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ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) La littérature

William Faulkner

William Faulkner

Le goût qu'ont les lecteurs européens pour la littérature des États-Unis n'est pas une mode passagère. On a pu croire que les troupes de la Libération avaient apporté Hemingway dans leurs bagages et que l'âge du roman américain ne durerait pas. Mais, des décennies plus tard, les œuvres « traduites de l'américain » occupent plus que jamais la devanture des librairies. Même ceux qui y cherchent l'image d'un monde qu'ils récusent en subissent la fascination. Certains ont cru que Faulkner « passerait » et en sont pour leurs frais. On ne peut ignorer aujourd'hui les noms de Bellow, de Pynchon ou de Baldwin. Peut-on les comprendre sans évoquer leurs ancêtres, Melville et Hawthorne, Whitman et Mark Twain ?

La littérature américaine est rarement présentée de façon chronologique comme une succession d'écrivains ayant eu une influence les uns sur les autres. Il n'y a pas de querelles des anciens et des modernes entre les générations autour desquelles reconstruire une histoire par étapes.

Pour les critiques, la littérature américaine se présente volontiers comme le reflet d'un trait dominant qui caractérise la situation originale des hommes de ce continent. Les uns la voient profondément marquée par le puritanisme des fondateurs, d'autres au contraire par l'optimisme d'une phase d'expansion auquel succède la nostalgie d'un rêve perdu. Pour certains, l'Américain est pur, innocent, un nouvel Adam ; pour d'autres, son âme est en proie à de noirs tourments de conscience. On dit aussi que les États-Unis cherchent depuis longtemps à atteindre l'âge adulte dans leur expression artistique, comme si ce continent était voué à la poursuite toujours vaine d'un idéal européen ; d'autres pensent au contraire qu'un art « organique » et spontané exprime l'âme américaine, et que c'est dans le dépouillement, le rejet des formes et des conventions, qu'une littérature nationale a vu ou verra le jour. C'est pourquoi la littérature américaine s'interprète plutôt qu'elle ne s'explique ou ne se raconte.

Le problème des origines

Les ancêtres

La littérature américaine est née, à une date incertaine, de mère anglaise et de père inconnu. Malgré les efforts des critiques pour lui confectionner un acte de naissance en bonne et due forme, l'écrivain d'outre-Atlantique se sent toujours le descendant d'un enfant perdu ou d'un continent trouvé. Le grand ancêtre est peut-être un de ces obscurs prêcheurs puritains qui, au xviie siècle, annonçaient aux colons la mission glorieuse de régénération que leur confiait le ciel, en même temps que le châtiment implacable promis aux pécheurs : la Cité de Dieu en ce monde et l'Enfer dans l'autre. On peut penser aussi aux chroniqueurs qui prirent la plume pour vanter les exploits des premiers fondateurs, Cotton Mather le clerc (1663-1728) ou William Bradford (1590-1657) le gouverneur. Lequel mérite le titre de premier homme de lettres américain ?

Si, aux lointains ancêtres coloniaux, on préfère un illustre citoyen de la République, Benjamin Franklin (1706-1790), auteur de maximes morales et d'une célèbre autobiographie (bricoleur, homme de science et ambassadeur par surcroît), pourra prendre rang. Le « bonhomme Richard » fait assez bonne figure pour illustrer le provincialisme yankee, mais il manque de grandeur pour symboliser les aspirations du Nouveau Continent. On ne saurait faire naître la littérature américaine dans une arrière-boutique. Ne nous attardons pas, non plus, sur les retentissants écrits révolutionnaires de Tom Paine (1737-1809), Américain d'adoption, ou sur une pièce comme Le Contraste (The Contrast, 1787), de Royall Tyler (1757-1826), dans laquelle Jonathan, l'Américain, dit leur fait aux aristocrates du Vieux Monde, ou encore[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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