Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

VATICAN CITÉ DU

Nom officiel

État de la Cité du Vatican (VA)

    Chef de l'État

    Le pape François, Jorge Mario Bergoglio (depuis le 19 mars 2013)

      Secrétaire d'État

      Pietro Parolin (depuis le 15 octobre 2013)

        Capitale

        Cité du Vatican

          Langue officielle

          Italien 2

            Unité monétaire

            Euro (EUR) 3

              Population (estim.) 930 (2007)
                Superficie 0 km²

                  Le Vatican et les puissances ou organisations internationales

                  Toutefois cet « État de la Cité du Vatican » est-il, à proprement parler, un État ? Depuis 1929, les juristes en discutent : ils se demandent si et comment ce beau cas d'espèce peut rentrer dans les définitions admises, ou si la règle générale peut souffrir cette exception. Les gouvernements avaient, dans la pratique, plusieurs possibilités, mais n'ont, à aucun moment, raisonné dans ces termes. Les juristes s'efforcent de définir une règle de droit ayant valeur générale et universelle. En regard de cela, la réalité internationale est faite d'États souverains que ne domine aucune instance supérieure : chacun n'est lié que par les engagements qu'il a souscrits et, pour le reste, demeure seul maître de ses décisions. Aucune organisation internationale n'a qualité pour décider ou reconnaître la création d'un nouvel État. Les États adviennent (ou disparaissent) suivant plusieurs scénarios et se reconnaissent entre eux selon un code classique ; l'ONU et ses filiales suivent leur propre règle, qui donne des résultats un peu différents.

                  Pie XI s'est résolu en 1929 à une « conciliation » bilatérale, n'escomptant plus un acte international jusqu'alors jugé indispensable par la papauté. Il a ainsi redonné une assise territoriale à une souveraineté que la perte du pouvoir temporel n'avait ni supprimée, ni entamée, et qui n'avait jamais cessé d'être reconnue par les puissances internationales. Cette reconnaissance n'allait pas au monarque de l'État pontifical, ni à l'Église catholique, mais au pape, au Saint-Siège, près duquel étaient déjà accrédités les ambassadeurs. La France républicaine a elle-même montré l'exemple : elle a renoué en 1921 des relations diplomatiques qu'elle avait maintenues jusqu'en 1904 et supprimées à cette date pour des raisons purement internes, sans remettre en cause la séparation des Églises et de l'État instaurée en 1905. Nous avons affaire ici à une situation qui nous reporte à la chrétienté et qui lui a survécu. Les États modernes laïcisés ou nés laïques ne s'en émeuvent guère. Au début du xxie siècle, les ambassadeurs de quelque cent soixante-quinze États sont accrédités auprès du Saint-Siège et des contacts plus ou moins suivis existent avec à peu près toutes les nations. Ainsi, l'ouverture du bloc communiste a permis au Vatican, dès le début des années 1990, d'échanger des ambassadeurs avec les anciennes républiques socialistes et la plupart des ex-pays satellites de l'URSS. En outre, le Vatican et Israël ont signé, en 1993, un « accord fondamental » qui conduira, l'année suivante, à l'instauration de relations diplomatiques complètes. Dans le même esprit, à l'occasion de ses nombreux voyages, Jean-Paul II a noué des contacts fructueux avec des nations majoritairement orthodoxes ou musulmanes, profitant de ces rencontres pour se faire l'avocat de l'œcuménisme et des droits de l'homme, voire pour stigmatiser « la guerre faite au nom de Dieu ».

                  Dès lors, pour le Saint-Siège, le problème n'est plus d'assurer cette position qui sort du commun, mais de la clarifier. Trois questions se posent à ce sujet. La première concerne le statut des personnes : il existe une citoyenneté vaticane (temporaire, liée à la fonction), mais aucune nationalité vaticane, car elle contredirait la supranationalité sans cesse réaffirmée du Saint-Siège. La deuxième a trait à la délimitation des compétences entre le Saint-Siège et l'État de la Cité du Vatican : au premier revient le souci des intérêts généraux de l'Église et de l'humanité, au deuxième celui des questions administratives et techniques. La troisième question est celle du titre de la participation du Vatican dans les[...]

                  La suite de cet article est accessible aux abonnés

                  • Des contenus variés, complets et fiables
                  • Accessible sur tous les écrans
                  • Pas de publicité

                  Découvrez nos offres

                  Déjà abonné ? Se connecter

                  Écrit par

                  • : directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
                  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

                  . In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

                  Médias

                  Vatican : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Vatican : drapeau

                  Vatican : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Vatican : carte administrative

                  Basilique Saint-Pierre de Rome - crédits : Louis Grandadam/ Getty Images

                  Basilique Saint-Pierre de Rome

                  Autres références

                  • VATICAN CITÉ DU, chronologie contemporaine

                    • Écrit par Universalis
                  • LATRAN ACCORDS DU (1929)

                    • Écrit par Vincent GOURDON
                    • 208 mots
                    • 1 média

                    Signés par le pape Pie XI (1922-1939) et Mussolini, les accords du Latran règlent la « question romaine », qui envenimait les relations entre la papauté (et, par suite, les catholiques) et l'État unitaire italien, depuis que ce dernier avait annexé Rome le 2 octobre 1870, mettant...

                  • CASAROLI AGOSTINO (1914-1998)

                    • Écrit par Roland MINNERATH
                    • 839 mots

                    Le 8 juin 1998 disparaissait le cardinal Agostino Casaroli, ancien secrétaire d'État, figure emblématique de la diplomatie du Saint-Siège des années 1960 à 1990. Né en 1914 près de Plaisance (Piacenza, Émilie-Romagne), prêtre en 1937, il fut formé à la diplomatie pontificale. Il ne sera jamais en...

                  • CENSURE

                    • Écrit par Julien DUVAL
                    • 6 228 mots
                    • 1 média
                    ...d'autres universités, ainsi que les Inquisitions d'Espagne, du Portugal et de Venise publient leur Index des livres prohibés (Index librorum prohibitorum). L'Index romain, valable pour toute l'Église catholique, paraît quant à lui pour la première fois en 1559. À l'époque, la même volonté...
                  • ÉTATS DU PAPE - (repères chronologiques)

                    • Écrit par Vincent GOURDON
                    • 666 mots

                    755-756 À l'appel du pape Étienne II, menacé par les Lombards, l'armée franque de Pépin descend en Italie. Les territoires conquis sur les Lombards, autour de Ravenne et de Rome, sont donnés au pape, sous le nom de « Patrimoine de Saint-Pierre ».

                    846 Les basiliques Saint-Pierre...

                  • Afficher les 12 références

                  Voir aussi