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FRÉDÉRIC II DE PRUSSE (1712-1786)

Frédéric II de Prusse (1712-1786) - crédits : De Agostini/ Getty Images

Frédéric II de Prusse (1712-1786)

Frédéric II est l'un des souverains les plus illustres du xviiie siècle. Non qu'il ait dominé son temps d'une façon exclusive, que tout doive s'ordonner autour de sa personne et de son action. Ce serait fausser la réalité que de ne voir dans l'histoire des relations internationales au xviiie siècle que la seule rivalité entre les Hohenzollern et les Habsbourg, ou même de la privilégier aux dépens d'autres faits majeurs (question d'Orient, guerres franco-anglaises). Il n'en reste pas moins vrai que Frédéric II a tenu dans l'histoire de l'Europe – indépendamment de la bruyante propagande que lui ont faite les philosophes – une place qu'on ne saurait lui contester. Il est avant tout un Hohenzollern, un roi de Prusse uniquement soucieux de la grandeur de sa maison et de la force du royaume que ses ancêtres lui ont légué.

Les événements du règne

Fils du prince héritier (le futur Frédéric-Guillaume Ier, qui devait régner de 1713 à 1740) et de Sophie-Dorothée de Hanovre, Frédéric naît à Berlin. C'est à sa gouvernante Mme de Rocoules et à son précepteur Duhan de Jandun, protestants émigrés après la révocation de l'édit de Nantes, que le futur roi de Prusse doit son goût pour la langue et la littérature françaises. Bien vite apparaît la mésentente entre le père et le fils, Frédéric-Guillaume étant pénétré des devoirs de son métier de roi et ne songeant qu'aux moyens de les accomplir (« Attache-toi au réel. Aie une bonne armée et de l'argent »), et le prince manifestant peu d'attirance pour la vie militaire et préférant des occupations – musique, belles-lettres – qui paraissent à Frédéric-Guillaume indignes d'un souverain. Le conflit s'aggrave à partir de 1727 ; les efforts pour briser la personnalité du fils rebelle, les humiliations, les mauvais traitements aboutissent à la tentative d'évasion de 1730. Elle échoue : Frédéric est arrêté à Wesel le 12 août, incarcéré à Küstrin, puis contraint d'assister à l'exécution de son complice Katte le 6 novembre.

Ce drame marque le début de l'éducation politique du futur roi de Prusse. Il est d'abord attaché à la Chambre de la guerre et des domaines de Küstrin, où il apprend à connaître les rouages de l'administration prussienne. Colonel d'un régiment à Ruppin (1732), il se familiarise avec l'autre soutien de l'État : l'armée. En 1736, le roi lui donne le domaine de Rheinsberg, non loin de Ruppin, et, tout en continuant à exercer ses fonctions militaires, Frédéric tient au château une véritable cour, où l'on ne parle que français ; c'est en 1736 également que débute sa correspondance avec Voltaire. En même temps, le prince suit de près la politique européenne, et c'est en souverain très conscient des possibilités de son royaume qu'il monte sur le trône le 31 mai 1740.

Bataille de Mollwitz - crédits : AKG-images

Bataille de Mollwitz

Quelques mois plus tard, la mort de l'empereur Charles VI et l'avènement de Marie-Thérèse lui donnent l'occasion d'utiliser les moyens patiemment préparés par son père. Il envahit la Silésie le 16 décembre 1740. Mais, au printemps suivant, une contre-offensive autrichienne n'est repoussée que de justesse, grâce à la solidité de l'infanterie prussienne (Mollwitz, 10 avr. 1741). L'alliance avec la France et la Bavière permet à Frédéric d'entrer en Bohême et de vaincre à Chotusitz (17 mai 1742). Les préliminaires de paix de Breslau (11 juin) lui assurent la possession de la Silésie. Pour l' Autriche, ce n'est là qu'une trêve qui lui donnera le moyen de battre ses ennemis. De nouveau, Frédéric se rapproche de la France et de la Bavière, et, le 17 août 1744, il reprend les hostilités. Les victoires de Hohenfriedberg (3 juin 1745), Soor (30 sept.) et Kesseldorf (15 déc.) garantissent au roi de[...]

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Écrit par

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Rouen

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Frédéric II de Prusse (1712-1786) - crédits : De Agostini/ Getty Images

Frédéric II de Prusse (1712-1786)

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Bataille de Mollwitz

Autres références

  • FRÉDÉRIC II (roi de Prusse)

    • Écrit par Sylvain VENAYRE
    • 215 mots
    • 1 média

    Lorsqu'il meurt, à Potsdam, en 1786, Frédéric II est depuis longtemps considéré comme le « roi-philosophe ». Roi de Prusse depuis 1740, il est en effet célèbre pour sa culture, notamment sa connaissance des lettres françaises, et pour ses amitiés avec de nombreux philosophes, en particulier...

  • ARMÉE - Doctrines et tactiques

    • Écrit par Jean DELMAS
    • 8 017 mots
    • 3 médias
    Quant àFrédéric II, d'abord influencé par Folard, il cherche à développer la mobilité de son armée en vue du choc et enseigne à sa cavalerie la charge au galop sans tirer. Puis, appréciant peu à peu la puissance de feu, il finit par écrire dans son testament militaire : « Les batailles se gagnent par...
  • DESPOTISME ÉCLAIRÉ

    • Écrit par Jean-Jacques CHEVALLIER
    • 4 482 mots
    • 2 médias
    Le prototype, celui qui de l'avis unanime des historiens incarne la formule par lui conçue, vraiment mise au point et achevée, celui qui en a tiré sans ménagement ni pour ses sujets ni pour lui-même toutes les virtualités favorables à l'État (et de loin supérieures à celles de l'absolutisme traditionnel),...
  • DESPOTISME ÉCLAIRÉ - (repères chronologiques)

    • Écrit par Sylvain VENAYRE
    • 143 mots

    1740 Avènement de Frédéric II de Prusse.

    1750-1753 Séjour de Voltaire à la cour de Potsdam.

    1752 Testament politique de Frédéric II : les principes du despotisme éclairé.

    1762 Avènement de Catherine II de Russie.

    1767 Échec de la réunion d'une Commission législative à Moscou : les limites...

  • GRAUN CARL HEINRICH (1704-1759)

    • Écrit par Universalis
    • 419 mots

    Le nom du compositeur allemand Carl Heinrich Graun est avant tout attaché à sa cantate de la Passion Der Tod Jesu.

    Né le 7 mai 1704, à Wahrenbrück, en Saxe, dans une famille de musiciens, Carl (ou Karl) Heinrich Graun étudie le chant à la Kreuzschule de Dresde, où il a pour maîtres Johann Zacharias...

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Voir aussi