BURBIDGE E. MARGARET (1919-2020)

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Astrophysicienne américaine d'origine britannique, Margaret Burbidge est la première femme à avoir été nommée directrice de l'Observatoire royal de Greenwich. Elle a apporté des contributions fondamentales à la théorie des quasars, déterminé les paramètres de rotation, les masses et la composition chimique de nombreuses galaxies. Elle a par ailleurs aidé à comprendre la nucléosynthèse, c'est-à-dire les processus par lesquels les éléments chimiques se forment à l’intérieur des étoiles grâce aux réactions nucléaires. Enfin, elle a lutté pour un meilleur accès des femmes aux carrières scientifiques.

Eleanor Margaret Peachey est née le 12 août 1919 à Davenport, dans le Cheshire, en Angleterre. Elle étudie l'astronomie au University College de Londres, épouse en 1948 l'astrophysicien théoricien britannique Geoffrey Burbidge, occupe à l'observatoire de l'université de Londres le poste de directrice adjointe de 1948 à 1950, puis celui de directrice par intérim jusqu'en 1951. Quatre ans plus tard, son époux obtient une bourse de la fondation Carnegie pour mener des recherches à l'observatoire du mont Wilson, près de Pasadena, en Californie. Les femmes étant à cette époque systématiquement tenues à l'écart de telles attributions, Margaret Burbidge accepte un modeste poste de recherche au prestigieux California Institute of Technology (Caltech) de Pasadena. En 1957, elle décroche une bourse qui lui permet de partir travailler à l'observatoire Yerkes de l'université de Chicago, implanté à Williams Bay, dans le Wisconsin ; elle y sera par la suite nommée professeur. Elle obtient un poste d'astronome à l'université de Californie à San Diego (UCSD, 1962-1964), avant d'y devenir professeur. Elle se met en disponibilité de l'UCSD afin de regagner l'Angleterre, où elle a été nommée directrice de l'Observatoire royal de Greenwich, poste qu'elle occupe en 1972-1973. Malgré cette nomination, elle ne se voit pas conférer le titre honorifique d'Astronomer Royal, qui est traditionnellement décerné au titulaire du poste ; ce titre est octroyé à une autre personne, un homme, Martin Ryle (qui recevra le prix Nobel de physique en 1974). La polémique fait rage, Margaret Burbidge voit dans cette éviction un nouvel exemple de discrimination à l'égard des femmes dans la communauté scientifique, en particulier dans son domaine de prédilection, l'astronomie. En 1972, elle refuse le prix Annie J. Cannon décerné par l'American Astronomical Society (AAS), car celui-ci, réservé aux femmes, constitue, selon elle, un nouvel exemple de cette discrimination. Son action conduira à la création, au sein de l'AAS, d'un comité permanent sur le statut des femmes en astronomie. Margaret Burbidge adoptera en 1977 la nationalité américaine. De 1979 à 1988, elle dirige le Center for Astrophysics and Space Sciences (Centre d'astrophysique et de sciences spatiales) de l'UCSD, où elle participe à la définition et au développement de certains instruments du télescope spatial Hubble. Margaret Burbidge est nommée en 1990 professeur émérite à l'UCSD, où elle poursuit ses recherches.

Dans les années 1950, Margaret Burbidge mène des recherches sur les spectres stellaires. Avec ceux de son mari Geoffrey Burbidge, de l'Américain William Fowler et du Britannique Fred Hoyle, ses travaux conduisent à la formulation de la théorie de la nucléosynthèse dite « B2FH » (du nom de ses auteurs), qui est exposée dans un article célèbre publié en 1957 (E. M. Burbidge, G. R. Burbidge, W. A. Fowler & F. Hoyle, « Synthesis of the elements in stars », in Review of Modern Physics, vol. XXIX, pp. 547-650, 1957). Cet article révolutionnaire démontre que les éléments lourds sont produits par des réactions nucléaires à l'intérieur des étoiles, puis rejetés dans le milieu interstellaire par les explosions des supernovae ou des vents stellaires. Parmi ses publications, il faut citer l'ouvrage Quasi-Stellar Objects (W. H. Freeman, San Francisco, 1967), écrit avec son mari.

Élue membre de la Royal Society de Londres en 1964, Margaret Burbidge préside l'AAS de 1976 à 1978, puis l'American Association for the Advanc [...]

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« BURBIDGE E. MARGARET - (1919-2020) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/e-margaret-burbidge/