MATISSE HENRI (1869-1954)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dessiner dans la couleur

Tardivement, tandis qu'il s'installe à Vence, la pratique du papier découpé, inaugurée en 1943 avec la conception de Jazz (dont le titre original devait être Le Cirque), relance le travail de Matisse sur les relations qu'entretiennent la ligne et la surface colorée, travail qui culmine dans le projet décoratif de la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire, achevé en 1951. Il ne s'agit plus seulement de contredire l'ordre classique réclamant la primauté du dessin sur la couleur. Dès le Bonheur de vivre en 1905-1906, Matisse avait renversé cette convention en colorant le cerne prononcé de certains personnages. Cette fois, il s'agit de fondre ces deux pôles traditionnellement séparés : « Au lieu de dessiner le contour et d'y installer la couleur – l'un modifiant l'autre – je dessine directement dans la couleur, qui est d'autant plus mesurée qu'elle n'est pas transposée. » Cette simplification, concluait le peintre, « garantit une précision dans la réunion des deux moyens qui ne font plus qu'un ». Prolongeant un procédé de gravure de la ligne dans la couleur que certaines toiles permettent d'observer et qui rappelle les dernières œuvres de Gustave Moreau, la découpe pénètre physiquement, et directement dans la masse colorée. Dans Nu bleu III (1952), par exemple, cette découpe agit avec une ambivalence telle qu'il devient difficile de dissocier le fond et la forme, l'un et l'autre s'égarant dans les glissements extrêmement fluides entre le blanc comme support et son activation comme contour.

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages




Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université de Brown, Rhode Island (États-Unis)

Classification


Autres références

«  MATISSE HENRI (1869-1954)  » est également traité dans :

LA DANSE II (H. Matisse)

  • Écrit par 
  • Hervé VANEL
  •  • 197 mots

En tant que panneau décoratif, La Danse II de Matisse (1909-1910) se perçoit difficilement comme un espace illusionniste. D'emblée, sa nature décorative et son format mural l'inscrivent, plus ou moins directement et violemment, dans l'espace réel du spectateur. Les mains disjointes de deux des danseurs révèlent autant leur fougue qu'elles nous invitent, ouvertement, à y prendre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-danse-ii/#i_8818

ÉCRITS ET PROPOS SUR L'ART, Henri Matisse - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Marianne JAKOBI
  •  • 1 004 mots

Écrits et propos sur l'art d'Henri Matisse (1869-1954) est l'unique ouvrage réunissant la quasi-totalité des textes écrits par l'un des plus grands peintres du xxe siècle. Ces textes – des propos, des entretiens, des correspondances et des articles […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ecrits-et-propos-sur-l-art/#i_8818

MATISSE ET PICASSO (Yve-Alain Bois)

  • Écrit par 
  • Hervé VANEL
  •  • 1 016 mots

L'ouvrage d'Yve-Alain Bois (coll. Beaux Livres, Flammarion, Paris, 1999) sur les rapports entre Matisse et Picasso, essentiellement consacré à la période 1920-1954 (date de la mort de Matisse), frappe d'emblée par sa densité. La richesse et la précision documentaire, historique, biographique, analytique, de l'ouvrage tissent une trame extrêmement serrée et complexe où il est impossible d'isoler le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/matisse-et-picasso/#i_8818

CAMOIN CHARLES (1879-1965)

  • Écrit par 
  • Jean-Paul BOUILLON
  •  • 284 mots

Avec Matisse, Rouault et Marquet, Charles Camoin est l'un des élèves illustres de l'atelier de Gustave Moreau. Très lié avec Marquet, dont il a laissé un beau portrait (1904-1905, musée national d'Art moderne, Paris) ; il est impressionné par Cézanne, qu'il rencontre en 1902 et dont l'influence est sensible dans le Portrait de sa mère (1904), et surtout par Matisse avec qui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-camoin/#i_8818

CUBISME

  • Écrit par 
  • Georges T. NOSZLOPY, 
  • Paul-Louis RINUY
  •  • 8 445 mots
  •  • 1 média

Le cubisme constitue par son aspect expérimental le mouvement artistique le plus radical du premier quart du xx e  siècle. On considère généralement qu'il est à l'origine de tous les courants abstraits de l'art moderne et qu'il a exercé une influence profonde sur l'architecture et l'esthétique industrielle du xx […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cubisme/#i_8818

DERAIN ANDRÉ (1880-1954)

  • Écrit par 
  • Michel HOOG
  •  • 1 262 mots

Dans le chapitre « Derain et le fauvisme »  : […] Derain est né en 1880, à Chatou, près de Paris. Ses débuts avant le fauvisme sont difficiles à saisir. Lié avec Matisse depuis le temps où ils travaillaient ensemble à l'académie Carrière (1898-1899), ami de Vlaminck depuis 1900 (il s'agit d'ailleurs d'une amitié orageuse et à éclipses), jusqu'en 1904 il cherche sa voie à travers des influences nombreuses et contradictoires dont la plus puissa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-derain/#i_8818

DUTHUIT GEORGES (1891-1973)

  • Écrit par 
  • Pierre SCHNEIDER
  •  • 855 mots

Celui que, dans ses « Prolégomènes à un troisième manifeste du surréalisme ou non », André Breton comptait parmi les esprits « les plus lucides et les plus audacieux d'aujourd'hui », naquit à Paris. Orphelin en 1906, littérature, musique et art seront, très tôt, ses recours contre la solitude. Reçu à l'École des beaux-arts (architecture, dessin), il ne s'y montrera guère. L'impulsion décisive lui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-duthuit/#i_8818

ENCADREMENT DES ŒUVRES, histoire de l'art occidental

  • Écrit par 
  • Adrien GOETZ
  •  • 2 364 mots

Dans le chapitre « Cadres impressionnistes et contemporains »  : […] Manet, si l'on en croit les Souvenirs de son ami Antonin Proust (1913), aurait pensé que « sans le cadre, la peinture perd cent pour cent ». Le cadre est le signe de l'achèvement de l'œuvre. Pour Degas, « le cadre est le maquereau de la peinture ; il la met en valeur mais ne doit jamais briller à ses dépens ». Degas, refusant les cadres dorés trop goûtés par les collectionn […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/encadrement-des-oeuvres-histoire-de-l-art-occidental/#i_8818

FAUVISME

  • Écrit par 
  • Michel HOOG
  •  • 4 010 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Historique »  : […] Quand les fauves se manifestèrent comme tels en 1905, ce fut pour la critique, et surtout pour le public, une découverte ; en fait, la plupart d'entre eux travaillaient depuis quelques années déjà dans un esprit révolutionnaire et exposaient ici et là, notamment à la galerie Berthe Weil. C'est autour de Matisse, que son âge et son autorité intellectuelle prédisposaient à jouer ce rôle, que s'est c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fauvisme/#i_8818

MATISSE PIERRE (1900-1989)

  • Écrit par 
  • Philippe PIGUET
  •  • 476 mots

Le marchand de tableaux, Pierre Matisse était tout le contraire d'un homme public. Né avec le siècle, un 13 juin, à Bohain-en-Vermandois dans l'Aisne, il était le cadet des deux fils d'Henri Matisse et de sa femme Amélie Parayre. La Leçon de piano (Museum of Modern Art, New York), que son père exécuta en 1916 et dont il est le modèle, dit assez quelle orientation le peintre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-matisse/#i_8818

MÉDITERRANÉE, DE COURBET À MATISSE (exposition)

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 1 040 mots

« Si l'on demandait quelle est la plus originale création du xix e  siècle, il faudrait peut-être répondre : c'est la mer. [...] Devant un spectacle qui enchante jusqu'à l'enivrement les sensibilités d'aujourd'hui, les sensibilités d'hier restaient froides, ennuyées ou même peureuses. Le paysage marin, loin d'être recherché par les hommes, était f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mediterranee-de-courbet-a-matisse/#i_8818

NATURE MORTE

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 5 707 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « XIXe et XXe siècles : déclin et retour de l'objet »  : […] Bien que le trompe-l'œil, avec des artistes comme Boilly et Leroy de Barde ( Réunion d'oiseaux étrangers placés dans différentes caisses , 1810, Cabinet des dessins, musée du Louvre) et la peinture de fleurs, avec l'école lyonnaise, adepte d'un faire méticuleux et porcelainé (A. Berjon, Saint-Jean), y produisent des œuvres d'un grand raffinement et d'une indéniable poésie, la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nature-morte/#i_8818

ORIENTALISME, art et littérature

  • Écrit par 
  • Daniel-Henri PAGEAUX, 
  • Christine PELTRE
  •  • 11 010 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « De l'officiel au singulier : les Orients du XXe siècle »  : […] La colonisation qui s'accélère à la fin du siècle, tend, en Grande-Bretagne, à atténuer l'inspiration orientaliste. En France, au contraire, elle prend un tour officiel qui souhaite lui donner un nouvel essor. La Société des peintres orientalistes français s'engage, à sa création en 1893, à « faire aimer les races indigènes, (à) pénétrer et comprendre leur civilisation, leurs mœurs, leur histoire […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/orientalisme-art-et-litterature/#i_8818

CLASSICISME

  • Écrit par 
  • Pierre DU COLOMBIER, 
  • Henri PEYRE
  •  • 13 796 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Risques courus : académisme, dessèchement »  : […] Tous les mouvements littéraires et artistiques, et le classicisme plus que bien d'autres, courent le risque de susciter des imitateurs moins dans l'audace avec laquelle ils ont édifié une tradition neuve que dans la persistance avec laquelle ils exploitent des innovations antérieures, lesquelles deviennent monnaie courante. Toute période créatrice unit en proportions diverses le risque et la prude […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classicisme/#i_8818

PAUL CÉZANNE ET LE THÈME DES BAIGNEUSES ET DES BAIGNEURS - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Barthélémy JOBERT
  •  • 606 mots

1867 Cézanne peint pour son ami de jeunesse Émile Zola L'Enlèvement (King's College, en dépôt au Fitzwilliam Museum, Cambridge), au sujet en réalité mal défini, mais qui manifeste son souci de peindre le nu, et de l'inscrire dans un paysage, dans cette toile, la campagne aixoise. 1875-1876 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-cezanne-et-le-theme-des-baigneuses-et-des-baigneurs-reperes-chronologiques/#i_8818

PUY JEAN (1876-1960)

  • Écrit par 
  • Antoine TERRASSE
  •  • 300 mots

Très vite, Jean Puy, ce peintre au caractère vif, aime les couleurs franches. À vingt-quatre ans, il se met à fréquenter l'académie Carrière, où l'on peut peindre « suivant son propre désir et son propre tempérament ». Il y rencontre notamment Laprade, Derain et Matisse et il est tout de suite intéressé par les recherches et par la personnalité de ce dernier. « Matisse, qui avait dépassé la trenti […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-puy/#i_8818

Voir aussi

Pour citer l’article

Hervé VANEL, « MATISSE HENRI - (1869-1954) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/henri-matisse/