GENRES LITTÉRAIRES

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La notion de genre littéraire a joué de tout temps un rôle important dans la description et l'explication des faits littéraires. C'est que la littérature n'est jamais simplement la somme des œuvres individuelles, mais se constitue tout autant à travers les relations que ces œuvres tissent entre elles. Du côté de l'auteur, et à travers le jeu infini des prescriptions et des interdits, des imitations et des transformations, des reproductions et des subversions, elle s'institue comme une entité collective à parentés multiples qui s'entrecroisent de manière imprévisible, galaxie de formes, de thèmes et de types discursifs en réorganisation perpétuelle. Du côté du récepteur – auditeur ou lecteur –, la reconstruction de l'œuvre implique toujours d'abord la reconnaissance des conventions discursives générales dont elle relève, ensuite son individualisation sur le fond plus ou moins étendu, plus ou moins contraignant, plus ou moins structuré de l'expérience littéraire déjà acquise : horizon d'attente générique (H. R. Jauss) qui accueille l'œuvre nouvelle, mais qu'elle a aussi le pouvoir de déplacer et de réorganiser.

On a parfois soutenu que la problématique des genres n'était pertinente que pour certains domaines littéraires : la littérature classique, à cause de sa soumission à un système de règles explicites, la littérature populaire, à cause de son caractère collectif, anonyme et souvent formulaire, la littérature de masse enfin, parce qu'elle aboutit à des produits standardisés. En réalité, aucun texte littéraire ne saurait se situer en dehors de toute norme générique : un message n'existe que dans le cadre des conventions pragmatiques fondamentales qui régissent les échanges discursifs et qui s'imposent à lui tout autant que les conventions du code linguistique. L'œuvre la plus incommensurable ne saurait établir sa singularité qu'en se rapportant à l'horizon générique dont elle s'écarte, qu'elle rejette, qu'elle subvertit : l'altérité n'est jamais que relative. Si Un coup de dés de Mallar [...]


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Dans le chapitre « L'art du XIIIe siècle »  : […] Si l'allégorie devient le mode d'expression privilégié au xiii e  siècle, c'est parce qu'elle répond à un mode de représentation en accord avec les tendances intellectualistes de l'époque. L'art symbolique de l'âge roman cède en effet la place à une esthétique plus systématique, plus lumineuse. On passe de l'ambiguïté des signes symboliques à un code stabilisé. La recherche et l'invention portent […] Lire la suite

APHORISME, genre littéraire

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L'aphorisme est un genre spéculaire par excellence : sa brièveté, la précision du geste vers laquelle tend l'auteur attirent son regard sur le mouvement de sa propre pensée, comme l'éclair s'insinue dans l'œil. Spéculaire, l'aphorisme l'est aussi par sa situation ambiguë qui fait « réfléchir » (au sens optique et au sens intellectuel du mot). Musil, lui-même aphoriste, cite Nietzsche : « De beaux […] Lire la suite

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Deux amants, dont la nuit a favorisé la rencontre, déplorent l'approche du jour, venu trop tôt à leur gré : tel est le thème de la « chanson d'aube », genre lyrique des xii e et xiii e  siècles, ou simplement « aube », d'après la transposition française du mot alba qui désigne le genre dans la poésie provençale, où il est plus richement représenté que dans celle du Nord. S'il est un thème répand […] Lire la suite

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Jean-Marie SCHAEFFER, « GENRES LITTÉRAIRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/genres-litteraires/