COUPERIN LES

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Le nom de Couperin s'attache d'abord à une lignée, presque aussi longue dans l'histoire que celle des Bach : le premier Couperin musicien, Mathurin, apparaît dans les documents en 1586, à peu près à la même époque que le meunier Veit Bach, amateur de cithare, arrière-arrière-grand-père de Jean-Sébastien ; et la famille s'éteint avec Céleste Thérèse Couperin, organiste à Saint-Gervais, qui meurt en 1860, quinze ans après Wilhelm Friedrich Ernst Bach, Kapellmeister à la cour de Prusse. Les deux familles culminent presque au même moment, avec François Couperin, dit le Grand (1668-1733), et Jean-Sébastien Bach (1685-1750).

L'œuvre de François Couperin porte une double empreinte : celle de la tradition française – élégance mélodique, ornementation, goût de la danse... –, et celle de la tradition italienne – attrait pour la symétrie, chromatisme discret, emprunt de formules instrumentales... Ces deux apports, d'abord distincts (tradition française dans les messes, tradition italienne dans les sonates et la plupart des motets), se rejoindront dans des ouvrages comme Les Goûts réunis et se mêleront ou se juxtaposeront dans les pièces pour clavecin.

La lignée des Couperin

Les Couperin constituent la plus illustre lignée de musiciens français : une quinzaine d'artistes ont servi la musique pendant plus de deux siècles, la plupart comme clavecinistes, organistes et compositeurs, mais aussi comme chanteurs, violistes ou maîtres de musique. La tribune de l'église Saint-Gervais, à Paris, l'un des grands postes de la capitale, fut une sorte de fief familial qui assura leur renom, ainsi que l'orgue qu'elle abrite. Les Couperin sont sortis de Chaumes-en-Brie (actuelle Seine-et-Marne), avant de se fixer à Paris vers la fin du xviie siècle. Le tableau présente les membres musiciens de cette éminente famille.

Les Couperin

Dessin : Les Couperin

Les Couperin. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Charles (Charles Ier, 1595-1654) fut organiste en l'église abbatiale de Chaumes-en-Brie.

Marc Roger Normand (1663-1734), petit-fils de Charles Ier par Élisabeth, exerça à Turin au service du roi de Piémont-Sardaigne.

Trois fils de Charles Ier firent carrière dans la musique :

– Louis (1626 environ-1661), organiste à Saint-Gervais et claveciniste.

– François, dit l'Ancien (François Ier, 1631 environ-environ 1710), fut organiste, claveciniste et professeur de musique. Alexandre Guilmant lui a attribué par erreur les deux Pièces d'orgue consistant en deux messes (à l'usage des paroisses, à l'usage des couvents), écrites en réalité par son célèbre neveu, François le Grand.

– Charles (Charles II, 1638-1679) enfin, fut organiste à Saint-Gervais, où il remplaça son frère Louis à partir de 1661. Ses pièces de clavecin sont perdues. On sait qu'il possédait un grand clavecin à pédalier.

François, dit le Grand (1668-1733), fils de Charles II, est le plus illustre représentant de la lignée.

Marguerite Louise, fille de François l'Ancien (1676 environ-1728), fut une cantatrice célèbre et ordinaire de la musique de la chambre du roi dès 1702.

Son frère, Nicolas (1680-1748), claveciniste et organiste, fut au service musical du comte de Toulouse et reçut, en 1723, la succession de la tribune de Saint-Gervais, après François le Grand. Ses œuvres ont été perdues.

Armand Louis (1727-1789), fils de Nicolas, fut organiste à Saint-Gervais, mais aussi à Sainte-Marguerite, Saint-Barthélemy, Saint-Jean-en-Grève, à la Sainte-Chapelle, voire aux Carmes-Billettes, à Saint-Merry. En 1770, il entra dans la musique du roi et devint organiste de Notre-Dame avec trois autres cotitulaires de la tribune. Ce fut l'un des organistes les plus réputés de son siècle. Il composa L'Amour médecin (cantatille, env. 1750), des Sonates en pièces de clavecin avec accompagnement de violon (1765), des Sonates en trio (1770), des motets.

Marie Madeleine (1690-1742), fille aînée de François le Grand, fut organiste en l'abbaye de Maubuisson, où elle avait pris l'habit en 1719.

Marguerite Antoinette (1705-1778 environ), sa sœur, fut, très jeune, suppléante de son père comme claveciniste à la cour. Elle obtint cette charge en 1730 et fut titularisée en 1736 après la mort de Jean-Baptiste Henri d'Anglebert. Elle enseigna la musique et le clavecin, où elle était virtuose, aux Enfants de France.

Pierre Louis (1755-1789), fils d'Armand Louis, tint les [...]

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François Couperin

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Écrit par :

  • : directeur de l'Institut de musique et danse anciennes de l'Île-de-France, conseiller artistique du Centre de musique baroque de Versailles
  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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Autres références

«  COUPERIN LES  » est également traité dans :

COUPERIN FRANÇOIS (1668-1733) - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Pierre BRETON
  •  • 179 mots

10 novembre 1668 François Couperin naît à Paris. 1685 Il succède à Michel Richard Delalande à l'orgue Clicquot de l'église Saint-Gervais de Paris. 1690 Il compose des Pièces d'orgue consistantes en deux Messes et fait entendre, sous un pseudonyme italien, la première sonate en trio écrite en France à l'imitation d'Arcangelo Corelli. 1691 Il devient claveciniste du roi. 1693 Il succède à Jacq […] Lire la suite

LEÇONS DE TÉNÈBRES (F. Couperin)

  • Écrit par 
  • Pierre BRETON
  •  • 211 mots
  •  • 1 média

François Couperin, dit le Grand, appartient à une dynastie de quinze musiciens qui s'illustra à Paris durant plus de deux siècles. Brillant auteur de pièces pour clavecin, il réussit à allier l'esthétique française – goût de la danse, noblesse de l'écriture verticale, beauté du chant orné – avec les apports italiens – sens de la symétrie, piment du chromatisme, don des vocalises. Les offices de t […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Philippe BEAUSSANT, Pierre-Paul LACAS, « COUPERIN LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-couperin/