VOITURE VINCENT (1598-1648)

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Fils d'un marchand de vin d'Amiens, Vincent Voiture acquiert au collège de Boncourt la protection du comte d'Avaux. Dans les années 1625-1627, il est accueilli à l'hôtel de Rambouillet, où il devient « l'âme du rond » ; il est d'autre part nommé introducteur des ambassadeurs auprès de Gaston d'Orléans dont les équipées l'entraînent, en de multiples pérégrinations, jusqu'au Maroc. Pourtant, il s'attire les bonnes grâces de Richelieu qui le charge de missions diverses et le pensionne. En 1634, il figure parmi les premiers académiciens. Nommé maître d'hôtel du roi en 1643, il subira, avant de mourir prématurément, la double déconvenue de perdre sa pension et, bien pis, ses entrées à l'hôtel de Rambouillet à cause d'un duel ridicule. Fier, brave, cultivé, il laisse surtout l'image de l'amuseur qui, papillonnant, inventant divertissements et farces, transmet au « corps » des jeunes habitués de l'hôtel l'animation dont déborde sa petite personne. Poète, sans se faire imprimer, il multiplie les formes et les thèmes de la poésie fugitive. Au prix de quelques erreurs de goût, sa verve spirituelle arrache le genre épistolaire à la lourdeur oratoire. Longtemps après sa mort, Boileau tout comme La Fontaine le placent encore à un rang éminent, celui de Marot, voire d'Horace, pour son extrême agrément.

—  Jean MARMIER

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Rennes-II-Haute-Bretagne

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Pour citer l’article

Jean MARMIER, « VOITURE VINCENT - (1598-1648) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vincent-voiture/