Jean MARMIER

docteur ès lettres, professeur à l'université de Rennes-II-Haute-Bretagne

APOLOGUE, genre littéraire

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  • Jean MARMIER
  •  • 441 mots

La narration d'une anecdote à personnages animaux, ou parfois végétaux, agissant et parlant comme les humains et, le cas échéant, en leur compagnie, a toujours servi à illustrer des leçons de prudence ou de morale pour les hommes. Le genre, préexistant à la notion de genre, plonge ses racines à la fois dans la nuit des temps et dans l'infralittérature. Tout éternel qu'il paraisse, il présente en o […] Lire la suite

BOUHOURS DOMINIQUE (1628-1702)

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  • Jean MARMIER
  •  • 277 mots

Le plus « honnête homme » de la Compagnie de Jésus, et le plus estimé dans le monde, malgré une formation théologique, reçue à Bourges, et une carrière enseignante, commencée à Tours, puis vouée à des préceptorats flatteurs. L'éducation des jeunes princes de Longueville, celle de Seignelay, fils de Colbert, après un séjour à Dunkerque comme aumônier de garnison, assurent sa réputation. Fixé au col […] Lire la suite

CARACTÈRES, genre littéraire

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  • Jean MARMIER
  •  • 293 mots

Est-ce un « genre » que celui que ne représente qu'un seul ouvrage (car il faut laisser hors de cause les traités suivis, Caractères des passions, ou De l'amour, ou Des femmes par Mme de Pringy, et aussi les versificateurs singes de La Bruyère, les Sellier, les Teissier...) ? À la rigueur, il y en a deux, si l'on ad […] Lire la suite

CHAPELAIN JEAN (1595-1674)

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  • Jean MARMIER
  •  • 369 mots

Fils d'un notaire parisien, Jean Chapelain abandonne des études de médecine pour entrer comme précepteur chez le marquis de La Trousse, dont il administrera longtemps les biens. Célibataire, il vit avec une économie que ses adversaires taxent de ladrerie, de même qu'ils brocardent sa mise peu soignée. Il nourrit, il est vrai, une seule passion, le savoir, et a pour seul luxe sa bibliothèque (4 000 […] Lire la suite

CHASSIGNET JEAN-BAPTISTE (1570?-? 1635)

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  • Jean MARMIER
  •  • 152 mots

L'œuvre de ce Franc-Comtois est un des trésors oubliés qu'ont exhumés les recherches entreprises depuis la Seconde Guerre mondiale sur la littérature baroque en France. Fils d'un médecin de Besançon, il poursuit à Dôle des études juridiques qui le mènent à une carrière d'avocat fiscal à Gray. Attaché à sa province, il publie des travaux d'histoire locale. Ma […] Lire la suite

CORNEILLE THOMAS (1625-1709)

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  • Jean MARMIER
  •  • 409 mots

À la fois bénéficiaire et victime de la gloire de son « grand » frère, Thomas Corneille s'applique, semble-t-il, à le suivre en tout point, de loin, avec vénération et, plus encore, avec une indéfectible et chaude affection, d'ailleurs réciproque. Né à Rouen, dix-neuf ans après lui, il étudie le droit comme lui, pour se tourner aussitôt vers le théâtre en commençant par composer des comédies imité […] Lire la suite

COTIN abbé CHARLES (1604-1682)

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  • Jean MARMIER
  •  • 203 mots

Né et mort à Paris, académicien, conseiller et aumônier du roi. Nul n'ignore, grâce à Boileau, que Cotin a prêché. À travers Trissotin, on le connaît encore mieux comme auteur prétentieux de poésies galantes, énigmes, etc., et comme adversaire pédant de Ménage. Il fréquente effectivement l'hôtel de Rambouillet et d'autres salons, dont celui de la Grande Mademoiselle, produit des volumes de […] Lire la suite

DANCOURT FLORENT CARTON dit (1661-1725)

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  • Jean MARMIER
  •  • 244 mots

Ancien élève des Jésuites, Dancourt se voue au théâtre. Il enlève et épouse, en 1680, la fille de l'acteur La Thorillière, qu'il devait rendre malheureuse par une inconduite notoire. Il joue à Lille, puis se crée, comme comédien, orateur de la troupe et auteur à succès, une situation prééminente à la Comédie-França […] Lire la suite

ÉPÎTRE, littérature

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  • Jean MARMIER
  •  • 479 mots

La définition courante, « lettre en vers », marque bien la distance qui s'est creusée entre le mot et ses dérivés, épistolaire et épistolier, liés habituellement à la lettre en prose. Les limites du genre n'en restent pas moins très flottantes. Le message confié à l'épître, qu'il soit fictif ou réel, peut aller de l'invitation à boire à la méditation abstruse. Les formes poétiques aptes à le recev […] Lire la suite

HONNÊTE HOMME

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  • Jean MARMIER
  •  • 414 mots

Presque tous les écrivains du xviie siècle ont dessiné, enrichi ou reproduit le portrait idéal de l'honnête homme. Socialement, ce dernier ne se conçoit guère sans une aisance propre à le libérer des travaux « mécaniques ». Méré le verrait aussi bien vivre dans une cabane qu'à la cour : hypothèse hyperbolique qui marque le moment où le type a pris val […] Lire la suite

MAXIME

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  • Jean MARMIER
  •  • 344 mots

Le relief obtenu par la grande concision et l'emploi des figures dans un énoncé moral de portée générale a toujours été recherché, pour s'imposer à l'attention et à la mémoire, par le genre gnomique ; et ce genre s'insinue dans tous les autres. Au xvie siècle, les auteurs tragiques qui signalent par des guillemets leurs vers-proverbes font figure d'an […] Lire la suite

MAYNARD FRANÇOIS (1582-1646)

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  • Jean MARMIER
  •  • 339 mots

Son principal biographe n'a pas réussi à imposer l'orthographe Mainard. Fils d'un conseiller au parlement de Toulouse, il est reçu avocat, puis, attiré par les lettres, vient à Paris comme secrétaire de la reine Margot à l'hôtel de Sens, rendez-vous de poètes (1605 ?). C'est alors qu'il aurait écrit le Philandre, poème pastoral d'authenticité contestée ; il rime aussi avec soin […] Lire la suite

RACAN HONORAT DE (1589-1670)

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  • Jean MARMIER
  •  • 318 mots

Faux marquis, mais membre authentique de la famille de Bueil, né à la lisière du Maine et de l'Anjou, Racan est élevé aux champs, en Touraine, tandis que son père, maréchal de camp, est tué au service du roi en 1597, et que sa mère meurt à son tour en 1602. Il demeure sous la chaude protection de son cousin, futur duc de Bellegarde, mais son éducation reste plutôt légère. Après avoir été page, il […] Lire la suite

REGNARD JEAN-FRANÇOIS (1655-1709)

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  • Jean MARMIER
  •  • 481 mots

Parisien des Halles, fils d'un riche marchand de poisson salé, mais orphelin de père dès sa tendre enfance, Jean-François Regnard est élevé par sa mère et ses quatre sœurs, fait de bonnes études et entre en apprentissage chez un mercier. Les démons du voyage, du jeu et de la poésie le saisissent de bonne heure. Avant vingt ans, il part pour Constantinople, revient au bout de deux ans, puis, en 167 […] Lire la suite

RUELLE, histoire littéraire

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  • Jean MARMIER
  •  • 335 mots

Le xvie siècle a connu des salons curieux de littérature, comme celui des dames des Roches. Mais avant le xviiie siècle, le salon comme pièce de réception n'existe que dans les palais. Au xviie, c'est dans la « ruelle » (en fait, dans la chambre à coucher) qu […] Lire la suite

SAINT-AMANT MARC ANTOINE GIRARD DE (1594-1661)

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  • Jean MARMIER
  •  • 522 mots

Antoine Girard, dont le nom se gonflera peu à peu, naît à Quevilly près Rouen, dans une famille de marins. Son frère courra l'aventure à Java. Son père a navigué, puis est devenu armateur et possède des intérêts commerciaux dans une fabrique de verre. Il professe le protestantisme. Saint-Amant se flatte de n'avoir pas appris les langues anciennes. Il sait du moins l'italien, l'espagnol, l'anglais, […] Lire la suite

SCUDÉRY MADELEINE DE (1607-1701)

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  • Jean MARMIER
  •  • 352 mots

Née au Havre, orpheline, Madeleine de Scudéry reçoit une éducation d'une solidité rare pour son sexe, qui contrebalance son goût précoce des romans, et elle se fixe à Paris. Sa laideur lui ôte l'espoir de s'y marier, mais son esprit et l'agrément de sa conversation lui ouvrent l'hôtel de Rambouillet. Elle se lie avec Mlle Paulet et avec Montausier, Chapelain, Conrart, Ménage, Godeau. Bientôt « Sap […] Lire la suite

UNITÉS RÈGLE DES TROIS, histoire littéraire

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  • Jean MARMIER
  •  • 516 mots

Observées dans certaines tragédies du xvie siècle, les unités d'action, de temps et de lieu sont posées comme règle par Jean de La Taille (1572), sous l'influence de la Poétique de Castelvetro (1570), qui emprunte les deux premières à Aristote. Mais le théâtre […] Lire la suite

VOITURE VINCENT (1598-1648)

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  • Jean MARMIER
  •  • 239 mots

Fils d'un marchand de vin d'Amiens, Vincent Voiture acquiert au collège de Boncourt la protection du comte d'Avaux. Dans les années 1625-1627, il est accueilli à l'hôtel de Rambouillet, où il devient « l'âme du rond » ; il est d'autre part nommé introducteur des ambassadeurs auprès de Gaston d'Orléans dont les équipées l'entraînent, en de multiples pérégrinations, jusqu'au Maroc. Pourtant, il s'at […] Lire la suite