DÉSIR (notions de base)

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Une étymologie parfois contestée lie le désir aux étoiles. Le latin sidus désigne en effet une constellation d’étoiles, et le « désir » (latin desideratio) serait la nostalgie qu’éprouve l’humain qui a cessé de contempler le ciel étoilé. Véridique ou non, cette étymologie a une qualité et manifeste une puissance en inscrivant l’idée d’un manque douloureux au cœur du désir. Et elle s’est imposée durablement puisque deux millénaires seront nécessaires à la philosophie pour qu’elle renonce à réduire le désir au manque.

Longtemps considéré soit comme un reste de notre animalité parce qu’on ne le différenciait pas du besoin biologique, soit comme une faiblesse venue du corps qu’il faudrait surmonter, le désir a fini par apparaître aux penseurs modernes comme spécifiquement humain et comme l’un des indices les plus notables de notre puissance créatrice.

Quelle que soit la conception dont il relève, le désir présente une dimension insatiable dont les philosophes ont saisi l’ambivalence. Qu’il soit de l’ordre du manque ou lié à notre créativité, le désir semble nous entraîner dans une course inachevable et frustrante. Mais cette insatisfaction ne pourrait-elle pas être considérée comme la singularité propre à notre espèce ?


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Écrit par :

  • : professeur agrégé de l'Université, docteur d'État ès lettres, professeur de khâgne

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Pour citer l’article

Philippe GRANAROLO, « DÉSIR (notions de base) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/desir-notions-de-base/