ABRAMOVIC MARINA (1946- )

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Marina Abramovic née à Belgrade (Serbie) s'est imposée depuis les années 1970 comme l'une des références du body art aux côtés des américains Vito Acconci et Chris Burden. Ses performances parfois extrêmes, documentées par des photographies en noir et blanc commentées, sont restées uniques. Dès 1973, date de ses premières expérimentations sur son propre corps souvent mis à nu, Marina Abramovic pousse aux extrêmes les limites de la relation qu'elle élabore avec le public. Dans le cadre de Rythms, une série de performances réalisées de 1973 à 1975, un des spectateurs lui sauvera même la vie. Allongée nue, au milieu d'une étoile tracée au sol et enflammée, la jeune femme avait en effet perdu connaissance, intoxiquée par la fumée. Dans Rythm 0, elle avait laissé le public sans directives précises avec 72 objets à sa disposition (crayon, hache, ciseaux, etc.) et elle-même, nue. La performance fut interrompue lorsqu'elle se retrouva avec un pistolet chargé dans la bouche. En 1975, dans Art must be beautiful, elle se filme, torse nu, brossant ses cheveux longs avec de plus en plus de violence, en répétant la phrase du titre pendant près de quinze minutes. Le visionnage de cette vidéo qui souligne la concentration de l'artiste, son pouvoir d'abnégation, reste une véritable épreuve pour le spectateur. Cette même année, Marina Abramovic rencontre le Hollandais Ulay avec qui elle réalisera toutes ses performances jusqu'en 1988. Désormais, celles-ci explorent la question du double et de l'altérité, mais également les positions du féminisme envers l'égalité entre les sexes. Le couple s'empare de la figure symbolique de l'hermaphrodite qui innerve toutes leurs collaborations. « L'être humain parfait est hermaphrodite car il est moitié femme, moitié homme mais aussi un univers complet. Nous sommes homme-et-femme. », déclare Abramovic. L'artiste et Ulay s'emploient alors à [...]

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Écrit par :

  • : critique d'art, historienne de l'art spécialisée en art écologique américain

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BODY ART

  • Écrit par 
  • Anne TRONCHE
  •  • 4 584 mots
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Dans le chapitre « L'espace de l'intime, le corps comme langage »  : […] Dès la fin des années 1960, un certain nombre d'artistes conçoivent leur performance pour un public restreint, convoqué pour la circonstance dans un appartement ou une galerie. Le sentiment de se rendre à la réunion d'une société secrète a probablement exacerbé l'idée que le corps était devenu le révélateur de pratiques subversives. La Messe pour […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/body-art/#i_50039

Pour citer l’article

Bénédicte RAMADE, « ABRAMOVIC MARINA (1946- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marina-abramovic/