GUYANA

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique coopérative du Guyana (GY)
Chef de l'ÉtatIrfaan Ali (depuis le 2 août 2020)
Chef du gouvernementMark Phillips (depuis le 2 août 2020)
CapitaleGeorgetown
Langue officielleanglais
Unité monétairedollar du Guyana (GYD)
Population742 700 (estim. 2021)
Superficie (km2)214 999

Luttes pour l'indépendance au sein du Commonwealth

Unique possession anglaise en Amérique} du Sud, la Guyane est dirigée jusqu'en 1928 par un gouverneur. Un homme va jouer un rôle décisif dans la conquête de l'indépendance : Cheddi Jagan. Issu de l'élite, il a la chance de pouvoir suivre des études, grâce à un père aisé qui l'envoie en Amérique. Là, il apprend le métier de chirurgien-dentiste. En 1950, il fonde le Parti progressiste du peuple (People's Progressive Party, ou P.P.P.). En avril 1953, profitant de l'octroi d'une Constitution plus libérale par le gouvernement de sir Winston Churchill, il remporte un franc succès aux élections et devient Premier ministre. De fortes tensions ne tardent pas à se manifester avec le Royaume-Uni. Le pays est agité par des grèves accompagnées d'incendies de plantations. Londres redoute un coup d'État communiste, envoie des renforts de troupes à Georgetown et suspend la Constitution. En août 1957, de nouvelles élections ont lieu. Cheddi Jagan redevient Premier ministre.

Mais le P.P.P. a connu entre-temps des dissensions internes. La fraction minoritaire, sous la conduite d'un des lieutenants de Jagan, Forbes Burnham, a formé en 1955 un nouveau parti, le Congrès national du peuple (People's National Congress, ou P.N.C.). À partir de ce moment, l'antagonisme entre P.P.P. et P.N.C. ne cesse de croître, prenant un caractère de plus en plus racial. Cheddi Jagan reste la tête de file des Indiens, alors que Forbes Burnham défend la minorité africaine.

Cependant, la bataille pour l'indépendance au sein du Commonwealth se poursuit. Le 18 juillet 1961, la Guyane reçoit un statut d'autonomie interne. Aux élections d'août de la même année, le P.P.P. obtient à nouveau la majorité. Cheddi Jagan s'en prend aux grands planteurs de canne à sucre, dont les intérêts sont soutenus, dit-il, par les Britanniques et les Américains. En 1962, il présente un budget dont certaines mesures (impôts sur les revenus du capital et sur la propriété, chasse à l'évasion fiscale pratiquée par les sociétés étrangères) provoquent la colère des industriels. L'opposition s'exprime par la voix du parti United Force (U.F.), auquel se joint le P.N.C. De leur côté, les gouvernements britannique et américain voient dans une réforme du scrutin qui introduirait la représentation proportionnelle le moyen de mettre le P.P.P. en minorité. La nouvelle Constitution du 26 mars 1964 retient donc cette disposition.

Pour obtenir la chute de Cheddi Jagan, le P.N.C. provoque de nombreuses grèves en 1962, 1963 et 1964. Financées par la C.I.A., elles culminent dans des émeutes raciales que Washington et Londres ne font rien pour apaiser, craignant par-dessus tout que la Guyane ne se transforme en un « nouveau Cuba ». En 1964, alors que souffle un vent de guerre civile, des élections se déroulent. Avec 45 p. 100 des voix (soit 3 p. 100 de plus qu'en 1961), le P.P.P. se trouve minoritaire à la Chambre, en face d'une coalition qui regroupe le P.N.C. et l'U.F. Forbes Burnham est nommé Premier ministre, et le pays s'achemine vers son indépendance. Celle-ci est proclamée le 26 mai 1966. Après trois cents ans de colonisation, un nouvel État est né. Il prend le nom de Guyana – « Terre des eaux » en amérindien – et devient le vingt-troisième membre du Commonwealth.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages

Médias de l’article

Guyana : carte physique

Guyana : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Guyana : drapeau

Guyana : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Guyane britannique : population par groupes ethniques (1841-1921)

Guyane britannique : population par groupes ethniques (1841-1921)
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  GUYANA  » est également traité dans :

BURNHAM FORBES (1923-1985)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 484 mots

Homme politique guyanais, Forbes Burnham fut Premier ministre de la Guyane britannique de 1964 à 1966, puis de la Guyana indépendante jusqu'en 1980, et fut ensuite président jusqu'en 1985. Né le 20 février 1923 à Kitty, en Guyane britannique, Forbes Burnham obtient son diplôme de droit à l'université de Londres en 1947. De retour au pays en 1949, il forme l'année suivante le Parti progressiste d […] Lire la suite

CARAÏBES - Littératures

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre DURIX, 
  • Claude FELL, 
  • Jean-Louis JOUBERT, 
  • Oruno D. LARA
  •  • 15 818 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Littérature coloniale »  : […] Les langues africaines prédominèrent au début du système esclavagiste parmi les Noirs déportés, avec quelques expressions de mauvais anglais ou de mauvais français. Puis le langage créole s'imposa progressivement autant chez les esclaves que chez leurs maîtres. Dans son journal, Lady Maria Nugent (1771-1834) observait : « La langue créole n'est pas limitée aux nègres, beaucoup de ladys qui n'ont […] Lire la suite

GEORGETOWN, anc. STABROEK, Guyana

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 341 mots

Capitale de la Guyana, la ville de Georgetown, située à l'embouchure du fleuve Demerara, est aussi le premier port du pays, voisin oriental du Venezuela. Fondée par les Anglais en 1781 et baptisée en l'honneur du roi George III, elle fut largement reconstruite par les Français en 1784. Appelée Stabroek pendant l'occupation hollandaise, elle devient le siège du gouvernement des régions de l'Essequ […] Lire la suite

GUYANES BOUCLIER DES

  • Écrit par 
  • Emmanuel LÉZY
  •  • 5 375 mots
  •  • 3 médias

Le bouclier des Guyanes est cerné par le courant d'eaux douces ou saumâtres le plus puissant du monde qui résulte de la double jonction de l'Amazone et de l'Orénoque. Il représente près de deux millions de kilomètres carrés du continent sud-américain et forme une île très mystérieuse, aux contours mal définis, dont l'explorateur britannique Walter Raleigh révéla, en 1596, le nom et la richesse, e […] Lire la suite

HOYTE DESMOND (1929-2002)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 268 mots

Desmond Hoyte fut le président de la Guyana de 1985 à 1992. Il est né le 9 mars 1929 à Georgetown, en Guyane britannique (auj. Guyana). Devenu chef du Congrès national du peuple (People's National Congress, P.N.C.), il est élu à la tête de la Guyana en 1985, à la mort de Forbes Burnham. Grâce à la Constitution de 1980, il dispose de pouvoirs élargis dont il fait usage pour démanteler l'œuvre socia […] Lire la suite

JAGAN CHEDDI (1918-1997)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 600 mots

Homme politique et syndicaliste guyanais, Cheddi Jagan devint, en 1953, le premier Premier ministre de la Guyane britannique (actuelle Guyana) élu démocratiquement. Il dirigea à nouveau le gouvernement de 1957 à 1964, puis fut président de la Guyana de 1992 à 1997. Fils d'un contremaître travaillant dans une plantation de canne à sucre, Cheddi Berret Jagan naît le 22 mars 1918 à Port Mourant, en […] Lire la suite

JAGAN JANET (1920-2009)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 394 mots

Femme politique guyanaise d'origine américaine, Janet Jagan fut présidente de la Guyana du 19 décembre 1997 au 11 août 1999. Elle devint ainsi la première Blanche à occuper ce poste dans le pays et la première femme en Amérique du Sud à être élue démocratiquement présidente. Janet Rosalie Rosenberg naît le 20 octobre 1920 à Chicago, dans une famille juive de la classe moyenne. Après ses études dan […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

30 décembre 2020 Argentine. Légalisation de l'avortement.

Après Cuba, le Guyana et l’Uruguay, l’Argentine est le quatrième pays latino-américain à adopter cette position. […] Lire la suite

2 mars 2020 Guyana. Élections législatives.

Aux termes d’un accord électoral, le Parti pour la liberté et la justice ainsi que les formations Un Guyana nouveau et uni et Le Nouveau Mouvement obtiendront 1 siège partagé, qu’ils occuperont au prorata du nombre de suffrages obtenus. Le 2 août, la commission électorale validera l’élection d’Irfaan Ali, chef du PPP, à la présidence de la République. […] Lire la suite

22-23 septembre 2015 Venezuela. Conflits frontaliers avec la Colombie et le Guyana.

Le 23, le président du Guyana David Granger dénonce le « déploiement extraordinaire » de forces vénézuéliennes à ses frontières. Caracas revendique une large part du territoire de son voisin. Des élections législatives sont prévues en décembre au Venezuela.  […] Lire la suite

11-16 mai 2015 Guyana. Victoire de l'opposition aux élections générales.

La 11, la coalition d’opposition Association pour l’unité nationale - Alliance pour le changement conduite par David Granger remporte les élections législatives anticipées avec 50,3 p. 100 des suffrages et 33 sièges sur 65. Le Parti progressiste du peuple du président sortant Donald Ramotar obtient 49,2 p. 100 des voix et 32 élus. En novembre 2014, ce dernier avait dissous le Parlement qui voulait lui imposer des restrictions budgétaires. […] Lire la suite

9-15 septembre 2008 Bolivie. Difficile dialogue entre le gouvernement et l'opposition autonomiste

Le 15, réunis en sommet à Santiago du Chili, les dirigeants des douze pays de l'Union des nations sud-américaines créée en mai (Mercosur, Communauté andine, Chili, Guyana et Suriname) apportent leur «soutien ferme et total» au président Morales.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Françoise BARTHELEMY, Michel DEVÈZE, « GUYANA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/guyana/