BANQUESupervision prudentielle

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les modalités de la supervision prudentielle

L’organisation de la supervision pose deux séries de questions, concernant respectivement les instruments et les institutions de régulation. Si les modalités de la supervision ont considérablement évolué depuis les premières formes d’intervention des autorités à la suite de la crise de 1929, les institutions de contrôle sont demeurées presque inchangées. En septembre 2008, la mise sous tutelle par le Trésor américain de Freddie Mac et de Fannie Mae, les deux principales sociétés de crédit hypothécaire aux États-Unis, fournit un bon exemple de ce type d’intervention.

De la déréglementation à la re-réglementation prudentielle

Les modalités de l'intervention publique dans la sphère bancaire et financière ont beaucoup évolué à la suite de la mutation financière (extension et intégration croissante des marchés de capitaux, déspécialisation des banques, etc.). L'objectif de l'intervention publique qui prévalait encore dans les années 1980, en France et dans de nombreux autres pays européens, était essentiellement de se substituer au marché défaillant, en administrant les prix (taux créditeurs versés aux déposants, taux débiteurs dus par les emprunteurs, commissions) et les volumes (encadrement du crédit, contrôle des changes). Le démantèlement de ce type de contrôle (déréglementation) a laissé place à une supervision prudentielle dont le but est d'orienter les comportements des institutions financières vers plus de prudence, tout en laissant jouer les mécanismes de marché et en veillant particulièrement au maintien de conditions équitables et loyales de concurrence (level playing field). Cette évolution met en évidence la dialectique réglementaire qui accompagne la libéralisation financière : réglementation → déréglementation → re-réglementation.

Cette re-réglementation a pour principal instrument les ratios de fonds propres. Les fonds propres constituent, en effet, une « éponge à risques » sûre et pratique, dès lors qu'ils sont suffisamment prop [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

Écrit par :

  • : maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne
  • : professeur d'économie à l'université de Paris-XIII-Villetaneuse

Classification

Autres références

«  BANQUE  » est également traité dans :

BANQUE - Économie de la banque

  • Écrit par 
  • Emmanuelle GABILLON, 
  • Jean-Charles ROCHET
  •  • 7 880 mots
  •  • 4 médias

Les banques sont les établissements financiers qui collectent les dépôts du public (en particulier les dépôts à vue) et qui accordent des crédits aux entreprises et aux ménages. Elles font partie, au même titre que les sociétés d'assurance et les organismes de placement collectif en Bourse, de ce que les économistes appellent les intermédiaires financiers. Ces derniers ont pour fonction de collect […] Lire la suite

BANQUE - Histoire de l'institution bancaire

  • Écrit par 
  • Patrice BAUBEAU
  •  • 6 502 mots

Aujourd'hui, l'institution bancaire évoque une relation commerciale un peu particulière, beaucoup d'informatique et trop de papier, des coffres et des secrets, des Messieurs (et extrêmement peu de femmes) capables de fabriquer beaucoup d'argent grâce à des opérations obscures. Mais l'assimilation de ces Messieurs à l'institution bancaire est ambiguë, puisque la banque apparaît précisément au momen […] Lire la suite

BANQUE - La crise des subprimes et le système bancaire

  • Écrit par 
  • Paul LAGNEAU-YMONET, 
  • Angelo RIVA
  •  • 2 874 mots

La crise déclenchée durant l'été de 2007 sur le marché des dérivés de crédit a eu pour cause première le retournement du marché des emprunts immobiliers aux États-Unis. Elle s'est transformée l'année suivante en une crise financière majeure, affectant tout particulièrement les banques. Elle a ensuite précipité une dépres […] Lire la suite

AGENCES DE NOTATION

  • Écrit par 
  • Patrick JOLIVET
  •  • 3 398 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre «  Institutionnalisation des notations »  : […] Cette croissance du marché de la notation est aussi liée à certaines dispositions institutionnelles qui l'ont rendue possible. La première disposition est le statut de Nationally Recognized Statistical Rating Organization (N.R.S.R.O.), créé par la S.E.C. en 1975 afin de clarifier le marché de la notation. Ce statut, qui permet aux agences d'agir sur le marché américain et d'avoir une visibilité mo […] Lire la suite

AGIOS

  • Écrit par 
  • André BOYER
  •  • 370 mots

En matière bancaire, ensemble des retenues opérées par le banquier, en contrepartie de l'escompte d'un effet de commerce. Les agios et l'escompte ne se confondent pas : l'escompte est le prêt accordé par une banque lorsqu'elle acquiert un effet de commerce avant son échéance ; les agios constituent les déductions correspondant à ce prêt. Les agios résultent de l'addition de l'intérêt et des commis […] Lire la suite

AGLIETTA MICHEL (1938- )

  • Écrit par 
  • Yamina TADJEDDINE
  •  • 1 083 mots
  •  • 1 média

Penseur du capitalisme et de la monnaie, Michel Aglietta est un chercheur, un pédagogue et un expert reconnu des économistes, des historiens et des anthropologues, mais aussi des politiciens et des syndicalistes de toute tendance . Né dans une famille modeste d’immigrés italiens en 1938 à Chambéry, il intègre l’École polytechnique en 1959, puis entre à l’Institut national de la statistique et des […] Lire la suite

BAHREÏN

  • Écrit par 
  • André BOURGEY, 
  • Laurence LOUËR
  •  • 4 755 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Évolutions socio-économiques »  : […] Avant la découverte du pétrole, l'économie du Bahreïn reposait principalement sur le commerce des perles et l'agriculture, rendue possible par l'existence de nombreuses sources d'eau douce, aujourd'hui presque épuisées. L'économie perlière a périclité avec l'introduction sur le marché de la perle de culture japonaise, trois fois moins chère que la perle locale. Le développement de l'industrie pé […] Lire la suite

BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE (BCE)

  • Écrit par 
  • Jézabel COUPPEY
  •  • 1 122 mots

La Banque centrale européenne (B.C.E.) est entrée en fonction le 1 er  juillet 1998, quelques mois avant l'ultime phase de l'union monétaire (la troisième phase de l'Union économique et monétaire selon le traité sur l'Union européenne signé à Maastricht en 1992), marquée par le basculement à l'euro des marchés financiers et la mise en œuvre de la politique monétaire unique. Ce n'est d'ailleurs qu' […] Lire la suite

BANQUE D'ANGLETERRE

  • Écrit par 
  • Georges BLUMBERG
  •  • 1 229 mots
  •  • 2 médias

Fondée en 1694 par un groupe de marchands londoniens pour prêter 1 200 000 livres au roi Guillaume III en échange de l'octroi du privilège d'émission, la Banque d'Angleterre (Bank of England, BOE) obtint en 1709, avec le renouvellement de sa charte, le monopole de l'exercice en société de la fonction bancaire . La puissance ainsi acquise lui permit de survivre à la crise née du krach de la Compagn […] Lire la suite

BANQUES CENTRALES

  • Écrit par 
  • Sylvie DIATKINE
  •  • 6 873 mots
  •  • 1 média

Les banques centrales ont d'abord été des banques commerciales dotées d'une charte et de privilèges plus ou moins étendus d'émission de billets en échange du financement de la dette publique. Cependant, en même temps que leurs fonctions, leur définition a évolué. À mesure que se développait l'usage de la monnaie scripturale émise par les différentes banques, la banque centrale est devenue la « ba […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jézabel COUPPEY, Dominique PLIHON, « BANQUE - Supervision prudentielle », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/banque-supervision-prudentielle/