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JAPON (Le territoire et les hommes) Histoire

Nom officiel

Japon (JP)

    Chef de l'État

    L'empereur Naruhito (depuis le 1er mai 2019)

      Chef du gouvernement

      Fumio Kishida (depuis le 4 octobre 2021)

        Capitale

        Tōkyō

          Langue officielle

          Aucune 1

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            • Écrit par , , , et
            Japon : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

            Japon : drapeau

            Dans l'histoire de l'Asie, le Japon occupe une place particulière du fait de son insularité. On l'a souvent comparée à celle de l'Angleterre dans l'histoire de l'Europe. Mais cette similitude géographique ne doit pas masquer les dissemblances qui, de fait, ont donné au Japon l'élément essentiel de son originalité et le caractère spécifique de son évolution historique.

            L'Angleterre, face à l'Europe, y trouvait des partenaires ou des adversaires d'un niveau politique et économique comparable ; au début de son existence, les grandes puissances civilisatrices d'Occident, la Grèce et Rome, elles-mêmes héritières des grands empires de l'Orient ancien, avaient tout perdu de leur antique rayonnement. Le Japon au contraire, à l'aube de son histoire, a en face de lui une Chine en pleine gloire, celle des dynasties Han (iiie s. av.-iiie s. apr. J.-C.), que relaiera celle encore plus éclatante des Tang (viie-xe s.), auxquelles succéderont toutes les puissantes dynasties qui illustrent l'histoire chinoise. Tel est son unique partenaire historique, peut-on dire : une Chine très civilisée, homogène et massive, dont il sentira constamment le poids. Ombre pesante, certes, mais aussi génératrice de culture et de bienfait ; jusqu'aux temps modernes, le Japon n'a cessé de révérer son voisin et de reconnaître ses dettes envers lui.

            Le décalage des niveaux culturels a été rendu plus sensible encore par l'insularité : point ici, comme ailleurs sur le continent, d'infiltrations étrangères, anonymes et continues, qui modifient insensiblement le développement des cultures, mais, chaque fois, la connaissance ressentie de l'origine des emprunts. Pas plus qu'un autre pays, le Japon n'a copié ses voisins ; mais, plus qu'aucun autre pays, il a eu conscience de la nature de ses emprunts et, par là même, de la nature de ses propres éléments ; c'est la ligne de partage des composantes qui est simplement reconnue et, de ce fait, plus nette qu'ailleurs. Averti donc des influences qu'il subissait, le Japon a peut-être eu un plus grand souci de préserver sa spécificité. C'est sans doute une des raisons de son nationalisme, et c'est aussi une des raisons qui l'ont poussé, au vie siècle, au moment où l'influence chinoise était si pesante à la cour, à compiler ses mythes et ses légendes, à ordonnancer le culte des esprits et celui des ancêtres pour en tirer une notion propre de la divinité. Le jeune shintoïsme se constituait ainsi pour contrebalancer les ambitions d'un bouddhisme chinois assez envahissant. C'est alors la rédaction des chroniques nationales – Kojikiet Nihongi –, deux documents qui, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, servirent de base à l'histoire des origines du Japon. Il suffit de rappeler que les auteurs de ces textes ont mis en scène autant de dieux, de surhommes et de héros que ceux de la mythologie grecque, quelque mille ans auparavant. Les déesses et les dieux japonais aux nombreuses vertus sont créateurs de glèbe et de prospérité, mais aussi querelleurs, jaloux ou rancuniers, ils suscitent quelques guerres ; ils naissent, ils meurent, ils boudent aussi ou bien encore se chagrinent de pourrir. La notion de divinité est l'aboutissement d'une projection dans l'au-delà des prouesses du lointain passé, sans qu'à vrai dire aucun abîme ne sépare les dieux des hommes. Dans un même élan, le culte des esprits a divinisé toute chose, monts et eaux, rochers et forêts, foyers, ustensiles et armures. Un continuum sacré régnait sur toute la vie ancienne du Japon ; seule une direction ascendante est signifiée lorsqu'on parle de kami, trop étroitement traduit par « divinité » dans les langues occidentales. Cet espace mental était fort différent de celui des Chinois, pour[...]

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            Écrit par

            • : directeur de recherche au CNRS
            • : conservateur en chef du musée Guimet, directeur d'études à l'École pratique des hautes études en sciences sociales
            • : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis
            • : directrice du centre Asie, Institut français de relations internationales
            • : chercheuse au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (IFRI), Paris

            Classification

            Pour citer cet article

            Paul AKAMATSU, Vadime ELISSEEFF, Encyclopædia Universalis, Valérie NIQUET et Céline PAJON. JAPON (Le territoire et les hommes) - Histoire [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

            Article mis en ligne le et modifié le 30/03/2022

            Médias

            Japon : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

            Japon : drapeau

            Soldats russes - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

            Soldats russes

            Officiers de l'armée coréenne, en 1910 - crédits : Topical Press Agency/ Hulton Archive/ Getty Images

            Officiers de l'armée coréenne, en 1910