LINGUISTIQUE & LITTÉRATURE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La rupture de l'unité ancienne entre « grammaire » et « belles-lettres », instituée par le passage de la philologie à la linguistique, a conduit à poser comme un problème la question de la relation entre la linguistique et la littérature.

Les solutions ont aussitôt foisonné : renouvellement de la rhétorique classique, stylistique littéraire ou structurale, description linguistique des textes littéraires, poétique, sémiologie ou sémiotique, sémantique structurale, sémanalyse, etc.

Toutes ces disciplines nouvelles ont en commun de se situer en aval de la linguistique posée comme science pilote. Les schémas des opérations qui les fondent sont, ou bien le supplément (prolongement ou débordement de la linguistique), ou bien l'importation (transfert de concepts linguistiques dans le domaine de l'analyse littéraire), ou bien l'homologie (imitation des démarches scientifiques de la linguistique pour constituer une « science de la littérature » ou une « science des textes »).

Les difficultés rencontrées dans la pratique de ces méthodes conduisent aujourd'hui à s'interroger à la fois sur le statut du pôle linguistique de la relation, notamment sur le rôle pilote de cette science, et sur la fonction de la notion même de « littérature ».

Problématique

C'est apparemment d'une rupture avec la littérature que naît la linguistique moderne. Le Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure se présente comme une réaction contre la tradition philologique pour laquelle études grammaticales et amour du beau langage allaient de pair.

Jusque-là, les « textes » étaient le lieu d'exercice de la théorie grammaticale. Grammairiens et rhétoriciens grecs et latins, médiévaux et classiques, emprunt [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages

Médias de l’article

Schéma de la communication défini par Roman Jakobson

Schéma de la communication défini par Roman Jakobson
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Fonctions du langage définies par Roman Jakobson

Fonctions du langage définies par Roman Jakobson
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

  • : maître assistant honoraire à l'universi-té de Paris VIII

Classification

Autres références

«  LINGUISTIQUE & LITTÉRATURE  » est également traité dans :

RHÉTORIQUE, notion de

  • Écrit par 
  • Alain BRUNN
  •  • 1 669 mots

La rhétorique désigne l'art du rhéteur, de l'orateur grec : en ce sens, elle engage une définition du langage et de ses pouvoirs. Elle est l'art de bien parler, c'est-à-dire d'agir par la parole sur un auditoire, de le convaincre par l'argumentation, mais aussi par l'émotion. Elle est donc en même temps une pratique (l'éloquence) et sa théorie. Elle tend par là à se présenter comme modèle de la r […] Lire la suite

ARTS POÉTIQUES

  • Écrit par 
  • Alain MICHEL
  •  • 5 917 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Poésie et linguistique »  : […] Le fait de redécouvrir le Moyen Âge implique une renaissance de la culture, qui est passée notamment par E. R. Curtius. En se rapprochant de la science, la poétique se fait historique et descriptive. Elle conteste les normes mais reconnaît leur présence et leur diversité. On aboutit alors aux recherches de J. Roubaud, qui a commenté dans La Vieillesse d'Alexandre l'évolution de l'alexandrin, et d […] Lire la suite

BARTHES ROLAND (1915-1980)

  • Écrit par 
  • Philippe DULAC
  •  • 4 712 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La sémiologie, « un rêve euphorique de la scientificité » »  : […] Montrer le déboîtement, la duplicité du mythe par rapport au langage, en révéler les étapes de constitution, les mécanismes, les fonctionnements, en freiner, si possible, l'activité éhontée et superfétatoire, voilà le projet barthien tout tracé. Encore faut-il passer d'analyses plus ou moins impressionnistes à une formalisation plus poussée. À cet égard, « Le Mythe, aujourd'hui », synthèse et con […] Lire la suite

CRITIQUE LITTÉRAIRE

  • Écrit par 
  • Marc CERISUELO, 
  • Antoine COMPAGNON
  •  • 12 910 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le féminisme »  : […] Sur le modèle proposé par Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe (1949), on a analysé le sexe ( gender ) comme construction sociale distincte du sexe biologique ( sex ). Aux États-Unis, où le mouvement féministe a pris son essor dans les années 1960, on a dénoncé les stéréotypes féminins et l'oppression des femmes dans une société jugée patriarcale. Cela a donné lieu à une critique idéologiqu […] Lire la suite

ÉNONCIATION

  • Écrit par 
  • Oswald DUCROT
  •  • 7 982 mots

Dans le chapitre « Terminologie »  : […] Dire qu'une suite linguistique produite par un locuteur constitue un énoncé , c'est dire d'abord que celui-ci s'est présenté, en la produisant, comme ayant eu pour but de dire ce qui est dit en elle. Supposons que quelqu'un pose la question : « Est-ce que Pierre est venu pour voir Jean ? » Le nom Pierre ne constitue pas, ici, un énoncé à lui tout seul : le locuteur n'acceptera pas de se justifier […] Lire la suite

FOUS LITTÉRAIRES

  • Écrit par 
  • Jean-Jacques LECERCLE
  •  • 5 640 mots

Dans le chapitre « La langue souveraine »  : […] Tout locuteur affronte, lorsqu'il prend la parole, la contradiction suivante : c'est lui qui parle, et pourtant ce n'est pas lui, mais la langue. Je parle en effet ma langue : elle me sert d'instrument, traduit mes pensées et les communique à autrui, est soumise à ma maîtrise. Je dis ce que je veux dire et je veux dire ce que je dis. Mais en même temps je sais bien que, même si je m'exprime dans […] Lire la suite

FRANCOPHONES LITTÉRATURES

  • Écrit par 
  • Jean-Marc MOURA
  •  • 7 230 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La conscience linguistique »  : […] Au long du xx e  siècle, on est passé d’un français qui avait la France pour phare incontesté à une diversité de français variant selon les espaces et les situations. Dans ces régions plus ou moins francophones, caractérisées par la pluralité linguistique et culturelle ainsi que par des situations politiques, éducatives et littéraires variées, la conscience linguistique, c’est-à-dire la place de l […] Lire la suite

GENETTE GÉRARD (1930-2018)

  • Écrit par 
  • Pierre-Marc de BIASI
  •  • 2 643 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'approche sémiotique et poétique du phénomène littéraire  »  : […] Présentées comme les trois moments d'une réflexion, Figures I (1966), Figures II (1969) et Figures III (1972) constituent un ensemble critique complexe. En s'interrogeant sur le texte conçu comme « réserve de formes qui attendent leur sens », Genette interprète les œuvres de manière singulièrement novatrice tout en analysant les conditions mêmes du travail critique : qu'est-ce que donner un se […] Lire la suite

GREIMAS ALJIRDAS-JULIEN (1917-1992)

  • Écrit par 
  • François RASTIER
  •  • 681 mots

Né en 1917 à Tula de parents lituaniens, Algirdas-Julien Greimas fit des études de linguistique et de philologie à Grenoble (1936-1939). L'annexion de la Lituanie par l'U.R.S.S., en 1944, et la déportation de ses parents le contraignirent à l'émigration. À la Sorbonne, il commence, en 1945, sous la direction de Charles Bruneau, une thèse de lexicologie sur le vocabulaire de la mode en 1830. Dès sa […] Lire la suite

ISOTOPIE, linguistique

  • Écrit par 
  • Alain SAUDAN
  •  • 534 mots

Le concept d'isotopie, introduit de manière opératoire par A.-J. Greimas dans sa Sémantique structurale (1966), fondamentale pour l'analyse du discours et la constitution du texte en objet scientifique, est défini en ces termes par l'auteur : « Ensemble redondant de catégories sémantiques qui rend possible la lecture uniforme du récit telle qu'elle résulte des lectures partielles des énoncés et l […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre KUENTZ, « LINGUISTIQUE & LITTÉRATURE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/linguistique-et-litterature/