SAINT-BERNARD COL DU GRAND-

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Entre le Valais et le val d'Aoste, le Grand-Saint-Bernard est l'un des plus anciens passages de l'arc alpin. Il s'ouvre, à 2 472 mètres, entre les massifs du Mont-Blanc et du Grand-Combin, unissant les vallées du Buthier, tributaire de la Doire Baltée et du Pô, et d'Entremont, affluent du Rhône. L'impératif de franchissement a dû triompher de conditions physiques difficiles. De Bourg-Saint-Pierre, au nord, à Saint-Rhémy les deux versants sont très raides, balayés d'avalanches, surtout dans la sinistre « Combe des morts », du côté valaisan. Le climat est rigoureux, avec — 1,76 0C de moyenne et un enneigement abondant, interdit la traversée du début de novembre à la fin de mai.

Suisse : carte physique

Carte : Suisse : carte physique

Carte physique de la Suisse. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Fréquenté au Néolithique, puis par les Celtes, le col entre dans l'histoire avec les Romains sous le nom de Mons Poeninus, puis de Mons Jovis (Mont-Joux), à cause d'un temple érigé en l'honneur de Jupiter.

Les relations entre l'Italie et la Gaule se font, tout d'abord, par le Petit-Saint-Bernard, entre les vallées de la Doire et de l'Isère, mais le Mont-Joux prend une importance croissante avec l'extension de l'influence romaine en Europe septentrionale. En 47 est achevée une route militaire, accessible aux chariots. Le passage emprunté par des légions et des marchands est ruiné par les invasions, au début du ve siècle. Il réapparaît, au début du viiie siècle, dans les récits des pèlerins qui se rendent à Rome. À la fin du ixe siècle, les pillages et les rançons des Sarrasins perturbent la circulation. Apparue vers l'an 1000, la maison de Savoie étend son influence sur les deux versants du Mont-Joux. Elle fait du col l'un des axes fondamentaux de son « État-routier », à cheval sur les Alpes. L'hospice carolingien de Bourg-Saint-Pierre est restauré et un refuge est édifié sur le col lui-même pour garder le passage. Dès 1125, des chartes attestent l'existence d'un établissement, nommé tout d'abord Saint-Nicolas du Mont-Joux, dont la tradition attribue la fondation à saint Bernard.

Enrichi par les dons de la maison de Savoie et les offrandes des voyageurs, le couvent possède des terres, des maisons, des églises et des revenus dans toute l'Europe, de la Sicile à l'Angleterre. Il reçoit la charge de l'hospice du Petit-Saint-Bernard en 1466. Le col voit défiler un flot ininterrompu de voyageurs, de pèlerins, de marchands, de soldats. La traversée la plus mémorable est celle de Bonaparte, à la veille de la campagne de Marengo, avec 40 000 hommes (15-21 mai 1800). Plusieurs fois pillé, incendié et reconstruit, l'hospice des chanoines, dirigés par un prévôt, relève directement du Saint-Siège. Les religieux, aidés de leurs gros chiens, guidaient les voyageurs et secouraient les égarés en perdition. Entre 1902 et 1905, on acheva une route carrossable joignant Martigny à Aoste, par un trajet de 81 kilomètres. Malgré l'augmentation du trafic routier, commercial et touristique, lié à l'essor de l'automobile, le Grand-Saint-Bernard souffrait de son tracé difficile, de son altitude et, surtout, de sa longue période de fermeture.

De 1851 à 1904, on échafaude des projets de tunnels ferroviaires et, après 1930, on adopte l'idée d'une galerie routière. Première en date de toutes les Alpes, elle est réalisée, entre 1958 et 1963, sur l'initiative et avec le concours financier des gouvernements régionaux et des collectivités de la Suisse (Vaud, Valais), de la vallée d'Aoste et du Piémont, comme la « réplique » helvétique à la percée concurrente du Mont-Blanc. Le Grand-Saint-Bernard permet, en effet, la liaison la plus directe entre la plus grande partie de la Confédération et le port de Gênes. L'ouvrage est un tunnel de faîte, long de 5 826 mètres. Il s'ouvre, du côté valaisan, près de la Cantine-de-Proz, à 1 915 mètres et sort, à 1 875 mètres, au-dessus de Saint-Rhémy. Sous son point culminant (1 923 m) la couverture rocheuse n'est épaisse que de 952 mètres. L'aération est assurée par deux puits verticaux. La pente de la cha [...]

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VAL D'AOSTE

  • Écrit par 
  • Michel ROUX
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Avec 3 262 km 2 et 119 600 habitants (2001), le val d'Aoste est la plus petite et la moins densément peuplée (37 hab./km 2 ) des régions italiennes . Il jouit depuis 1945 d'un statut d'autonomie justifié par la présence d'une population francophone. Cellule intramontagnarde inscrite dans la zone interne occidentale de l'arc alpin, le val d'Aoste commence au pied du mont Blanc, par une double vall […] Lire la suite

Pour citer l’article

Paul GUICHONNET, « SAINT-BERNARD COL DU GRAND- », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/col-du-grand-saint-bernard/