CORPSLe corps et la psychanalyse

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Spatialité de la pulsion

Cette plasticité du corps érogène, contigu au corps physiologique et presque homogène au dit du désir – à ceci près que le dit est du côté de l'interdit, alors que l'érogénéité vise la réalisation d'un plaisir inactualisable, mais figuré par pantomime –, se trouve redéfinie en 1915 par le concept de pulsion, qui lie des éléments hétérogènes : la poussée, le but, l'objet et la source. Tous ces termes concernent le corps : la poussée, dit Freud, c'est le facteur moteur de la pulsion et, si l'origine de ce concept doit être cherchée dans le domaine thermodynamique, où elle se définit comme exigence de travail, cette formulation empruntée confirme que la pulsion est un morceau d'activité. Cette activité a toujours le même but, l'actualisation que Freud appelle décharge motrice. Les termes de poussée et de but précisent le discours freudien sur la jouissance et l'ordre du mouvement. Le dernier des éléments de la pulsion, la source, rappelle la contiguïté des lieux du corps concernés par les fonctions d'échange avec ceux qui peuvent devenir zones de plaisir. Les bords externe ou interne des organes peuvent devenir érogènes s'ils s'organisent en un circuit qui se lie à un objet.

Jacques Lacan, dans une lecture précise mais sélective du texte de Freud sur la pulsion, privilégie la source et tente de ramener les autres termes à la représentation topologique du pulsionnel qu'elle induit : la pulsion serait une organisation d'éléments dont certains, comme la source, jouxtent le corps physiologique, alors que d'autres dessinent un circuit qui, en tournant autour d'un objet, reviennent sur le corps, la pulsion n'étant proprement constituée que par ce retour qui fait érogènes les ouvertures du corps. Par liaison d'éléments hétérogènes, il faut entendre alors la mise en série d'un orifice du corps et d'un objet qui est prélevé sur le corps ou dans l'environnement d'un autre et dont le caractère non naturel s'affirme dans une des modalités pulsionnelles, celle qu'on appell [...]


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Écrit par :

  • : professeur de chaire supérieure à l'université de Paris-VII-Denis-Diderot, psychanalyste

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Pour citer l’article

Monique DAVID-MÉNARD, « CORPS - Le corps et la psychanalyse », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/corps-le-corps-et-la-psychanalyse/