LULLY JEAN-BAPTISTE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Lully

Lully
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Alceste, Jean-Baptiste Lully

Alceste, Jean-Baptiste Lully
Crédits : AKG

photographie

Armide de Lully, dessin de J. Berain pour les décors

Armide de Lully, dessin de J. Berain pour les décors
Crédits : AKG

photographie


Un compositeur accompli

Lully est par ailleurs un maître de l'orchestre. À l'écriture encore un peu raide, mais d'une grande clarté, de ses ballets, il substitue peu à peu une construction beaucoup plus variée, où se juxtaposent l'écriture à cinq parties de l'orchestre et des passages concertants à trois voix, hérités de la tradition concertante italienne. Il développe par moments une écriture évocatrice (sommeil de Renaud dans Armide, symphonies guerrières ou pastorales). Il a sinon créé, du moins réglé l'ouverture à la française (lent et pointé, vif et fugué, avec souvent reprise d'un mouvement lent) et donné à la passacaille ou à la chaconne une extension remarquable, faisant d'elles, par leur dimension et leur richesse inventive, les premières grandes pages symphoniques.

L'influence de Lully a été considérable. Joué en France jusqu'à la fin du xviiie siècle, le cadre de la tragédie lyrique fixé par lui restera pratiquement inchangé jusqu'à Gluck. La forme de l'ouverture à la française se répandra sur toute l'Europe, jusqu'à Telemann et Bach. Ses disciples, tel Georg Muffat, exporteront la manière de « l'incomparable M. de Lully ».

Bien que ses fonctions n'aient pas comporté la composition d'œuvres religieuses, Lully est également l'auteur de grands motets (Miserere, 1664 ; Te Deum, 1677 ; De Profundis, 1683 ; Dies irae...) où se fixe le genre déjà élaboré par Henry Du Mont et Pierre Robert. Lully s'y montre moins original, mais non moins inspiré. Une série de petits motets à deux et trois voix, plus intimes et d'une écriture plus italienne (bien que composés, semble-t-il, à la fin de sa vie), élargissent encore la palette du compositeur préféré de Louis XIV.

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

  • : directeur de l'Institut de musique et danse anciennes de l'Île-de-France, conseiller artistique du Centre de musique baroque de Versailles

Classification


Autres références

«  LULLY JEAN-BAPTISTE (1632-1687)  » est également traité dans :

LULLY JEAN-BAPTISTE - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Christian MERLIN
  •  • 431 mots

29 novembre 1632 Giovanni Battista Lulli naît à Florence.16 mai 1661 Louis XIV nomme Jean-Baptiste Lully surintendant et compositeur de la musique de la Chambre du roi ; Lully est naturalisé français en décembre 1661.14 octobre 1670 La […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lully-reperes-chronologiques/

ALCESTE (J.-B. Lully)

  • Écrit par 
  • Christian MERLIN
  •  • 287 mots
  •  • 1 média

En 1671, Jean-Baptiste Lully donne avec Molière, Pierre Corneille et Philippe Quinault Psyché, une tragédie-ballet qui annonce un genre nouveau, la tragédie lyrique, auquel Alceste, ou Le triomphe d'Alcide, créé à l'Ac […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alceste-j-b-lully/#i_22255

BALLET

  • Écrit par 
  • Bernadette BONIS, 
  • Pierre LARTIGUE
  •  • 12 645 mots
  •  • 21 médias

Dans le chapitre « Le roi danseur »  : […] La venue au pouvoir de Mazarin marquera momentanément un recul du ballet. Amateur d'opéras, le ministre croit en l'influence magique de la musique. Il favorise les Italiens, et s'il appelle le chorégraphe Gianbattista Balbi dit Tasquin et le décorateur Giacomo Torrelli, c'est pour assurer la mise en scène de la Finta Pazza en 1645. On admire à Paris les décors de l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ballet/#i_22255

CAMBERT ROBERT (1628 env.-1677)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 216 mots

« Sans considérer Robert Cambert comme le fondateur de l'opéra français, on ne peut lui refuser une sorte de vocation de la musique dramatique. » (André Verchaly). Né vers 1628 à Paris, Robert Cambert est élève du compositeur et claveciniste Jacques Champion de Chambonnières. En 1662, il est nommé maître de la musique de la régente Anne d'Autriche. Dès 1659, il a collaboré avec le poète Pierre Pe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-cambert/#i_22255

CHARPENTIER MARC ANTOINE (1643-1704)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 1 981 mots

L'un des compositeurs français les plus prestigieux du xvii e  siècle, Marc Antoine Charpentier, surnommé « le phénix de France » par ses contemporains, est, avec Michel Richard Delalande, le plus grand maître de la musique sacrée, notamment dans le petit motet tel qu'il s'épanouit avant 1700. La richesse de son écriture est sans égale : « du stri […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marc-antoine-charpentier/#i_22255

COMÉDIE-BALLET

  • Écrit par 
  • Philippe BEAUSSANT
  •  • 736 mots

L'histoire de la comédie-ballet est fort courte : onze ans à peine, 1661-1672. Elle naît, en apparence, par hasard : lors de la fête de Vaux donnée par Fouquet (août 1661), afin de donner aux danseurs le temps de se changer entre les « entrées » du ballet, on intercale celle-ci entre les scènes d'une comédie. Cela s'était fait déjà : mais la nouveauté, due sans doute à l'initiative de Molière, est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/comedie-ballet/#i_22255

COUPERIN LES

  • Écrit par 
  • Philippe BEAUSSANT, 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 5 518 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La musique de chambre »  : […] Couperin a pratiqué la musique de chambre durant toute sa vie. Ses premières œuvres accusent une influence très forte de l'Italie, au point que la première sonate a pu être jouée sous un nom d'emprunt italien. De fait, écrire vers 1692 une sonate en trio, c'était imiter la nouveauté italienne. Cette sonate (dénommée La Pucelle , la première composée en France) sut plaire ; el […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-couperin/#i_22255

FORME, musique

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 1 677 mots

Dans le chapitre « Les formes lyriques »  : […] C'est Claudio Monteverdi qui, avec L'Orfeo , premier opéra de l'histoire (1607), a créé les modèles formels à partir desquels ont été fixés les éléments constitutifs d'une œuvre lyrique : récitatif, aria, arioso, ouverture. Le récitatif est un chant librement déclamé, dont la mélodie et le rythme suivent les inflexions naturelles de la langue parlée. I […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/forme-musique/#i_22255

FOYERS DE CULTURE

  • Écrit par 
  • Gilbert GADOFFRE
  •  • 9 694 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Versailles, théâtre de l'autorité royale »  : […] L'organisation de Versailles en foyer de civilisation et de culture en même temps que de gouvernement et d'administration a fait de cette ville artificielle un exemple de centralisation absolue unique au monde. Mais ses activités étaient si nombreuses qu'on peut se demander à quel niveau se plaçaient les fonctions culturelles dans cet ensemble polymorphe, à la fois logis du roi, hôtel de cour, ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/foyers-de-culture/#i_22255

LAMBERT MICHEL (1610 env.-1696)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 619 mots

Musicien français, compositeur, luthiste et chanteur célèbre. Le rôle de Lambert fut déterminant dans l'élaboration du récitatif à la française. La méthode de chant de cet excellent pédagogue exerça une influence considérable (cf. B. de Bacilly, Remarques curieuses sur l'art de bien chanter , 1668) ; elle était fondée sur une articulation sans défaut, sur une déclamation préc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-lambert/#i_22255

FRANÇAISE LITTÉRATURE, XVIIe s.

  • Écrit par 
  • Patrick DANDREY
  •  • 7 323 mots

Dans le chapitre « Naissance de la « vie littéraire » »  : […] Mais sans qu’il soit besoin d’y ajouter ce flot de pages, l’ampleur de la production littéraire du xvii e  siècle est déjà frappante. À quoi la doit-on ? Sans doute à la rencontre qui eut lieu alors entre les composantes nécessaires à constituer une vie littéraire au sens plein de l’expression. Soit, d’abord, une langue sûre de sa syntaxe, de sa g […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-francaise-xviie-s/#i_22255

MARAIS MARIN (1656-1728)

  • Écrit par 
  • Nicole LACHARTRE
  •  • 350 mots

Né à Paris, fils d'un cordonnier, Marin Marais est enfant de chœur à Saint-Germain-l'Auxerrois, en même temps que de Lalande. Il étudie la viole avec Sainte-Colombe et devient virtuose de la basse de viole. Il se marie en 1676 : il aura dix-neuf enfants, dont plusieurs deviendront musiciens. « Musicqueur du Roy » à la Cour, il devient en 1679 « ordinaire de la Chambre du Roy pour la viole ». Disci […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marin-marais/#i_22255

MOTET

  • Écrit par 
  • Roger BLANCHARD
  •  • 3 062 mots

Dans le chapitre « Le motet classique »  : […] Sous l'influence du stile rappresentativo , né à Florence à la fin du xvi e siècle, la musique religieuse change totalement de caractère. C'est le début de l'époque baroque. Claudio Monteverdi est l'un des premiers à appliquer à la musique d'église les principes de la monodie accompagnée et de la basse continue. Les motets d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/motet/#i_22255

OPÉRA - Histoire, de Peri à Puccini

  • Écrit par 
  • Jean-Vincent RICHARD
  •  • 9 136 mots
  •  • 32 médias

Dans le chapitre « L'Italie à la conquête de l'Europe »  : […] C'est, paradoxalement, un Florentin de naissance, qui, en s'opposant à la vague italienne, promeut l'opéra français. Jean-Baptiste Lully (1632-1687), surintendant de la Musique et compositeur de la Chambre depuis 1661, n'aborde l'opéra, ou plutôt la tragédie lyrique, qu'à quarante ans passés, avec Cadmus et Hermione (1673), mais surtout avec Alceste (1 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/opera-histoire-de-peri-a-puccini/#i_22255

OPÉRA - Le renouveau de l'opéra baroque

  • Écrit par 
  • Ivan A. ALEXANDRE
  •  • 11 978 mots
  •  • 15 médias

Dans le chapitre « Lully : la célébration »  : […] Les années 1980 ont été frappées par un quadruple anniversaire « baroque » duquel est sortie une génération fourmillante et florissante. En 1985, les musiciens célébraient en même temps Heinrich Schütz (né en 1585), Jean-Sébastien Bach, Haendel et Domenico Scarlatti (nés tous trois en 1685). À cette fête mondiale, la France ajouta de part et d'autre deux tricentenaires : celui de la naissance de R […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/opera-le-renouveau-de-l-opera-baroque/#i_22255

OUVERTURE, musique

  • Écrit par 
  • Marc VIGNAL
  •  • 782 mots

Sous son acception la plus générale, l'ouverture désigne le morceau d'orchestre joué à rideau fermé avant une représentation d'opéra, voire avant tout spectacle (ouverture écrite par Beethoven pour son ballet Prométhée ). Le premier exemple connu en est sans doute la petite fanfare intitulée toccata précédant l' Orfeo de Monteverd […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ouverture-musique/#i_22255

QUINAULT PHILIPPE (1635-1688)

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 521 mots

Dramaturge, librettiste et poète français. Bien que Quinault soit fils d'un boulanger, Tristan l'Hermite le prend sous sa protection et l'introduit à l'hôtel de Guise. Il débute très tôt au théâtre avec une comédie fort bien enlevée, Les Rivales (1655), qui obtient un triomphe. C'est le début d'une carrière exceptionnelle durant laquelle il ne connaîtra que le succès. Très at […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philippe-quinault/#i_22255

Pour citer l’article

Philippe BEAUSSANT, « LULLY JEAN-BAPTISTE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-baptiste-lully/