MUSIQUE SOUS L'OCCUPATION

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Dès l’automne 1940, peu après l’installation des Allemands dans la France occupée, les musiciens, comme l’ensemble des artistes, reprennent leurs activités. Les salles de concerts et les studios radiophoniques et d’enregistrement rouvrent leurs portes. En dépit de la défaite et de l’Occupation, de la peur et des privations, les Français continuent à pratiquer la musique en amateur, à assister à des concerts et à acheter des disques, trouvant ainsi, comme dans la fréquentation des cinémas ou des théâtres, des dérivatifs aux difficultés de la vie quotidienne.

Une politique musicale

Instrumentalisée par les pouvoirs en place, la musique va se pourvoir d’une fonction politique à la fois pour les Français et pour les Allemands : les idéologues de la « Révolution nationale » inscrivent la musique dans leur programme, tandis que les occupants, soucieux du maintien de l’ordre, souhaitent éviter les troubles dans la population.

La musique est mise à l’honneur par le régime de Vichy : la position officielle d’Alfred Cortot en est un signe manifeste. Ardent maréchaliste, le célèbre pianiste va devenir le principal conseiller musical du gouvernement. Il entre en mai 1942 au cabinet d’Abel Bonnard, ministre de l’Éducation nationale, sans pour autant cesser de donner des concerts et d’enregistrer des disques. Preuve de l’importance inédite que le gouvernement de Vichy attache à la musique, trois comités d’organisation ou professionnels sont institués entre 1941 et 1943 pour ce seul secteur. Celui que dirige Cortot vise à la création à terme d’un véritable « ordre des musiciens ».

Les institutions constituent l’un des principaux outils de la politique musicale, qu’elle concerne la création, l’enseignement ou la diffusion de la musique. À partir de 1941, sous l’impulsion de Louis Hautecœur, directeur général des Beaux-Arts, le régime de Vichy poursuit et développe la politique de commandes d’État instaurée par le gouvernement du Front populaire. Si [...]


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Écrit par :

  • : docteure en musicolologie, habilitée à diriger des recherches, directrice de recherche en musicologie

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CHANSON FRANÇAISE

  • Écrit par 
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  •  • 5 009 mots
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Pour citer l’article

Myriam CHIMÈNES, « MUSIQUE SOUS L'OCCUPATION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/musique-sous-l-occupation/