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Corée du Sud : carte administrative

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Corée du Nord : drapeau

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Corée du Sud : drapeau

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Corée au IVe siècle

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La Corée est riche d'une longue tradition, qui est restée originale tout en se développant au contact de la Chine. Les nombreux mouvements de peuples dont l'Asie du Nord-Est a été le théâtre au cours de la période historique ont eu d'importantes répercussions sur la péninsule coréenne.

Corée du Sud : carte administrative

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Carte administrative de la Corée du Sud. 

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Corée du Nord : drapeau

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Corée (Rép. pop. dém.) [1948]. Bandes horizontales bleue, rouge, bleue (paix et socialisme), séparées par de fines bandes blanches (couleur traditionnelle de la Corée). Dans le rouge, côté guindant, un disque blanc (taeguk, symbole de l'univers) frappé de l'étoile rouge du parti... 

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Corée du Sud : drapeau

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Corée (1882 ; off. 1950). Sur champ blanc, au centre un large disque rouge et bleu (rang-ûm) et, aux angles, quatre des huit trigrammes (kwae) du « Livre des mutations ». Le rouge et le bleu du disque, de part et d'autre d'une ligne en forme de S, représentent les forces antagonistes et... 

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La suzeraineté chinoise, établie dès l'époque des Han, est vite devenue théorique. La Corée a été en butte aux pressions et aux agressions de puissantes confédérations barbares qui se sont successivement formées dans les confins mongolo-mandchous : Xiongnu (ive-iie s. av. J.-C.), Xianbei (ive s.), Kitan (xe-xie s.), Djurtchet (ou Jurchen, xiie s.), Mongols (xiiie-xive s.), Mandchous (xviie s.) l'ont, tour à tour, menacée ou soumise à leur joug.

À ces deux courants continentaux, en provenance du nord et du nord-ouest, s'en joint un troisième transmis par voie de mer. Dès le Ier millénaire avant J.-C., le sud de la péninsule est englobé dans la koinê établie par les royaumes barbares de Wu et de Yue (Chine centrale) parmi les riverains de la mer de Chine. Les populations du littoral coréen servent de relais dans la transmission des influences de la Chine maritime vers le Japon. Les échanges culturels, dont l'ancienneté est ainsi attestée, se perpétueront au cours des siècles. Pays de marche, comme l'a définie V. Elisseeff, la Corée s'est enrichie des apports de ses voisins, qui l'ont souvent empêchée de les assimiler en paix ; son développement a été, à maintes reprises, perturbé par leurs interventions.

Au xvie siècle, c'est l'invasion japonaise que les Coréens doivent repousser. Cette invasion reprend au xixe siècle parallèlement à l'action des puissances occidentales soucieuses de pénétrer dans la péninsule. La Corée est dès lors déchirée entre partisans de l'ouverture du pays aux influences étrangères et tenants d'une politique de repliement destinée à préserver l'indépendance du pays. En 1910, les Japonais parviennent à leurs fins et annexent le Pays du Matin calme à l'Empire du Soleil levant.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, conscients de la « servitude où est réduit le peuple coréen, sont déterminés à ce que, le moment venu, la Corée devienne libre et indépendante ». C'est en ces termes que F. D. Roosevelt, W. Churchill et Tchiang Kai-chek, réunis au Caire pendant la Seconde Guerre mondiale, arrêtent la ligne de conduite commune des grandes puissances à l'égard de la Corée.

L'indépendance de la Corée est réaffirmée à Potsdam, mais Staline et Roosevelt décident, à Yalta, de partager le pays : Roosevelt payait ainsi l'intervention des forces armées soviétiques contre le Japon. Cela signifiait pour la Corée une double occupation de part et d'autre du 38e parallèle. Et certes, les États-Unis se retiraient en janvier 1949 : la Corée du Sud ne figurait plus, aux dires de Dean Acheson, parmi les positions américaines de défense en Asie. Mais le franchissement du 38e parallèle par les troupes nord-coréennes (25 juin 1950) ramenait les troupes américaines sur le territoire du Sud. C'est le début de la guerre de Corée, qui aboutit à la partition de la péninsule à partir de 1953.

—  Madeleine PAUL-DAVID, Universalis

Les temps lointains

Des fouilles récentes attestent l'existence d'habitants à l'époque paléolithique, aussi bien dans le nord que dans le sud de la péninsule. Les premières vagues d'immigration de grande importance semblent avoir atteint le nord de la Corée entre le viie et le vie siècle avant J.-C. avec la civilisation du bronze ; celle du fer n'y sera connue que deux siècles plus tard environ. Quant à l'origine des populations qui arrivèrent, nous ne pouvons actuellement que présenter une hypothèse, généralement admise par les savants coréens, selon laquelle ces habitants seraient venus de la Chine du Nord et de la Mandchourie. Les linguistes rattachent souvent le coréen à une famille « altaïque » ou « ouralo-altaïque », mais il n'est pas certain que ces populations néolithiques aient parlé une seule et même langue.

Selon une légende, un nommé Tangun, issu d'un certain Hwanung et d'une ourse métamorphosée en femme, a fondé, il y a cinq mille ans environ, un État dit de Chosŏn (Joseon), dénomination que l'on traduit traditionnellement par « Matin calme ». Plus tard, à une date inconnue, cet État entra en rapport avec Kija (d'origine chinoise selon les documents chinois, mais coréenne d'après les recherches entreprises par des savants coréens, comme Yi Pyŏngdo), dont le descendant Chun fut chassé du trône (env. 194 av. J.-C.) par Wiman. Sous le règne d'Ugŏ, petit-fils de ce dernier, l'empereur Wu, de la dynastie chinoise des premiers Han, établit, au nord de la péninsule, une commanderie dite de Canghai (128 av. J.-C.), qui ne peut exister que pendant trois ans. Ce fut vingt ans plus tard (108-107 av. J.-C.) que le même empereur réussit à soumettre une grande partie du nord de la péninsule, en y créant quatre commanderies : Lelang, dans la région du bassin inférieur du fleuve Taedong, Xuantu (en coréen Hyŏndo), Lintun (Imdun) et Zhenfan (Chinbŏn), respectivement au nord, à l'est et au sud de Lelang. Les indigènes péninsulaires, qui étaient passés de l'usage de la pierre à celui d'objets métalliques, parvinrent alors à élaborer la civilisation la plus développée de l'Asie du Nord-Est au-dehors du territoire chinois.

Durant le ier siècle avant J.-C., on vit apparaître trois États péninsulaires : le Koguryŏ (Goguryeo), fondé vers 37 avant J.-C., aurait été situé au début dans le bassin inférieur de l'actuel fleuve Tongjiajiang de la Mandchourie du Sud, avant de contrôler, dès le ive siècle, une grande partie du nord de la Corée ; le Paekche (Baekje), dont la création remonterait à 18 avant J.-C., se situait dans le sud-ouest de la péninsule ; le Shilla (Silla) fondé, selon la légende, en 57 avant J.-C., occupait le sud-est. Le Koguryŏ s'est heurté, dès sa fondation, à la puissance chinoise ; deux défaites infligées aux Jin orientaux, en 313 et 314, permirent au Koguryŏ de faire disparaître les commanderies chinoises. Ce même pays, alors l'un des plus puissants de l'Asie du Nord-Est, entra en conflit avec ses deux voisins du Sud pour la conquête de l'hégémonie de la péninsule. Malgré sa suprématie, le Koguryŏ dut s'incliner (668), ainsi que le Paekche (660), devant le Shilla (Silla) qui, avec l'aide de l'armée chinoise des Tang, plaça la péninsule sous le contrôle d'un seul et même État. De ces trois États, les deux premiers transmirent au Japon la civilisation chinoise à laquelle ils avaient été très tôt initiés. On notera, à titre d'exemple, que la cour japonaise a connu l'usage des caractères chinois vers le début du ve siècle grâce à des lettrés originaires du Paekche : Ajikki et Wangin (en japonais : Wani).

Corée au IVe siècle

Corée au IVe siècle

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La Corée au IVe siècle. 

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Après l'unification de la péninsule, la société du Shilla fut rigoureusement hiérarchisée ; la famille royale elle-même était divisée en deux groupes : sŏnggol (os saints), pour les membres de pur sang royal, et chingol (os véritables), pour ceux qui n'avaient pour père ou mère qu'une seule personne de sang royal. La couleur et la forme des vêtements des nobles, réparties en dix-sept catégories, différaient selon le rang ; les gens du commun ne pouvaient porter ni bijoux d'or ou d'argent ni ornements de pierres précieuses et n'avaient pas le droit de se vêtir de soie fine.

Un ancien registre administratif, établi à la fin du viiie ou au début du ixe siècle, donne de précieux renseignements relatifs à la richesse du Shilla ; dans quatre villages situés à proximité de l'actuelle Ch'ŏngju, environ à 150 kilomètres au sud-est de Séoul, les 442 habitants possédaient 61 chevaux et 53 bœufs, ce qui donne une moyenne de deux à trois par foyer. Malgré cette richesse relativement importante, la population, notamment la plèbe paysanne, devait souffrir du poids des impôts et des corvées ; les documents historiques donnent plusieurs exemples de paysans qui se soulevèrent contre la perception d'impôt et se groupèrent en « bandes » ; la plus importante de celles-ci, dirigée par un certain Wang Kŏn, finit par fonder un État nommé Koryŏ (Goryeo) (918) et détruisit le royaume de Shilla (935).

Profondément influencée par la Chine, la civilisation du Shilla était dominée par le bouddhisme que lui avait apporté, en 528, un moine, Ado, originaire du Koguryŏ. La foi en Amitābha et la croyance à la « renaissance au Paradis de l'Ouest » se sont ainsi répandues, comme le montrent les hyangga (chants du terroir), des statues bouddhiques, chefs-d'œuvre du genre, ainsi que le mode de vie des hwarang (fleurs-adolescents) qui, issus de la classe noble, subissaient une discipline militaire et recevaient une éducation morale basée sur la foi bouddhique.

Dynastie Koryŏ (918-1392)

Le début de l'histoire de Koryŏ, qui a donné, par la suite, le nom de Corée, est marqué par les invasions des Kitan, c'est-à-dire la dynastie chinoise des Liao (907-1125). Après avoir réussi à repousser les attaques des Kitan à deux reprises, en 993 et 1010, Koryŏ fut finalement obligé de concéder à son adversaire une région dans le nord-est de la péninsule, pour obtenir la paix. À cette époque, le gouvernement royal central contrôlait 2 100 000 habitants, répartis en dix provinces. L'administration et la défense étaient confiées aux 17 000 « dignitaires » yangban, classe divisée en deux catégories, dites de l'Est pour les civils et de l'Ouest pour les militaires, et dont les rivalités s'aggravèrent dès le milieu du xiie siècle. Sans doute ragaillardis lors de la guerre contre les Djurtchet (ou Jurchen), fondateurs de la dynastie des Jin (1115-1234), qui finit pourtant par une soumission de Koryŏ (1126), les yangban militaires, généralement méprisés par ceux de la catégorie civile, se révoltèrent en 1170 sous la conduite de Chŏng Chungbu ( ? – 1178), qui finit par accaparer le contrôle du gouvernement central. D'autres militaires lui succédèrent, mais déjà la menace des Mongols commençait à peser sur Koryŏ. En effet, après avoir assassiné un émissaire de Koryŏ à la cour des Jin (1211), les troupes envahirent la péninsule en 1231 et imposèrent au gouvernement de Kaesŏng le contrôle des « commissaires résidents ». C'est ainsi que commença le « règne » mongol qui dura jusqu'en 1368, année où une nouvelle dynastie fut établie en Chine, sous le nom de Ming. La cour royale de Koryŏ, liée alors par le sang à celle des Mongols, essaya de prouver sa fidélité envers ces derniers, en expédiant des troupes contre la nouvelle dynastie chinoise des Ming (1388). Arrivé à l'embouchure du fleuve Yalu, Yi Sŏnggye, chef d'un corps expéditionnaire fort de 38 800 hommes, rebroussa chemin, sous prétexte qu'il était dangereux de pénétrer dans le territoire du pays « suzerain », et se débarrassa de ses adversaires politiques. Affaiblie, la cour royale de Koryŏ dut « céder » le trône, en 1392, à Yi Songgye, qui fonda la dynastie de Chosŏn, remplaçant celle de Koryŏ.

À Koryŏ, la terre était propriété de l'État qui la distribuait, sous forme de droit d'usufruit, à ses fonctionnaires, civils et militaires, ainsi qu'aux soldats en activité. Toute terre distribuée devait être rendue à l'État en cas de décès du détenteur, sauf celle qui avait été accordée pour récompenser un service méritoire dont le droit de détention pouvait être hérité par les descendants. Les dignitaires surent si bien profiter de ce cas exceptionnel pour transformer la terre en « domaine privé » que le système de distribution de la terre commença à tomber en désuétude dès la fin du xiie siècle. On ignore la valeur exacte de la production agricole, mais, selon le Koryŏ-sa (cf. livre lxxviii), la production de céréales suffisait à nourrir convenablement la population. En outre, il existait, à Koryŏ, des « habitants », bugok et so, spécialisés dans la production des métaux (or, argent, fer ou bronze), des étoffes de soie, du papier, des tuiles, du charbon de bois, etc.

Le bouddhisme connut une certaine expansion, grâce à la protection de la cour royale. À partir de 1086, le maître Taegak tenta avec succès une fusion des sectes d'« enseignement » kyo (en chinois : jiao) et de celles du dhyāna, en coréen sŏn (en chinois : chan). L'influence profonde du bouddhisme à Koryŏ se reflète dans les poésies qui expriment des conceptions mahāyānistes, nirvānistes, amidistes et dhyānistes. L'influence sino-bouddhique se manifeste également dans le domaine artistique, sous la forme de statues, stūpa et fresques. Empruntée, elle aussi, à la Chine, la technique du céladon atteignit à Koryŏ un tel degré de perfection que sa renommée s'étendit jusqu'en Chine même. La technique d'imprimerie fit des progrès spectaculaires ; en effet, au moment où la cour royale fit graver, pour obtenir la protection des Bouddha contre les envahisseurs mongols, 81 137 planches xylographiques du Canon bouddhique qui, terminées en 1251, sont conservées au temple Haein, les habitants de Koryŏ étaient déjà initiés à l'usage des caractères métalliques mobiles. Ce fut également durant cette époque de Koryŏ que furent mis au point des documents historiques importants relatifs à l'Antiquité : le Samguk sagi (Histoire des trois pays, 1145) de Kim Pushik (1075-1151) et le Samguk yusa (Anecdotes des trois pays, vers 1285) du moine Iryŏn (1206-1289). La Bibliothèque nationale de France conserve un exemplaire du second volume du Buljo jikji simche yojeol (Traits édifiants des patriarches bouddhiques, un ouvrage sur le zen), écrit par le maître bonze Kyonghan (1298-1375), plus connu sous le pseudonyme Baekun-hwasang. C'est le plus ancien ouvrage au monde (1377) imprimé avec des caractères métalliques mobiles, soixante dix-huit ans avant l'invention de Gutenberg (il est classé au Registre mondial de la mémoire du monde de l'U.N.E.S.C.O. depuis septembre 2001). Il fut réalisé à l'imprimerie du temple Hûngdôk, près de l'actuelle ville de Ch'ôngju, en Corée du Sud. Sans doute encouragée par le succès de ce nouveau procédé, la cour royale de Koryo installa en 1392 un bureau spécial chargé de fondre les caractères mobiles et de veiller à l'impression des livres.

Dynastie Chosŏn (1392-1910)

Créé en 1392 et reconnu par la dynastie chinoise des Ming sous le nom de Chosŏn, le nouveau royaume des Yi transféra, en 1396, la capitale de Kaesŏng à l'actuelle Séoul où, sous la protection de 27 440 soldats, le nouveau système d'administration fut installé sur le modèle de celui qui était en vigueur dans la Chine des Ming. Il était confié, toujours comme par le passé, aux yangban, dont les principes de gouvernement étaient inspirés du confucianisme, ce qui fit diminuer l'influence du bouddhisme.

Tandis qu'un système d'écriture original, alphabétique en même temps que syllabique, est mis en usage dès 1446, le chinois continue à être utilisé, notamment pour la rédaction des documents historiques et administratifs, tel le Chosŏn wangjo shillok (Annales de la dynastie Chosŏn), qui, commencé en 1413 sous le règne du roi fondateur de la dynastie, T'aejo (1392-1398), et terminé en 1864 (les Annales du règne des deux derniers rois Kojong et Sunjong ont été achevées à l'époque de la colonisation japonaise en 1935), nous fournit de précieux renseignements sur l'histoire de cette époque. Ajoutons-y le Koryŏsa (Histoire de Koryŏ) de Chŏng-Inji (1396-1478), le Tongguk t'onggam (Miroir du pays de l'Est) de Sŏ Kŏjŏng, qui couvre l'histoire de la Corée des origines jusqu'à la fin de Koryŏ, et le Tongguk yŏji sŭngnam (Géographie historique du pays de l'Est, 1481).

Le zèle des savants et des lettrés pour le progrès culturel eut, pour les théoriciens confucianistes, des conséquences inattendues, mais néfastes ; divisés, comme en Chine, en deux écoles, dites respectivement de li et de qi, ceux-ci ne tardèrent pas à former des factions politiques qui, reflétant notamment les particularismes régionaux, poursuivirent leurs vaines luttes sans se soucier de ce qui se passait à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

Engagés dans ces luttes, les dirigeants politiques ne purent prévoir l'invasion des troupes japonaises qui, composées de 200 000 soldats et de 9 000 marins, débarquèrent à Pusan (Busan), en avril 1592, sous prétexte d'emprunter les routes de la péninsule coréenne pour aller attaquer la Chine. Mal préparée contre cette attaque imprévue, la Corée ne dut son salut qu'à l'aide militaire de la dynastie chinoise des Ming et aux combats héroïques de l'amiral Yi Sunshin (1545-1598), l'inventeur du bateau cuirassé, qui infligea de lourdes pertes à la flotte japonaise. Après avoir évacué la péninsule, en septembre 1593, en ne laissant qu'une poignée de soldats dans sa partie méridionale, l'armée japonaise tenta, une fois de plus, d'occuper la Corée en 1597 ; mais, tenu en échec par les troupes coréennes aidées par les soldats chinois, l'envahisseur se hâta de rebrousser chemin dès que fut connue la mort de Toyotomi Hideyoshi (août 1598), responsable de ces deux invasions. Cette première guerre eut d'heureuses conséquences pour le Japon qui, étant entré en contact avec la technique hautement développée des Coréens dans les domaines de l'imprimerie et de la poterie, la fit implanter par les prisonniers coréens ; elle fut, en revanche, extrêmement néfaste pour la Corée, qui eut à déplorer les ravages exercés sur deux tiers de la terre cultivée.

Une quarantaine d'années plus tard, un autre danger vint, cette fois, du nord ; il s'agissait de la nouvelle dynastie chinoise des Qing, qui envahit le nord de la péninsule en 1636, pour obtenir la fidélité de la cour des Yi. La paix (1637) ne fut obtenue qu'au prix d'une reconnaissance de vassalité envers cette dynastie d'origine mandchoue et de l'envoi du prince héritier comme otage à la cour impériale.

Peu avant cet événement, les savants coréens, initiés à l'école chinoise dite de kao-tcheng-hiö, représentée notamment par Gu Yanwu (1613-1682), commencèrent à former une secte appelée shilhak ou « science du réel », faisant preuve de pragmatisme utilitaire, d'encyclopédisme et d'esprit critique, comme le montrent les œuvres de Yi Sugwang (1563-1628), Yu Hyŏngwŏn (1622-1673), Yi Ik (1681-1763), Chŏng Yagyong (alias Dasan, 1762-1836) et autres. Leurs principes eurent une forte répercussion dans la littérature qui, surtout dans le domaine des romans, connut un grand essor durant deux siècles (xviie-xviiie s.). La curiosité des gens de shilhak pour la science occidentale aboutit à la conversion d'un grand nombre de Coréens au catholicisme. Après le baptême, en 1784, de Yi Sŭnghun (1756-1801), le premier catholique coréen, il y eut, à la fin du xixe siècle, quelque 10 000 fidèles. L'attitude hostile de ces convertis à l'égard de la tradition confucéenne amena le gouvernement à condamner cette religion comme doctrine hérétique (1786). Les croyants et les prêtres français de la Société des missions étrangères de Paris, jugés responsables de la propagation du catholicisme dans le territoire coréen depuis 1833, furent persécutés. Malgré cela, le nombre des catholiques continua d'augmenter, et on en comptait, en 1865, environ 23 000. Ce succès est comparable à celui de Tonghak ou « doctrine orientale », sorte de credo salvateur, proposé, en 1860, par Ch'oe Cheu (1824-1864), qui « assurait » l'immortalité du corps et de l'âme aux croyants (dont le nombre total atteignit, en quelques années, environ 20 000, malgré l'interdiction du gouvernement). Ce phénomène ne s'explique que par l'aggravation de la situation sociale et économique, qui finit par bouleverser la façon de vivre et de penser des Coréens de l'époque.

La situation était certes critique, car, en 1813 par exemple, environ 2,5 millions de paysans, sur une population totale de 7 millions, étaient en proie à la famine, ce qui provoqua de fréquentes « jacqueries » en province. Cette situation devint encore plus périlleuse dès lors que les puissances occidentales cherchèrent à entrer en relation avec la Corée, et que certaines, la France en particulier en 1866, n'hésitèrent pas à provoquer des incidents militaires. Du gouvernement qui ne sut faire face à ce danger que par une politique isolationniste, le Japon obtint de force la signature d'un traité d'amitié et de commerce (1876), précédant ainsi les États-Unis d'Amérique (1882), la Grande-Bretagne (1883), l'Allemagne (1883), l'Italie (1884), la Russie (1884), la France (1886), l'Autriche (1892), la Belgique (1901) et le Danemark (1902) qui conclurent des traités de même caractère. La lutte pour la mainmise sur la Corée s'engagea alors entre la Chine, le Japon et la Russie. Après s'être débarrassé de la Chine à l'issue de la guerre sino-japonaise (1894-1895) et avoir triomphé de la Russie au cours de la guerre de 1904-1905, le Japon imposa au gouvernement coréen un traité de protection (1905), puis d'annexion (1910), malgré l'opposition de la population, qui prit la forme de protestations et même d'insurrections.

Officiers de l'armée coréenne, en 1910

Officiers de l'armée coréenne, en 1910

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Réunion d'officiers coréens juste avant l'annexion par le Japon (1910), la Corée étant déjà un protectorat comme le confirme le drapeau japonais au premier plan. Les costumes et uniformes occidentaux au milieu des habits traditionnels témoignent de l'influence de plus en plus marquée de... 

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La domination japonaise

La Corée fut annexée de force par le Japon le 29 août 1910. Terauchi Masatake, ex-général japonais, arriva à Séoul comme premier gouverneur général. Il voulut rétablir l'ordre en interdisant toute association et réunion de Coréens et fit sévèrement réprimer les « insubordonnés » par les gendarmes. Il proclama un décret sur les sociétés et entreprit des travaux d'enquête sur la terre, en vue de créer une économie coloniale au service de l'économie japonaise. La première mesure eut pour but d'écraser les capitaux coréens et de transformer la Corée en marché du capitalisme japonais. La seconde fut destinée à déterminer la propriété des terres. Après enquête, le gouvernement général s'appropria les terres appartenant à l'ancienne cour royale et celles dont la propriété n'avait pu être dûment enregistrée. Ces terres furent distribuées aux colons japonais ou données en métayage aux Coréens par le biais de la Compagnie orientale de colonisation. Un grand nombre de Coréens, dépossédés, émigrèrent en Mandchourie.

Ces mesures renforcèrent l'hostilité des Coréens envers les Japonais. La résistance des milices coréennes s'intensifia, et les mouvements d'indépendance s'organisèrent dans les communautés coréennes à l'étranger : en Sibérie, en Mandchourie, en Chine et aux États-Unis.

Encouragés par la déclaration du président Wilson sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les Coréens résidant à l'étranger envoyèrent une délégation à la conférence de la paix de Versailles pour plaider la cause coréenne, mais en vain. Un gouvernement provisoire de la république de Corée fut fondé à Shanghai dans la concession française. Les patriotes à l'intérieur du pays choisirent le 1er mars 1919 pour organiser un vaste mouvement d'indépendance non violent. On lut devant la foule la déclaration d'indépendance signée par trente-trois représentants du peuple coréen, qui furent arrêtés par la police. La répression des manifestations fut violente, se soldant par 7 509 tués, 15 961 blessés et 46 948 arrestations.

Après cet événement, les autorités japonaises assouplirent quelque peu l'oppression et appliquèrent une politique dite « culturelle » en autorisant certaines activités associatives et la publication de revues et journaux coréens.

Dans les années 1920, le gouvernement général mena activement la modernisation de l'agriculture coréenne. La production de riz doubla en vingt ans, mais près de 30 à 40 p. 100 de la production furent exportés au Japon. La paysannerie coréenne se désagrégea. Un nombre croissant de Coréens quittèrent le pays pour la Mandchourie et la Sibérie. Les capitaux japonais furent investis dans les industries : centrales hydrauliques, engrais azoté, textile, extraction minière, etc. La Corée se transforma en base logistique de l'expansion militariste du Japon sur le continent asiatique. En 1926, il y eut un soulèvement des étudiants à Kwangju, alors que les milices coréennes spontanées continuaient leur résistance contre les Japonais.

Les Japonais renforcèrent leur politique d'assimilation. Après l'intervention militaire du Japon en Chine en 1937, on supprima l'enseignement de la langue et de l'histoire de la Corée à l'école pour obliger les écoliers à ne parler que le japonais. Un grand nombre de jeunes Coréens furent contraints de s'engager dans l'armée japonaise comme « volontaires », et près de 100 000 jeunes filles, élèves des écoles primaires et secondaires, furent persuadées de partir comme « femmes de réconfort sexuel » pour les soldats japonais sur les champs de bataille. Dès 1940, les Coréens furent obligés d'adopter des noms japonais et de vénérer les kami (dieux) du Shinto, ce qui les blessa au plus profond de leur âme. Revues et journaux coréens furent interdits. En décembre 1941, le Japon s'engouffra dans la guerre du Pacifique. Les forces coréennes libres se formèrent à Zhongjing en Chine et déclarèrent la guerre au Japon. À partir de 1945, les Coréens furent soumis au service militaire obligatoire. Mais la Corée fut libérée du joug colonial le 15 août 1945 au terme de trente-cinq années de privations et de souffrances.

—  Ogg LI

Vers la partition de la péninsule

De la division à la guerre de Corée

Le communiqué commun publié à la suite de la conférence entre Roosevelt, Churchill et Chang Kaishek, qui s'est tenue au Caire en novembre 1943, comporte une clause spéciale sur la Corée : « Nous reconnaissons que le peuple coréen se trouve dans un état d'esclavage et que la Corée doit être libre et indépendante en temps opportun. » À Yalta, en février 1945, les quatre grandes puissances, lors du partage du monde, ont convenu que les États-Unis désarmeraient l'armée japonaise au sud du 38e parallèle et l'U.R.S.S. au nord. La déclaration de Potsdam du 2 août 1945 demanda au Japon de se rendre sans conditions et réaffirma l'indépendance de la Corée.

Dans la première quinzaine du mois d'août 1945, les événements se précipitèrent : une bombe atomique sur Hiroshima le 6, une autre sur Nagasaki et la déclaration de guerre de l'U.R.S.S. au Japon le 8, l'entrée des troupes soviétiques dans la partie nord de la péninsule coréenne le 10 et, enfin, la capitulation sans conditions du Japon le 15, ce qui provoqua une joie indescriptible et un immense espoir chez le peuple coréen.

Le 2 septembre, l'acte de reddition du Japon fut signé, et, le même jour, le commandement suprême des forces alliées annonça que la Corée serait divisée en deux parties à peu près égales, qui seraient occupées par les États-Unis et par l'U.R.S.S. Le lendemain, les troupes américaines débarquèrent à Inch'ŏn (Incheon), et le général Hodge fut nommé gouverneur militaire à Séoul.

Reddition du Japon, 1945

Reddition du Japon, 1945

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Le 2 septembre 1945, en baie de Tokyo, sur le pont du cuirassé américain Missouri : le Japon signe sa reddition 

Crédits : MPI/ Archive Photos/ Getty Images

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Les patriotes coréens regagnèrent la Corée, Syngman Rhee venant des États-Unis, Kim Ku et son gouvernement provisoire de Corée, de Zhongjing en Chine.

Les grandes puissances, par l'intermédiaire de leurs ministres des Affaires étrangères réunis à Moscou en décembre 1945, voulurent imposer un protectorat à la Corée, trahissant le vœu ardent des Coréens d'avoir enfin un pays indépendant. Elles créèrent une commission mixte russo-américaine chargée de mettre en place un gouvernement national. Cette décision provoqua la colère et l'opposition de tous les dirigeants coréens. Il s'ensuivit de grandes manifestations populaires contre la tutelle.

Le Comité populaire, créé au Nord et dirigé par Kim Il-sung, fit volte-face en acceptant le protectorat. L'U.R.S.S. n'était pas d'accord pour que les opposants au protectorat participent aux travaux de la commission. Celle-ci n'arrivant pas à statuer, le gouvernement américain saisit l'O.N.U. en mai 1947. L'Assemblée générale de l'O.N.U. adopta une résolution qui consistait à créer un gouvernement unique en organisant des élections générales sur l'ensemble du territoire, lesquelles seraient supervisées par une commission. Celle-ci ne pouvant travailler dans la partie Nord, les élections n'eurent lieu, le 10 mai 1948, qu'au Sud. Le parti de Syngman Rhee remporta la victoire. L'Assemblée constituante se réunit le 31 mai, adopta la première Constitution le 17 juillet et élut, trois jours plus tard, Rhee président de la République. Le gouvernement militaire américain fut remplacé par la république de Corée (Taehan minguk), proclamée le 15 août 1948 et reconnue par l'O.N.U. La France fut le quatrième pays à reconnaître la nouvelle république le 4 février 1949, après les États-Unis, la Chine nationaliste (Taiwan) et la Grande-Bretagne.

En réponse à la création d'une république au Sud, la partie septentrionale organisa des élections le 25 août 1948. Le 1er septembre fut créé un gouvernement à la tête duquel se trouvait Kim Il-sung comme Premier ministre. Le 9 septembre fut proclamée la république populaire de Corée (Chosŏn inmin konghwaguk), qui devint peu de temps après la république populaire démocratique de Corée, R.P.D.C. (Chosŏn minjujuŭi inmin konghwaguk). Elle fut reconnue par l'U.R.S.S. et ses alliés, ainsi que par la Chine populaire.

Une ligne de démarcation, purement technique à l'origine, fut ainsi transformée en frontière politique hermétique, entérinant la partition de la péninsule.

La guerre de Corée, 1950-1953

Après la création des deux républiques, les armées soviétique et américaine évacuèrent leur zone d'occupation respective en 1949. Le 12 janvier 1950, parlant devant le club national de la presse, Dean Acheson, secrétaire d'État américain, déclara : « Le périmètre de défense des États-Unis va des îles Aléoutiennes au Japon », ce qui excluait la Corée et Taiwan. En mars, le général MacArthur lui-même s'exprima dans le même sens au cours d'une interview.

Prise d'Inchon

Prise d'Inchon

photographie

Immédiatement après le débarquement des forces des Nations unies et la prise de la ville, des soldats sud-coréens patrouillent dans les rues d'Inchon, en 1950. 

Crédits : Hulton Getty

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Le dimanche 25 juin 1950, la Corée du Nord lança une offensive générale vers le sud, encouragée sans doute par ces déclarations inopportunes et forte d'une armée de 136 000 soldats répartis en dix divisions avec les équipements lourds que l'armée soviétique lui avait laissés (243 chars T 54, 211 avions de combat et des pièces d'artillerie). L'armée sud-coréenne ne disposait que d'une force d'autodéfense composée de 98 000 hommes mal entraînés et sous-équipés répartis en huit divisions. Elle ne possédait ni avions, ni véhicules blindés, ni canons lourds. Ce fut la débâcle pour l'armée sud-coréenne. Séoul tomba aux mains des agresseurs le 28 juin. Les troupes communistes ne cessèrent leur progression vers le sud.

Guerre de Corée, 1950-1953

Guerre de Corée, 1950-1953

vidéo

Le 25 juin 1950, les troupes de la Corée du Nord, appuyées et secondées par l'armée chinoise, franchissent le 38e parallèle. Deux jours plus tard, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. vote l'envoi d'une force internationale en Corée. Elle est placée sous le commandement du général... 

Crédits : National Archives

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Réfugiés sud-coréens, en 1950

Réfugiés sud-coréens, en 1950

photographie

Déplacements de civils sud-coréens fuyant l'invasion surprise des troupes nord-coréennes après leur franchissement de la ligne frontière du 38e parallèle (25 juin 1950) et le déclenchement de la guerre. 

Crédits : Hulton Getty

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Le 27 juin, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. désigna, en l'absence de l'U.R.S.S., la Corée du Nord comme agresseur. L'O.N.U. décida de constituer une armée à laquelle devaient participer seize pays, dont la France avec un bataillon commandé par le général Monclar. Le même jour, le président Truman ordonna aux forces navales et aériennes américaines de soutenir la Corée du Sud et de protéger Formose. Trois jours après, il engagea l'infanterie américaine en Corée et autorisa l'aviation à attaquer le Nord. Le 1er juillet, le général Douglas MacArthur, alors gouverneur militaire du Japon, fut nommé commandant des forces de l'O.N.U.

Le 5 septembre, les troupes nordistes arrivèrent à une centaine de kilomètres de Pusan, port situé à l'extrême sud-est de la péninsule, où s'était réfugié le gouvernement de Rhee.

Prisonniers politiques

Prisonniers politiques

photographie

Un camp de prisonniers politiques à Pusan, en Corée du Sud, pendant la guerre de Corée (1950-1953). 

Crédits : Hulton Getty

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La situation se retourna, le 15 septembre, avec le débarquement, à Inch'ŏn près de Séoul, des armées de l'O.N.U. sous le commandement du général MacArthur. Séoul fut repris le 28. Le 30, les forces sud-coréennes franchirent le 38e parallèle. Le 7 octobre, MacArthur donna l'ordre aux forces de l'O.N.U. de faire de même. Le 11, le Premier ministre chinois Zhou Enlai déclara : « Les événements de Corée menacent la sécurité de la Chine. » Les armées de la Corée du Sud et de l'O.N.U. entrèrent dans P'yŏngyang le 18 et atteignirent le fleuve Yalu, vers la fin d'octobre.

Chars amphibies

Chars amphibies

photographie

Les troupes américaines et leurs chars amphibies débarquent à Inchon, à 35 kilomètres de Séoul, après un important bombardement des défenses côtières. Cette opération fut la première contre-attaque de la guerre de Corée, en 1950. 

Crédits : Bert Hardy/ Getty Images

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Le 25 octobre, la guerre prit une autre tournure avec l'intervention de 850 000 « volontaires » chinois. En fait, il s'agissait des unités régulières de la prestigieuse IVe armée populaire, commandée par le général Lin Piao. Ce fut le repli des troupes sudistes et de l'O.N.U. vers le sud. Face à cette situation, Truman déclara : « L'emploi de la bombe atomique demeure à l'étude », ce qui n'arrêta pas la poussée des forces communistes qui reprirent P'yŏngyang le 4 décembre. Elles franchirent de nouveau le 38e parallèle et arrivèrent à Séoul le 4 janvier 1951. Le 21, le général Ridgway, qui venait de succéder au général Walker tué dans un accident, lança une vaste contre-offensive vers le nord. Le 30, la Chine fut déclarée pays agresseur par l'O.N.U. Le 14 mars, les troupes sud-coréennes reprirent Séoul et franchirent le 38e parallèle le 27. Le 11 avril, Truman démit MacArthur de ses fonctions pour avoir pris une position belliqueuse voulant étendre le conflit jusqu'en Mandchourie. Il fut remplacé par Ridgway.

Navire américain pendant la guerre de Corée

Navire américain pendant la guerre de Corée

photographie

Le navire américain Missouri bombarde Chongju avec ses canons de 16 pouces, lors d'une opération destinée à couper les voies de communication entre le Nord et le Sud, pendant la guerre de Corée, en 1951. 

Crédits : Hulton Getty

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Dès lors, le front se stabilisa autour du 38e parallèle, avec de violents combats sporadiques. Le 23 juin 1951, Jakob Malik, délégué soviétique, proposa à l'O.N.U. un cessez-le-feu. Les pourparlers à P'anmunjŏm, un village situé sur la ligne de démarcation, traînèrent pendant deux ans.

L'Assemblée nationale de la Corée du Sud rejeta, le 9 juin 1953, les conditions d'armistice, et, le 18 juin, 27 000 prisonniers de guerre nord-coréens furent libérés et rendus à la vie civile au Sud, sur ordre du président Rhee. Le 22 juillet, Rhee, ne voulant pas admettre le constat de division, déclara qu'il ne signerait pas l'armistice.

Malgré les réticences de Rhee, l'armistice fut signé entre les représentants des forces de l'O.N.U. d'une part et des forces chinoises et nord-coréennes d'autre part, le 27 juillet 1953.

Manifestation sud-coréenne, en 1953

Manifestation sud-coréenne, en 1953

photographie

Manifestants de la Corée du Sud brandissant le slogan de Syngman Rhee «Marchons au Nord», l'année même de l'armistice de Panmunjon. Le 27 juillet 1953, celui-ci mettait fin à la guerre de Corée et entérinait la partition géographique et politique de la péninsule au niveau du 38e... 

Crédits : Hulton Getty

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Durant les trois ans de guerre, il n'y eut que dix mois de batailles intenses, causant des pertes humaines et des dégâts considérables. Le total des pertes en vies humaines (tués, disparus et blessés) s'élève à 2 415 600 selon les sources des Nations unies. Les États-Unis eurent 33 630 soldats morts et 103 000 blessés, et les autres alliés de l'O.N.U., 3 140 morts et blessés parmi lesquels la France compte, pour son bataillon de Corée, 288 morts et un millier de blessés. Les pertes militaires de la Corée du Sud s'élèvent à 147 000 morts et 210 000 blessés. Les estimations se situent autour de 300 000 militaires tués et 220 000 blessés pour la Corée du Nord et de 200 000 tués et 700 000 blessés pour la Chine populaire. Les pertes civiles seraient au moins deux fois supérieures, et le pays était dévasté.

Cette guerre terrible qui n'a rien réglé en matière de réunification a laissé de très profondes séquelles. Nombre de Coréens vivant au Nord se réfugièrent au Sud, fuyant le régime communiste, et nombre de familles coréennes furent séparées. Le drame de ces familles, toujours d'actualité, se trouve au cœur des négociations entre le Nord et le Sud.

—  Jin-Mieung LI

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Écrit par :

  • : professeur des Universités, université de Lyon-III
  • : docteur d'État ès lettres, professeur à l'université de Paris-VII
  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Pour citer l’article

Jin-Mieung LI, Ogg LI, Madeleine PAUL-DAVID, « CORÉE - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/coree-histoire/