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MILIEU, écologie

L' organisme et son milieu constituent le binôme fondamental de l' écologie. Dans cette discipline, on entend par « milieu » la partie du monde avec laquelle un organisme vivant est en contact : c'est donc celle qui en détermine les réactions, les adaptations physiologiques et parfois même morphologiques, celle qui est, en retour, modifiée, transformée, façonnée par ce contact avec le vivant. Selon cette définition, on pourra assez facilement inventorier les caractères du milieu qui englobe les êtres fixés, plantes surtout, parfois animaux ; mais il sera plus délicat de cerner les contours du milieu où se déplacent des êtres. On aura ainsi, non sans difficultés, délimité l' environnement d'un organisme. Dans le cas où celui-ci n'est pas constitué par une seule cellule, mais par un ensemble de cellules plus ou moins différenciées, l'étude du milieu intérieur peut être utile à l'explication du comportement de l'organisme pluricellulaire. Si donc cette étude concerne au premier chef le physiologiste, elle intéresse aussi l'écologiste, par exemple lorsque les modifications du milieu intérieur sont liées à celles du milieu environnant, ou encore lorsque le milieu intérieur d'un organisme constitue l'environnement d'un autre organisme, parasite ou symbiote (au moins à certains stades de son développement).

On aborde ainsi, par exemple, avec des études de physiologie comparée de la respiration ou de l'adaptation osmotique, une approche particulièrement instructive des problèmes écologiques.

Si toutefois on limite l'étude pratique du milieu, comme on le fera ici, à celle de l'environnement, on peut essayer de le définir comme l'ensemble des facteurs – matériels et psychiques – qui entourent un organisme et le soumettent à des influences qui agissent sur son développement, sa physiologie, son comportement, sa fertilité, etc., sans perdre de vue que ces facteurs sont eux-mêmes influencés par cet organisme dans un échange nécessaire, spécifique et continu d'actions et de réactions.

Notion de milieu

Colombie-Panama : construction d'une autoroute - crédits : Aldo Brando/ Getty Images

Colombie-Panama : construction d'une autoroute

Dans le langage courant, le terme « milieu » n'est pas uniquement pris dans le sens écologique précis donné précédemment. On parle de milieu aquatique et de milieu subaérien, de milieu marin et de milieu des eaux continentales, de milieu de montagne ou de plaine, de forêt ou de prairie, de milieu polaire ou équatorial. etc., jusqu'à considérer, fort improprement, le terme de milieu presque comme synonyme de celui d' écosystème, c'est-à-dire comme synonyme d'un concept qui devrait comprendre, non les facteurs du milieu exclusivement, mais la résultante de ceux-ci et du peuplement qu'ils conditionnent. Cette extension peu correcte du terme de milieu est particulièrement fréquente en écologie appliquée. Par exemple, par « modifications du milieu » on indique souvent de véritables transformations de l'écosystème considéré, soit naturelles (évolution vers les climax ou, à l'échelle de la biosphère, modifications imposées par des vicissitudes paléogéographiques et paléoclimatiques), soit provoquées par l'homme (création d'équilibres écologiques artificiels – comme ceux des villes et des cultures, pollution, déforestation).

Cette utilisation du concept de milieu est parfois incorrecte, mais non injustifiée : toute modification du milieu entraîne en effet une modification des organismes qui y vivent. Ces modifications peuvent être réversibles au niveau de l'individu ou, en tout cas, entrer dans l'intervalle d'adaptations individuelles possibles pour celui-ci. Si, toutefois, les modifications du milieu sont plus importantes, d'autres organismes, appartenant à d'autres espèces, ou à la même espèce, mais différant du premier occupant par l'âge, par la constitution génétique[...]

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Écrit par

  • : professeur d'écologie à l'université de Paris-VI, directeur de l'Institut d'écologie et d'éthologie de Pavie

Classification

Pour citer cet article

Cesare F. SACCHI. MILIEU, écologie [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Média

Colombie-Panama : construction d'une autoroute - crédits : Aldo Brando/ Getty Images

Colombie-Panama : construction d'une autoroute

Autres références

  • ADAPTATION - Adaptation biologique

    • Écrit par
    • 1 376 mots
    Selon une première interprétation, l'adaptation recouvre un ensemble de constatations structuro-fonctionnelles propres aux êtres vivants etrendant compte de leur survie dans un environnement donné. Cette acception statique de l'adaptation correspond à la notion développée par Georges Cuvier (1769-1832)...
  • ANTHROPOLOGIE

    • Écrit par et
    • 16 158 mots
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    ...s'inspirèrent des travaux de J. H. Steward préconisant l'analyse méticuleuse des bases matérielles des sociétés humaines en relation avec leur adaptation au milieu. La société passe ainsi au rang d'un sous-système au sein d'un ensemble plus vaste qui inclut la nature animale et végétale, l'écosystème. Avant...
  • AZONAUX BIOMES

    • Écrit par
    • 160 mots

    En opposition avec la zonation en latitude des grandes unités biogéographiques terrestres, et avec l'étagement altitudinal qui en est la réplique au niveau des grands accidents du relief continental, un biome est qualifié d'azonal lorsqu'il échappe dans sa localisation géographique au déterminisme...

  • BIOCÉNOSES

    • Écrit par , , et
    • 9 774 mots
    • 8 médias

    Le terme de « biocénose » a été introduit dans le langage scientifique en 1877 par le biologiste allemand Möbius, à propos de l'étude des bancs d'huîtres, auxquels de nombreux organismes se trouvent associés.

    Selon cet auteur, une biocénose est « un groupement d'êtres vivants...

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