MONTÉNÉGRO

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Nom officielRépublique du Monténégro (ME)
Chef de l'ÉtatMilo Djukanović (depuis le 20 mai 2018)
Chef du gouvernementDritan Abazović (depuis le 28 avril 2022)
CapitalePodgorica (la capitale historique et culturelle est Cetinje)
Langue officiellemonténégrin 1
Note : Selon l'article 13 de la Constitution, l'albanais, le bosniaque, le croate et le serbe peuvent également être utilisés comme langues officielles.
Unité monétaireeuro (EUR) 2
Note : L'unité monétaire utilisée est l'euro même si le Monténégro n'est pas membre de l'Union européenne
Population620 200 (estim. 2021)
Superficie (km2)13 888

Le Monténégro indépendant

L’indépendance ayant été acquise grâce au soutien massif des minorités albanaise, bosniaque et croate (la communauté dominante slavo-orthodoxe a majoritairement voté contre lors du référendum), sa mise en œuvre rend nécessaire l’élaboration d’un nouveau consensus interne. Les autorités s’attellent sans tarder à cet objectif délicat, lequel anime aussi bien l’adoption de la nouvelle Constitution monténégrine en octobre 2007 que celle de la loi sur la nationalité en février 2008. La réhabilitation de la famille royale du Monténégro, en juillet 2011, relève du même esprit. Pour autant, certains aspects de cette affirmation de la souveraineté nationale suscitent encore de fortes résistances, essentiellement au sein de la communauté serbe qui, selon le recensement de 2011, représente toujours plus d’un quart de la population. Tel est notamment le cas du programme de standardisation de la langue monténégrine (conçu pour la différencier du serbe, dont elle est une proche variante) ou de l’adoption de nouveaux hymne et symboles nationaux. Les efforts déployés pour redéfinir le consensus interne imprègnent également le champ religieux. Malgré la volonté de conciliation des autorités, la communauté chrétienne orthodoxe demeure divisée dans ses allégeances à l’Église orthodoxe serbe et à son pendant monténégrin. Cependant, ces débats trouvent un écho moindre chez les autres minorités, qui n’entretiennent aucun lien avec l’orthodoxie et la serbité. Ainsi, le Monténégro a revu ses modalités de coopération avec les religions catholique, juive et musulmane, concluant notamment un nouveau concordat avec le Vatican en juin 2011.

Mais les frustrations des minorités tiennent surtout à leur degré d’intégration dans l’espace public et aux pratiques de gouvernance des autorités en place. De fait, leurs revendications se concentrent sur des dispositions électorales avantageuses leur garantissant une meilleure représentation (l’abaissement du seuil électoral, par exemple) ou une réorganisation territoriale du pays susceptible de favoriser l’expression d’autonomies locales. Ces demandes sont entendues, à défaut d’être suivies d’effet, par des autorités, qui les conçoivent d’abord comme un instrument pour fidéliser des partenaires électoraux potentiels. Depuis les premières élections législatives et municipales organisées en septembre 2006, dans le cadre de l’indépendance, le même scénario se répète à l’envi. De fait, sur le plan intérieur, peu de choses ont réellement changé depuis l’indépendance du pays. Le principal parti politique, le Parti démocratique des socialistes (D.P.S.), continue de dominer la vie politique comme il le fait sans discontinuer depuis le début des années 1990, avec l’appui fidèle du Parti social-démocrate et, selon les circonstances du moment, d’autres formations mineures. Mais cette grande continuité montre des signes d’essoufflement, comme en témoignent le fait que le D.P.S. ait, pour la première fois, perdu la majorité absolue lors des élections législatives anticipées de l’automne de 2012 ou la réélection, très contestée, de son candidat, Filip Vujanović, à la présidentielle d’avril 2013. De fait, même si Milo Djukanović demeure l’homme fort du pays, son retour à la tête du gouvernement – pour la troisième fois – en décembre 2012, après deux années consacrées à ses activités privées, ne suffit plus à rassurer des Monténégrins de moins en moins dociles à l’égard de leurs autorités.

Cette situation reflète certains frémissements d’une population qui s’ouvre peu à peu aux problématiques de la société civile, notamment celles qui sont liées au renforcement de l’État de droit ou à la préservation de son pouvoir d’achat. Or, dans ces deux domaines, le bilan des autorités n’est guère positif. La corruption se maintient à un niveau élevé et les arrestations trop ponctuelles opérées dans les milieux de la criminalité organisée laissent douter d’une volonté d’éradication systématique de ce fléau. Les autorités monténégrines doivent de plus faire face aux exigences renforcées de l’Union européenne (U.E.) en la matière. Par ailleurs, la mise en faillite, en juin 2013, du fleuron de l’industrie monténégrine, le Consortium d’aluminium de Podgorica, stigmatise le caractère hasardeux de la politique économique du gouvernement et les choix de court terme qui président souvent à la sélection des investisseurs. Les privatisations opaques, pour la plupart effectuées [...]

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Monténégro : carte physique

Monténégro : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Monténégro : drapeau

Monténégro : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Bouches de Kotor, Monténégro

Bouches de Kotor, Monténégro
Crédits : A. Tzigounaki/ Unesco

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Écrit par :

  • : docteur en géographie, coordonnateur scientifique de l'Atelier de recherches internationales, université de Belgrade
  • : membre associé de l'École des hautes études en sciences sociales, responsable Balkans à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie

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Pour citer l’article

Amaël CATTARUZZA, Renaud DORLHIAC, « MONTÉNÉGRO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/montenegro/