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JAPON (Le territoire et les hommes) Histoire

Nom officiel

Japon (JP)

    Chef de l'État

    L'empereur Naruhito (depuis le 1er mai 2019)

      Chef du gouvernement

      Fumio Kishida (depuis le 4 octobre 2021)

        Capitale

        Tōkyō

          Langue officielle

          Aucune 1

            L'époque de Heian (794-1192)

            Déclin des influences chinoises

            Empereur énergique, Kammu (781-806) allait tenter de remettre de l'ordre dans l'Empire, tout d'abord en s'éloignant de Nara où l'emprise du bouddhisme était pour lui très contraignante. En vue de tenir tête aux communautés de Nara, il soutint deux sectes qui connaissaient alors une grande popularité en Chine, le Tiantai (en japonais Tendai) et le Zhenyan (en japonais Shingon), et déplaça la capitale à Heiankyō, l'actuelle Kyōto, inaugurant ainsi en 794 une nouvelle période de l'histoire japonaise. On désigne sous le nom d'époque Heian (Heian jidai), d'une façon large, la période qui s'étend de cette nouvelle fondation jusqu'à l'établissement du shōgunat de Kamakura (1192) et, d'une façon plus particulière, celle qui se clôt avec la prise de pouvoir par les Fujiwara (858). L'époque de Heian symbolise généralement l'épanouissement d'une culture japonaise originale. Au fur et à mesure que s'écoula le ixe siècle, en effet, les relations avec la Chine s'espacèrent pour cesser complètement en théorie à partir de 894, sur l'avis de Sugawara no Michizane, le célèbre conseiller de l'empereur Uda (règne 887-897). Les troubles qui agitaient à nouveau le continent et l'insécurité des chemins expliquent en partie cette décision, dont la cause doit pourtant être cherchée plutôt dans la ruine économique à laquelle était réduit le gouvernement japonais à ce moment. Pendant plusieurs siècles, les relations avec le continent ne se maintinrent que grâce à des initiatives privées chinoises. Avant même la réunification de la Chine par les Song, des commerçants des royaumes de Wu et de Yue se rendaient déjà dans l'île de Kyūshū. Et quand la dynastie nationale fut établie, les mouvements commerciaux avec la Chine du Sud prirent une grande ampleur ; de la fin du xe au milieu du xie siècle, on compte trente arrivées de vaisseaux chinois au Japon. Les voyages étaient à cette époque quasi unilatéraux, car aucun navire japonais n'avait le droit de traverser les océans. Il y avait cependant à cette règle une exception : le gouvernement de Dazaifu (Kyūshū) s'était arrogé le droit d'autoriser le commerce japonais outre-mer. Ainsi demeura ouverte malgré tout une voie par laquelle passaient les éléments chinois qui venaient féconder la brillante culture nationale de l'époque et préparer les changements politiques et sociaux des siècles suivants. Il fallut attendre jusqu'au milieu du xiie siècle pour que le commerce avec les Song du Sud fût officiellement rétabli au temps de Taira no Kiyomori. Cette réouverture lourde de conséquences aboutit aux transformations de la société à l'époque de Kamakura. Mais il faut souligner que la porte était toujours restée entrouverte malgré la piraterie chinoise : les brigands des provinces orientales de la Chine (Toi no zoku) ravagèrent à plusieurs reprises les côtes du Japon avant d'être jetés à la mer en 1019 par les chefs du Dazaifu ; ainsi était préfigurée la résistance ultérieure aux tentatives mongoles d'invasion.

            Le règne des Fujiwara

            Cette époque de repli sur lui-même eut comme conséquence une irrésistible évolution du Japon vers le morcellement politique intérieur. Voulant autoriser les princes, à l'étroit à la cour, à devenir simples sujets et à recevoir une charge en province, on leur donna en fait la possibilité de se tailler des fiefs puis de revenir à la cour pour y prendre le pouvoir. Ainsi s'effaça peu à peu le rôle de l'empereur, dont les prérogatives tombèrent bientôt aux mains de la toute-puissance famille des Fujiwara qui, ayant acquis le pouvoir quasi suprême en 858-859, réussit à s'y maintenir jusqu'au milieu du xiie siècle. En province,[...]

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            Écrit par

            • : directeur de recherche au CNRS
            • : conservateur en chef du musée Guimet, directeur d'études à l'École pratique des hautes études en sciences sociales
            • : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis
            • : directrice du centre Asie, Institut français de relations internationales
            • : chercheuse au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (IFRI), Paris

            Classification

            Pour citer cet article

            Paul AKAMATSU, Vadime ELISSEEFF, Encyclopædia Universalis, Valérie NIQUET et Céline PAJON. JAPON (Le territoire et les hommes) - Histoire [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

            Article mis en ligne le et modifié le 30/03/2022

            Médias

            Japon : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

            Japon : drapeau

            Soldats russes - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

            Soldats russes

            Officiers de l'armée coréenne, en 1910 - crédits : Topical Press Agency/ Hulton Archive/ Getty Images

            Officiers de l'armée coréenne, en 1910