MONTÉNÉGRO

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Monténégro : carte physique

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Monténégro : drapeau

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Bouches de Kotor, Monténégro

Bouches de Kotor, Monténégro
Crédits : A. Tzigounaki/ Unesco

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Nom officielRépublique du Monténégro (ME)
Chef de l'ÉtatMilo Djukanović (depuis le 20 mai 2018)
Chef du gouvernementDuško Marković (depuis le 28 novembre 2016)
CapitalePodgorica (la capitale historique et culturelle est Cetinje)
Langue officiellemonténégrin 1
Note : Selon l'article 13 de la Constitution, l'albanais, le bosniaque, le croate et le serbe peuvent également être utilisés comme langues officielles.
Unité monétaireeuro (EUR) 2
Note : L'unité monétaire utilisée est l'euro même si le Monténégro n'est pas membre de l'Union européenne
Population622 000 (estim. 2017)
Superficie (km2)13 812

Avec 13 812 kilomètres carrés et 625 266 habitants au recensement de 2011, le Monténégro, Crna Gora en serbo-croate (Montagne noire), est le plus petit des pays issus de l'ex-Yougoslavie. À la différence de la Slovénie, de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine et de la Macédoine, la République monténégrine n'a que récemment choisi et obtenu l'indépendance, après le référendum du 21 mai 2006. Ce faisant, elle quittait la Communauté d'États de Serbie-et-Monténégro, dernier vestige institutionnel de l'ancienne fédération yougoslave. Le nouvel État monténégrin a pour capitale politique et administrative la ville de Podgorica, située au sud-est du pays, dans la plaine karstique éponyme surplombant le lac de Skadar. Il a pour capitale historique et culturelle la ville de Cetinje, perchée à 670 mètres d'altitude à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Podgorica, au pied du mont Lovćen (1 749 m).

Monténégro : carte physique

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Carte physique du Monténégro. 

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Monténégro : drapeau

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drapeau

Monténégro (2004). La plus petite composante de l'ancienne Yougoslavie a recouvré son indépendance le 3 juin 2006. Elle avait eu le choix auparavant entre deux familles de drapeaux : ceux qui sont inspirés par les couleurs panslaves rouge, bleu et blanc, mais identiques à ceux de la Serbie... 

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Géographie d'un micro-État

Incrusté au cœur des Balkans, le Monténégro partage des frontières, d'ouest en est, avec quatre pays (14 km de frontières avec la Croatie, 225 km avec la Bosnie-Herzégovine, 203 kilomètres avec la Serbie, dont une partie borde le Kosovo, et 172 km avec l'Albanie), tandis qu'au sud le pays est ouvert sur l'Adriatique. Le territoire monténégrin se localise à l'extrémité sud-orientale des Alpes dinariques, ce qui en fait un espace au relief accentué et prédominant. Son point culminant est le mont Durmitor (2 523 m) au nord-ouest du pays près de la municipalité de Žabljak (1 450 m). La beauté de ses paysages a permis d'inscrire dans sa Constitution, dès 1992, le statut d'« État écologique ». Malgré sa petite surface, le Monténégro possède quatre parcs nationaux (les parcs de Durmitor, du Lovcén, de Bjelašica et de Skadar) et deux sites classés sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité par l'U.N.E.S.C.O. (la contrée naturelle et culturo-historique de Kotor en 1979 et le parc de Durmitor classé en 1980).

La composition ethnique de la population du Monténégro reflète en partie sa position de carrefour balkanique : sur les 672 656 habitants recensés en 2003 (dont 54 816 travaillent et résident à l'étranger), 40,64 p. 100 se sont déclarés Monténégrins, 30,01 p. 100 Serbes, 9,41 p. 100 Bosniaques (Slaves musulmans), 7,09 p. 100 Albanais, 4,27 p. 100 Musulmans, 1,05 p. 100 Croates, 0,43 p. 100 Roms. La répartition des différentes communautés ethniques est très concentrée sur le territoire national. Les Musulmans et les Bosniaques habitent en majorité dans la région du Sandžak monténégrin au nord du pays, tandis que les Albanais sont en grande partie regroupés autour du lac de Skadar (Shkodër en albanais), près de la frontière albanaise, et les Croates sur les bouches de Kotor, aux abords de la frontière croate. Malgré cette diversité, le Monténégro ne rencontre pas les mêmes problèmes de conflits interethniques que les régions voisines (en Bosnie-Herzégovine ou au Kosovo). De fait, mis à part quelques velléités indépendantistes des Musulmans du Sandžak au début des années 1990, et qui aujourd'hui appartiennent au passé, les différentes communautés sont plutôt bien intégrées dans la vie politique et dans la société monténégrine.

Bouches de Kotor, Monténégro

Bouches de Kotor, Monténégro

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Les bouches de Kotor, profond fjord entouré de montagnes et pénétrant à l'intérieur des terres sur une trentaine de kilomètres. 

Crédits : A. Tzigounaki/ Unesco

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En raison de son relief accidenté et difficile, le Monténégro dispose d'une surface agricole réduite, d'un petit nombre d'industries, et de rares matières premières (mis à part les forêts et les mines d'aluminium et de bauxite autour de Nikšić). L'agriculture se limite à des élevages bovins extensifs, ovins et porcins dans les alpages. La faible proportion de plaines, à l'exception des polje de Podgorica et de Nikšić, de la vallée glaciaire du Lim, près de Plav au Nord, et de la région d'Ulcinj, au Sud, restreint fortement le potentiel agricole du pays. En 1990, avant l'éclatement des conflits en Croatie, le Monténégro, avec 2,7 p. 100 de la population yougoslave totale, ne représentait que 2 p. 100 des exportations yougoslaves, alors que la Slovénie, avec 8,2 p. 100 de la population totale, réalisait plus du quart des exportations.

Du temps de la Yougoslavie titiste (1945-1992), le Monténégro était l'une des républiques les plus pauvres de la fédération. Après la Seconde Guerre mondiale, les investissements yougoslaves dans la région ont permis l'implantation d'infrastructures industrielles d'État, fonctionnant souvent à perte, mais qui constituaient, municipalité par municipalité, des bassins d'emploi maintenant artificiellement à flot l'économie monténégrine. Podgorica bénéficiait, par exemple, d'un grand combinat d'aluminium (KAP – Kombinat Aluminiuma Podgorica), ainsi que d'un ensemble de firmes produisant pour le marché monténégrin ou yougoslave. De même, la ville de Nikšić, second centre industriel du pays, était réputée pour sa fonderie d'acier, pour la production et l'exploitation du bois, pour la production électrique et pour sa brasserie. Enfin, des centres d'importance secondaire étaient disséminés sur le territoire. À Cetinje étaient installés la firme Obod, spécialisée dans l'électroménager, et Košuta, une fabrique de chaussures. Berane (Ivangrad avant 1992) accueillait une importante compagnie d'État d'exploitation forestière et une papeterie. La ville de Bar, sur la côte adriatique, avait développé une économie portuaire. Chaque agglomération pouvait donc se développer autour de ses propres productions spécifiques.

Beaucoup de ces industries cessent leur activité pendant les conflits yougoslaves (guerres de Croatie et Bosnie-Herzégovine entre 1991 et 1995, guerre du Kosovo en 1998-1999). En effet, elles doivent alors surmonter un double handicap. D'une part, l'inflation, apparue dès la fin des années 1980, devient incontrôlable au cours de l'année 1993. D'autre part, l'éclatement yougoslave et l'embargo imposé à la Serbie et au Monténégro par l'Union européenne (U.E.) dès décembre 1991 entraînent le rétrécissement du marché. Finalement, la transition économique actuelle et la privatisation des compagnies d'État accroissent les difficultés cumulées pendant les guerres, car la faible productivité des anciennes entreprises yougoslaves entraîne aujourd'hui de douloureuses restructurations. La situation sociale de la population monténégrine s'est donc fortement dégradée dans les années 1990, et continue encore aujourd'hui de s'assombrir. En octobre 2002, le chômage touchait 20,7 p. 100 de la population et 26,9 p. 100, dans les régions du Nord, plus affectées. Le revenu mensuel moyen était alors de 225,7 euros pour un homme et de 174,1 euros pour une femme. La situation n'est guère meilleure depuis l'indépendance du pays, et l'État monténégrin mise beaucoup sur le développement du tourisme pour faire redémarrer l'économie nationale. Il espère aussi pouvoir se rapprocher de l'Union européenne.

Histoire

Avant la construction étatique : une pluralité d'héritages

Pendant longtemps, l'histoire des Serbes et des Monténégrins s'est confondue, à tel point qu'il n'existait pas d'appellation spécifique pour distinguer les habitants des montagnes monténégrines de ceux des plaines serbes. Le nom de Monténégro, « Crna Gora », semble avoir été utilisé pour la première fois sous le règne de Milutin (1282-1321), et il désignait un territoire plus petit que celui de la république actuelle. Des tribus slaves s'étaient déjà installées dans la région depuis le viie siècle. Lors des premières tentatives de création d'un État indépendant serbe au xe siècle, sous le règne du prince serbe Časlav, le territoire monténégrin était rattaché au territoire serbe sous la forme d'une principauté autonome, parmi d'autres, vassale de la Serbie, la principauté de Duklja (qui devient par la suite la principauté de Zeta). À cette époque, l'État serbe ressemble plutôt à un regroupement d'États, chacun d'entre eux fondé sur une union tribale. L'ensemble demeure sous tutelle de l'Empire byzantin. Plus tard, lors de la création du grand Empire serbe des Nemanjić, au xiie siècle, la principauté de Zeta était soumise et intégrée à celui-ci.

Jusqu'aux conquêtes ottomanes des xive et xve siècles, le Monténégro connaît donc de brèves périodes d'indépendance, mais reste encore très attaché aux différents États serbes qui se succèdent. Avec l'avancée de l'Empire ottoman dans les Balkans, la quasi-totalité du territoire monténégrin est conquise en 1499. Seul un petit réduit montagneux autour de la ville de Cetinje sera difficilement intégré par l’occupant ottoman. Il demeurera un lieu de rébellion permanente contre l'envahisseur turc. La liberté relative de cet îlot monténégrin au cœur de l'Empire ottoman est due également au faible intérêt stratégique qu'il représentait pour les conquérants. La différenciation politique, culturelle et identitaire des peuples serbe et monténégrin remonte à cette période. Tandis que la majeure partie de la région était administrée par les autorités ottomanes, le Monténégro, limité à ce petit territoire non conquis, jouissait d'une certaine autonomie qui lui permit de conserver un fonctionnement tribal et clanique très ancré, et de faire élire par une assemblée populaire son chef spirituel, à la fois religieux et temporel, le vladika (prince-évêque). Jusqu'à la fin du xviiie siècle, le Monténégro fonctionna sous la forme d'une confédération clanique, les tribus étant tantôt unies contre l'ennemi ottoman, tantôt en conflit les unes contre les autres au nom de la loi de la dette de sang (krvena osveta).

La période de la résistance contre l'Empire ottoman représente dans l'imaginaire national la clef de voûte de la spécificité monténégrine par rapport à l'identité serbe. L'ambiguïté de l'identité nationale monténégrine vient du fait que Monténégrins et Serbes sont culturellement très proches : ils parlent la même langue (le serbo-croate), ont la même confession majoritaire (religion orthodoxe), et des coutumes et traditions similaires. Pour certains, l'identité monténégrine est au mieux une identité régionale de la nation serbe. D'où l'insistance des historiens nationaux sur cette période d'autonomie et de combat contre l'Empire ottoman. La lutte séculaire des Monténégrins contre les Turcs est, de fait, rapportée dans de nombreux poèmes et chants folkloriques, même si la résistance et l'indépendance n'ont en réalité concerné qu'une infime partie du territoire monténégrin actuel. Cette région, appelée traditionnellement la Stara Crna Gora (le « Vieux Monténégro »), constitue le cœur historique du Monténégro contemporain.

Émergence, affirmation et disparition de l'État monténégrin

De la fin du xviiie au début du xxe siècle, le Monténégro voit son État progressivement se consolider, tandis que son territoire s'agrandit. Cette évolution commence avec l'accession au poste de vladika de Petar Ier Petrović Njegoš en 1782. Alors que celui-ci est retenu en Russie, où il vient d'être consacré vladika en 1784 par le métropolite Mojsije Putnik, le nouveau vizir Mahmud-pacha profite de la discorde régnant entre les clans (plemena) pour lancer, au printemps de 1785, une grande opération militaire contre le Monténégro. À son retour de Russie, le jeune Petar retrouve un pays dévasté qu'il doit entièrement réorganiser. Souverain énergique et persuasif, il consacre l'essentiel de son temps à la pacification des différents clans. Dans ce but, il soumet et fait accepter, en 1796, à l'Assemblée des chefs populaires (chefs de clans) la première loi écrite du Monténégro qui s'applique indistinctement à chaque pleme et prévoit entre autres le paiement d'un impôt au monastère de Cetinje. La même année, il obtient le soutien des clans Bjelopavlići et Piperi dont les terres, au nord de la Stara Crna Gora, s'unissent au Monténégro et double la superficie du pays.

Les premiers fondements d'un appareil d'État sont déjà posés lorsque son neveu, Petar II Petrović Njegoš, lui succède en 1830. Ce dernier, connu plus généralement sous le nom de Njegoš, à la fois poète et prince, continue la politique entreprise par son oncle. Il établit en 1832 un Sénat composé de douze membres et placé sous sa présidence, qui cumule les trois fonctions législative, exécutive et judiciaire, et crée une petite cour de justice (Gvardija) et une force de gendarmerie (les perjanici). En 1833, il renforce la fonction de vladika en supprimant celle de guvernador (gouverneur civil), qui était concurrente. Outre son rôle de dirigeant, il fut l'un des plus grands poètes du Monténégro. À sa mort en 1851, son successeur, son jeune neveu Danilo, décide avec le soutien de la Russie et de l'Autriche de séparer les pouvoirs temporel et clérical. Il refuse ainsi la fonction d'évêque et revêt uniquement celle de prince. Il réussit à faire accepter par l'Assemblée des chefs populaires en 1855 un Code civil qui, tout au long de ses 95 articles, assure l'égalité de chacun devant la loi. Parallèlement, Danilo entreprend une grande réforme de l'armée et de la gendarmerie, qui lui permet d'obtenir de nouvelles victoires militaires contre l'Empire ottoman. Il conquiert ainsi une partie de l'Herzégovine à l'est et des Brda, région collinaire au nord du Monténégro. Toutefois, le prince Danilo est assassiné en 1860 avant d'avoir pu faire reconnaître par les grandes puissances l'indépendance du Monténégro.

Cette tâche incombe à son neveu Nikola qui, pendant presque soixante ans (1860-1918), va parachever et dépasser l'œuvre de ces prédécesseurs. Il faut attendre le traité de Berlin (juin 1878) pour que Nikola réussisse, après la fructueuse campagne de ses troupes dans la guerre de 1876-1878 contre l'Empire ottoman, à obtenir la reconnaissance internationale tant attendue. Ce traité entérine également les conquêtes du petit Monténégro : Podgorica, Nikšic, Spuž, Žabljak, Kolašin, Bar, Ulcinj (Ulqin en Albanais). Au total, le territoire monténégrin s'accroît de plus du double de son ancienne superficie. Durant son règne, Nikola développe et consolide les administrations et les institutions de sa principauté, qui devient une monarchie en 1910. Ses dernières conquêtes territoriales ont lieu au cours de la première guerre balkanique en 1912, où il annexe une partie du Sandžak et du Kosovo, ainsi que les villes de Plav, Gusinje et Skadar. La superficie du Monténégro augmente ainsi de plus d'un tiers, tandis que sa population double.

La Première Guerre mondiale amène une fin tragique pour la monarchie monténégrine. En effet, bien que celle-ci ait été du côté de l'Entente, les puissances occidentales décident de donner la prééminence à la dynastie serbe des Karadjordjević pour créer un grand territoire uni des Slaves du sud. Le traité de Versailles consacre donc la naissance du royaume des Serbes, Croates et Slovènes (qui devient royaume de Yougoslavie en 1929), gouverné par Pierre Ier Karadjordjević. Le Monténégro est intégré au nouveau royaume et disparaît de la carte en tant que tel, tandis que la dynastie des Petrović Njegoš, en exil, est interdite de retour sur sa terre patrie. Le Monténégro ne réapparaît, dans ses frontières actuelles, qu'en 1945, comme l'une des six républiques fédérées de la Yougoslavie de Tito. Par souci de rationalité, sa capitale est alors déplacée de Cetinje, enclavée dans la montagne, à Podgorica, renommée Titograd (cf. yougoslavie).

Évolution politique après l'éclatement de la Yougoslavie socialiste

Pour un observateur extérieur, l'évolution de la situation politique du Monténégro peut sembler paradoxale. En effet, en 1992, à l'heure où d'autres républiques yougoslaves (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine) luttaient pour obtenir ou consolider leur indépendance, la petite république monténégrine choisissait, par référendum, de créer avec la Serbie la république fédérale de Yougoslavie (R.F.Y). En 2006, soit quatorze ans plus tard, un nouveau référendum monténégrin décidait de rompre les liens politiques avec la Serbie. Cette période aura donc vu s'inverser le paysage politique du Monténégro.

En mars 1992, le référendum monténégrin concernant la création d'une « troisième Yougoslavie » avec la seule Serbie intervient dans un climat de guerre (les conflits ont éclaté en Croatie dès l'automne de 1991). Les résultats sont clairs : 66,04 p. 100 du corps électoral fait le déplacement jusqu'aux urnes, et 95,65 p. 100 des votants se prononcent « pour ». La compréhension d'un tel consensus nécessite de revenir sur le contexte monténégrin de la fin des années 1980 et du début des années 1990. En 1988, le leader de la Ligue des communistes serbes, Slobodan Milošević, décide, pour conforter sa popularité, d'organiser de grandes manifestations, désignées plus tard sous le terme de « révolution antibureaucratique », dans lesquelles se mêlent références nationalistes serbes et discours virulents contre l'appareil d'État. Au Monténégro, Momir Bulatović et Milo Djukanović, jeunes leaders des jeunesses communistes, profitent de ces événements pour accéder au pouvoir, tout en prêtant allégeance au leader serbe. L'instauration du multipartisme en Yougoslavie à la fin de 1989, malgré l'émergence de dix-huit nouveaux partis au Monténégro, se traduit dans cette république par le maintien de la suprématie du Parti communiste, dominant toutes les sphères de la vie politique, économique et sociale. Toutefois, pour faire peau neuve, celui-ci change de nom dès 1990 et devient la Demokratska Partija Socialista (Parti démocratique des socialistes, D.P.S.).

Les liens des dirigeants monténégrins avec la Serbie et le caractère omniprésent du D.P.S. expliquent les résultats du référendum de 1992, caractérisé néanmoins par une abstention assez élevée. Entre 1991 et 1995, le Monténégro combat donc aux côtés de l'armée yougoslave en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Pourtant, la politique de Slobodan Milošević, les pertes dues à l'engagement militaire, le blocus international imposé par l'U.E. à la Serbie et au Monténégro finissent par inquiéter une partie des populations monténégrines qui songent aux retombées d'après guerre. Des mouvements pacifistes se développent alors dans la société, laquelle devient de plus en plus critique vis-à-vis du pouvoir de Belgrade. Au sortir de la guerre, Milo Djukanović, alors Premier ministre, enregistre ces changements et prend peu à peu ses distances avec Milošević. Son élection à la présidentielle d'octobre 1997 face à son ancien mentor, Momir Bulatović, fidèle de Milošević, amorce une guerre froide entre la Serbie et le Monténégro et, au sein de ce dernier, entre pro et anti-Milošević.

De 1998 à 2000, l'État commun n'est plus qu'une coquille vide, et le clivage entre Monténégrins s'accentue, alors que la Serbie, par l'intermédiaire de l'armée yougoslave, verrouille les frontières monténégrines. De son côté, Podgorica obtient le soutien des États-Unis et de l'U.E., en raison de son positionnement contre la guerre du Kosovo et de son accueil des réfugiés kosovars, et s'éloigne toujours plus du pouvoir de Belgrade. En 2000, la situation est figée et la chute du régime de Milošević ne suffit pas à ramener le Monténégro dans le giron de son ancien partenaire. Inquiète d'une potentielle déstabilisation de la région, en particulier au Kosovo, l'U.E. freine les velléités indépendantistes monténégrines. Elle effectue une solide médiation entre les deux parties pour empêcher la tenue d'un référendum en 2001 et pour créer in extremis la Communauté d'États de Serbie-et-Monténégro, qui sera proclamée le 4 février 2003. Cependant, malgré les efforts de l'U.E. pour dynamiser ce nouvel État, celui-ci n'a jamais réellement fonctionné. Le Monténégro a continué de revendiquer son indépendance prochaine et, après les trois ans de période probatoire exigée par les accords de Belgrade (mars 2002), il a finalement organisé son référendum d'autodétermination, le 21 mai 2006, qui a recueilli 55,53 p. 100 des voix en faveur de l'indépendance. Celle-ci est proclamée le 3 juin 2006 et le Monténégro devient un nouvel État souverain sur la carte politique européenne.

—  Amaël CATTARUZZA

Le Monténégro indépendant

L’indépendance ayant été acquise grâce au soutien massif des minorités albanaise, bosniaque et croate (la communauté dominante slavo-orthodoxe a majoritairement voté contre lors du référendum), sa mise en œuvre rend nécessaire l’élaboration d’un nouveau consensus interne. Les autorités s’attellent sans tarder à cet objectif délicat, lequel anime aussi bien l’adoption de la nouvelle Constitution monténégrine en octobre 2007 que celle de la loi sur la nationalité en février 2008. La réhabilitation de la famille royale du Monténégro, en juillet 2011, relève du même esprit. Pour autant, certains aspects de cette affirmation de la souveraineté nationale suscitent encore de fortes résistances, essentiellement au sein de la communauté serbe qui, selon le recensement de 2011, représente toujours plus d’un quart de la population. Tel est notamment le cas du programme de standardisation de la langue monténégrine (conçu pour la différencier du serbe, dont elle est une proche variante) ou de l’adoption de nouveaux hymne et symboles nationaux. Les efforts déployés pour redéfinir le consensus interne imprègnent également le champ religieux. Malgré la volonté de conciliation des autorités, la communauté chrétienne orthodoxe demeure divisée dans ses allégeances à l’Église orthodoxe serbe et à son pendant monténégrin. Cependant, ces débats trouvent un écho moindre chez les autres minorités, qui n’entretiennent aucun lien avec l’orthodoxie et la serbité. Ainsi, le Monténégro a revu ses modalités de coopération avec les religions catholique, juive et musulmane, concluant notamment un nouveau concordat avec le Vatican en juin 2011.

Mais les frustrations des minorités tiennent surtout à leur degré d’intégration dans l’espace public et aux pratiques de gouvernance des autorités en place. De fait, leurs revendications se concentrent sur des dispositions électorales avantageuses leur garantissant une meilleure représentation (l’abaissement du seuil électoral, par exemple) ou une réorganisation territoriale du pays susceptible de favoriser l’expression d’autonomies locales. Ces demandes sont entendues, à défaut d’être suivies d’effet, par des autorités, qui les conçoivent d’abord comme un instrument pour fidéliser des partenaires électoraux potentiels. Depuis les premières élections législatives et municipales organisées en septembre 2006, dans le cadre de l’indépendance, le même scénario se répète à l’envi. De fait, sur le plan intérieur, peu de choses ont réellement changé depuis l’indépendance du pays. Le principal parti politique, le Parti démocratique des socialistes (D.P.S.), continue de dominer la vie politique comme il le fait sans discontinuer depuis le début des années 1990, avec l’appui fidèle du Parti social-démocrate et, selon les circonstances du moment, d’autres formations mineures. Mais cette grande continuité montre des signes d’essoufflement, comme en témoignent le fait que le D.P.S. ait, pour la première fois, perdu la majorité absolue lors des élections législatives anticipées de l’automne de 2012 ou la réélection, très contestée, de son candidat, Filip Vujanović, à la présidentielle d’avril 2013. De fait, même si Milo Djukanović demeure l’homme fort du pays, son retour à la tête du gouvernement – pour la troisième fois – en décembre 2012, après deux années consacrées à ses activités privées, ne suffit plus à rassurer des Monténégrins de moins en moins dociles à l’égard de leurs autorités.

Cette situation reflète certains frémissements d’une population qui s’ouvre peu à peu aux problématiques de la société civile, notamment celles qui sont liées au renforcement de l’État de droit ou à la préservation de son pouvoir d’achat. Or, dans ces deux domaines, le bilan des autorités n’est guère positif. La corruption se maintient à un niveau élevé et les arrestations trop ponctuelles opérées dans les milieux de la criminalité organisée laissent douter d’une volonté d’éradication systématique de ce fléau. Les autorités monténégrines doivent de plus faire face aux exigences renforcées de l’Union européenne (U.E.) en la matière. Par ailleurs, la mise en faillite, en juin 2013, du fleuron de l’industrie monténégrine, le Consortium d’aluminium de Podgorica, stigmatise le caractère hasardeux de la politique économique du gouvernement et les choix de court terme qui président souvent à la sélection des investisseurs. Les privatisations opaques, pour la plupart effectuées au profit de proches du gouvernement ou d’oligarques russes, ne contribuent pas à assainir une économie en net ralentissement, alors que la dette publique s’accroît fortement (60 p. 100 du P.I.B. en 2012), ce qui nécessite, dès 2013, la mise en place de mesures d’austérité douloureuses (augmentation des impôts, de la T.V.A., baisse des salaires et des dépenses publiques…). Pour autant, les efforts déployés par les autorités pour nouer de nouveaux partenariats dans les domaines économiques et énergétiques avec les pays d’Asie centrale, du Proche-Orient, du Golfe, ou encore avec la Chine ne sauraient contrebalancer les priorités affichées que sont les intégrations dans l’U.E. et dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (O.T.A.N.)

Libéré du cadre contraignant que constituait la Communauté d’États de Serbie-et-Monténégro, le pays engrange rapidement des succès notables sur la voie euro-atlantique. La signature d’un Accord de stabilisation et d’association avec l’U.E., en octobre 2007, préfigure l’octroi du statut de candidat européen, en décembre 2010, avant l’ouverture des négociations d’adhésion, au mois de juin 2012. En outre, les citoyens monténégrins bénéficient depuis décembre 2009 d’une libéralisation des visas pour des séjours de courte durée dans l’espace Schengen. Cet engagement européen sans failles se manifeste aussi par la conclusion d’accords-cadres permettant au pays de prendre part aux opérations de la Politique de sécurité et de défense commune. Sa participation à l’opération Atalante de lutte contre la piraterie dans la zone de la Corne de l’Afrique en est la première concrétisation. Cet investissement soutenu est d’autant plus aisé que l’intégration dans l’U.E. est un sujet consensuel au sein de la classe politique monténégrine, à la différence de l’intégration dans l’O.T.A.N. Sur ce thème, le gouvernement doit composer avec l’opposition des partis serbes et d’une population majoritairement défavorable à une telle adhésion, jugée prématurée après les bombardements de 1999 durant l’intervention au Kosovo. Le rapprochement avec l’O.T.A.N. est néanmoins sensible, si on en juge par l’entrée du Monténégro dans le Partenariat pour la paix en 2006, la Charte adriatique en 2008, et l’octroi du Plan d’action pour l’adhésion en 2009 – tous dispositifs renforçant les interactions des États avec l’Alliance atlantique. De même, l’engagement substantiel du Monténégro au sein de l’opération de l’O.T.A.N. en Afghanistan, depuis 2010, souligne l’importance de ce partenariat pour les autorités.

L’intégration du Monténégro dans les structures européennes et otaniennes s’inscrit dans le cadre plus large de son affirmation sur la scène internationale. L’admission aux Nations unies et à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en juin 2006, quelques semaines après la proclamation d’indépendance, a été suivie, en janvier 2007, de l’admission du pays à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international, puis à l’Organisation mondiale du commerce en décembre 2011. De même, le Monténégro a pu faire valoir sa dimension maritime en devenant membre de l’Union pour la Méditerranée en 2009, ainsi que ses aspirations francophones en obtenant le statut d’observateur au sein de l’Organisation internationale de la francophonie en octobre 2010. L’approche pragmatique de coopération régionale permet une mise en œuvre concrète des relations de bon voisinage – un critère essentiel pour l’U.E. et l’O.T.A.N. Le Monténégro se montre un partenaire appliqué dans les Balkans, s’efforçant de régler à l’amiable ses différends frontaliers et d’entreprendre un devoir de mémoire avec les pays limitrophes. Ainsi, des excuses officielles furent adressées à la Croatie en février 2007 pour le bombardement de Dubrovnik en 1991-1992. La normalisation des relations avec la Bosnie-Herzégovine suivit rapidement, précédant la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo en octobre 2008, et le renforcement des liens avec l’Albanie. La relation avec la Serbie fut naturellement plus complexe, mais la patience dont surent faire preuve les autorités a finalement porté ses fruits avec l’amorce d’une véritable embellie entre les deux pays à l’été de 2012. Le Monténégro peut donc à juste titre se prévaloir d’une politique étrangère dont l’exemplarité demande encore à être transposée dans le cadre interne.

(Voir également MONTÉNÉGRO, chronologie contemporaine)

—  Renaud DORLHIAC

Bibliographie

F. Bieber dir., Montenegro in Transition, Problems of Identity and Statehood, Nomos Verlagsgesellshcaft, Baden-Baden, 2003

G. Castellan, Histoire des Balkans. XIVe-XVe siècle, Fayard, Paris, 1991

A. Cattaruzza, Territoire et nationalisme au Monténégro : les voies de l’indépendance, L’Harmattan, Paris, 2010.

F. Marciacq, « Le Monténégro en route vers l’intégration européenne », in Questions internationales, vol. 61-62, mai-août 2013.

P. Garde, Le Discours balkanique. Des mots et des hommes, Fayard, 2004

C. Lutard, Géopolitique de la Serbie-Monténégro, Complexe, Bruxelles, 1998

M. Roux, Les Albanais en Yougoslavie, éd. de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 1992

A.-L. Sanguin, A. Cattaruzza & E. Chaveneau dir., L'ex-Yougoslavie dix ans après Dayton, L'Harmattan, Paris, 2005

Ž. Šćepanović, Kratka istorija Crne Gore (Courte Histoire du Monténégro), Cid, Podgorica, 2002.

Écrit par :

  • : membre associé de l'École des hautes études en sciences sociales, responsable Balkans à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie
  • : docteur en géographie, coordonnateur scientifique de l'Atelier de recherches internationales, université de Belgrade

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Pour citer l’article

Renaud DORLHIAC, Amaël CATTARUZZA, « MONTÉNÉGRO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/montenegro/