ENRAGÉS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Pour Michelet, « les Enragés étaient des fanatiques d'une portée inconnue, d'un fanatisme redoutable, emportés par un souffle vague encore, mais qui allait se fixer peut-être, prendre forme, et pour une révolution en face de la Révolution ». Lyrisme un peu creux, qui fut longtemps de rigueur, inspiré à la bourgeoisie du xixe siècle par l'effroi et par le mépris à une historiographie qui, à la même époque, s'intéressait surtout aux grands ténors parlementaires : que les Enragés n'aient pas compté un seul député à la Convention les condamnait au fanatisme redoutable et au souffle vague. Depuis les études plus attentives de Jaurès et de Mathiez, et surtout depuis les travaux récents d'Albert Soboul sur la sans-culotterie parisienne, de Maurice Dommanget et de Walter Markov sur Jacques Roux, on prend mieux la mesure de leur signification et de leur importance.

Car ceux que leurs adversaires baptisèrent du sobriquet insultant d'Enragés, et qui ne se considèrent pas eux-mêmes comme un parti cohérent, apparaissent comme les porte-parole authentiques et véhéments des aspirations populaires. Peu conscients des problèmes d'ensemble que la marche de la Révolution pose aux hommes d'État, impatients des ménagements et des compromis qu'elle doit accepter pour ne pas se briser, les Enragés ne peuvent ni ne veulent rivaliser avec l'équipe gouvernementale des Montagnards qu'ils critiquent âprement ; ils sont voués par là même à l'échec et à la répression. Mais ils traduisent fidèlement les sentiments de la sans-culotterie en disant ce que les sans-culottes attendent, ou exigent, de la Révolution et de quel prix ils entendent être payés pour lui assurer leur concours et au besoin lui sacrifier leur vie.

Ceux qui se mettent le plus en vedette parmi eux sont souvent de très jeunes gens comme Varlet et Théophile Leclerc, ou des jeunes femmes comme Claire Lacombe (qui anime la Société des femmes révolutionnaires). De tous, Jacques Roux est le plus importa [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

  • : archiviste-paléographe, bibliothécaire à la bibliothèque historique de la Ville de Paris

Classification


Autres références

«  ENRAGÉS  » est également traité dans :

CORDELIERS CLUB DES

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 1 555 mots

C'est le 27 avril 1790 que naît la Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen tenant ses séances en l'église des Cordeliers. Avant d'abriter un club, l'église avait donné son nom à l'un des soixante districts parisiens créés en avril 1789. Le district des Cordeliers, correspondant à peu près au quartier de l'actuel Odéon, était habité par de nombreux journalistes et intellectuels patriot […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/club-des-cordeliers/#i_41101

RÉVOLUTION FRANÇAISE

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN, 
  • Marc THIVOLET
  •  • 29 477 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'exacerbation des conflits de l'été de 1793 »  : […] Les Montagnards s'engagent dans une nouvelle politique. Le 24 juin 1793, ils promulguent une nouvelle Constitution (dite de l'an I). Celle-ci, très démocratique et très décentralisatrice, donne un pouvoir considérable aux assemblées d'électeurs ; cependant ils en réservent l'application à la paix. Leur pouvoir est renforcé par l'entrée de Robespierre au Comité de salut public le 27 juillet. L'emb […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-francaise/#i_41101

ROUX JACQUES (1752-1794)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 262 mots

Né dans une famille bourgeoise, Jacques Roux devient professeur au séminaire d'Angoulême, puis curé dans le diocèse de Saintes. Il adhère d'enthousiasme à la Révolution, mais il est frappé d'interdit puis révoqué sous l'accusation d'avoir participé au pillage des châteaux en avril 1790. Il s'installe à Paris, prête serment à la Constitution civile du clergé et devient vicaire à Saint-Nicolas-des-C […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-roux/#i_41101

Pour citer l’article

Jean DÉRENS, « ENRAGÉS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/enrages/