NOIRET PHILIPPE (1930-2006)

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Philippe Noiret est né à Lille le 1er octobre 1930. Le théâtre l'attire dès sa jeunesse. Bien conseillé, il s'affirme rapidement. Acteur de belle stature, passionné par son travail, il explore le monde de la scène avec la plus éclectique curiosité. Il est et restera d'une sincère modestie, conscient de sa valeur mais attentif à rendre à Jean Vilar ou à Bertrand Tavernier ce qu'il estime leur devoir. L'expérience du Théâtre national populaire confirme ses dons, et lui permet de peaufiner son métier. Il passe huit ans au T.N.P., y rencontre sa fidèle compagne Monique Chaumette et s'établit sur la voie lactée où scintillent Gérard Philipe, Daniel Sorano, Daniel Ivernel, Silvia Monfort et Jeanne Moreau, sans oublier le patron, Jean Vilar. Il s'épanouira ensuite au cinéma. Les studios avaient pourtant boudé ses débuts (La Pointe courte, Agnès Varda, 1954) bien que ses interventions au cabaret avec Jean-Pierre Darras, son complice, fussent appréciées. Il attendit six ans pour s'imposer dans Zazie dans le métro (Louis Malle, 1960) et multiplier ses apparitions sur les écrans. Sa carrure, sa diction maîtrisée, son humour, lui permettent d'affronter les têtes d'affiche.

Il vagabonde, passe de la comédie (Tout l'or du monde, René Clair, 1961) au divertissement populaire (Amours célèbres, Michel Boisrond, 1961 ; Le crime ne paie pas, Gérard Oury, 1962), des adaptations littéraires (Thérèse Desqueyroux, Georges Franju, 1962 ; Les Copains, Yves Robert, 1965 ; Poil de carotte, Henri Graziani, 1972) aux textes ironiques (La Vie de château, Jean-Paul Rappeneau, 1966), jusqu'à ce que Bertrand Tavernier fasse de lui L'Horloger de Saint-Paul, en 1974. Le roman de Simenon, finement transposé, gagne à Noiret la faveur du public et lui permet de fouiller avec intensité les rôles que va lui offrir son metteur en scène favori. S'ensuit une guirlande, toujours reprise, sans cesse admirée de titres mémorables (Que la fête commence, 1975 ; Le Juge et l'assassin, 1976 ; Une semaine de vacances, 1980), avec deux incursions étincelantes dans la truculence (Coup de torchon, 1981) et l'émotion pure (La Vie et rien d'autre, 1989).

La Vie et rien d'autre, B. Tavernier

Photographie : La Vie et rien d'autre, B. Tavernier

La Vie et rien d'autre (1989), de Bertrand Tavernier, avec Philippe Noiret et Sabine Azéma, évoque les années qui ont suivi la Grande Guerre et la recherche des soldats disparus sur les champs de bataille. 

Crédits : Hachette Première, AB Films/ Mary Evans/ Aurimages

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Non content d'honorer les réalisateurs français par des interprétations contrastées : Yves Robert (Alexandre le bienheureux, 1968), Philippe de Broca (Tendre Poulet, 1978), Robert Enrico (Le Vieux Fusil, 1975), Édouard Molinaro (La Mandarine, 1972), Yves Boisset (Un taxi mauve, 1977), Pierre Granier-Deferre (L'Étoile du Nord, 1982), Claude Zidi (Les Ripoux, 1984), Philippe Noiret se plaisait à retrouver ses amis italiens, passant de Marco Ferreri (La Grande Bouffe, 1973) à Valerio Zurlini (Le Désert des Tartares, 1976), de Giuseppe Tornatore (Cinéma Paradiso, 1988) à Mario Monicelli (Mes Chers Amis, 1975), de Francesco Rosi (Trois Frères, 1981) à Franco Zeffirelli (Toscanini, 1988). Sans négliger d'autres échappées du côté de George Cukor (Justine, 1969), d'Alfred Hitchcock (L'Étau, 1969), de Ted Kotcheff (La Grande Cuisine, 1978) ou de Richard Lester (Le Retour des mousquetaires, 1989). Se carrant avec la même autorité, poudrée de malice, dans les habits de cour de Mazarin ou du Régent, de Louis XIII et de Louis XIV, il sut donner toute la saveur voulue aux grands bourgeois ou aux Français moyens, les uns et les autres lourds de secrets. Il est ainsi passé du Paris surréaliste de Raymond Queneau à la prison de Bouvier, le tueur de bergers du Juge et l'Assassin, revenant rarement à ses premières amours théâtrales sinon pour dire Hugo à la fin de sa vie, ou pour jouer du Bertrand Blier. À partir de 1997, son activité ralentit. Aux quatre ou cinq films annuels se substitue une, voire deux productions (Père et Fils, Michel Boujenah, 2003 ; Super Ripoux, Claude [...]

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TAVERNIER BERTRAND (1941-2021)

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  • , Universalis
  •  • 1 974 mots
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Il n'y a ni retour à la tradition de la qualité ni avant-gardisme dans le cinéma très populaire de Bertrand Tavernier, que les Anglo-Saxons qualifient de « nouveau traditionaliste », et pour qui chaque film est un défi à relever. Sa personnalité déborde la réalisation, d’abord sur le plan de la cinéphilie avec des publications ( 50 Ans de cinéma américain , Amis américains , ou sur Michael Powell) […] Lire la suite

Pour citer l’article

Raymond CHIRAT, « NOIRET PHILIPPE - (1930-2006) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/philippe-noiret/