PHYSIS

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Dualisme et naturalisme

C'est précisément ce dualisme de la nature et de la matière, ou encore de la nature et du hasard, que refuseront les stoïciens. La nature n'est pour eux rien d'autre que le Logos répandu dans la totalité des parties du monde et présent dans chacun de ses événements. Cette nature omniprésente et toute-puissante se confond avec Dieu, dont elle manifeste la providence. Dès lors, tout ce qui arrive dans le monde arrive par nature : la nature n'a pas à se mesurer avec une matière qui, pour les stoïciens, est pure passivité, et elle ne partage pas son règne avec un hasard qui n'est que le nom de notre ignorance. « Suivre la nature » consistera alors pour l'homme à faire de son plein gré ce que, de toute façon, il eût été contraint de faire.

Les stoïciens poussent ainsi à l'extrême, voire à l'absurde, ce qu'il y avait de plus fécond dans la vieille idée grecque de la physis : celle d'un principe immanent d'organisation, d'une finalité interne, idée que les stoïciens ont seulement le tort d'étendre d'emblée à la totalité de l'univers et de priver ainsi de tout opposé et, par là, de tout contenu concret. À la fin de l'Antiquité, Plotin et le néo-platonisme s'efforceront de réconcilier le dualisme de la tradition platonicienne et le naturalisme stoïcien. Plotin situe certes la nature à un niveau inférieur par rapport aux réalités intelligibles, mais il attribue à cette nature un pouvoir de création silencieuse et aisée qui, à la différence des procédures laborieuses de la technique, prolonge et concrétise à son niveau propre l'acte contemplatif de l'Intelligence et le rayonnement de l'Un (cf. V, 8, 7 et III, 8, 4).

Les diverses philosophies grecques peuvent bien avoir différemment délimité, vers le haut ou vers le bas, le champ d'action propre de la nature. Mais ce qui les caractérise toutes est le souci de n [...]

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Pour citer l’article

Pierre AUBENQUE, « PHYSIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/physis/