MYTHEApproche ethnosociologique

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Perspectives traditionnelles

L'évolutionnisme

Les fondateurs de l'anthropologie qui recevaient de toutes les parties du monde les informations recueillies par les voyageurs, les missionnaires, les administrateurs, etc., s'interrogèrent tout de suite sur le statut intellectuel des mythes. Ils se sont vite rendu compte que ceux-ci, en dépit de l'extraordinaire diversité des motifs qui s'explique par le fait que toutes les ressources de l'imagination semblent pouvoir s'y donner libre cours, présentaient finalement, quelle que soit leur origine, des similitudes profondes et surprenantes, non seulement au niveau des cultures exotiques, mais aussi avec les mythologies de l'Antiquité. Les mythes des prétendus primitifs devaient donc bénéficier du même intérêt que ceux de la Grèce antique dont on sait les rapports avec l'origine de la philosophie.

Dans le cadre général des théories évolutionnistes qui dominaient la pensée anthropologique du xixe siècle, les mythes furent alors conçus comme l'expression d'un effort intellectuel pour expliquer le monde, mais aussi comme la manifestation d'une pensée confuse, primitive, irrationnelle, « embryonnaire » pour citer J. G. Frazer. Pour celui-ci comme pour E. B. Tylor, le père de la théorie animiste, les mythes sont le fruit de croyances, résultant elles-mêmes d'une analyse confuse de la réalité. Pour expliquer le passage à la forme narrative, Tylor n'hésite pas à reprendre l'argument de Max Müller et des naturalistes ; ceux-ci voyaient dans la personnification des forces naturelles le résultat d'une sorte de maladie du langage liée au fait que des objets inanimés pouvaient être sujets de verbes qui servent aussi à décrire des actions humaines (exemple : le soleil se lève) ; pour Tylor cependant ce ressort ne fait que corroborer son hypothèse d'une croyance primitive universelle à l'omniprésence des âmes et des esprits, elle-même issue des illusions du rêve.

Le fonctionnalisme

Quand les théoriciens de l'ethnolo [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  MYTHE  » est également traité dans :

MYTHE - Mythos et logos

  • Écrit par 
  • Clémence RAMNOUX
  •  • 3 293 mots
  •  • 1 média

Avant l'âge classique de la Grèce, à l'âge qu'on appelle « archaïque », le mythos et le logos qualifié de hiéros ne s'opposent pas. L'un et l'autre semblent avoir désigné un « récit sacré » concernant les dieux et les héros. Les sanctuaires officiels et secrets possèdent chacun sa collection, transmis […] Lire la suite

MYTHE - L'interprétation philosophique

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 12 830 mots
  •  • 1 média

Traitant ici uniquement des problèmes qui concernent la philosophie, c'est-à-dire des problèmes de sens et de vérité, on laissera de côté les discussions contemporaines sur le mythe en anthropologie et en histoire comparée des religions, ainsi que les questions d' […] Lire la suite

MYTHE - Épistémologie des mythes

  • Écrit par 
  • Marcel DETIENNE
  •  • 8 612 mots
  •  • 1 média

Après la grande marée structuraliste, sans doute faut-il interroger le statut ambigu de ce que nous appelons « mythologie », d'un mot où, dans notre usage linguistique, s'entrecroisent deux discours dont le second parle du premier et relève de l'interprétation. Car, […] Lire la suite

ABORIGÈNES AUSTRALIENS

  • Écrit par 
  • Barbara GLOWCZEWSKI
  •  • 7 130 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre «  Le cas des Warlpiri »  : […] Chasseurs-cueilleurs semi-nomades du désert Tanami (Territoire-du-Nord), les Warlpiri ont été sédentarisés de force dans les années 1950, obligés de vivre dans quatre réserves à la lisière du désert. Pour garder la mémoire des terres où ils n'avaient pas le droit de retourner, ils ont continué à raconter et célébrer par leurs récits les habitudes migratoires des animaux, les rythmes saisonniers de […] Lire la suite

ADORNO THEODOR WIESENGRUND (1903-1969)

  • Écrit par 
  • Miguel ABENSOUR
  •  • 7 892 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Mythe et raison »  : […] Ainsi s'énonce la question inaugurale qui commande l'enquête critique qui sous-tend l'ouvrage : pourquoi l'humanité, au lieu de s'engager dans des conditions vraiment humaines, a-t-elle sombré dans une nouvelle forme de barbarie ? Ou encore, pourquoi la raison, à vocation émancipatrice, s'est-elle inversée en son contraire, donnant naissance à des formes inédites de domination ? Il s'agit donc bi […] Lire la suite

ÂGE ET PÉRIODE

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DEMOULE
  •  • 1 958 mots

Dans le chapitre « Premières mises en ordre »  : […] Parmi les sociétés traditionnelles, l'Inde a produit, par exemple, une théorie des « âges du monde », fondée à la fois sur la notion de décadence et sur celle de cycle. En Grèce, Hésiode narre dans sa Théogonie ( viii e - vii e  s. av. J.-C.) le récit des cinq « races » successives – d'or, d'argent, de bronze, des héros et de fer –, une tradition reprise ensuite par Platon, Virgile ou encore Ovid […] Lire la suite

AMÉRIQUE (Histoire) - Découverte

  • Écrit par 
  • Marianne MAHN-LOT
  •  • 4 812 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La recherche des îles »  : […] À partir du xv e  siècle, on ne se contente plus de rêver à ces îles : on part pour « aller les découvrir » : ainsi s'expriment généralement les contrats passés par les navigateurs avec le roi du Portugal. C'est l'époque où la navigation hauturière a fait son apparition, grâce à l'emploi, au lieu des lourdes naves méditerranéennes, de légères caravelles, petits voiliers à trois mâts combinant aux […] Lire la suite

ANTHROPOLOGIE

  • Écrit par 
  • Élisabeth COPET-ROUGIER, 
  • Christian GHASARIAN
  •  • 16 099 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'apport de Lévi-Strauss »  : […] Il n'y a pas d'antinomie entre l'anthropologie structurale et l'anthropologie sociale. La première fut d'abord une méthode qui en vint à développer de telles implications théoriques qu'elle visa à rassembler les sciences humaines dans une science globale de la communication, dans une sémiologie où l'analyse structurale de la parenté et des mythes s'intégrerait en un de ses lieux, l'anthropologie […] Lire la suite

ANTHROPOLOGIE POLITIQUE

  • Écrit par 
  • Georges BALANDIER
  •  • 5 804 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Religion et pouvoir »  : […] Le pouvoir est sacralisé parce que toute société affirme sa volonté d'éternité et redoute le retour au chaos comme réalisation de sa propre mort. Dans les sociétés qui sont moins tournées vers la nature pour la dominer que liées à elle (y trouvant, à la fois, leur prolongement et leur reflet), la parenté du sacré et du politique s'impose avec force. Les principes qui règlent l'ordre du cosmos et […] Lire la suite

ARCHAÏQUE MENTALITÉ

  • Écrit par 
  • Jean CAZENEUVE
  •  • 7 026 mots

Dans le chapitre « La mentalité primitive selon Lévy-Bruhl »  : […] C'est contre la conception, commune à l'animisme et au rationalisme sociologique durkheimien, d'une homogénéité fondamentale de toutes les mentalités que Lévy-Bruhl a soutenu la spécificité de la mentalité qu'il nommait primitive et que nous appellerions plus volontiers aujourd'hui archaïque. Tandis que, pour l'animiste, les primitifs ont le même appareil intellectuel que nous, mais s'en servent […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre SMITH, « MYTHE - Approche ethnosociologique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mythe-approche-ethnosociologique/