CHIROPTÈRES ou CHAUVES-SOURIS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les Chiroptères ou Chauves-Souris constituent un ordre de Mammifères euthériens remarquablement adaptés au vol. Une membrane alaire, ou patagium, constituée par une duplicature de la peau, relie les membres, et parfois la queue, au corps. Leur denture rappelle de très près celle des Insectivores, dont ils se sont sans doute isolés à partir d'une souche commune. Les premières Chauves-Souris apparaissent au milieu de l'Éocène. Les femelles, pourvues d'une seule paire de mamelles, mettent le plus souvent un seul petit au monde, les naissances gémellaires n'étant guère plus fréquentes que dans l'espèce humaine. La taille de la plupart des Chiroptères n'excède pas celle d'un rat, mais le géant du groupe, représenté par une espèce de Java, Pteropus vampyrus, atteint 1,40 m d'envergure. Le régime alimentaire est le plus souvent insectivore, parfois frugivore, carnivore ou piscivore. Trois espèces sud-américaines sont hématophages. L'activité des Chauves-Souris est essentiellement nocturne. Remarquablement équipés pour l'émission et la réception des ultra-sons, ces animaux évitent les obstacles et repèrent leurs proies en vol par un système d'écholocation. Environ un millier d'espèces peuplent la totalité du globe, à l'exception des régions polaires.

Chauve-souris

Vidéo : Chauve-souris

Principes de l'écholocation chez la chauve-souris.Les chauves-souris sont des mammifères capables de voler dans l'obscurité la plus complète grâce aux ultrasons qui leur permettent de s'orienter ainsi que de repérer leurs proies, pour l'essentiel des insectes volants. Ce phénomène est... 

Crédits : Planeta Actimedia S.A.© Encyclopædia Universalis France pour la version française.

Afficher

Anatomie d'un type : murin commun (« Myotis myotis »)

Cette espèce très commune peut atteindre 35 cm d'envergure. Le corps est revêtu d'une fourrure douce et molle. La peau est riche en glandes sébacées, cependant que les glandes sudoripares en sont absentes.

Chauve-souris Myotis myotis ou grand murin

Photographie : Chauve-souris Myotis myotis ou grand murin

Cette espèce de chauve-souris insectivore d'Europe occidentale et d'Afrique du Nord part chasser ses proies (papillons et coléoptères), au soleil couchant, à plusieurs kilomètres de son aire de repos. Pour se diriger lors de son vol de retour ou pour de longs déplacements, elle n'utilise... 

Crédits : H-P. Stutz/ D.R.

Afficher

Le squelette du crâne, assez allongé, ne présente pas de séparation entre l'orbite et la fosse temporale. La denture est du type insectivore : les molaires présentent un relief en W (dilambdodonte) très caractéristique, les canines sont développées en crocs, les incisives sont styliformes.

Les membres antérieurs sont profondément modifiés par l'adaptation au vol. L'ensemble du bras a effectué une rotation de 900 par rapport à la position qu'il occupe chez un Mammifère quadrupède ; l'articulation avec l'omoplate s'effectue sur le côté externe de celle-ci, la cavité glénoïde étant dirigée vers l'extérieur. Humérus et radius sont remarquablement allongés ; le cubitus incomplet est partiellement fusionné avec le radius. Au carpe, un os spécial, le transverse, vient s'adjoindre aux deux rangées habituelles. Les métacarpiens II à V, très longs, atteignent la taille de l'humérus ; les phalanges des doigts III, IV et V sont aussi longues et fines. Le pouce, qui n'est pas englobé dans la membrane alaire, reste de dimension modeste ; terminé par une griffe, il participe à l'accrochage. Au membre postérieur, le fémur fait un angle de 900 avec la colonne vertébrale. Le calcanéum porte une longue apophyse servant d'insertion au patagium et les cinq métatarsiens, relativement courts, sont prolongés par cinq orteils subégaux terminés par des griffes crochues qui permettent à l'animal de demeurer suspendu au repos, tête en bas. La traction exercée par le poids de l'animal bloque, dans une gaine membraneuse, le tendon rétracteur des griffes, assurant ainsi un accrochage passif. La membrane alaire relie les membres antérieurs au corps, aux membres postérieurs et à la queue. Remarquablement équipée en récepteurs tactiles, l'aile des Chauves-Souris a une sensibilité comparable à celle d'une main de Primate.

Le cerveau, bien développé, est, comme chez beaucoup de Mammifères, de petite taille, dépourvu de circonvolutions. L'appareil auditif est particulièrement évolué ; le pavillon de l'oreille externe chez le murin, comme chez beaucoup d'autres espèces, se complique d'un tragus en languette.

Les organes génitaux mâles présentent des testicules intra-abdominaux en période de repos sexuel, mais ceux-ci descendent dans un scrotum temporaire en phase de reproduction. Les femelles, après une gravidité de 50 à 60 jours, mettent bas un jeune unique.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages


Médias de l’article

Chauve-souris

Chauve-souris
Crédits : Planeta Actimedia S.A.© Encyclopædia Universalis France pour la version française.

vidéo

Chauve-souris Myotis myotis ou grand murin

Chauve-souris Myotis myotis ou grand murin
Crédits : H-P. Stutz/ D.R.

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

  • : docteur ès sciences, maître assistant à l'université de Paris-VII

Classification

Autres références

«  CHIROPTÈRES ou CHAUVES-SOURIS  » est également traité dans :

ANTHROPOLOGIE DES ZOONOSES

  • Écrit par 
  • Frédéric KECK, 
  • Christos LYNTERIS
  •  • 3 954 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Régimes de causalité et d’imputation »  : […] Ces deux conceptions des zoonoses – comme événement accidentel dans un cycle écologique ou comme mutation catastrophique dans une série de révolutions – entrent en tension dans les pratiques de gestion des zoonoses sur les différents terrains où elles sont traitées comme des problèmes publics. Alors que l’écologie des maladies infectieuses met en avant des causalités circulaires entre plusieurs es […] Lire la suite

COMPORTEMENT ANIMAL - Fondements du comportement

  • Écrit par 
  • Dalila BOVET
  •  • 2 822 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Autres rythmes »  : […] D'autres facteurs peuvent rythmer le comportement. Certains animaux nocturnes suivent le rythme de la lune : les chauves-souris roussettes de Jamaïque préfèrent l'obscurité qui leur permet d'être cachées tant pour attraper leurs proies que pour éviter les prédateurs. Elles-mêmes n'ont pas besoin de lumière pour « voir » puisqu'elles possèdent un système d'écholocation leur permettant de percevoir […] Lire la suite

CORONAVIRUS

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 2 294 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Distribution des coronavirus  »  : […] Les coronavirus appartiennent à la famille des Coronaviridae et, pour ceux présentés ici, à la sous-famille des Orthocoronavirinae, qui comprend une quarantaine d’espèces parmi lesquelles les coronavirus humains. Leur nomenclature comporte souvent l’acronyme de la maladie suivie de la désinence CoV. Ainsi, la maladie SRAS est causée par le virus SARS-CoV-1 (1 parce que c’est le premier de cette e […] Lire la suite

CYANOBACTÉRIES ou CYANOPHYCÉES, anc. ALGUES BLEUES

  • Écrit par 
  • Pierre BOURRELLY, 
  • Jean Claude LEFEUVRE
  •  • 2 716 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Nocivité des Cyanobactéries »  : […] Les cyanobactéries, présentes dans la plupart des milieux aquatiques, sont capables de synthétiser une très grande variété de molécules. Cela va de produits utiles comme des antibiotiques, des antiviraux et antitumoraux jusqu'à différentes toxines qui font l'objet, en France, d'une surveillance depuis l'année 2000, en raison du risque sanitaire. Trois types de toxines sont habituellement répertor […] Lire la suite

EBOLA FIÈVRE ET VIRUS

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 1 596 mots
  •  • 1 média

La fièvre Ebola tire son nom d’une rivière de la République démocratique du Congo (RDC) qui baigne le village de Yambuku, où cette maladie a été identifiée pour la première fois en septembre 1976 chez l’homme. Les autorités de santé avaient été informées d’une maladie foudroyante par les membres de l’hôpital catholique local. Mandatés par le président Mobutu, un médecin belge, François Ruppol, e […] Lire la suite

ÉQUATORIAL MILIEU

  • Écrit par 
  • François DURAND-DASTÈS, 
  • Yves GAUTIER, 
  • Emmanuelle GRUNDMANN
  •  • 6 369 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les relations faune-flore »  : […] Les plantes et les animaux ont établi des « pactes » de solidarité, d'entraide et de coadaptation, résultat d'une lente et fructueuse cohabitation. Si les graminées des vastes steppes et savanes ont opté pour la fécondation anémophile, en forêt tropicale, un seul coup de vent ne suffirait pas à assurer la pollinisation. De ce fait, certaines espèces animales se sont spécialisées dans la distribu […] Lire la suite

FIÈVRES HÉMORRAGIQUES VIRALES

  • Écrit par 
  • Yannick SIMONIN
  •  • 4 738 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Cycle de transmission des fièvres hémorragiques virales »  : […] Les virus associés à la plupart des FHV sont zoonotiques. Cela signifie qu‘ils résident naturellement dans un hôte réservoir et vecteur animal – arthropode, rongeur sauvage, commensal (rat, souris…) ou chauve-souris dans la plupart des cas. Ils sont totalement dépendants de leur hôte pour leur multiplication et leur persistance dans l’environnement. L’homme ne constitue donc en aucun cas le réser […] Lire la suite

HIBERNATION

  • Écrit par 
  • Charles KAYSER
  •  • 1 833 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Les Mammifères hibernants »  : […] L'hibernation des Mammifères se rencontre dans tous les ordres, des Monotrèmes et Marsupiaux jusqu'aux Primates (Lémuriens), mais surtout chez les Rongeurs (marmottes, spermophiles , loirs , hamsters, lérots, etc.). Parmi les Insectivores hibernants, on connaît le hérisson, le tenrec, le setifer. Chez les chauves-souris des régions tropicales, les macrochiroptères sont homéothermes et présentent […] Lire la suite

MALADIES INFECTIEUSES ÉMERGENTES

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 8 022 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Les chauves-souris, réservoirs de virus »  : […] Les chiroptères, et en particulier les espèces de chauves-souris frugivores, jouent un rôle croissant comme réservoir d’agents pathogènes alimentant l’émergence de plusieurs maladies. Si le contact contaminant direct de la chauve-souris avec l’homme est peu fréquent, en revanche, la contamination de la nourriture par l’urine et les fèces de ces animaux est susceptible de transmettre divers agents […] Lire la suite

MEMBRES

  • Écrit par 
  • Claude GILLOT, 
  • Armand de RICQLÈS
  •  • 15 026 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « Adaptation au vol »  : […] Les trois groupes de Tétrapodes qui ont été capables de réaliser un vol véritable ont utilisé une « solution structurale » différente au problème de l'adaptation au milieu aérien, par modification du membre antérieur . Chez les Ptérosaures (Reptiles volants du Jurassique et du Crétacé), la surface portante était constituée d'une membrane (patagium) tendue uniquement par les phalanges du quatriè […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Robert MANARANCHE, « CHIROPTÈRES ou CHAUVES-SOURIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chiropteres-chauves-souris/