JAPON (Le territoire et les hommes) Histoire

Nom officiel Japon
Chef de l'État L'empereur Naruhito - depuis le 1er mai 2019
Chef du gouvernement Sanae Takaichi - depuis le 21 octobre 2025
Capitale Tōkyō
Langue officielle Aucune (Le japonais est la langue nationale.)

La période Ashikaga (1333-1568)

Mal connue, parfois décriée, la période Ashikaga s'étend sur deux siècles de troubles : piraterie dans la mer du Japon, querelles dynastiques, guerre féodales pour finir. Les nouveaux shōgun installèrent à Kyōto une cour princière, où ils apprirent la douceur des mœurs nobles de la capitale impériale. Cependant, les shōgunAshikaga, aux goûts fastueux, contribuèrent à la naissance d'une culture nouvelle. Ils ouvrirent le Japon à la Chine. S'ils perdirent eux-mêmes la rudesse des guerriers, ils permirent à leurs lieutenants de découvrir le monde extérieur. La petite pièce de billon importée de Chine ouvrit les marchés du Japon. Certes, des magnats locaux et régionaux s'emparèrent du commerce. De batailles en conquêtes, ils spolièrent les provinces, les divisèrent en fiefs. Ils oublièrent les honneurs des Ashikaga ; ambitieux, ils rêvaient de réunifier le Japon. Mais ils conservèrent l'enseignement des années de souffrance. S'éliminant les uns les autres, ils édifiaient au Japon un monde nouveau, rude mais ouvert.

Le schisme dynastique du Nord et du Sud (1336-1392)

L'empereur Go-Daigo (règne 1318-1339) participa à un premier complot contre le pouvoir de Kamakura, en 1331. La conspiration fut découverte, l'empereur exilé. Mais les partisans de celui-ci ne capitulaient pas. Afin de les réduire, Kamakura dépêcha vers Kyōto l'un des magnats du Kantō, Ashikaga Takauji (1305-1358), qui, faisant volte-face, occupa la capitale et y rétablit l'empereur (1333). La même année, un autre magnat du Kantō, Nitta Yoshisada (1301-1338), renversa le gouvernement shōgunal de Kamakura. Go-Daigo entendait prendre le pouvoir. Takauji, mécontent, se révolta, dut fuir en Kyūshū, revint en force à Kyōto et y fit introniser un second empereur. Go-Daigo se réfugia dans les montagnes au sud de Nara (1336). Jusqu'en 1392, il y eut deux lignées impériales, celle du Nord à Kyōto et celle du Sud. Takauji se débarrassa de ses rivaux, notamment de Yoshisada, et se fit nommer shōgun (1338).

Les guerres civiles ne cessèrent jamais tout à fait, pendant la durée du schisme dynastique. La désagrégation des shōen s'achevait. Tandis que le titre de kokushi, gouverneur impérial de province, tombait en désuétude, le shōgun Ashikaga nommait un shugo dans chacune des provinces. le shugo à son tour nommait, parmi ses fidèles, des jitō, intendants des shōen. Les jitō touchaient la moitié des redevances dues par les habitants des shōen aux titulaires de ceux-ci, qui avaient perdu tout pouvoir sur leurs terres. En revanche, les jitō devenaient capables d'entretenir une clientèle, et les shugo s'attachaient les jitō comme des vassaux. Ainsi, une société féodale s'ébauchait lentement. Les shugo qui acquéraient peu à peu un pouvoir effectif sur les terres de leur province, aux xive et xve siècles, sont appelés shugo-daimyō.

Muromachi

Les shōgun Ashikaga eurent beaucoup de mal à juguler l'indiscipline des shugo-daimyō. Ils attachèrent à leur administration les plus influents de ces derniers, dans la région de Kyōto. Il y eut le shitsuji, intendant du domaine shōgunal, et le kanrei, responsable du gouvernement sur l'ensemble des shugo-daimyō. Un Kantō-kanrei était spécialement chargé de la garde des régions de l'Est. Dans la majorité des cas, ces offices n'étaient pas transmis héréditairement dans une seule famille, mais étaient confiés tour à tour à des familles en nombre restreint, alliées aux Ashikaga par des liens particuliers. Ce système fut bientôt la cause de graves conflits.

Le pavillon d'Or - crédits :  Bridgeman Images

Le pavillon d'Or

De la fin du xive siècle au premier tiers du xve, le Japon connut une période de stabilité relative. Le prestige des Ashikaga ne fut jamais plus grand que sous Yoshimitsu (1358-1408), petit-fils de Takauji. Il fit construire en 1378 le palais des Fleurs, résidence[...]

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Écrit par

  • : directeur de recherche au CNRS
  • : conservateur en chef du musée Guimet, directeur d'études à l'École pratique des hautes études en sciences sociales
  • : directrice du centre Asie, Institut français de relations internationales
  • : chercheuse au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (IFRI), Paris
  • Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

Classification

Médias

Japon : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

Japon : drapeau

Soldats russes - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

Soldats russes

Officiers de l'armée coréenne, en 1910 - crédits : Topical Press Agency/ Hulton Archive/ Getty Images

Officiers de l'armée coréenne, en 1910

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