Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

ÉCRITS ET PROPOS SUR L'ART, Henri Matisse Fiche de lecture

Écrits et propos sur l'art d'Henri Matisse (1869-1954) est l'unique ouvrage réunissant la quasi-totalité des textes écrits par l'un des plus grands peintres du xxe siècle. Ces textes – des propos, des entretiens, des correspondances et des articles de journaux – s'échelonnent sur près d'un demi-siècle, de 1908 à 1953. C'est en artiste plasticien que Matisse explique ses sentiments et ses désirs de peintre et non en écrivain. Dès lors, le ton est donné, l'écriture est pour Matisse le moyen d'exposer un travail artistique, ce n'est pas un exercice littéraire. Les mots sont au service de sa vision du monde, ordonnée et équilibrée. Bien qu'il se soit refusé à constituer une théorie figée de ses idées sur l'art, des constantes structurent la pensée de Matisse : s'inscrire dans une histoire de l'art qui puise ses sources dans l'Antiquité ; prôner la rigueur d'un travail minutieux étape par étape ; transmettre une vision hédoniste en retrait des bouleversements qui agitent son siècle.

« Notes d'un peintre » : légitimer une œuvre scandaleuse

Les « Notes d'un peintre », publiées en décembre 1908 dans La Grande Revue, répondent aux critiques acides provoquées par les toiles de Matisse exposées, quelques années plus tôt, au Salon d'automne, en 1905. Invité à répondre lui-même aux attaques qui lui sont faites, il tente de légitimer une peinture jugée déroutante et scandaleuse en revendiquant une filiation artistique. Matisse s'inscrit dans le prolongement des impressionnistes tout en se référant à la sculpture égyptienne et grecque pour parler de ses propres œuvres. Après avoir résumé sa pensée par une formule devenue célèbre, « Ce que je poursuis par-dessus tout c'est l'expression », il explique que l'expression de ses sentiments est rendue possible par la composition et l'harmonie de l'ensemble. De sorte que les proportions entre les éléments, la place occupée par les corps, les vides créés autour d'eux, le choix chromatique constituent, comme dans la peinture classique, le gage d'un tableau réussi. Pour Matisse il y a deux manières de représenter : soit brutalement, soit en procédant par évocations. Si l'on s'éloigne, par exemple, de la représentation du mouvement, on aboutit à plus de « beauté et de grandeur » comme dans les statues égyptiennes qui donnent, malgré leur raideur, l'impression d'être animées. Étranger au scandale produit par ses œuvres, Matisse cherche à exprimer le calme et le repos grâce à un art de tranquillité destiné aussi bien à « l'artiste des lettres » qu'à « l'homme d'affaires » : un « lénifiant, un calmant cérébral, quelque chose d'analogue à un bon fauteuil qui le délasse de ses fatigues physiques ».

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Voir aussi