CÉLÉBRATION, genre littéraire

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Acte rhétorique par lequel on établit la supériorité de quelqu'un ou de quelque chose. Réelle ou imaginaire, cette supériorité est exprimée dans des termes propres à propager le sentiment d'élévation. Parmi les trois genres du discours répertoriés par Aristote, la célébration (avec le blâme) appartient au genre épidictique (ou démonstratif), codifié déjà par Gorgias de Leontium qui en détermine les règles et ouvre la voie à la stylistique. En effet, moins utilitaire que les genres délibératif et judiciaire, l'épidictique a un enjeu esthétique considérable, qu'il soit un simple exercice oratoire ou qu'il soit à la base même de toute pratique poétique productrice de texte « beau ».

L'apparition de la littérature encomiastique est liée aux réjouissances privées ou publiques aussi bien qu'à la mort d'un personnage illustre. Elle se rapporte donc à l'actualité. Même la célébration de la nature, sujet éminemment intemporel, s'inscrit dans le présent, tel que celui-ci est vécu par le poète. L'emploi des superlatifs, des expressions hyperboliques, l'embellissement de la réalité appartiennent aux procédés caractéristiques du genre. Il n'existe aucun sujet qui ne puisse être célébré. Le caractère gratuit, purement verbal de certaines louanges, les éloges satiriques d'objets peu dignes n'ont pas suffi à jeter le discrédit sur l'ensemble de la littérature laudative.

Le grand nombre et la diversité des genres littéraires attachés à la fonction de la célébration montrent, depuis l'Antiquité, l'importance de la mémoire perpétuée par les poètes, dont ils sont d'ailleurs très conscients : « privée de l'hymne qui la loue, la valeur reste couverte d'une obscurité profonde » (Pindare, Septième Néméenne) ; cette affirmation passe déjà pour un lieu com [...]

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Pour citer l’article

Véronique KLAUBER, « CÉLÉBRATION, genre littéraire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/celebration-genre-litteraire/