VARDA AGNÈS (1928-2019)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Née le 30 mai 1928 à Bruxelles d’une mère française et d’un père grec, Agnès Varda passe son enfance à Sète puis étudie la photographie et l’histoire de l’art à Paris. Amie d’enfance de l’épouse de Jean Vilar, elle devient photographe du TNP, enregistrant tout, des maquettes audio aux répétitions et aux spectacles, de 1951 à 1961. Ses photos de Gérard Philipe feront le tour du monde et fourniront la matière d’une magnifique exposition au festival d’Avignon de 2007. Mais, voulant se mesurer au mouvement et à la parole, elle conçoit toute seule à 25 ans et réalise, sans expérience cinématographique, un long-métrage, La Pointe Courte, où, sur le fond très prégnant du quartier des pêcheurs de Sète, un couple fragile (Silvia Monfort et Philippe Noiret) est en crise. Remarqué en marge du festival de Cannes 1955, le film fait de cette jeune femme cinéaste une pionnière bientôt internationalement reconnue et lui permet de réaliser trois courts-métrages. Au festival de Tours, elle présente en 1958 L’Opéra-Mouffe (le quartier Mouffetard vu par une femme enceinte). Le film est produit par sa toute nouvelle société, Ciné-tamaris, qu’elle utilisera tout au long de sa carrière pour amorcer ses projets aux montages financiers souvent acrobatiques. Elle se retrouve bientôt plongée dans le bouillonnement créatif et critique qui annonce la nouvelle vague et rencontre Jacques Demy, son futur époux. Seule femme du groupe, Agnès Varda décrit alors dans Cléo de 5 à 7 (1962) une jeune chanteuse décidant, dans l’attente angoissée des résultats d’examens médicaux, de passer de l’état de regardée à celui de regardante. Son errance dans Paris, et les rencontres qu’elle y fait, la révèlent à elle-même. Avec sa joliesse de jardin fleuri, Le Bonheur (1965) fustige quant à lui l’égoïsme amoureux masculin.

À partir de là, Agnès Varda va édifier une œuvre inclassable et abondante dont la singularité réside dans l’exercice d’une marginalité assumée, indissociable de son existence même. Sa création s’investit d’abord dans la photographie, puis des films et enfin des installations d’artiste. Mais c’e [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

  • : professeur honoraire d'histoire et esthétique du cinéma, département des arts du spectacle de l'université de Caen

Classification


Autres références

«  VARDA AGNÈS (1928-2019)  » est également traité dans :

LES PLAGES D'AGNÈS (A. Varda)

  • Écrit par 
  • Michel ESTÈVE
  •  • 1 104 mots

Au côté de l'univers de la fiction – Cléo de 5 à 7 (1962), Le Bonheur (1964), Sans toit ni loi (1985) –, le documentaire occupe une place importante dans l'œuvre d'Agnès Varda (une trentaine de films), qu'il s'agisse de documentaires au sens stric […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-plages-d-agnes/#i_11824

SANS TOIT NI LOI, film de Agnès Varda

  • Écrit par 
  • Michel MARIE
  •  • 927 mots
  •  • 1 média

Lorsqu'elle entreprend Sans toit ni loi, Agnès Varda n'a pas réalisé de long-métrage de fiction depuis près de dix ans, depuis L'une chante, l'autre pas, en 1976. Elle obtient une aide directe du ministère de la Culture en septembre 1985, à partir d'un court synopsis de deux pages, et applique pour son projet de fi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sans-toit-ni-loi/#i_11824

VISAGES VILLAGES (A. Varda et JR)

  • Écrit par 
  • René MARX
  •  • 1 027 mots

Les chemins buissonniers, voilà ce qui rapproche Agnès Varda, autoproclamée dans un sourire « La grand-mère de la nouvelle vague », et JR, l’un des plasticiens français les plus fameux. Varda a parcouru le monde avec ses appareils photographiques et ses caméras de cinéma, JR a tapissé les murs de la planète avec ses pap […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/visages-villages/#i_11824

CINÉMA (Aspects généraux) - Histoire

  • Écrit par 
  • Marc CERISUELO, 
  • Jean COLLET, 
  • Claude-Jean PHILIPPE
  •  • 21 812 mots
  •  • 37 médias

Dans le chapitre « Le jeune cinéma des années 1960 »  : […] La première génération du cinéma était née en même temps que le cinéma : un peu avant 1900. Il fallut attendre les années 1960 pour qu'elle cède le pas à la seconde génération, née, elle, en même temps que le cinéma parlant. Ce qui surprend, c'est que ce renouvellement s'est produit dans tous les pays à la fois. Et souvent avec plus d'efficacité dans les pays où l'industrie cinématographique étai […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-aspects-generaux-histoire/#i_11824

CINÉMA-VÉRITÉ

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre JEANCOLAS
  •  • 1 416 mots

Dans le chapitre « Une étude de cas : le documentaire hongrois »  : […] Un cinéaste hongrois, András Kovács, a assisté aux débats lyonnais de mars 1963. De retour à Budapest, malgré le manque de matériel approprié, il s'est inséré dans un débat ouvert pendant son absence sur le thème « Est-il possible de faire une carrière en Hongrie ? ». Il a cherché et trouvé des hommes qui pouvaient témoigner du blocage d'une société rigide. Il a fait de leurs rencontres un film ou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-verite/#i_11824

ÉROTISME

  • Écrit par 
  • Frédérique DEVAUX, 
  • René MILHAU, 
  • Jean-Jacques PAUVERT, 
  • Mario PRAZ, 
  • Jean SÉMOLUÉ
  •  • 19 795 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le regret du Paradis »  : […] L'érotisme, c'est d'abord la liberté de la chair épanouie, un élan naïf, natif, paradis où le plaisir existe, non le péché. Dionysos se fait apollinien, Apollon dionysiaque. Minceur et vigueur des corps, franchise des yeux, comme dans le Parfum exotique de Baudelaire. Aspiration typique d'époque civilisée ? Sans doute ; mais il appartient au cinéma, instrument d'évasion par […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/erotisme/#i_11824

NOUVELLE VAGUE, cinéma

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 2 975 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La preuve par les films »  : […] Sur le plan de la pratique, la nouvelle vague s’inspire de deux exemples. Le premier est celui de Jean-Pierre Melville qui produit et réalise en 1947, hors de toute règle professionnelle ou syndicale et sans vedettes, une adaptation du Silence de la mer , de Vercors, pour moins de 9 millions de francs alors qu’un film revient alors en moyenne entre 50 et 60 millions. En 1954, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nouvelle-vague-cinema/#i_11824

Pour citer l’article

René PRÉDAL, « VARDA AGNÈS - (1928-2019) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/agnes-varda/