GIRONDINS ET MONTAGNARDS

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Il n'est pas facile de dégager nettement la ligne maîtresse d'un affrontement qui, sous la Révolution française, a duré plus de dix-huit mois et dont les enjeux se sont constamment déplacés. Gironde contre Montagne : pour la guerre extérieure contre la guerre intérieure, pour la saisie des ministères contre la chute de la royauté, pour le fédéralisme contre Paris, pour les possédants contre l'anarchie, pour la prédominance politique des élites bourgeoises contre les revendications égalitaires des sans-culottes, pour la paix de compromis contre la guerre à outrance, pour les mesures normales de gouvernement contre les mesures exceptionnelles de la Terreur. Alphonse Aulard a voulu situer un peu puérilement cette ligne maîtresse dans l'opposition entre Paris et la province. Albert Mathiez, réfutant Aulard sans peine, a prétendu trop schématiquement la ramener toute à une lutte de classes pour ou contre l'égalité sociale. Georges Lefebvre, qui l'a bien senti, aboutit sans doute à une vue trop impressionniste quand il suggère que Girondins et Montagnards s'opposèrent selon un « classement des tempéraments » : les « mous » et les « durs ». Et le profil socio-économique des deux groupes ne semble pas commander une différenciation politique aussi meurtrière. Mieux vaudrait peut-être chercher la cause profonde du duel dans l'antagonisme de deux conceptions inconciliables : celle d'une révolution statique et celle d'une révolution dynamique, d'un acquis à fixer contre un devenir à développer.

L'histoire

Quelques mots sur les termes, d'abord. L'usage d'appeler Montagne (dans un sens d'origine maçonnique, selon Ferdinand Brunot : allusion au mont Sinaï où Israël reçut ses lois) le rassemblement des patriotes les plus « prononcés » est attesté depuis le printemps de 17 [...]

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Le Rectiligne, disait-on de ce révolutionnaire auquel sa rigidité et son caractère implacable ont donné une place particulière dans l'histoire de la Convention et du Comité de salut public. Fils d'un avocat au siège présidial de La Rochelle, avocat lui-même, auteur dramatique manqué, professeur laïque au collège des oratoriens à Juilly, rédacteur de plusieurs brochures dénonçant la superstition et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-nicolas-billaud-varenne/#i_30242

BRISSOT DE WARVILLE JACQUES PIERRE BRISSOT dit (1754-1793)

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Sous la Législative, « brissoter » voulait dire « intriguer », voire « voler ». Cela situe assez bien le personnage de Brissot. Pour Jaurès, il fut le « médiocre Méphistophélès de la Gironde », « un esprit remuant et brouillon, plein d'une haute idée de lui-même ». Mme Roland avait été plus indulgente : « Gai, naïf, ingénu, il est fait pour vivre avec des sages et pour être la dupe des méchants. » […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/brissot-de-warville/#i_30242

CONSTITUTION FRANÇAISE DE 1793

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La Constitution montagnarde du 24 juin 1793 présente la particularité de n'avoir jamais été appliquée. Elle succède au projet de constitution très décentralisateur préparé par la Convention girondine et qui n'avait pas été adopté. La Constitution montagnarde n'en reste pas moins inspirée de la Convention qu'elle perpétue, puisqu'elle instaure un régime d'assemblée. Approuvée par référendum dans de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/constitution-francaise-de-1793/#i_30242

ENRAGÉS

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Pour Michelet, « les Enragés étaient des fanatiques d'une portée inconnue, d'un fanatisme redoutable, emportés par un souffle vague encore, mais qui allait se fixer peut-être, prendre forme, et pour une révolution en face de la Révolution ». Lyrisme un peu creux, qui fut longtemps de rigueur, inspiré à la bourgeoisie du xix e  siècle par l'effroi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enrages/#i_30242

FÉDÉRALISTES, Révolution française

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La défaite des Girondins dans leur lutte contre les Montagnards, le 2 juin 1793, moment capital dans l'histoire de la Révolution française, a une signification moins sociale que géographique ; c'est la défaite de la province devant Paris, des partisans d'une fédération de départements contre les tenants de la centralisation. Une défaite qui pèsera lourd dans l'histoire politique de la France. Dans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/federalistes-revolution-francaise/#i_30242

GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE DE L'AN II

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Pendant un an (juill. 1793-juill. 1794), la France a été soumise à la dictature des Montagnards. Cette période est connue sous le nom de gouvernement révolutionnaire. Élue pour élaborer une nouvelle constitution, la Convention en diffère l'application jusqu'au redressement de la situation extérieure. « Dans les circonstances où se trouve la République, la constitution ne peut être établie ; on l'i […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gouvernement-revolutionnaire-de-l-an-ii/#i_30242

INDULGENTS

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Au sein du parti montagnard s'est développé en France, devant les excès de la Terreur, un mouvement qui reçut le nom de faction des indulgents. Ces indulgents souhaitent un retour à la paix intérieure et extérieure et la fin des excès terroristes. Leur chef de file est Danton, leur porte-parole Camille Desmoulins qui fonde un journal, Le Vieux Cordelier , le 5 décembre 1793. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/indulgents/#i_30242

JACOBINS CLUB DES

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Né à Paris, fils d'un papetier, Louvet (qui se fit souvent appeler Louvet de Couvray pour se distinguer d'un frère aîné qu'il haïssait) débute à dix-sept ans comme secrétaire de Dietrich (le futur maire de Strasbourg), puis est commis d'un libraire quelque peu spécialisé en ouvrages licencieux, ce qui lui donne envie de tenter sa chance en ce domaine. En 1787, il publie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-baptiste-louvet/#i_30242

MARAT JEAN-PAUL (1743-1793)

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Inspecteur général des manufactures de la généralité de Lyon à la veille de la Révolution, Roland a épousé en 1780 une Parisienne de condition modeste, mais bien plus jeune que lui, belle et instruite, nourrie de Rousseau, et qui dira plus tard que la lecture de Plutarque « l'avait disposée à devenir républicaine ». En 1790, le ménage s'installe une première fois à Paris, pour sept mois, car Rolan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/roland-manon-et-jean-marie/#i_30242

ROMME CHARLES GILBERT (1750-1795)

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Mathématicien français. Charles Romme, après avoir été formé au collège des oratoriens de Riom, devient précepteur du jeune comte Stroganov en Russie où ses idées ouvrent la voie au futur mouvement décabriste. De retour en France, il est envoyé par le Puy-de-Dôme à l'Assemblée législative puis à la Convention où il siège sur les bancs de la Montagne. Il remplit quelques missions, mais son activité […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-gilbert-romme/#i_30242

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  • Jean DÉRENS
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Le problème des décrets de Ventôse (an II — févr.-mars 1794) est lié à celui de la politique sociale des Montagnards pendant la Révolution française. Le 8 ventôse (26 févr. 1794), Saint-Just monte à la tribune : « L'opulence est dans les mains d'un assez grand nombre d'ennemis de la Révolution [...] Les biens des conspirateurs sont là pour les malheureux. Les malheureux sont les puissants de la te […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/decrets-de-ventose/#i_30242

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Fils d'un marchand de Limoges, protégé de Turgot qui l'envoya étudier à Paris, Pierre Vergniaud s'installe à Bordeaux comme avocat en 1781. Élu député de la Gironde à la Législative et à la Convention, il est considéré comme orateur prestigieux de la Révolution. Après être devenu républicain à la faveur de ses études sur l'Antiquité romaine, il montre autant d'éloquence naturelle que peu d'expérie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-vergniaud/#i_30242

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Pour citer l’article

Jean MASSIN, « GIRONDINS ET MONTAGNARDS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/girondins-et-montagnards/