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NUCLÉOSYNTHÈSE

On appelle nucléosynthèse l'ensemble des processus nucléaires qui sont à l'origine de la composition chimique de la matière qui constitue l'Univers observable. On sait depuis le xixe siècle, grâce aux travaux du chimiste russe Dmitri Mendeleïev, que la matière observable est constituée d'environ quatre-vingt-dix éléments chimiques différents allant depuis le plus léger, l'hydrogène, dont le noyau est constitué d'un seul proton, jusqu'à l'uranium dont le noyau comprend 92 protons et 146 neutrons pour l'uranium 238 et 92 protons et 144 neutrons pour l'uranium 236 (ces deux isotopes de l'uranium ont la durée de vie la plus longue, respectivement de 4,5 . 109 ans et de 109 ans). Des éléments plus lourds que l'uranium peuvent ou ont pu exister dans la nature, comme le plutonium par exemple, mais leur durée de vie est si courte qu'ils ne peuvent être observés qu'au laboratoire. Les différents éléments chimiques que l'on peut trouver dans une roche terrestre, dans le spectre du Soleil, d'une étoile ou d'une galaxie, représentent chacun des fractions très variables de l'échantillon considéré : certains éléments comme l'hydrogène ou l' hélium, éléments les plus légers, se trouvent en très grande quantité dans l'ensemble de la matière observable à l'exception des roches des planètes telluriques (Mercure, Vénus, Terre et Mars) et des satellites des planètes. En effet, en raison de leur faible masse atomique, l'hydrogène et l'hélium ont pu s'échapper de ces astres, dont la masse n'est pas assez grande pour les retenir par effet de gravité. D'autres éléments au contraire sont extrêmement rares : l'or par exemple est dix mille fois moins abondant que le fer ! La figure montre la courbe des abondances « universelles » qui fournit une très bonne approximation de la composition chimique de la matière observable dans l'Univers. On remarque en effet que la plupart des étoiles constituant le disque des galaxies comme la nôtre ont une composition très voisine de celle du Soleil et d'une grande partie du système solaire. À des exceptions notables près, comme les étoiles les plus âgées, qui sont aussi les moins enrichies en éléments lourds, les étoiles des régions externes des galaxies ou des galaxies de type irrégulier, également pauvres en éléments de ce type, ou encore le rayonnement cosmique qui est, lui, riche en éléments lourds, la courbe des abondances universelles déduite de la composition du système solaire et des étoiles proches du Soleil et de même type possède des caractéristiques que les processus de la nucléosynthèse doivent expliquer. On remarque en particulier la chute rapide de l'abondance des éléments quand on passe de l'hydrogène jusqu'aux éléments comme le calcium ou le scandium, puis la remontée autour du fer, ensuite la décroissance plus lente des abondances des éléments plus lourds, et enfin, l'abondance très faible des éléments légers comme le lithium, le béryllium et le bore.

Nucléosynthèse, J. Audouze

Nucléosynthèse, J. Audouze

Abondance des éléments par rapport au silicium

Abondance des éléments par rapport au silicium

Les processus de la nucléosynthèse se distinguent à la fois par la nature des mécanismes (ou réactions) nucléaires qu'ils font intervenir et par les sites dans lesquels ils se produisent. Dans cette présentation, nous évoquerons donc nécessairement les propriétés des différentes réactions nucléaires qui interviennent dans la nucléosynthèse, puis la façon dont celles-ci influent sur les sites où elles se produisent. On constatera en particulier qu'elles jouent un rôle prépondérant sur leur évolution.

Les processus de la nucléosynthèse

Une réaction nucléaire peut se décrire de façon tout à fait analogue à une réaction chimique avec cette différence qu'elle affecte les noyaux et non les atomes. Deux grandeurs physiques caractérisent toute réaction[...]

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Écrit par

  • : directeur de recherche émérite CNRS, Institut d'astrophysique de Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Nucléosynthèse, J. Audouze

Nucléosynthèse, J. Audouze

Abondance des éléments par rapport au silicium

Abondance des éléments par rapport au silicium

Formation des éléments chimiques : processus

Formation des éléments chimiques : processus

Autres références

  • BIG BANG

    • Écrit par Marc LACHIÈZE-REY
    • 2 533 mots
    • 4 médias
    ...permis le déroulement des réactions nucléaires. Gamow baptise « ylem » l'espèce de « soupe primordiale » que constituait alors le contenu de l'Univers. En 1948, paraît ainsi le célèbre article αβγ – en référence à ses signataires Ralph Alpher, Hans Bethe et Gamow –, qui pose les bases de la ...
  • BURBIDGE E. MARGARET (1919-2020)

    • Écrit par Universalis
    • 792 mots

    Astrophysicienne américaine d'origine britannique, Margaret Burbidge est la première femme à avoir été nommée directrice de l'Observatoire royal de Greenwich. Elle a apporté des contributions fondamentales à la théorie des quasars, déterminé les paramètres de rotation, les masses...

  • BURBIDGE GEOFFREY R. (1925-2010)

    • Écrit par Universalis
    • 348 mots

    Astrophysicien et astronome américain d'origine britannique, Geoffrey R. Burbidge joua un rôle clé dans plusieurs avancées majeures en matière d'astrophysique et de cosmologie.

    Né le 24 septembre 1925, à Chipping Norton, dans l'Oxfordshire, Geoffrey Ronald Burbidge obtient une licence...

  • COSMOLOGIE

    • Écrit par Marc LACHIÈZE-REY
    • 9 300 mots
    • 6 médias
    ...remontant plus loin encore dans le passé, les structures de plus en plus élémentaires – les noyaux d'atomes, ou même les particules qui les constituent – n'existaient même pas. La fabrication des noyaux d'atomes les plus légers – la nucléosynthèse primordiale – est une étape des plus importantes.
  • Afficher les 17 références

Voir aussi