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Francis Bacon

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Gottfried Wilhelm Leibniz

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D'Alembert

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Figure de fantaisie, J. H. Fragonard

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Une expression grecque, évoquant à la fois le « cercle » – kuklos – des connaissances et la transmission du savoir à l'enfance – paideia –, reprise par Quintilien pour former un mot latin passé dans les langues modernes au xvie siècle, a transcendé la référence à ce que nous nommons l'« encyclopédie ». Au xvie siècle, elle n'est encore qu'un projet de mémoire collective pour une pédagogie, qui traduit un projet transculturel, sinon universel.

En Occident, les encyclopédies se sont inscrites dans la famille des livres de référence, alors que l'encyclopédisme est une tentation et un projet universel de maîtrise et d'organisation des savoirs valorisés par une civilisation.

Alors que le « dictionnaire » est enfermé dans les structures d'une langue et de son lexique, l'encyclopédie est ouverte sur le monde. Qu'elle soit rédigée dans une langue ou une autre importe peu : on peut toujours la traduire. Quant à l'encyclopédisme, il existe en tant qu'intention avant toute volonté éditoriale et dès qu'un ensemble de connaissances et d'informations est jugé digne de mémoire et de transmission.

Il y a tout à parier que les civilisations orales ont eu la tentation encyclopédique ; mais pour accéder au « cercle » évoqué, sans lacune essentielle, et pour en transmettre la totalité, il a fallu donner à la parole un instrument de mémoire, et ce fut l'écriture.

La mémoire et l'ordre : avant la Renaissance

Avec l'écriture apparaissent les moyens d'une mémoire collective : chiffres et lettres ou caractères ; déploiement du discours et inventaire des désignations. Les listes de noms apparaissent à Sumer avec les comptes : la mémoire des mots accompagne celle des quantités. Celle des textes, qui transmettent la connaissance et l'erreur, le mythe, ou encore le discours du pouvoir, induit celle des mots, reflets des choses et des objets de pensée. Les noms propres, qui renvoient à une réalité unique, ont en commun avec d'autres mots présents dans une langue de renvoyer aux choses et aux êtres. Mais les mots, noms communs, adjectifs, verbes, correspondent à des classes de substances, de qualités, d'actions, et diffèrent selon l'idiome.

L'encyclopédisme primitif met en œuvre une forme stabilisée des signes d'une langue pour établir une mnémotechnie : à partir des formes visibles de ces signes, il s'agit d'obtenir des séries ordonnées d'informations, de manière à pouvoir les retrouver. Ces données sont censées fournir une image du réel. Quand cette image tend vers une totalité, cercle ou cycle, et qu'elle vise à une transmission du savoir ordonné, la métaphore fournie par l'expression grecque qui signifie « dans le cercle (de) ce qu'on peut enseigner » semble pertinente.

Cette démarche, à s'en tenir à l'étymologie, requiert une fermeture et un centre, c'est-à-dire une fixation dans un ordre, mais aussi un dynamisme, celui de la transmission du savoir. Ce paradoxe est aussi celui du langage et de l'écriture : fixer pour transmettre, c'est-à-dire pour faire bouger. Le « livre » (support – tablette, rouleau, volumen) est dans la même situation, et par suite la bibliothèque, objet culturel repéré depuis Assurbanipal (668-627 av. J.-C.). Ce sont les matérialisations du projet encyclopédique, aujourd'hui virtualisé par l'électronique mondialisée d'Internet, mais dans la confusion et l'excès.

Ces remarques générales peuvent être mises en rapport avec la distinction-opposition sémiotique entre « encyclopédie » et dictionnaire que propose Umberto Eco. À une sémantique « sous forme de dictionnaire », enfermée dans une langue et bornée à des signifiés littéraux, Eco oppose une sémantique « en forme d'encyclopédie », visant à la totalité des interprétations possibles des signes (Sémiotique et philosophie du langage, 1988). Cette opposition théorique reflète une vérité pratique : il n'existe ni dictionnaire pur, car cette description ordonnée d'un lexique qui peut d'ailleurs déboucher sur celui d'une autre langue (dictionnaires bilingues) contient maints éléments relevant de l'« encyclopédie » théorique (dictionnaires encyclopédiques ou « culturels ») ; ni encyclopédie pure, car les interprétations translinguistiques ne peuvent faire l'économie du langage, s'exprimant dans les contraintes d'une langue particulière, ni dépasser le champ d'interprétations autorisé par l'époque et la culture que toute encyclopédie concrète exprime.

Les grands domaines culturels de l'encyclopédisme

Le projet encyclopédique a pris au cours de l'histoire des aspects très différents, selon les civilisations et leurs visions du monde. On en veut pour preuve les désignations d'origine, logiques ou métaphoriques, d'ouvrages répondant à ce projet. La représentation culturelle de l'encyclopédisme, dans les titres donnés à ces textes, vise le classement (en chinois lei-shu, « livre de catégories »), l'accumulation (thesaurus, « trésor »), l'accès au savoir (les « clés », les « portes »), le choix (compendium), la représentation du monde (Imago mundi, miroir : speculum), les savoirs classés (« arts », « sciences »). Il faut attendre le xviiie siècle européen pour qu'« encyclopédie » – à côté de « dictionnaire » – devienne le terme normal de tout livre ou collection visant au savoir général ou à un savoir particulier mais exhaustif. Aussi partiel qu'en soit l'objet, une « encyclopédie de (suivi d'un nom propre ou commun) » vise à multiplier les points de vue, les interprétations, sur le maximum de sujets impliqués par le titre.

D'ailleurs, dans l'usage courant du français – il en va de même de beaucoup de langues –, « encyclopédie » entraîne l'idée d'un ouvrage plus approfondi, plus important, que « dictionnaire », au mépris des réalités éditoriales.

Après avoir nommé son recueil de lieux communs Dictionnaire des idées reçues, Flaubert s'attaqua au projet de savoir intégral dans Bouvard et Pécuchet, roman de l'imbécillité encyclopédique qu'il n'acheva pas et qui fut publié après sa mort. Dans ses Carnets, à la date de 1879, il sous-titrait son récit par cette formule : « encyclopédie de la bêtise humaine » ; il l'avait plus exactement qualifié sept ans avant d'« espèce d'encyclopédie critique en farce ».

L'Antiquité occidentale

Le désir de généralité joint à celui d'enseigner est représenté de manière exemplaire dans la Grèce antique. Il prend une forme philosophique et créatrice d'interprétations du monde, dont on peut faire l'« encyclopédie », mais qui ne permettent pas de considérer les présocratiques, Platon, ni même Aristote comme des « encyclopédistes », au sens moderne du terme. Ce qui instaure une distinction durable entre l'activité encyclopédique et la création textuelle des théories philosophiques, malgré Bacon, Leibniz, Hegel et quelques autres. L'esprit encyclopédique anime certaines philosophies, mais il est préférable de réserver « encyclopédie » à l'exposé et à l'interprétation a posteriori de leurs propositions.

Dans cette optique, la civilisation romaine serait la première à illustrer le genre, en Occident, avec notamment, Varron (env. 116-env. 27 av. J.-C.), ou, pour l'« histoire naturelle », Pline l'Ancien (23-79), ou encore Suétone (env. 70-env. 140) dans le domaine de l'anthologie, souvent confondue avec l'encyclopédisme, avant les temps modernes.

Le christianisme

Un profond changement intellectuel s'exprime de manière synthétique avec Augustin (354-430), qui explicite dans le De doctrina christiana un programme d'esprit encyclopédique, Boèce (480-524) et Cassiodore (env. 485-env. 580), ministre du roi goth Théodoric, mort vers 584, et auteur d'un vaste recueil historique et anthologique. Au siècle suivant, le projet encyclopédique majeur, influent pendant tout le Moyen Âge, est un ouvrage de l'évêque Isidore de Séville (env. 560-636), au service des rois Wisigoths, qu'on nomme Etymologiae ou Origines. C'est une œuvre complexe, à la fois encyclopédie thématique et dictionnaire alphabétique de mots (latins), les savoirs étant classés selon les sept arts libéraux, puis dans une organisation descendante, allant de Dieu et des abstractions aux activités humaines les plus humbles. Un autre ouvrage essentiel, écrit dans la première moitié du ixe siècle, est celui de l'archevêque de Mayence, Raban Maur, De naturis rerum, qui représente l'esprit de la renaissance carolingienne.

Celle-ci transmet l'organisation du savoir antique en sept arts libéraux, qui avait été reprise en allégorie au début du ve siècle par Martianus Capella, dans Les Noces de Mercure et de Philologie, et organisés par Cassiodore. Elle est totalement chrétienne, et la connaissance s'y fonde sur les Saintes Écritures : théologie, morale et savoirs sont inclus dans un « cycle » unique, auquel le texte biblique donne accès. Le projet encyclopédique passe aussi par un dictionnaire explicatif de la Vulgate latine (Isidore de Séville).

Du début du xiie siècle jusqu'à la fin du Moyen Âge, c'est sur ces bases que se développe en Europe un encyclopédisme foisonnant : ses lieux privilégiés sont l'Allemagne, l'Angleterre, la France, notamment Chartres, Paris (l'abbaye-école de Saint-Victor, l'Université). Cet univers intellectuel, à la recherche d'une philosophie du monde et d'une sagesse profane au service de Dieu, est profondément bouleversé par la découverte d'un Aristote arabo-latin, déformé et partiel, capable pourtant de réorganiser les savoirs, mais non de compenser l'omniprésence de la référence biblique : aux grandes exégèses des Bibles moralisées s'ajoutent alors les inventaires inspirés de la connaissance antique. Le tout s'inscrit dans les réalités politiques, artistiques et intellectuelles du temps : art roman, puis gothique, figuration sous toutes ses formes, engagements militaires des croisades, organisation du pouvoir royal, en France.

On ne peut que mentionner quelques œuvres majeures, comme le Didascalicon d'Hugues de Saint-Victor (début xiie siècle) ou le Speculum Majus de Vincent de Beauvais (milieu xiiie siècle), apprécié par Saint Louis, et qui fut lu jusqu'au xviie siècle. Mais s'en tenir à ces références majeures serait réduire à l'excès la vitalité du genre encyclopédique, souvent « moralisé » dans les innombrables recueils consacrés à la nature, pierres, plantes, animaux. Une évolution importante est celle qui conduit à la traduction du latin dans les langues modernes. Le Liber de proprietatibus rerum du franciscain Barthélemy l'Anglais, écrit à partir de 1230, sera adapté en français, en italien, en occitan et en espagnol ; Gossuin de Metz écrit directement en vernaculaire, dans la scripta lorraine, une Image du monde illustrée, sur commande de Robert d'Artois, frère de Saint Louis.

Les requêtes des princes et des rois aboutissent aux collections encyclopédiques des premières grandes bibliothèques de cette époque : celle de Charles V, en 1368, compte plus de 900 volumes, où figurent les premières traductions françaises d'Aristote (Oresme) et de saint Augustin (Raoul de Presles). L'encyclopédisme se rapproche alors du modèle que va élaborer la Renaissance.

Traditions islamiques

De même que l'encyclopédisme médiéval, en Occident, est inscrit dans la diffusion et l'exaltation du christianisme, la soif de savoir universel, dans les pays d'Islam, reflète les relations entre pensée religieuse, tradition du prophète (hadith), connaissances sanctionnées par la foi (‘ulûm) et savoirs d'origine étrangère à l'Islam (ma'ârif : « les connaissances »), notamment les emprunts à la philosophie grecque.

L'esprit encyclopédique s'exprime surtout à partir du ixe siècle, en particulier avec Ibn Qutayba (828-889), qui ordonne hiérarchiquement le savoir humain, du souverain au savoir-vivre à table, ce dernier traité avant... les femmes (Uyûn al-akhbâr, « l'essence des traditions »). Plus théoriques, d'autres traités – dont celui d'Al Fârâbî (872-950) et celui de Khuwârizmi (mort en 976), ce dernier joignant les sciences extraites d'Aristote au savoir culturel plus spécifique de l'adab, qui va de la théologie à la linguistique de l'arabe, en passant par le droit, l'histoire et ce qu'on nommera plus tard les « sciences humaines ».

La plus originale des œuvres de ce type est celle, collective et anonyme, des Ikhwân as-Safâ, la secte chiite des « Frères de la pureté », hétérodoxe mais non hérétique par rapport à l'Islam, et seule œuvre de cette civilisation encyclopédiste à être reconnue en Occident au xxe siècle. Pourtant, on pourrait donner une liste impressionnante de références, dans les genres interférents des traités encyclopédiques (Ghazali), des dictionnaires biographiques et géographiques (Yâqût, au début du xiiie siècle), des ouvrages terminologiques (le « Livre des définitions » d'Al-Jurjânî, fin xive-début xve siècle). Anthologies et bibliographies paraissent encore au xviie siècle, alors que la dernière grande encyclopédie traditionnelle en Islam est celle de Suyûtî, auteur de 561 traités, mort en 1505.

Un peu comme en Chine, les objectifs et les moyens du genre sont souvent la formation d'intellectuels à fonction élevée – juridique, administrative – et d'une morale parfaite, avec, dans chaque culture, des références religieuses très différentes. Quant aux contenus, ils privilégient en Islam la morale religieuse, la référence littéraire et poétique anthologique, la connaissance des noms propres de lieux et de personnes, y compris les biographies, les étymologies et, comme partout dans le monde, les relations entre les mots et les objets de pensée, autrement dit une sémantique.

L'Extrême-Orient

Dans cet ensemble complexe, dominé jusqu'au xxe siècle par la Chine, le désir de maîtriser une image globale du monde et de l'homme, l'esprit encyclopédique, n'aboutit pas à l'« encyclopédie » au sens occidental et moderne du terme.

La Chine a en propre une tradition originale, remarquable par sa continuité, de l'Antiquité (les recueils directement connus remontent au ive siècle avant l'ère chrétienne) à la fin du régime impérial, et ponctuée par la politique intellectuelle et didactique des dynasties successives. L'objectif général de ces ouvrages est un savoir culturel cumulatif, transmettant les textes classiques confucéens et toute la littérature depuis cette époque. D'autres sommes reflètent les visions du monde bouddhistes et taoïstes. Les compilations gigantesques des xve et xviiie siècles (dynasties Ming et Qin) manifestent un désir d'exhaustivité : le livre est devenu bibliothèque.

Un autre objectif fut le classement : des caractères, des mots, des textes, des contenus, des savoirs. On peut penser que l'absence d'alphabet, qui ne permettait pas d'instaurer, comme en Occident, un ordre arbitraire mais simple et facilitant la recherche, a perpétué une liberté de classement qui était aussi celle du Moyen Âge occidental, avec la nécessité supplémentaire de classer les signes de l'écriture, les caractères, par divers procédés, le phonétisme et le sémantisme étant intriqués en eux. Classements internes jugés de l'extérieur capricieux, hétérogènes, mais qui répondent à des besoins particuliers. Une grande partie de l'activité encyclopédique en Chine vient des projets éditoriaux des empereurs, valorisant leur règne, leur savoir et leur culture personnels, et destinés à former la haute administration : les plus grands chantiers encyclopédiques furent ceux des Tang (viie-viiie siècles), des Song (xe-xiiie siècles), notamment l'empereur Song Taizong, avec trois grands recueils, deux grandes encyclopédies et un florilège littéraire, ceux des Ming (xive-xviie siècles), enfin des Qing (1644-1911), les empereurs mandchous affamés de culture Han, qui firent paraître les plus grands recueils imprimés. L'ambiguïté de ces programmes éditoriaux est frappante : ils accumulaient ce qu'on pourrait imaginer comme le plus grand nombre de références, mais ce recensement était aussi l'occasion d'une relecture générale permettant des éliminations. Ainsi le corpus philologique était perpétuellement revu, épuré et accru, selon les intérêts politiques.

La tradition encyclopédique chinoise fut influente en Asie, notamment au Japon, où, à partir du début du xviiie siècle, les adaptations sont relativement originales. À partir du xviiie siècle aussi, des ouvrages encyclopédiques occidentaux, d'abord hollandais, sont adoptés au Japon.

Au xxe siècle, Chine et Japon, outre les classiques anciens, entreront dans la pratique encyclopédique internationale de style occidental.

De la Renaissance aux Lumières

Stimulées par la redécouverte de la pensée antique, par l'inventaire du Nouveau Monde que déclenchent l'expansion de l'Europe et le contact avec des lieux et des sociétés inconnus, préparées par des réflexions sur un ordre logique substituable à l'ordre théologique (avec Ramón Llull, par exemple), les deux composantes du projet encyclopédique, l'accumulation des savoirs par les textes (une philologie) et le classement de ces savoirs, viennent remplacer au xvie siècle les organisations garanties par des « écritures » sacrées.

Le xvie siècle est conflictuel : devant la mutation du rapport au réel et l'effritement de l'ordre sacré – le classement selon les jours de la genèse, par exemple –, l'encyclopédie de type médiéval n'est plus possible. Il va s'agir de reconstruire une rationalité pour le déferlement des données nouvelles : celles de l'histoire des chroniqueurs tel Froissart, celles des descriptions du Nouveau Monde et des « curiosités » de la nature, qu'on cherche à matérialiser dans des collections (les « cabinets de curiosités »), ceux des textes témoignant de l'inépuisable réel, ceux des signes des langues qui permettent seuls de l'appréhender... Les premiers dictionnaires modernes, en Italie, en Espagne, en France, confrontent le latin et les langues modernes. Une réflexion cumulative n'exclut pas la profondeur et la critique, et le choc du réel et de l'imaginaire est ressenti : Rabelais en témoigne qui, justement, est l'un des premiers à utiliser le mot « encyclopédie », mais en dérision et en y voyant un « puits », un « abîme ».

Comment combler ce gouffre ? Par la réflexion sur la connaissance et sur sa transmission. À partir du chancelier Francis Bacon (1561-1626), l'« arbre » des connaissances venu de l'Antiquité (Porphyre) remplace un cercle qui ne cesse de s'ouvrir. À partir de Comenius – Jan Amos Komensky (1592-1670) –, l'éducation s'attaque à tous les savoirs : le penseur tchèque vise une « sagesse totale », pansophia, tout en révolutionnant la pédagogie par l'image, systématisant une tradition médiévale. Un courant de pensée humaniste, se référant à Llull, relève de cette pansophia : Vives, Ramus (Pierre de la Ramée), Giorgio Valla l'illustrent au xvie siècle.

Francis Bacon

Francis Bacon

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Le chancelier Francis Bacon (1560 ou 1561-1626), philosophe, juriste et homme politique anglais. 

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C'est au début du xviie siècle que des ouvrages commencent à prendre le titre d'Encyclopædia, donnant à ce mot sa valeur moderne et concrète, dès lors confrontée avec Dictionarium, dictionnaire. Mais l'Encyclopædia de Johann Heinrich Alsted (Alstedius, qui eut pour disciple Comenius), parue en 1630, ne tient pas compte de la classification des connaissances par Bacon, qui inspirait l'Anatomia ingeniorum et scientiarum d'Antonio Zara (1614). En France, plusieurs dictionnaires consacrés aux noms propres, et donc « encyclopédiques », sont notables. Celui de Moreri (1674, puis 1691), célèbre en Europe, suscitera la réflexion critique novatrice de Pierre Bayle, pionnier de l'analyse textuelle qui entre dès lors dans le projet encyclopédique, et dont le Dictionnaire historique et critique paraît en 1696.

Les Lumières

Le xviiie siècle est l'époque où l'idée d'encyclopédie donne naissance à un type de livre caractérisé non seulement par son contenu englobant et ses intentions didactiques, mais par une véritable politique éditoriale, ce qui suppose des besoins, des techniques, des effets économiques d'un type nouveau. Beaucoup d'ouvrages de ce genre hésitent entre la désignation par lexicon – qui l'emporte en Allemagne – ou par dictionnaire, dictionary, dizionario, qui, pour des raisons purement pragmatiques, implique l'ordre arbitraire de l'alphabet et le découpage du discours sous des « entrées » qui sont les mots d'une langue. Le titre encyclopédie se glisse dans ce système : ainsi Chambers publie en 1728 une Cyclopædia, or an Universal Dictionary of Arts and Sciences, ouvrage influent, et qui donna, dans la perspective d'une version francisée (John Mills et Gottfried Sellius), l'idée d'une synthèse repensée des savoirs modernes à Denis Diderot.

La rencontre d'un corpus d'ouvrages encyclopédiques importants aux xvie, xviie et xviiie siècles en Europe, et d'une philosophie de la connaissance due à Francis Bacon (1561-1626), puis à John Locke (1632-1704) et ensuite à son critique, Leibniz (1646-1716), a rendu possibles les vues de d'Alembert, mathématicien-philosophe, et de Diderot, à la fois philosophe et écrivain (le réel et l'imaginaire, la connaissance et les mots). Leur « encyclopédie », comme celle de Chambers, portera le titre de Dictionnaire raisonné des sciences et des arts (techniques et « beaux arts »). Sa publication, qui s'étale de 1751 à 1772, comprendra 17 tomes de texte et 11 volumes de planches.

Gottfried Wilhelm Leibniz

Gottfried Wilhelm Leibniz

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Esprit encyclopédique, Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) est à la fois philosophe, mathématicien, linguiste, juriste, théologien. Dans la Monadologie (1721), il évoque la possibilité d'une harmonie préétablie de l'Univers. Portrait de Leibniz, Hist. Museum am Hohen Ufer,... 

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D'Alembert

D'Alembert

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Jean Le Rond d'Alembert (1717-1783), l'un des mathématiciens et physiciens les plus importants du XVIIIe siècle, et aussi un philosophe marquant des Lumières. 

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Figure de fantaisie, J. H. Fragonard

Figure de fantaisie, J. H. Fragonard

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Jean Honoré Fragonard, Figure de fantaisie, autrefois identifié à tort comme Denis Diderot, vers 1769. Huile sur toile, 82 cm × 65 cm. Musée du Louvre, Paris. 

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Encyclopédie de Diderot et d'Alembert

Encyclopédie de Diderot et d'Alembert

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Le monument du siècle des Lumières est un «Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers». Œuvre collective menée entre 1751 et 1772 par Diderot et d'Alembert, l'Encyclopédie, articles et planches, marque autant la promotion du philosophe que celle de l'artisan. Planche de... 

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Le xviiie siècle finissant est aussi l'époque où, en Écosse, se dessine le projet de l'Encyclopædia Britannica, qui, apparue en 1768, augmentée en 1788-1797 (18 volumes), ne prendra son importance mondiale qu'au xixe siècle.

Les temps modernes

Après la tentative valeureuse et gigantesque de l'éditeur Panckoucke, cette Encyclopédie méthodique faite de nombreux traités, le genre entre dans une nouvelle ère. Le temps n'est plus des réflexions critiques de Bayle ou de Diderot ; l'encyclopédisme s'inscrit dans les besoins didactiques de la révolution industrielle et prend des styles différents suivant les cultures. En Allemagne, c'est le règne du Konversations-Lexicon (mot écrit ensuite Lexikon) de l'éditeur Brockhaus et de ses concurrents (Meyers Grosses Konversations-Lexikon en 46 volumes, 1840-1852), avec une initiative d'une autre nature, la titanesque Allgemeine Enzyklopädie der Wissenschaften und Künste de Ersch et Gruber, 167 volumes de 1818 à 1879, inachevée.

Chez les Anglo-Saxons, on développe Chambers (Cyclopædia de Rees), on adapte Brockhaus (Encyclopædia Americana, et d'autres) et la Britannica se développe ; après la 9e édition, son capital passe aux États-Unis. Une entreprise échappe à l'alphabétisation et adopte une démarche originale : c'est celle du poète et philosophe Samuel Taylor Coleridge (25 volumes, 1817-1845 ; 2e édition en 40 volumes, 1848-1858), appelée Encyclopædia Metropolitana.

La formule pratique de Brockhaus est reprise en Italie, en Europe centrale, en Russie, et aussi en France (Dictionnaire de la conversation et de la lecture, 1833-1851). Mais l'apport français au genre encyclopédique concerne l'enrichissement du dictionnaire de langue par de la terminologie et, sur certaines unités de désignation, par des développements de nature encyclopédique. Le système est amorcé par le dictionnaire des frères Bescherelle, grammairiens notoires, (1846) et mis au point dans le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle du pédagogue Pierre Larousse, aussi novateur sur le plan éditorial qu'intellectuel. Le ton polémique et personnel de cette somme restera unique ; elle évoque le ton du xviiie siècle.

Devenu phénomène d'édition, avec les dimensions économiques que cela suppose, l'encyclopédisme qui se construit en Europe occidentale au cours du xixe siècle va envahir la planète entière au xxe, y compris les régions du monde où une tradition ancienne prospérait depuis des siècles : Chine, Japon et Islam en tête.

L'encyclopédisme éditorial, pendant une partie du xxe siècle, porte la marque des idéologies affrontées (comme le reste de l'édition officielle). Le modèle anglo-saxon est bien représenté par la Britannica, qui se renouvelle. Pour sa 13e édition (1926), elle s'offre des signatures de prestige : Einstein signe « Space-time », Freud « Psychoanalysis » et Trotsky « Lenin ». Puis elle renouvelle son classement pour la 15e édition (1974) et devient d'intention mondiale quand la direction étatsunienne articule trois rédactions : américaine, européenne et asiatique. Ce didactisme anglo-saxon d'intention objective reflète une idéologie ouverte et démocratique, sans cesser de s'inscrire dans une vision du monde spécifique.

En France, une encyclopédie alphabétique de qualité, confiée au chimiste et grand universitaire Marcelin Berthelot (1827-1907), et dont plusieurs auteurs sont notables, en particulier dans les sciences humaines, relève d'un modèle intellectuel très voisin. Si on la compare à l'édition contemporaine de la Britannica ou à une encyclopédie allemande, la spécificité culturelle de chacune est claire. Mais les intentions d'ouverture démocratique sont communes.

Marcellin Berthelot

Marcellin Berthelot

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Le chimiste et homme politique français Marcellin Berthelot (1827-1907). 

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La situation fut différente dans certains pays soumis à des régimes autoritaires. Dans l'Italie fasciste, l'Enciclopedia italiana, dirigée par Giovanni Gentile (1929-1939), est nécessairement plus orientée – plus vers un nationalisme élitiste, d'ailleurs, que vers le fascisme. La Grande Encyclopédie soviétique (65 volumes, 1926-1947) est ouvertement marxiste-léniniste et fondamentalement nationaliste ; des éditions postérieures se rapprochent, au moins pour les sciences, du modèle international dominant.

Dans le flux éditorial mondial, dominé par les publications didactiques, on ne peut ici qu'évoquer les innombrables encyclopédies spéciales, couvrant un ou quelques domaines du savoir, et qui sont nombreuses en Europe depuis le xvie siècle. Même si l'on s'en tient aux recueils généraux, sans retenir les collections d'encyclopédies spéciales calibrées (Penguin Books en Grande-Bretagne ; Que sais-je ? en France, etc.), moins homogènes par nature, la mondialisation du genre rend la description elle-même « encyclopédique ».

Les encyclopédies en ordre méthodique se font rares ; les tentatives les plus remarquables furent en France l'Encyclopédie française (1935-1953 et 1955-1962), conduite par Lucien Febvre, puis Gaston Berger. Tout en étant l'un des ouvrages les plus originaux et novateurs du genre, cet ouvrage en prise directe avec la recherche de son époque – chose rare – eut peu d'échos. Plus traditionnelle, l'Encyclopédie de la Pléiade, conduite par Raymond Queneau à partir de 1955, constituait une bibliothèque de manuels de haute tenue, mais ce fut un échec commercial.

On aurait pu l'attribuer aux inconvénients du méthodisme, face à l'alphabétisme plus familier, au moins en Occident depuis le xviiie siècle. En effet, les « grandes encyclopédies » alphabétiques, comme la Britannica ou, en français, l'Universalis, et les « dictionnaires encyclopédiques », incluant des informations sur les mots d'une langue, ont, aux xxe et xxie siècles, une diffusion plus sûre. Mais, depuis l'apparition de l'informatique et du multimédia, toute grande encyclopédie (ou dictionnaire) imprimée semble en sursis, alors que les encyclopédies spéciales ou de taille réduite sont encore très prospères.

« Multipédia »

La révolution informatique et le développement mondial d'Internet ayant constitué une révolution technique et culturelle plus profonde encore que celle de l'imprimerie, elle ne pouvait épargner ni l'encyclopédisme ni, pratiquement, les encyclopédies. Tout d'abord, outre ses fonctions explicitement commerciales et idéologiques, l'espace électronique mondial peuplé de textes écrits, d'images et de sons constitue la plus grande accumulation langagière, iconique et sonore de tous les temps. Aucun livre, aucune bibliothèque ne peut en approcher. D'autre part, la mise au point des liens hypertextes, qui ne fait que systématiser les systèmes de renvois qu'un Diderot – par exemple – avait admirablement su gérer, et aussi l'instantanéité des mises en rapport, phénomène nouveau, avec une mémorisation qui reprend celle qu'avait instauré il y a des millénaires, l'écriture, ces caractères peuvent remarquablement s'appliquer aux recueils de données préexistants – dictionnaires, encyclopédies, anthologies, recueils juridiques, sommes administratives (comme celles de l'encyclopédisme chinois sous les dynasties Tang, Ming ou Qin), terminologies des sciences de la nature, dictionnaires encyclopédiques de noms propres, etc. On aura reconnu les éléments des grands projets du passé, manuscrits ou imprimés.

Il était naturel que l'univers électronique suscite ses propres produits encyclopédiques, en essayant d'utiliser les possibilités techniques du système : modifications instantanées, circulation mondiale, consultation déployée grâce aux liens hypertextes. Mais la réflexion préalable fut purement pragmatique. Un article du site français de l'« encyclopédie libre » Wikipédia, énumérant ce que ce système n'est pas, donne de l'« encyclopédie » une définition négative, dont on peut extrapoler ces critères positifs : objectivité, exhaustivité et normalité (« nous rapportons tout le savoir humain normal »), indépendance, malgré le choix d'une langue, par rapport à « un pays quelconque », donc, sans doute, universalité, critère de choix (« une encyclopédie n'est pas une compilation exhaustive [...] d'informations ou de noms »). Des truismes et des prétentions contraires à toute épistémologie moderne. L'accusation d'anarchisme, venant du fait que tout contributeur dans une vaste communauté d'« encyclopédistes » autodéclarés – avec quelques contrôles – peut ajouter ou modifier, suscite l'assertion suivante : « Wikipédia n'est pas [...] une démocratie », et « par extension » [sic] « n'est pas une dictature » ! La fondation Wikimédia, qui gère, outre cette encyclopédie électronique, un dictionnaire, une anthologie élégamment nommés wictionary et wikiquote – l'élément wiki étant pris à la langue d'Hawaï, où il signifie « rapidement, vite » –, et quelques autres entités, doit disposer, en 2007, d'un budget de 6 millions de dollars, appelé à croître. Dans l'approximation et la confusion, ce type de néo-encyclopédie, par sa gratuité et la fascination qu'exercent l'écran et le clavier, peut éloigner des encyclopédies professionnelles et contrôlées – qu'elles soient imprimées, sur cédéroms ou « en ligne » – les utilisateurs, avides d'informations immédiates et simples.

Ces réserves faites, il est évident que l'existence d'Internet, où d'autres encyclopédies se créent et se créeront, où celles du passé peuvent être consultées en ligne, va dans le sens du projet encyclopédique de l'humanité, entrée dans l'ère du clavier. Mais l'instantanéité de l'électron, rendant accessible une accumulation de données et de liens jamais atteinte, ne donne aucune garantie de valeur, d'ordre ni de hiérarchie. En cela, l'informatique et l'Internet sont destructeurs de l'esprit encyclopédique incarné par Aristote, saint Augustin, Bacon, Locke, Leibniz, Condillac, Hegel, Coleridge ou Auguste Comte (pour s'en tenir à l'Occident), ce qui est au moins préoccupant. Dans encyclopédie, le « cycle », le cercle est devenu sans limite, son centre étant partout et sa circonférence nulle part, et la « pédagogie » que suscite paideia relève du self-service le plus hâtif. En même temps, la diffusion du savoir encyclopédique s'est largement accrue. Le présent nous lègue ce paradoxe ; l'avenir ne le résoudra pas facilement.

—  Alain REY

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Écrit par :

  • : conseiller éditorial, dictionnaire Le Robert

Classification


Autres références

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  • Écrit par 
  • Universalis
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D'abord instituteur, puis directeur de l'école primaire supérieure de Toucy (Yonne) où il est né, Pierre Larousse vient en 1840 à Paris dans le but d'approfondir ses connaissances en pédagogie et en lexicologie. En 1852, il crée avec Augustin Boyer (1821-1896) une maison d'édition, la Librairie Larousse et Boyer, qui publie une collection de manuels pédagogiques conçus en grande partie par Larouss […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-larousse/#i_8164

TUSHU JICHENG [T'OU-CHOU TSI-TCH'ENG]

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  • Kristofer SCHIPPER
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« Compendium illustré des Temps anciens et modernes », le Tushu jicheng (le titre complet est Gujin tushu jicheng ) est la plus grande et la plus utile des encyclopédies de la Chine. Réalisé de 1713 à 1723, publié en 1728, il comprend 10 000 chapitres (plus 40 chapitres pour l'index et 44 chapitres d'errata). L'édition originale comptait 5 020 fascicule […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tushu-jicheng-t-ou-chou-tsi-tch-eng/#i_8164

Voir aussi

Pour citer l’article

Alain REY, « ENCYCLOPÉDIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/encyclopedie/