser que les plus hauts dirigeants sont complices. Les principaux témoins sont exécutés immédiatement ainsi que le cardinal Émile Biayenda, archevêque de Brazzaville. Une commission créée par le ministre de la Défense, Sassou Nguesso, composée d'enquêteurs congolais et cubains, arrête et envoie au peloton d'exécution l'ancien président Massamba-Débat. Il semble que ce dernier fût engagé dans un rapprochement avec Ngouabi, qui, face aux difficultés qu'il rencontrait pour gouverner le pays, se serait apprêté à lui remettre le pouvoir, menaçant ainsi les positions des membres de son entourage. L'interprétation de ces événements demeure, longtemps après, un sujet de controverse en même temps qu'un pilier de la mythologie politique congolaise.

La succession est assurée par un Comité militaire du parti (C.M.P.) présidé par Yhombi Opango et dont Sassou Nguesso est le numéro deux. Les neuf autres membres sont des militaires. La période est marquée par le recours à la terreur, l'omniprésence du contrôle militaire et un style martial rompant avec le populisme antérieur. Un désaccord profond oppose les deux hommes au sujet de la responsabilité de la mort de Ngouabi. Pour sortir de l'impasse et tenter d'étouffer les tensions qui agitent le gouvernement strictement militaire, le comité central du parti est réactivé. En février 1979, Sassou Nguesso, allié pour l'occasion à Thystère Tchicaya, s'empare de la présidence du comité à la suite d'une séance où Yhombi Opango est mis en minorité.

Un régime plus policier que militaire sous Sassou Nguesso (1979-1991)

Durant les mois qui suivent, le nouveau président du comité central assoit son pouvoir en disqualifiant ses adversaires. Une commission d'enquête dénonce l'enrichissement de Yhombi Opango, qui est emprisonné, ainsi que les autres membres du C.M.P. appartenant à son groupe ethnique (kouyou). À l'égard de Thystère Tchicaya, l'intimidation militaire est utilisée. En juillet 1979, une nouvelle Constitution – la sixième depuis l'indépendance – fournit l'occasion de plébisciter le nouveau président. Opérée au moment du second boom pétrolier, qui permet un renflouement provisoire du Trésor congolais, cette transition est vécue comme une sorte de détente.

La victoire de Sassou Nguesso est le résultat de la rupture du pacte implicite qui liait les militaires nordistes. La recherche de nouvelles alliances entraîne un éclatement des factions ethno-régionales ; à l'opposition nord-sud qui régnait auparavant se substituent des fractures au sein des grands groupes : Mbochi contre Kouyou, Vili contre gens du Pool ; cette véritable fragmentation peut aller jusqu'au niveau du village. Le nouveau président, qui a été l'homme de confiance de Ngouabi, connaît la fragilité du pouvoir et se lance dans un projet purement défensif fondé sur la manipulation des adversaires. C'est un gouvernant conservateur qui ne dispose pas du charisme de son prédécesseur et, si son régime apparaît moins militaire que celui de Yhombi Opango, il s'appuie beaucoup plus sur le contrôle policier.

Pour conserver le pouvoir, Denis Sassou Nguesso doit contrôler le jeu de près d'une dizaine de factions de la classe politique. Certaines de celles-ci sont reliées à des organisations clandestines. Une opposition ouverte existe également en exil, notamment en France, dans le milieu étudiant. Lors des congrès du parti, le président déjoue les coalitions de factions qui pourraient le renverser en promouvant comme numéro deux du régime le leader de la plus puissante d'entre elles. Ensuite, il le fait tomber en l'accusant de complot.

Dès 1979, Sassou opère un rapprochement vers Paris qu'il avait critiqué sous Yhombi Opango. Il en obtient un soutien financier que l'U.R.S.S. n'est pas en mesure de lui fournir. En 1980, la coopération française fournit 50 p. 100 de l'aide tandis que la société Elf conduit depuis plusieurs années déjà la plus grande partie des activités pétrolières. Malgré la présence voyante de conseillers de différents pays du bloc de l'Est, intéressés par la position géostratégique du Congo, le pays entretient de bonnes relations avec la France. Ainsi, en 1981, le président vient à Paris pour plaider la cause de son pays auprès du C.N.P.F.

En 1982, deux attentats à la bombe dans Brazzaville sont utilisés contre les principaux rivaux qui risquent de défier l'homme fort du Congo lors du congrès du parti. Thystère Tchicaya et d'autres leaders historiques de factions sont condamnés en 1983. L'année suivante, le candidat unique Sassou Nguesso est réélu à l'unanimité par le comité central. Il entame son deuxième mandat de président par un renforcement de sa domination. Il exerce désormais un contrôle total sur le parti et sur les organes de l'État qui lui permet de nommer les ministres sans l'accord du comité central. Le gouvernement formé à cette époque compte onze ministres originaires de sa région (la Cuvette) et quatre membres de sa famille sur un total de dix-huit ministres. Des créations de postes, en particulier dans l'armée, favorisent les natifs de cette région et de son village : Oyo. Ce dernier est embelli et sert de capitale politique informelle où se tiennent certaines réunions du gouvernement. Au même moment, le président amorce, par des dépôts officiels de gerbes, les prémices d'un culte de ses parents dans lequel certains voient la volonté d'éclipser celui du martyr Marien Ngouabi.

Les années fastes de l'économie congolaise s'estompent à partir de 1982, avec la décroissance des cours mondiaux du pétrole, et les difficultés culminent en 1985, quand ces derniers s'effondrent. Contraint de limiter ses dépenses et de mettre en œuvre un plan d'ajustement structurel, l'État se résigne à signer un accord avec le F.M.I. en mai 1986. Avec les restrictions qu'entraîne la politique d'austérité, la population, politiquement démobilisée depuis de nombreuses années, bascule vers le refus du régime. En 1985 ont lieu les premières manifestations, dans les milieux lycéens et étudiants. La direction de la Confédération syndicale congolaise (C.S.C.) parvient à contrôler l'administration et les entreprises publiques jusqu'en mai 1989, avant d'être dépassée par sa base. Incapable ensuite de contenir le mécontentement, son secrétaire général, Bokamba-Yangouma, est critiqué par les hautes instances du parti. Cette situation fragilise le groupe au pouvoir, mais Sassou Nguesso parvient à maintenir son influence grâce à des ressources externes. Il siège à la présidence de l'O.U.A. de juillet 1986 à juin 1987, ce qui lui permet d'acquérir une image internationale. En outre, le décès du leader de la faction prosoviétique, le colonel Katali, laisse très affaibli l'un des deux principaux groupes d'opposition interne au régime.

En août 1987, dans le cadre d'une enquête sur un complot visant à attenter à la vie du chef de l'État, Yhombi Opango et l'un de ses proches, le capitaine Pierre Anga, sont convoqués par les autorités. Ce dernier se retire à Owando (région de la Cuvette), où il organise un petit mouvement de résistance. En juillet 1988, Anga et son entourage sont abattus. C'est l'occasion d'une nouvelle grande vague d'épuration accompagnée de limogeages et d'arrestations. Sassou se fait nommer général d'armée et devient, devant Yhombi Opango, le militaire le plus gradé. Lors du IVe congrès du P.C.T., qui se tient en juillet 1989, alors qu'il est encore le seul candidat en lice, il est reconduit pour un troisième mandat présidentiel à la tête du pays par le comité central dont il a lui-même nommé les membres. À cette occasion, les derniers représentants des groupes d'opposition interne, en particulier les prosoviétiques et l'aile gauche sont exclus. Les instances dirigeantes du parti sont acquises aux « modérés » de Sassou Nguesso et à ceux, nombreux, qui se sont joints à eux selon une pratique habituelle qui conduit les survivants des factions défaites à se rallier, pour un temps, au groupe dominant.

Ce contrôle de l'appareil politique et administratif reposant sur un dispositif policier et sur la distribution de prébendes aux partisans ne doit pas masquer le malaise qui frappe la population et en particulier les jeunes. La crise des finances publiques, mal gérées et ruinées par la corruption, a conduit l'État à abandonner le domaine de l'éducation. L'intégration sociale par l'école et par le diplôme, dans une société déjà fortement urbanisée et dominée par les emplois publics, ne fonctionne plus. Cette carence alliée à l'absence de renouvellement d'une génération politique en place depuis plus de vingt ans crée les conditions d'une explosion du combat politique hors du cadre qu'ont délimité les gouvernements autoritaires qui se sont succédé depuis l'indépendance. Malgré la contestation qui monte de la rue et l'exemple des régimes « marxistes » qui s'effondrent en Europe, Denis Sassou Nguesso ouvre l'année 1990 par un discours affirmant sa volonté de maintenir le régime de parti unique.

L'échec de la démocratisation du régime

Le tarissement des ressources financières de l'État accroît les revendications populaires. D'abord économiques, celles-ci tournent à la contestation directe de Sassou Nguesso. La modification du jeu des contraintes extérieures, notamment la chute du bloc de l'Est, l'empêchera d'opérer une reconquête violente du pouvoir en 1991, tandis que les instruments de la coercition – l'armée et le parti – se dissolvent progressivement dans des entreprises factionnelles. Pourtant, de 1991 à 1997, le président vaincu demeure présent dans le jeu politique, profitant des erreurs de ses adversaires, les provoquant souvent, excellant dans la tactique qui consiste à semer la discorde chez l'ennemi. Après l'enlisement des affrontements politiques internes dans la guerre civile, Sassou Nguesso sera ramené au pouvoir en octobre 1997 avec le soutien décisif d'une coalition d'acteurs externes. L'échec de la démocratisation du Congo se manifeste dès le lendemain de l'élection d'un nouveau président en 1992. Il confirme l'enracinement des pratiques de l'élite politique, qui continue d'appliquer en cercle fermé un pluralisme des factions qui ne s'accommode pas des incertitudes du suffrage universel.

Les promesses de la transition

Le Congo est bien avancé sur la voie de l'ouverture économique lorsque ses dirigeants ont à affronter la contestation politique. En novembre 1989, la fin du monopole de l'État sur l'économie est officiellement annoncée et, en février 1990, le président Sassou Nguesso effectue sa première visite officielle à Washington. En revanche, il continue de se montrer intraitable sur la question du multipartisme, qui est repoussée à plus tard. En août 1990, un groupe d'opposants en vue, dont Bernard Kolelas, un des rares survivants de la période Youlou qui ne se soient jamais ralliés aux régimes suivants, publie une lettre ouverte dénonçant le caractère policier du régime et demandant le multipartisme et une « conférence nationale ». En septembre se met en place un processus de protestation de masse et, en octobre, des grèves éclatent à Pointe-Noire, puis à Brazzaville. La mobilisation devient générale, englobant les intellectuels et les Églises. En novembre, le parti et ses organisations satellites se délitent tandis que les factions s'érigent en partis. Le syndicat unique éclate. Une loi autorisant le multipartisme est votée le 24 décembre et Sassou Nguesso, sous la pression, consent quelques jours plus tard à annoncer la tenue d'une « conférence nationale ». Sentant le pouvoir lui échapper, il procède au recrutement de six mille fonctionnaires, puis il inaugure la conférence, le 25 février 1991, avant de se retirer jusqu'à la fin des travaux, qui durent quatre mois au lieu des quinze jours prévus.

Onze cents personnes participent à cette conférence ; soixante et onze partis sont enregistrés, dont une vingtaine sont des sous-marins du P.C.T. Rapidement, les débats tournent au procès du régime et les attaques se concentrent sur Sassou Nguesso, qui évite de peu l'arrestation. L'opposition radicale est menée par Kolelas, qui dirige une alliance, les Forces du changement (F.D.C.), à laquelle résiste une coalition d'anciens dignitaires du P.C.T. Le 27 avril, Sassou Nguesso prononce une allocution radiotélévisée dans laquelle il fait son autocritique et demande l'indulgence. La conférence est close le 10 juin, après la nomination d'un Premier ministre de transition chargé de diriger le gouvernement jusqu'à la mise en place des nouvelles institutions. Lors de l'élection pour ce poste, André Milongo, un technocrate soutenu par les F.D.C., l'emporte sur Pascal Lissouba, qui bénéficie, entre autres, de l'appui de groupes liés au P.C.T. Un Conseil supérieur de la République (C.S.R.), à la présidence duquel siège un évêque, sert d'organe législatif à ce dispositif provisoire.

Porté par une coalition qui souhaitait se démarquer nettement du régime renversé, André Milongo se retrouve paralysé entre ses soutiens radicaux et le contrôle temporisateur du président du C.S.R., qui négocie un nouveau consensus avec les forces conservatrices et l'armée. En janvier 1992, celle-ci intervient pour renverser le Premier ministre, mais se contente de le forcer à un remaniement ministériel. Cet épisode est à l'origine des premières manifestations de violence urbaine ; des barricades sont élevées dans les quartiers sud de la capitale. En mai, la candidature de Bernard Kolelas à l'élection présidentielle prive André Milongo de l'appui de son parti, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (M.C.D.D.I.).

À peine sorti de l'épreuve de force avec les militaires, le gouvernement entre dans un long processus électoral dont le calendrier doit être revu plusieurs fois. Le 2 février 1992, Pascal Lissouba, qui a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, est accueilli à Brazzaville par plusieurs dizaines de milliers de supporters. Il s'appuie sur un groupe de fidèles qui viennent du P.C.T. et qui ont organisé une alliance entre son parti, l'Union panafricaine pour la démocratie sociale, et d'autres « grands hommes » de la classe politique, tel Yhombi Opango. Les résultats des municipales qui se tiennent le 3 mai montrent un fort découpage ethno-régional : des régions entières sont acquises à un seul parti. À Brazzaville, le phénomène s'observe au niveau des quartiers.

Une semblable situation se répète à l'occasion des législatives (juin-juillet) et, lors du premier tour de la présidentielle, le 2 août 1992, cette géographie électorale place en tête Pascal Lissouba, devant Bernard Kolelas, puis Sassou Nguesso ainsi qu'une série de leaders de second rang. Entre les deux tours, Sassou Nguesso se rallie à Pascal Lissouba et appelle ses électeurs à voter pour ce dernier en échange d'une entrée du P.C.T. au gouvernement. Pascal Lissouba remporte le second tour, le 16 août, avec 61 p. 100 des suffrages exprimés, d'une élection jugée honnête par les observateurs. Pourtant, le nouveau régime est ébranlé dès les premières semaines qui suivent l'investiture du premier président congolais élu à l'issue d'une élection concurrentielle.

La présidence de Pascal Lissouba et sa chute

Sassou Nguesso et ses amis, s'estimant insuffisamment servis dans le partage des postes du nouveau gouvernement, décident de rompre l'alliance nouvellement conclue et se rapprochent de Bernard Kolelas et du reste de l'opposition pour censurer, le 3 octobre 1992, l'équipe qui vient d'être formée par Bongho-Nouarra. Pascal Lissouba, s'appuyant sur une disposition ambiguë de la Constitution, réplique en novembre en dissolvant l'Assemblée, élue quatre mois plus tôt. Une partie de la capitale se hérisse de barricades et une manifestation pacifique qui menace le pouvoir est brutalement réprimée le 30 novembre. L'armée, sortant de nouveau de sa réserve, prend le contrôle de la situation et somme les civils, « mouvance présidentielle » et opposition, de s'entendre. Un nouveau gouvernement, dirigé par Antoine da Costa, réunit les différentes tendances en vue de préparer de nouvelles élections législatives. Durant cette période, les difficultés financières de l'État ont accru le retard du paiement des salaires. Mécontent de n'avoir pu obtenir des avances de la part d'Elf et ne cachant pas son dépit à l'égard de la France, le président Lissouba passe un accord pétrolier avec une société américaine (Oxy), qui lui fournit des fonds permettant d'apaiser le climat social juste avant le premier tour des législatives.

Après une campagne longue et tendue, les résultats du premier tour, favorables au président, sont contestés par l'opposition, qui boycotte le second tour du 6 juin 1993. Elle appelle à la désobéissance civile, et cette agitation entraîne des actes de violence et fait des morts dans les quartiers de Brazzaville et dans les régions, qui deviennent des territoires contrôlés par les partis locaux. Le 23 juin, signifiant sa volonté de résister à la déstabilisation, le président Lissouba nomme Premier ministre le général Yhombi Opango. Au mois d'août, un accord entre les partis, signé à Libreville sous l'égide du président gabonais Omar Bongo, établit une trêve, qui est de nouveau rompue en novembre lorsque la commission arbitrale internationale chargée du contentieux électoral confirme la victoire de la « mouvance présidentielle ». Face au soulèvement d'une partie de la capitale, les forces présidentielles bombardent les quartiers sud, fiefs de Bernard Kolelas, tandis que des milices partisanes, qui s'affrontent, contrôlent les quartiers en commettant des exactions sur les civils. Les quartiers nord, quadrillés par les forces de Sassou Nguesso, demeurent à l'écart des combats. Le calme ne revient qu'en mars 1994, après un voyage du président Lissouba à Paris au cours duquel il s'engage à renégocier avec Elf les concessions accordées à Oxy. Il accepte également d'appliquer la politique d'ajustement structurel que son gouvernement, accusé par certains d'un niveau de corruption dépassant celui du régime antérieur, a été incapable de respecter.

Durant les trois années suivantes, jusqu'au début de 1997, les tentatives de désarmement des milices ainsi que les projets de recrutement des miliciens dans l'armée posent des problèmes au gouvernement. Dans un climat de tension permanente, des mutineries éclatent parmi les jeunes recrues d'une armée déstructurée. Au début de 1995, l'annonce du renforcement des mesures d'austérité exigées par le F.M.I. alourdit le climat social. La principale centrale syndicale, proche de l'opposition, appelle à la grève générale. L'État, contraint de préparer des privatisations et de licencier des fonctionnaires, est incapable de relancer le système fiscalo-douanier et ne survit que grâce à la rente pétrolière. Le 23 janvier 1995, la formation d'un nouveau gouvernement conduit par Yhombi Opango est l'occasion d'intégrer quatre ministres appartenant au parti de Bernard Kolelas. Le frère de ce dernier, le colonel Bikinkita, devient ministre de l'Intérieur. Bernard Kolelas, président de la coalition d'opposition des Forces démocratiques unies (F.D.U.), qui compte, entre autres, le P.C.T. de Sassou Nguesso, occupe une position stratégique confirmée par son installation à la mairie de Brazzaville.

La préparation de l'élection présidentielle prévue pour juillet 1997 donne lieu à un accroissement des tensions. Le retour au Congo de Denis Sassou Nguesso, au début de 1997 après un long séjour en France, prend l'allure d'une reconquête sur fond de déception à l'égard des hommes élus en 1992. Lors d'une visite de l'ancien président à Owando, la ville du Nord dont est originaire Yhombi Opango, des incidents se produisent qui font des morts et sont le prétexte à des accusations réciproques. La suite de cet affrontement entre les deux leaders militaires qui ont marqué les vingt précédentes années du Congo débouche sur une guerre civile de plus de quatre mois ; cette dernière détruit le pays, enterre les chances de démocratisation et conduit à une restauration de Sassou Nguesso et de son entourage à l'identique.

Le 5 juin 1997, à Brazzaville, la tentative d'arrestation de gardes du corps de Sassou Nguesso engagés dans les événements d'Owando déclenche une contre-offensive des milices de l'ancien président. Celles-ci s'emparent rapidement de la moitié de la capitale environ. Marquant le pas au bout de quelques jours dans la capitale, les forces du P.C.T. étendent leur contrôle à tout le nord du pays. Intervenant juste après la chute de Mobutu (mai 1997) au Zaïre, cette guerre civile s'inscrit dans un contexte régional très confus. La France évacue ses ressortissants dès le début des événements et rapatrie la totalité de ses troupes. Une partie de la population de la capitale fuit les bombardements. Durant les mois qui suivent, un équilibre des forces s'installe à mesure que les protagonistes épuisent leurs ressources et recherchent des appuis extérieurs. Alors que Kinshasa semble soutenir Pascal Lissouba, les forces gouvernementales angolaises envahissent le pays au début d'octobre et réinstallent Sassou Nguesso à Brazzaville après la prise de la ville, le 15 octobre 1997, sans que Laurent-Désiré Kabila, président de la nouvelle République démocratique du Congo (R.D.C., ex-Zaïre) intervienne.

Miliciens Cobras à Brazzaville, octobre 1997

Miliciens Cobras à Brazzaville, octobre 1997

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Des miliciens Cobras, partisans de Denis Sassou-Nguesso, procèdent à des arrestations dans les rues de Brazzaville, le 18 octobre 1997, quatre jours après avoir pris la capitale congolaise et l'avoir transformée en zone militaire. Le 15 octobre, ils prenaient le contrôle de Pointe-Noire, sur... 

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Denis Sassou Nguesso

Denis Sassou Nguesso

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À l'issue de combats qui voient la victoire de ses partisans, l'ancien président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso retrouve la présidence en octobre 1997. 

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Une interminable sortie de conflit

La restauration de Denis Sassou-Nguesso s'accompagne d'un ralliement de l'ensemble des factions, à l'exception des leaders déchus, Pascal Lissouba et Yhombi Opango. Bernard Kolelas, ayant engagé ses milices à leurs côtés durant les derniers jours des combats, est aussi contraint à l'exil (quelques années plus tard, les mécanismes de collusion de l'élite politique ramèneront finalement ces deux derniers au pays, après les élections de 2002). Le règlement de la crise politique s'effectue selon les modalités rodées au temps du monopartisme officiel. Sassou Nguesso, ayant su profiter des divisions de ses adversaires, s'impose après la prise de Brazzaville avec un gouvernement quasi inchangé par rapport à 1991. Au fil des années, il agrège progressivement la quasi-totalité de ses adversaires. Par la même occasion, il parvient à disqualifier la tentative de démocratisation qui l'a tenu à l'écart du pouvoir pendant cinq ans. L'installation d'un nouveau régime s'étale sur une durée aussi longue (jusqu'aux élections de 2002) et la stabilisation de celui-ci n'est pas acquise définitivement près de dix ans plus tard.

Le pouvoir se trouve en effet confronté à une situation critique dans plusieurs secteurs sensibles. La guerre civile continue de manière sporadique dans certaines zones du Sud et resurgit parfois dans la capitale. Les infrastructures économiques – à l'exception des installations pétrolières sanctuarisées sur la côte – ont subi de lourds dégâts. Les institutions issues de la transition démocratique sont balayées.

Les mesures mises en œuvre, avec l'appui de l'aide internationale, selon un scénario de sortie de conflit déjà rodé dans d'autres pays, n'apportent que lentement des améliorations. Toutefois, malgré des indicateurs plus rassurants après 2002, la stabilité du régime et la reconstruction du pays demeurent menacés par l'accroissement de la pauvreté et par les séquelles de la guerre, dont les crimes n'ont été jugés que de manière partiale.

Une insécurité chronique

Après octobre 1997, les vainqueurs n'obtiennent pas la reddition ordonnée des combattants, éléments des fractions de l'armée, miliciens et mercenaires. Les miliciens de Sassou-Nguesso (les Cobras) pillent et exercent des représailles. Dans certaines régions du Sud, de nombreux combattants liés aux dirigeants vaincus se retranchent dans la brousse et contrôlent des territoires dans lesquels ils commettent également des exactions, dont des exécutions. Les combattants qui étaient liés à Bernard Kolelas (les Ninjas) sont installés dans la région du Pool qui entoure la capitale.

À la fin de décembre 1998, ils lancent une importante offensive sur Brazzaville. À la suite de combats violents qui durent jusqu'en janvier 1999, les forces gouvernementales reprennent le contrôle de la situation et procèdent à une répression au sein des populations civiles appartenant aux groupes ethniques du Sud. Les quartiers Sud qui ont servi de refuge aux Ninjas (Bakongo, Makelekele) sont ratissés et vidés de la totalité de leurs habitants. Ceux-ci sont contrôlés à des barrages filtrants où les hommes soupçonnés d'être des rebelles sont abattus et des femmes violées. Pour échapper à ce sort, un grand nombre d'entre eux (entre 150 000 et 300 000 personnes) s'enfuient dans les forêts de la région du Pool ; d'autres traversent le fleuve vers la R.D.C. Selon certaines organisations de défense des droits de l'homme, cette action, qui présente des ressemblances avec le précédent rwandais, a un caractère « génocidaire ». Elle est renforcée, dans la conscience des populations, par d'autres massacres, dont le plus célèbre est l'affaire des disparus du Beach, dans laquelle un nombre important de réfugiés revenant d'exil auraient été torturés et exécutés secrètement par la garde présidentielle en mai 1999. Malgré un accord de cessez-le-feu signé en décembre 1999 entre le pouvoir et les rebelles, les affrontements reprennent en 2002. Un accord de paix est signé en mars 2003, suivi en août d'une amnistie générale et, en novembre de la même année, d'un programme de démobilisation, de désarmement et réintégration des combattants.

L'intensité de la violence a eu deux conséquences : la démoralisation de l'opposition politique et la criminalisation (donc la disqualification) de la résistance armée menée par les Ninjas jusqu'au-boutistes (Nsilulu), dont la direction est passée à un chef de guerre, le pasteur Ntoumi, soupçonné d'être manipulé par le pouvoir en place. Malgré le programme de réintégration soutenu par un financement international, ces milices continuent de faire régner un climat d'insécurité et attaquent sporadiquement la ligne de chemin de fer qui relie Brazzaville à la côte (en 2005, attaque d'un convoi du P.N.U.D. en avril et fusillades dans un quartier de la capitale en octobre).

Une économie défaillante

Les destructions dont cette voie ferrée a souffert sont à l'image de l'économie congolaise. Sa coupure fait monter les prix dans la capitale et décourage les investisseurs. C'est un point très sensible de la stabilité du pays, qui conduit le président Sassou à concentrer dans le nord, peu peuplé, la plus grande partie de l'aide à la reconstruction, avec un intérêt particulier pour les voies de communication désenclavant la région : routes vers le Cameroun et le Gabon et aéroport international d'Oyo.

Jusqu'en 2004, les tentatives de redressement de l'économie sont freinées par la baisse du prix du pétrole dont la production décline. La croissance est décevante et le F.M.I. exerce de fortes pressions sur Brazzaville pour obtenir une amélioration de la discipline budgétaire. L'enjeu des négociations avec les institutions financières internationales porte sur un accord ouvrant la voie à une annulation partielle de la dette. Un ministre de l'Économie crédible est nommé (Roger Andély) en 2002 ; il quitte le gouvernement dès la conclusion de l'accord en 2005.

L'absence de transparence dans la gestion de la rente pétrolière est au centre des critiques des bailleurs de fonds. En 2005, l'opposition congolaise mène une campagne sur ce thème. Les dividendes de la Société nationale des pétroles congolais (S.N.P.C.), qui commercialise 20 p. 100 de la production pour le compte de l'État, n'alimenteraient que partiellement et épisodiquement le budget de l'État. Ces fonds seraient gérés de manière discrétionnaire par le pouvoir qui peut aussi bien acheter une clientèle politique (une centaine d'indemnités de ministre serait ainsi régulièrement distribuées) que payer des arriérés de salaires aux fonctionnaires avant les élections.

Depuis 2004, la hausse du cours du pétrole permet de dégager des surplus financiers qui alimentent le remboursement de la dette ; cependant le Congo demeure le pays le plus endetté du monde par habitant et la lutte contre la pauvreté, au centre de tous les programmes, ne marque pas d'avancées significatives.

Une démocratie de façade est en place à Brazzaville, avec l'assentiment de partenaires internationaux soucieux de la stabilité dans la région. Ce régime est issu des négociations entamées sous la médiation du président gabonais Omar Bongo, à partir de mars 2001. Un « dialogue national » est alors lancé, sorte d'écho déformé de la Conférence nationale qui avait marqué la démocratisation de 1991. Les travaux aboutissent à un projet de Constitution qui consacre la suprématie du président. Un cycle électoral complet débute avec un référendum constitutionnel (21 janvier 2002), une élection présidentielle, gagnée avec 90 p. 100 des voix par Sassou-Nguesso le 10 mars 2002. Des législatives suivent en juin. Elles consacrent la domination du P.C.T. (l'ancien parti unique), parti du président et de ses alliés.

(Voir également CONGO République du, chronologie contemporaine)

—  Patrick QUANTIN

Bibliographie

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Écrit par :

  • : chef de la rubrique Afrique noire au journal Le Monde, rédacteur en chef de La Revue française d'études politiques africaines
  • : directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques, Centre d'étude d'Afrique noire, Bordeaux
  • : professeur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne
  • : maître de conférences à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris, directeur d'études à l'École pratique des hautes études

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Voir aussi

Pour citer l’article

Philippe DECRAENE, Patrick QUANTIN, Roland POURTIER, Gilles SAUTTER, « CONGO RÉPUBLIQUE DU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/republique-du-congo/