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NANCY

L'ancienne capitale du duché de Lorraine est, au début du xxie siècle, à la tête d'une agglomération de 434 470 habitants. Celle-ci est un des deux pôles principaux de la métropole lorraine qui s'étire, sur une centaine de kilomètres, pour l'essentiel le long du couloir mosellan, de Nancy à Thionville. Si la renommée internationale de Nancy est due d'abord à la place Stanislas, nul ne peut ignorer que la ville était aussi, jusque dans la seconde moitié du xxe siècle, entourée de foyers industriels, aujourd'hui en cours de recomposition. Le déclin des fonctions politiques et industrielles a été compensé par le développement et l'épanouissement d'activités tertiaires qui ont participé à l'étalement de l'espace urbain.

Grand Est : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

Grand Est : carte administrative

Nancy : la place Stanislas - crédits : R. Reyren

Nancy : la place Stanislas

Nancy : autour de la place Stanislas - crédits : Collection R. Berton-A. Humbert

Nancy : autour de la place Stanislas

Incontestablement, Nancy est une ville de fond de vallée. En effet, le site primitif de la bourgade née au xie siècle est une terrasse insubmersible sur la rive gauche de la Meurthe. Mais, à la différence de nombreuses villes traversées par un cours d'eau, la cité s'est développée en tournant le dos à sa rivière et en s'en tenant à distance. La ville ducale médiévale (vieille ville) puis la cité moderne planifiée (ville de Charles III) ont été édifiées, derrière leurs remparts, à quelque 700 ou 800 mètres de la rivière. Quand la ville est sortie de ses murs, c'est vers le talus des côtes de Moselle qu'elle s'est étendue. Le creusement du canal de la Marne au Rhin, au milieu du xixe siècle, parallèlement à la Meurthe, a encore renforcé le caractère de barrière de cette dernière, d'autant plus que l'espace compris entre canal et Meurthe s'est progressivement couvert d'usines et d'habitat ouvrier. Si l'organisation générale de l'agglomération n'est pas étrangère à la présence de la rivière orientée sud-nord, celle-ci a été peu intégrée à la ville et n'a pas servi à canaliser les flux de circulation. Elle a, au contraire, contribué à disjoindre les deux grands ensembles de l'agglomération et à accuser leur dissymétrie, au profit de l'ouest. L'atrophie de la banlieue orientale a été encore aggravée par la forte emprise militaire (casernes, aérodrome et terrains de manœuvre) qui a stérilisé et stérilise encore de vastes espaces urbanisables.

Nancy : la reconversion industrielle de Pompey - crédits : Collection A. Humbert-C. Renard-Grandmontagne

Nancy : la reconversion industrielle de Pompey

Nancy est restée une ville modeste jusqu'au milieu du xixe siècle (45 129 habitants en 1851). Le tournant décisif a eu lieu après la défaite de 1870 et l'annexion, à l'Allemagne, de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, dont Metz. En effet, cette amputation a modifié considérablement le rôle de l'ancienne capitale ducale, promue brutalement ville-frontière, accueillant les Alsaciens et Lorrains réfractaires à la germanisation et une importante garnison estimée à 10 p. 100 de la population totale de la ville à la veille de 1914. Le nouveau dessin de la frontière a eu aussi pour conséquence de transférer vers Nancy, et ses environs, de nouvelles activités industrielles et intellectuelles. L'annexion des gisements de fer et de sel mosellans a provoqué, par exemple, la naissance de l'usine sidérurgique de Pompey et celle des soudières de Dombasle-sur-Meurthe. Outre le repli de l'université française strasbourgeoise à Nancy, plusieurs grandes écoles ont été créées, ici, avant la Première Guerre mondiale (électricité, agronomie, géologie, chimie, etc.) et sont venues enrichir le potentiel scientifique de la cité. Le résultat de cette effervescence est évident : en 1911, la commune de Nancy atteint 120 000 habitants – plus qu'actuellement –, et son tissu urbain se densifie et s'étale à l'intérieur de son territoire. Cette poussée est particulièrement vigoureuse en direction de l'ouest, sans atteindre, pour autant, les vieux villages vignerons du front de côte.[...]

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Pour citer cet article

André HUMBERT et Colette RENARD-GRANDMONTAGNE. NANCY [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

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Grand Est : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

Grand Est : carte administrative

Nancy : la place Stanislas - crédits : R. Reyren

Nancy : la place Stanislas

Nancy : autour de la place Stanislas - crédits : Collection R. Berton-A. Humbert

Nancy : autour de la place Stanislas

Autres références

  • DE L'ESPRIT DES VILLES (exposition)

    • Écrit par
    • 1 013 mots

    La ville de Nancy, qui a fêté le quatrième centenaire de la naissance de Jacques Callot en 1992, puis en 2000 le centenaire de l'Art nouveau, dont l'École de Nancy fut l'un des foyers les plus fertiles, mise à l'évidence, dans le cadre de sa politique de développement culturel et de...

  • BOFFRAND GABRIEL GERMAIN (1667-1754)

    • Écrit par
    • 692 mots

    Architecte et décorateur français, Germain Boffrand est, avec Robert de Cotte, le plus fécond créateur des styles Régence de Louis XV. Élève d'Hardouin-Mansart, dont il a saisi la portée de l'évolution finale vers un classicisme moins austère, plus ouvert, plus exubérant...

  • HÉRÉ DE CORNY EMMANUEL (1705-1763)

    • Écrit par
    • 611 mots

    Élève de Germain Boffrand, qu'il avait connu lors des travaux de ce maître en Lorraine, le Nancéien Héré fut le principal architecte de Stanislas Leszczyński, roi de Pologne et duc de Lorraine, qui était animé d'une frénésie de bâtir égale à celle des plus puissants souverains de l'époque....

  • HÔTEL DE VILLE

    • Écrit par
    • 3 692 mots
    • 1 média
    ...deux ailes concaves. Sur le haut soubassement de la tour se détachait la statue en pied de Louis XV due au ciseau de Jean-Baptiste Lemoyne. De même, à Nancy, l'édifice municipal n'est que la toile de fond de la somptueuse place élevée par Stanislas Leszczyński à la gloire de son gendre. L'effigie de Louis...
  • LAMOUR JEAN (1698-1771)

    • Écrit par
    • 923 mots
    • 1 média
    ...au cours de deux séjours, en 1719, qu’il se perfectionne dans l’art du dessin et de la ferronnerie. En 1726, il devient maître serrurier de la ville de Nancy. Il est chargé de la maintenance des lanternes de la ville, succédant ainsi à son père. En 1738, il devient serrurier de Stanislas Leszczynski (1677-1766),...
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