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LANGAGE PHILOSOPHIES DU

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Ferdinand de Saussure

L'intérêt pour la langue est un trait dominant de la philosophie contemporaine. Non que nos contemporains soient les premiers à découvrir le langage. Celui-ci a toujours été à la place d'honneur dans la philosophie, tant il est vrai que la compréhension que l'homme prend de lui-même et de son monde s'articule et s'exprime dans le langage ; les sophistes grecs sont sans doute les premiers à en avoir pris une conscience aiguë ; Socrate cherche les « définitions », c'est-à-dire le sens permanent de nos mots et de nos phrases ; Platon, dans le Cratyle, s'interroge sur la « justesse » des mots et établit, dans le Théétète et Le Sophiste, que c'est la structure complexe de la phrase, faite d'un entrelacs du nom et du verbe, qui seule permet la fausseté, qui est le pouvoir de dire faux, de dire ce qui n'est pas. Dans son traité Sur l'interprétation, Aristote établit que toutes les lois de la logique s'édifient sur les caractères de la proposition, laquelle consiste à affirmer ou nier « quelque chose au sujet de quelque chose ». La métaphysique prend ainsi appui sur une connaissance exacte du fonctionnement du langage. Il y a eu dans l'histoire plusieurs grandes époques pour la philosophie du langage : la dialectique des médiévaux et des discussions autour du nominalisme ; la théorie des signes du xviiie siècle, en particulier chez Condillac et chez Rousseau ; les conjectures et les discussions sur l'origine des langues, chez Herder et dans le grand idéalisme allemand. Ces recherches culminent chez Wilhelm von Humboldt, notamment dans son ouvrage posthume Über die Verschiedenheit des menschlichen Sprachbaues und ihren Einfluss auf die geistige Entwicklung des Menschengeschlechts (1836 ; De la diversité de structure des langues humaines et de son influence sur le développement spirituel de l'espèce humaine). Cette œuvre domine de haut le xixe siècle ; c'est à elle que deux penseurs contemporains aussi différents que le linguiste Chomsky et le philosophe Heidegger aiment à se reporter.

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ACTES DE LANGAGE

Écrit par :  Catherine FUCHS

… L'expression* « acte de langage » traduit l'anglais speech act. Cette notion a été développée dans la seconde moitié du xxe siècle par les philosophes dits de l'école d'Oxford, tenants d'un courant également connu sous le nom de « philosophie du langage ordinaire ». On considère généralement que la théorie des actes de… Lire la suite
AFFECTIVITÉ

Écrit par :  Marc RICHIR

Dans le chapitre "Affectivité et passions dans la tradition classique"  : …  la « passion », l'« émotion » ou l'« affect » (Aristote ne les distingue pas) et des contextures de *langage. Certes, on pressent, ou on sait depuis toujours qu'un homme ou un groupe d'hommes entêtés dans une passion sont impossibles à convaincre ou à persuader. Mais l'étude aristotélicienne, par sa finesse, montre bien toute la subtilité de la… Lire la suite
AGAMBEN GIORGIO (1942- )

Écrit par :  Francis WYBRANDS

… * Giorgio Agamben, né à Rome en 1942, est très certainement l'une des figures les plus originales de la philosophie italienne de la seconde moitié du xxe siècle. Après des études de droit et une thèse de philosophie juridique sur Simone Weil, il fait la rencontre dans les années 1960, à Rome, de Pasolini, d'Elsa Morante, de… Lire la suite
ANALOGIE

Écrit par :  Pierre DELATTREAlain de LIBERA Universalis

Dans le chapitre "Sémantique et syntaxe, signifié et signifiant"  : …  constitutifs pourraient avoir avec d'autres éléments non contenus dans le système lui-même. *Dans le cadre du langage courant, la situation est déjà très différente. Par suite de la longue histoire de ses usages, chaque mot porte une charge sémantique généralement beaucoup plus grande que celle qui peut être manifestée dans un énoncé… Lire la suite
ANTISTHÈNE (~440 env.-env. ~370)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Disciple de Socrate et maître de Diogène le Cynique, Antisthène, comme le firent un peu plus tard les mégariques, considérait le langage discursif comme étant incapable de décrire adéquatement la réalité concrète des unités individuelles. On ne peut dire « un homme est bon », mais seulement « le bon est bon », « l'homme est homme » (Platon, Lire la suite
ARABE (MONDE) - Littérature

Écrit par :  Jamel Eddine BENCHEIKHHachem FODAAndré MIQUELCharles PELLATHammadi SAMMOUDÉlisabeth VAUTHIER

Dans le chapitre "Le deuxième discours théorique : la « balāġa »"  : …  ) n'étant pas manifeste par lui-même doit, pour se communiquer, passer par le *signe (dalāla). Le bayān renvoie donc à cette fonction apophantique, ou dévoilante, du discours, qui permet au sens (ou à la pensée) de se communiquer dans une évidence maximale. Dans faṣāḥa, l'accent est mis sur… Lire la suite
ARISTOTE (~385 env.-~322)

Écrit par :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "La logique et les autres arts du langage"  : …  au sens où l'entendront les modernes. Il reste qu'Aristote a attaché une attention particulière au *langage, logos, le langage étant selon lui la différence spécifique de l'espèce humaine : l'homme est le ζ̃ώον λ́ογον ε'́χον, expression dont la tradition a fait animal rationale, animal raisonnable, mais qui signifie originellement que l'… Lire la suite
ARISTOTÉLISME

Écrit par :  Hervé BARREAU

Dans le chapitre "La logique"  : …  Pour Aristote, *le langage ne se confond donc pas avec l'être ; c'est l'outil qu'utilise la science, de telle façon que cette dernière puisse énoncer correctement ce qui est l'être à proprement parler. D'où l'importance que revêt le traité des Catégories, par lesquelles il faut entendre les diverses façons dont le langage appréhende l'être… Lire la suite
ARTS POÉTIQUES

Écrit par :  Alain MICHEL

Dans le chapitre "L'Antiquité"  : …  lois du récit épique ou dramatique et justifie la mimésis, capacité d'imitation dévolue au *langage, en disant qu'elle est vraisemblable et qu'elle peut, en la représentant, nous apprendre quelque chose sur l'action humaine. Platon condamne les fictions (sauf les mythes, dont il fait usage lorsque la dialectique est impuissante) ; Aristote… Lire la suite
ATOMISME

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "L'atomisme à l'époque moderne"  : …  logique, illustré par Bertrand Russell (1872-1970) et le « premier » Wittgenstein (1889-1951). L'*analyse logique est au langage naturel ce que le microscope est à l'œil. Une phrase aussi simple que « L'actuel roi de France est chauve » s'avère à l'analyse hautement complexe. L'analyse résolutive cherche à cerner des propositions « atomiques »,… Lire la suite
AUSTIN JOHN LANGSHAW (1911-1960)

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

*John Langshaw Austin est sans doute le représentant le plus brillant et le plus original de la philosophie analytique dite « philosophie du langage ordinaire », caractéristique de l'école d'Oxford par opposition à celle de Cambridge. Il fit ses études à Oxford, dont il devint fellow en 1933 ; il se… Lire la suite
AYER ALFRED JULES (1910-1989)

Écrit par :  Francis JACQUES

Dans le chapitre "Vers une élucidation du langage scientifique"  : …  *Il s'agit de donner au principe de vérification une efficacité mesurée par ce qu'on attend de lui philosophiquement et pratiquement. Éliminer certaine métaphysique comme sécrétion propre du philosophe, fonder la connaissance empiriomathématique contre les attaques sceptiques, fixer le statut des jugements de valeur, des énoncés qui portent sur le… Lire la suite
BENJAMIN WALTER (1892-1940)

Écrit par :  Philippe IVERNEL

Dans le chapitre "Révélation et tragédie. La question de l'origine"  : …  Benjamin saura en dégager une nouvelle radicalité, à la mesure des complexités de la modernité. *Ses premiers écrits, où romantisme et judaïsme s'entrecroisent spontanément se nouent autour du rapport entre esprit et langage : ainsi l'essai de 1916, Sur le langage en général et sur le langage humain (« tout langage supérieur est… Lire la suite
BOBBIO NORBERTO (1909-2004)

Écrit par :  Giovanni BUSINO

Dans le chapitre "Le droit est un langage"  : …   della norma giuridica, 1958 ; Il positivismo giuridico, 1961). Ils font découvrir que* le droit est un langage, un discours parmi d'autres, un ensemble d'énoncés linguistiques doués de significations incertaines. De là l'importance des procédures pour déterminer les significations, mais aussi pour interpréter, concilier et intégrer… Lire la suite
BONALD LOUIS-AMBROISE DE (1754-1840)

Écrit par :  Colette CAPITAN PETER

Dans le chapitre "Une théorie métaphysique du langage"  : …  Cette doctrine du conservatisme social repose sur une *théorie métaphysique du langage. Une formule la résume : « L'homme pense sa parole avant de parler sa pensée. » Il faut entendre par là que, la pensée étant postérieure à la parole, l'homme ne peut avoir inventé celle-ci ; en d'autres termes, l'homme ne peut penser sans le secours du langage, ni… Lire la suite
BRANDOM ROBERT (1950- )

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

…  Robert Brandom est l'un des représentants les plus significatifs des voies dans lesquelles la *philosophie pragmatiste s'est engagée après le « tournant linguistique », dans le contexte actuel des discussions en philosophie de l'esprit. Il est notamment l'auteur de deux livres : Making It Explicit : Reasoning, Representing, and DiscursiveLire la suite
CARNAP RUDOLF (1891-1970)

Écrit par :  Jan SEBESTIK

Dans le chapitre "La construction logique du monde et les travaux issus du Cercle"  : …   ; seul un système réfutable d'énoncés peut prétendre au statut de théorie scientifique. *Réfugié aux États-Unis, Carnap, qui enseigne d'abord à l'université de Chicago, puis à l'université de Californie, à Los Angeles, publie Testability and Meaning (1936-1937), étude dans laquelle, tenant compte des objections, il élargit ses… Lire la suite
CASSIRER ERNST (1874-1945)

Écrit par :  Gilbert DURAND

Dans le chapitre "La pure image et la science"  : …  tome de La Philosophie des formes symboliques consacré à ce problème. Cependant le *langage occupe chez Cassirer une fonction assez voisine de l'art. Par sa fonction de dénomination, le langage impose la permanence au sein du devenir, de la confusion. Il cristallise et articule le monde des intuitions. Il objective un monde de l'… Lire la suite
CATÉGORIES

Écrit par :  Fernando GIL

Dans le chapitre "Catégories et langage"  : …  *Deux positions peuvent être adoptées face aux rapprochements entre catégories de la pensée et catégories grammaticales : soit – en postulant une conaturalité globale de la pensée et du langage – on en retire une confirmation du bien-fondé des théories catégoriales, soit, à l'inverse, on prétendra que les catégories philosophiques représentent… Lire la suite
CAVELL STANLEY (1926- )

Écrit par :  Sandra LAUGIER

… d'autres héritages, afin d'opérer ce qu'il définit comme un retour à l'ordinaire. *La philosophie de Cavell n'est cependant pas étrangère à la philosophie analytique. Elle est enracinée dans une œuvre fondamentale et problématique pour cette tradition, celle du « second » Wittgenstein, et dans sa philosophie du langage ordinaire.… Lire la suite
CHOMSKY NOAM (1928- )

Écrit par :  Jean-Yves POLLOCK

Dans le chapitre "Le programme de recherche minimaliste"  : …  et des langues internes qu'elle rend possible, surgit toutefois également un résultat paradoxal :* la faculté de langage, une propriété biologique de notre espèce, définit donc de façon très restrictive le fonctionnement de toute langue, en imposant par exemple aux computations récursives qu'elles mettent en œuvre un format spécifique et peut-… Lire la suite
CONDILLAC ÉTIENNE BONNOT DE (1714-1780)

Écrit par :  Pierre TROTIGNON

Dans le chapitre "La pensée et les signes"  : …  celles qui résultent d'une élaboration des premières. Mais sa grande originalité est d'assigner au *langage, non la seule fonction d'expression des pensées, mais un rôle déterminant, et pour ainsi dire exclusif, dans la formation même des idées de réflexion. Condillac échappe ainsi au problème insoluble que rencontrent d'ordinaire les sensualistes… Lire la suite
CORDEMOY GÉRAUD DE (1626-1684)

Écrit par :  François BURDEAU

… *De ce philosophe historien, disciple de Descartes, ce familier de Bossuet, cet ami de Fénelon, on connaît mal la vie. Né à Paris, Cordemoy appartient par son père à la petite noblesse auvergnate. Avocat au parlement, habitué de la plupart des cercles cartésiens qui se réunissent à Paris dans les années 1660, de l'académie Bourdelot, du salon de… Lire la suite
CROYANCE

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Approche sémiotique"  : …  *Avec A. J. Greimas, dans la Sémantique structurale (1965), Du sens I (1970), Maupassant (1976), et Du sens II (1983), une nouvelle tentative de mise en ordre des structures élémentaires de la croyance se fait jour, qui, à l'opposé de la phénoménologie, ne repose sur aucune intuition du vécu, mais sur la structure… Lire la suite
DE LA GRAMMATOLOGIE, livre de Jacques Derrida

Écrit par :  Didier CAHEN

Dans le chapitre "Le supplément d’origine"  : …  qu’avec une infinie patience s’instruit, dans le même geste, un supplément au sein de la logique. *La démonstration est parfaitement lisible ; la prétendue dérivation de l’écriture n’est possible qu’à une condition : que le langage premier ne soit pas vierge d’écriture, qu’il ait toujours lui-même été écriture : « Une parole sans principe… Lire la suite
DERRIDA JACQUES (1930-2004)

Écrit par :  Catherine MALABOU

Dans le chapitre "La présence en question"  : …  comme présence, qui se manifeste essentiellement au sein du traitement classique de la question du *langage ; la parole, gage de proximité de la pensée à elle-même, y reçoit un privilège exorbitant par rapport à l'écriture qui n'en serait que la « représentation » dérivée (ce qu'implique sa célèbre définition saussurienne comme « signifiant du… Lire la suite
DIALOGUE

Écrit par :  Françoise ARMENGAUDRobert MISRAHI

L'entrée en *dialogue paraît d'autant plus désirable que le partenaire est plus différent ou plus lointain. Le dialogue répond à une préoccupation éthique – il serait l'antiviolence par excellence – et à un souci politique : comment améliorer la circulation de l'information de manière à orienter les… Lire la suite
EMPIRISME

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre "Les deux dogmes selon Quine"  : …  de distinguer, phrase par phrase, la part de la théorie et celle de l'évidence sensorielle. *Le fait que la logique distribue les valeurs de vérité (vrai, faux) phrase par phrase ne doit pas faire oublier que le discernement de la signification ou des conditions de vérité requiert que chaque phrase soit replacée non seulement dans son… Lire la suite
ÉPISTÉMOLOGIE

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Dans le chapitre "Sciences formelles, sciences empiriques"  : …  posé le problème dans les années trente, l'ont généralement résolu d'une façon radicale en* ramenant les sciences formelles aux règles – largement arbitraires – d'un langage (par exemple Carnap, dans Der logische Aufbau der Welt, 1928, et Logische Syntax der Sprache, 1935). Solution provocatrice et difficile à maintenir… Lire la suite
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La philosophie

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "La période d'après guerre et la situation contemporaine"  : …  plusieurs problèmes majeurs qui concernent à la fois le langage, la science et la philosophie. *Les questions touchant au langage – étroitement liées à ce qu'on a appelé le « tournant linguistique » – concernent notamment le statut de la signification et la manière dont les mots parviennent à s'ancrer dans le monde. La conviction… Lire la suite
ÉVÉNEMENT, philosophie

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "Penser le singulier et la succession"  : …  et la question du sens ultime de l'histoire. On ne saurait négliger non plus la contribution de la* philosophie du langage à une pensée de l'événement et de l'événementiel. Une propriété fondamentale du langage est que le locuteur peut se servir de la langue pour produire un sens inédit, qui fait événement. Ainsi, la réalité du langage n'est pas… Lire la suite
EXPÉRIENCE

Écrit par :  Pascal ENGEL

Dans le chapitre "L'empirisme logique et la construction logique du monde"  : …  synthétique ne peut être a priori. D'autre part, l'analytique est défini, contre Kant, comme une* propriété des formes du langage et de la signification, et non pas comme une propriété des formes de la pensée en général. Il tient aux faits que certaines vérités (celles de la logique et des mathématiques) sont vraies seulement en vertu des… Lire la suite
EXPRESSION, philosophie

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Ensemble de données perceptives offertes par un être à un moment donné du temps et qui fonctionnent comme des signes manifestant, révélant ou trahissant les émotions, les sentiments et les intentions de cet être. Les sources historiques du concept d'expression appartiennent à la philosophie néo-platonicienne, au spinozisme et à la pensée… Lire la suite
GADAMER HANS GEORG (1900-2002)

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "Les mots pour le dire : le « dialogue que nous sommes »"  : …  L'art *de comprendre et l'art de questionner supposent la capacité de créer un langage commun. Les messages écrits, et non le « vouloir dire » hypothétique de leurs auteurs sont l'objet privilégié de toute interprétation ; la compréhension exige que l'interprète trouve le langage dans lequel le texte lui parle. C'est ce qui permet de donner un… Lire la suite
GOODMAN NELSON (1906-1998)

Écrit par :  Jacques MORIZOT

…  synonymie, la justification de l'induction. Si Quine a évolué vers une anthropologie béhavioriste, *Goodman est avant tout sensible à la pluralité des langages symboliques : verbaux et non verbaux, naturels ou spécialisés. On comprend que les arts constituent pour lui un centre d'intérêt privilégié, parce qu'ils sont le laboratoire idéal pour les… Lire la suite
GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET RAISONNÉE, livre de Antoine Arnauld et Claude Lancelot

Écrit par :  Gabriel BERGOUNIOUX

Dans le chapitre "Une théorie du signe"  : …  *« Ainsi l'on peut définir les mots, des sons distincts et articulés dont les hommes ont fait des signes pour signifier leurs pensées. C'est pourquoi on ne peut bien comprendre les diverses sortes de significations qui sont enfermées dans les mots, qu'on n'ait bien compris auparavant ce qui se passe dans nos pensées, puisque les mots n'ont été… Lire la suite
GRAMMAIRES (HISTOIRE DES) - Grammaire et langage dans l'Inde ancienne

Écrit par :  Pierre-Sylvain FILLIOZAT

Dans le chapitre "La grammaire"  : …  ve siècle après J.-C. un long ouvrage en vers appelé Vākyapadīya à une *« philosophie grammaticale » qui comprend une linguistique générale (corpus de définitions et d'analyses des parties du discours, des éléments du mot, des principes sémantiques sous-jacents aux constructions formelles, composition, dérivation, etc… Lire la suite
GRAMMAIRES (HISTOIRE DES) - Du Moyen Âge à la période contemporaine

Écrit par :  Jean-Claude CHEVALIERJean STÉFANINI Universalis

Dans le chapitre "Définition médiévale d'une science grammaticale"  : …  Au Moyen Âge, la grammaire, l'un des trois « arts du *langage » (trivium), avec logique et rhétorique, ouvre le cursus universitaire : fondée sur Donat et Priscien, elle sert à interpréter et à commenter les textes, puis, avec la redécouverte successive d'Aristote et les progrès de la logique, elle devient une réflexion originale sur le… Lire la suite
HISTORICITÉ

Écrit par :  Hans Georg GADAMER

Dans le chapitre "Langage et historicité"  : …  des sciences historiques, elle-même rendue possible par les questions posées par Heidegger. *En particulier, c'est seulement grâce à la radicalisation par ce dernier concept d'historicité qu'un autre phénomène pénétra au cœur de la philosophie, à savoir le problème du langage. Certainement, à d'autres points de vue tout différents aussi, il… Lire la suite
HOMME - La réalité humaine

Écrit par :  Alphonse DE WAELHENS

Dans le chapitre "La phénoménologie"  : …  que l'homme se fait de lui-même. Pareillement et ensemble, elles restaurent le sens et la parole. *Mais, différent au reste pour chacune d'elles, l'univers du langage où elles résident n'est pas celui du discours hégélien. Sans refuser le concept, elles savent que celui-ci ne se confond pas avec la parole, encore qu'il en soit tributaire. D'autre… Lire la suite
HUMBOLDT WILHELM VON (1767-1835)

Écrit par :  Pierre CAUSSAT

… *Une biographie « explicite » permet de repérer l'appartenance effective de Humboldt à une période chargée d'événements qui ont remodelé la configuration politique et théorique de l'Europe. D'abord témoin passionné mais discret des renouvellements culturels de son temps (lisant Kant et correspondant avec Schiller et Goethe), il intervient… Lire la suite
IMAGINAIRE ET IMAGINATION

Écrit par :  Pierre KAUFMANN

Dans le chapitre "Du symbole au mythe"  : …  purement déterminatif ou formel, mot vide. Nous aurons là « tout le secret du développement du *langage, depuis le chinois jusqu'à l'anglais ». D'une part, nous tenons, en effet, des grammairiens chinois qu'un mot peut devenir vide, c'est-à-dire perdre son sens primitif. Ajoutons-y l'observation que les mots vides ou morts sont particulièrement… Lire la suite
INEFFABLE

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *« Ce dont on ne peut parler, soutenait Wittgenstein, il faut le taire » ; car l'inexprimable, le mystique, se montre et ne se dit pas. Un indicible dont il n'y aurait ni ostension ni expression ne serait pas seulement ineffable, il serait inexistant. De toute façon, il y a quelque chose de dérisoire dans les doctrines de l'ineffable : elles parlent… Lire la suite
INTUITION

Écrit par :  Noël MOULOUD

Dans le chapitre "L'intuition et le sens dans les perspectives actuelles de l'épistémologie"  : …  en conjonction avec les modes discursifs de la pensée ou avec les modes opératoires de l'action.* L'une des vues de base de l'empirisme logique est qu'il n'existe pas de perception qui ne soit articulée déjà par quelque langage, et ne contienne des catégories directrices que la sensation remplit. Et, d'autre part, les philosophies de la praxis… Lire la suite
INVESTIGATIONS PHILOSOPHIQUES, livre de Ludwig Wittgenstein

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

… de dix ans marquée par la guerre et par le choix d'une carrière d'instituteur qui s'acheva en 1928. *Dans les Investigations, tout comme dans les manuscrits intermédiaires édités après sa mort, Wittgenstein renonce en effet à la conception du langage qui avait été primitivement la sienne : une conception caractérisée par une théorie de la… Lire la suite
ISLAM (La civilisation islamique) - La philosophie

Écrit par :  Christian JAMBETJean JOLIVET

Dans le chapitre "Fārābī"  : …  canonique des logiciens) n'a pas de parallèle exact dans la syntaxe arabe. Cet intérêt pour le *langage est solidaire d'un effort pour considérer selon un schéma général ce qu'on pourrait appeler la sociologie culturelle : le même Livre contient des développements sur l'origine de la langue dans une nation quelconque, sur l'apparition… Lire la suite
JUGEMENT

Écrit par :  Noël MOULOUD

Dans le chapitre "Proposition et assertion, expression et déclaration, croyance et adhésion"  : …  et les porte au niveau d'un critère de vérité qui permet leur affirmation. Mais cette *opération du jugement emprunte en général le canal du langage, dont il reçoit une structure constituée de termes et de relations. En outre, le jugement ainsi exprimé occupe une place dans une chaîne de questions, de réponses, d'énoncés qui s'entraînent les uns… Lire la suite
KRIPKE SAUL (1940- )

Écrit par :  Scott SOAMES Universalis

…  par l'expérience) et de connaissance a priori (acquise en dehors de toute expérience) ainsi que *des notions linguistiques de vérité analytique (ou de raison) et de vérité synthétique (ou de fait). Kripke fait ainsi renaître la doctrine de l'essentialisme, selon laquelle les objets possèdent certaines propriétés nécessairement. Partant de ce… Lire la suite
LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM (1646-1716)

Écrit par :  Catherine CLÉMENT

Dans le chapitre "Combinatoire"  : …  une théorie combinatoire qui innove une direction de recherche. Il croit à la possibilité d'une *langue qui possède la communicabilité des langues naturelles, et la systématicité de la méthode scientifique : ce serait la langue d'Adam, qui permettrait l'universalisation du même discours de théodicée. Lors même que cet espoir se sera… Lire la suite
LÉVINAS EMMANUEL (1905-1995)

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "L'écharde dans la chair de la raison : une responsabilité infinie"  : …  Si je dois me considérer comme l'« otage » d'autrui, « plus intime à moi que moi-même », *tout le statut de la subjectivité doit être repensé, et, à sa suite, le statut du langage et de la raison. Ces descriptions vont de pair avec une nouvelle compréhension du langage, qui a sa source dans le dire pur de la sincérité, alliant immédiateté… Lire la suite
LIBERTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le discours descriptif : qu'est-ce qu'une action libre ?"  : …  *Une partie de la philosophie contemporaine – l'analyse linguistique de l'école d'Oxford, la phénoménologie de Husserl et de ses disciples français – s'emploie à clarifier le langage ordinaire dans lequel on parle de l'action libre. Pour une telle philosophie, attentive avant tout aux finesses et aux nuances du langage courant, la liberté n… Lire la suite
LINGUISTIQUE - Théories

Écrit par :  Catherine FUCHS

Dans le chapitre "Les théories de l'énonciation"  : …  de référer au monde par l'intermédiaire des coordonnées de la situation d'énonciation. Le *courant pragmatique s'inscrit, au départ, dans une mouvance anglo-saxonne, dont les pionniers furent, du côté de la sémiotique, Charles Sanders Pierce (1839-1914) et Charles Morris (1901-1979), et du côté de la logique, Rudolph Carnap (1891-1970).… Lire la suite
LOGIQUE INDIENNE

Écrit par :  Kuno LORENZ

Dans le chapitre "Le mot et la chose"  : …  se caractérisent par une interrelation systématique entre la logique et la philosophie du *langage, tandis que les doctrines des naiyāyikas et celles des logiciens bouddhistes s'accordent à insister sur les liens entre la logique et l'épistémologie. On n'aura donc pas lieu d'être surpris en constatant qu'une grave querelle entre la Mīmāṁsā… Lire la suite
LOGOS

Écrit par :  Lucien JERPHAGNON

… *Dans le grec classique, logos signifie une parole ou la parole, et tout rôle qu'elle assume : profane (proposition, définition, exemple, science, opinion particulière, rumeur publique) ou sacré (réponse d'oracle, révélation d'en haut). Ce terme tient une place si considérable dans la langue philosophique que la multiplicité des… Lire la suite
MÉTAPHORE

Écrit par :  Jean-Yves POUILLOUX

…  cette étrange évolution, parcourir quelques-uns des chemins énigmatiques de notre relation au *langage et au monde.  « Métaphore » vient du grec metaphora, qui signifie « transport » – au sens matériel comme au sens abstrait. Le terme est utilisé par Aristote dans la Poétique (1457 b) pour décrire une opération de… Lire la suite
MINIMAL ET CONCEPTUEL ART

Écrit par :  Jacinto LAGEIRACatherine MILLETErik VERHAGEN

Dans le chapitre "L'art conceptuel"  : …  ses références à la peinture abstraite américaine, elle puise essentiellement ses modèles dans la *philosophie du langage anglaise, en particulier l'école d'Oxford, et n'a pas d'équivalent en Europe. Le principal représentant de cette tendance est J. L. Austin, et ses références sont tirées essentiellement de Russell et de Wittgenstein. De jeunes… Lire la suite
LE MOT ET LA CHOSE, livre de Willard van Orman Quine

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Willard van OrmanQuine *Le Mot et la chose n'est pas seulement le plus connu des livres que Willard van Orman Quine (1908-2000) a publiés ; il est aussi celui qui aura engagé la philosophie issue du cercle de Vienne, après son implantation aux États-Unis, dans les voies nouvelles dont laLire la suite
MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

Écrit par :  Alain de LIBERA

Dans le chapitre "Où tout devient jeu"  : …  des sommes de logique, l'analyse des modi supponendi n'a jamais été une fin en soi. *Les suppositiones sont un outil analytique, le plus général de tous, un outil fait pour servir. La suppositio est la propriété référentielle d'un terme pris dans un contexte d'assertion dont la forme principale est évidemment la… Lire la suite
MÜLLER FRIEDRICH MAXIMILIAN dit MAX (1823-1900)

Écrit par :  Marcel DETIENNE

… *Indianiste, linguiste, mythologue d'origine allemande, Friedrich Maximilian Müller a laissé une œuvre qui, avec ses vingt volumes, ouvrait un chemin de crête dans le massif nouvellement découvert de l'histoire des religions. Sanskriste, élève de Burnouf à Paris, chargé par la Compagnie des Indes d'éditer le Rig-Veda, il enseigna à Oxford… Lire la suite
MYTHE - Mythos et logos

Écrit par :  Clémence RAMNOUX

Dans le chapitre "Mythologie et ontologie"  : …  *Plus difficile à saisir est le processus par lequel un vocabulaire ontologique se substitue aux noms des éléments. Par un emprunt partiel au vocabulaire déjà technique des arts du nombre et de la figure, il range, par exemple, dans les tables pythagoriciennes, l'Un et la Dyade, la Limite et l'Infini, en colonne avec le Mâle et le Féminin, la… Lire la suite
MYTHE - L'interprétation philosophique

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le langage du mythe"  : …  *Si le mythe est avant tout une forme de discours, c'est dans le cadre des sciences sémiologiques qu'il faut d'abord le placer. Ces sciences, dont la linguistique est le fer de lance, fournissent en effet toutes les sciences humaines en modèles d'une grande efficacité. Mais il y a deux manières de situer le mythe dans le prolongement de la… Lire la suite
NÉO-POSITIVISME ou POSITIVISME LOGIQUE

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

…  le sens à la lumière de l'actuelle pratique scientifique. Ils s'occupent enfin d'expliciter la* fonction logique du langage, considéré comme source de tout l'aspect formel de nos connaissances. Si la critique de toute métaphysique qui voudrait se faire passer pour science justifie le nom de positivisme donné à cette attitude, il serait inexact… Lire la suite
NOM

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

Dans le chapitre "Le sens, la référence et le nom propre"  : …  *Logiciens et anthropologues ont diversement traité la question du nom propre dans son rapport au sens et à la référence, les linguistes s'en trouvant détournés par la clôture saussurienne sur la relation, immanente au signe lui-même, du signifiant au signifié. Le nom propre des logiciens ne coïncide sans doute que partiellement avec le nom propre… Lire la suite
NOMINALISME

Écrit par :  Paul VIGNAUX

Dans le chapitre "Le nominalisme des empiristes modernes"  : …  , Paderborn, 1958) a qualifié de «  conceptualisme réaliste » (« réaliste » au sens moderne), *le concept, assimilé à un terme mais mental, y est un élément d'un langage plus profond et plus commun que les diverses langues historiques ; sa véracité de signe naturel est garantie par la croyance en un ordre de la nature issu du Créateur. Au lieu… Lire la suite
OBJET

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Dans le chapitre "Les objets, le langage et la pensée"  : …  élaboré. Comment se manifeste pour ainsi dire grammaticalement le statut d'objet, en particulier* dans la langue ordinaire, ainsi que dans les symbolismes formulaires créés par les logiciens ? Frege propose à cet égard une distinction devenue classique entre objet (Gegenstand) et concept (Begriff), qui nous semble procéder à la… Lire la suite
ONTOLOGIE

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Langage et ontologie"  : …  semble bien un caractère que le discours scientifique a en partage avec d'autres discours. Il est alors raisonnable d'explorer l'hypothèse selon laquelle la position d'être serait un postulat qui appartiendrait au* discours en tant que tel. C'est cette hypothèse qui conduit à interroger le langage lui-même quant à ses implications ontologiques… Lire la suite
ORGANON, Aristote

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Une science du penser"  : …  *Le premier des six traités de l'Organon : les Catégories (Katègoriai) se présente comme une analyse du langage (ordonner en classes tout ce qui peut être prédiqué d'un sujet), mais aussi, par voie de conséquence, comme une investigation des sens de l'être (la substance, ousia, et ses attributs). De l'Lire la suite
PARADOXE

Écrit par :  Yannis DELMAS-RIGOUTSOS

Dans le chapitre "Paralogies"  : …  depuis le xxe siècle, parce qu'ils furent au cœur des interrogations des* philosophes du langage. En effet, l'erreur de raisonnement, facile à déceler, est souvent difficile à caractériser et à cerner précisément. Celle-ci provient le plus souvent d'une procédure logique usuellement vraie mais fausse dans le cas d'espèce… Lire la suite
PARAIN BRICE (1897-1971)

Écrit par :  Gilles QUINSAT

… *À l'origine de l'œuvre de Brice Parain se trouve moins une intuition qu'une déception. Très tôt, Parain découvre la profonde duplicité du langage : il est notre fatalité puisqu'il nous permet de communiquer. Mais il ne nous unit qu'en nous trahissant : il nous donne l'illusion que c'est nous qui parlons, alors que nous ne livrons au monde que notre… Lire la suite
PATAÑJALI LE GRAMMAIRIEN (~IIe s.?)

Écrit par :  Pierre-Sylvain FILLIOZAT

Dans le chapitre "Le contenu du « Mahābhāṣya »"  : …  L'introduction, appelée « Paspaśā », est un morceau célèbre.* Elle définit le sujet de la grammaire, à savoir les mots du veda et de l'usage courant, définit la notion de parole, sons qui procurent la connaissance d'objets, la forme sonore étant ce dont traite directement la grammaire. Elle expose les buts de la grammaire : conservation des… Lire la suite
PENSÉE

Écrit par :  Pascal ENGEL

…  avoir une telle structure rationnelle qu'on est en mesure de lui attribuer ces « raisons » d'agir. *On peut se demander si ces caractéristiques des pensées comme contenus d'attitudes propositionnelles – leur intentionnalité, leur caractère structuré et systématique – ne sont pas intrinsèquement celles de contenus et de significations linguistiques… Lire la suite
PERELMAN CHAÏM (1912-1984)

Écrit par :  Michel MEYER

… logique est la mise en relation codifiée de termes et de propositions univoques. Elle présuppose un *langage idéal, où, tel un échiquier, chaque élément a sa place fixée d'avance avec des règles préétablies et conventionnelles d'usage. Il ne faut pas être un grand spécialiste du langage pour se rendre compte que l'usage réel du discours est d'une… Lire la suite
PHILOSOPHIE

Écrit par :  Jacques BILLARDJean LEFRANCJean-Jacques WUNENBURGER

Dans le chapitre "Réduction linguistique"  : …  *La sophistique n'était pas seulement caractérisée par ce que nous appellerions un relativisme culturel, mais aussi et peut-être principalement par une philosophie du langage. Le succès des plus célèbres sophistes semble avoir reposé sur leur virtuosité dans les jeux rhétoriques interchangeables ; mais, au-delà de la recherche d'un profit immédiat,… Lire la suite
PHILOSOPHIE ANALYTIQUE

Écrit par :  Francis JACQUESDenis ZASLAWSKY

Dans le chapitre "La philosophie du langage"  : …  *Un autre secteur de la philosophie analytique qui, depuis la fin des années 1970, attire plus spécialement l'attention des philosophes de langue française est celui que l'on a appelé, à la suite des travaux de J. R. Searle, la « philosophie du langage ». Cette dénomination n'est peut-être pas très heureuse ; on peut craindre, en particulier, une… Lire la suite
PLATON (~428 env.-env. ~347)

Écrit par :  Monique DIXSAUT

Dans le chapitre "Penser et parler"  : …  la pensée passe tout entière dans son énoncé ; la dialectique exige un excédent de la pensée sur le *langage, et cela d'autant plus que tout langage doit tenir compte de la particularité d'une langue. Cratyle envisage ce qu'implique cette nécessité de fait. Les mots ne sont ni les doubles naturels des choses − il n'y aurait que des choses… Lire la suite
PORT-ROYAL GRAMMAIRE DE

Écrit par :  Michel BRAUDEAU

… * De 1644 à 1660, Claude Lancelot, professeur aux Petites Écoles de Port-Royal des Champs rédige une série de grammaires (latine, grecque, italienne, espagnole) qui instaurent une importante réforme dans l'enseignement des langues et entraîneront un grand bouleversement épistémologique. Jusqu'alors les manuels d'enseignement des langues énonçaient… Lire la suite
PRAGMATIQUE

Écrit par :  Francis JACQUES

Dans le chapitre "La leçon philosophique"  : …  *L'approche pragmatique intéresse le philosophe à plusieurs titres ; tout d'abord, dans la mesure où sa genèse est complexe et où son programme requiert des interprétations multiples ; ensuite, du fait qu'elle requiert des arbitrages interdisciplinaires entre linguistes, logiciens, sémioticiens, socio-linguistes et spécialistes de la communication… Lire la suite
PUTNAM HILARY (1926- )

Écrit par :  Christiane CHAUVIRÉ

…  contre les partisans quelque peu solipsistes d'un contenu mental isolable du contexte et du monde. *Le souci qu'il a du facteur social apparaît aussi dans son idée de division sociale du travail linguistique et des stéréotypes langagiers, ainsi que dans sa théorie causale de la référence. Cette théorie nous prémunit contre le scepticisme de Quine… Lire la suite
RAMUS PIERRE DE LA RAMÉE dit (1515-1572)

Écrit par :  Jean-Claude MARGOLIN

… *Humaniste français qui entreprit dans la science du temps de la Réforme une critique analogue à celle de Luther et de Calvin dans l'ordre religieux. Né à Cuth, dans le Vermandois, Ramus appartient à une famille très modeste ; son père est laboureur et son grand-père charbonnier. À huit ans, il fait seul à pied le voyage de Paris ; il y revient à… Lire la suite
RATIONALISME

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Dans le chapitre "Quelques variantes historiques du rationalisme"  : …  une apparence, doit, pour être représentation, s'exprimer sous la forme linguistique d'un énoncé. *Platon, Aristote, les stoïciens analysent de façons différentes cette mise en forme dans un langage : liaison entre le nom d'un substrat et le nom d'une propriété, chez l'un, affirmation ou négation d'un fait existant chez les autres. Mais, dans tous… Lire la suite
RENAISSANCE

Écrit par :  Eugenio BATTISTIJacques CHOMARATJean-Claude MARGOLINJean MEYER

Dans le chapitre "Un langage de l'homme qui dit son humanité"  : …  pierres, les herbes et les animaux auraient définitivement cessé de nous « dire » quelque chose. *Cette importance des faits de langage à l'époque de la Renaissance commence à être reconnue non plus seulement par les philologues et les historiens des langues, mais aussi par les philosophes, les historiens des idées et les historiens des sciences… Lire la suite
RICŒUR PAUL (1913-2005)

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "Du texte à l'action"  : …  *Ricœur plaide vigoureusement pour une conception du langage qui rende justice à sa visée référentielle. L'analyse des énoncés métaphoriques montre que c'est le langage le moins directement référentiel qui dit le mieux le secret des choses. La métaphore vive rend possible un « voir-comme » qui trouve son prolongement ontologique dans « l'être-comme… Lire la suite
ROGER BACON (1212/1220-1292)

Écrit par :  Alain de LIBERA

Dans le chapitre "L'apport principal de Roger Bacon : sa logique et sa philosophie du langage"  : …  *De toutes les faiblesses de la société chrétienne, c'est, cependant, l'incapacité des jeunes théologiens mendiants à fonder l'exégèse sur une connaissance approfondie des langues qui répugne le plus à Bacon. Il n'a jamais assez de mots pour stigmatiser la « bêtise » et la « frivolité » de ses contemporains en matière de linguistique et de logique.… Lire la suite
RORTY RICHARD (1931-2007)

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "De la philosophie analytique au pragmatisme"  : …  vers le pragmatisme, cet épisode de sa vie et de sa pensée se caractérise par un intérêt pour le* langage dont The Linguistic Turn (1967) fournit une excellente illustration, et qui ne se démentira pas dans la mesure où les problèmes philosophiques, autant que ceux qui touchent à ce que Wittgenstein appelait une « forme de vie »,… Lire la suite
RUSSELL BERTRAND lord (1872-1970)

Écrit par :  Philippe DEVAUX

Dans le chapitre "L'épistémologie logicisée"  : …  langage naturel et celle du langage au moyen duquel la science s'exprime et se communique. Dans sa *philosophie du langage, Russell s'est préoccupé de la signification et du sens, ainsi que de leurs rapports à l'administration de la vérité. Il situe le non-sens et le négatif. Tout en suivant la grammaticalité depuis le mot jusqu'aux syntagmes et l'… Lire la suite
SCIENCES - Science et philosophie

Écrit par :  Alain BOUTOT

Dans le chapitre "Le cercle de Vienne"  : …  les membres du cercle de Vienne conçoivent la philosophie comme une entreprise de clarification du *langage : « Clarifier des problèmes et des énoncés, et non poser des énoncés proprement philosophiques, constitue la tâche du travail philosophique. La méthode de cette clarification est celle de l'analyse logique » (Manifeste du cercle de VienneLire la suite
SÉMIOLOGIE

Écrit par :  Julia KRISTEVA

Dans le chapitre "Le réseau sémiotique de Leibniz"  : …  l'entendement humain : la difficulté du système propre au langage. Aussi, à côté de Leibniz,* Locke consacrera-t-il ses Essais sur l'entendement humain avant tout à l'étude de la semiosis spécifique du langage humain, de sorte qu'après lui les sémioticiens du xviiie siècle s'attaqueront concrètement au matériau… Lire la suite
SHOAH LITTÉRATURE DE LA

Écrit par :  Rachel ERTEL

Dans le chapitre "L'impensable objet de pensée : l'essai et l'impresceptible"  : …  (Pierre Fédida, 1978), ou Ce Temps qui ne passe pas (J. B. Pontalis, 1997). *Une phénoménologie du dire s'est ainsi élaborée, qui tente de cerner la pensée de l'impensable, qui essaie de comprendre ce que signifie dire « le rien qui reste » (Blanchot, Agamben). Car le néant n'existe que dans et par la parole. Dès les premiers… Lire la suite
SIGNE ET SENS

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Histoire du problème"  : …  problème du signe et du sens a plutôt enseigné à ne pas relier les deux sphères de la pensée et du *langage et même à les séparer. Dans le Cratyle, Platon s'interroge longuement sur la « justesse » des mots ; il renvoie dos à dos les deux protagonistes dont l'un veut que les mots naissent de la « convention » et l'autre qu'ils tiennent… Lire la suite
SOPHISME

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Transcription du grec sophisma, désigne l'artifice de langage dont usait le sophiste de l'Antiquité, le raisonnement trompeur ou embarrassant pour l'interlocuteur, l'argumentation fallacieuse, voire la faute de raisonnement. Primitivement, c'est le tour d'adresse ingénieux, la prestidigitation habile dans l'ordre du langage : on n'y voit… Lire la suite
STEINER GEORGE (1929- )

Écrit par :  Jean-Jacques LECERCLE

Dans le chapitre "Le langage"  : …  Et c'est cette préoccupation pour le langage qui lui permet de jeter un pont entre ces deux univers *philosophiques que tout sépare : la philosophie analytique anglo-saxonne, et les diverses théories « continentales ». De ce côté-ci de la Manche, on trouvera chez Steiner un intérêt philosophique pour la poésie — si l'on s'intéresse au langage, c'est… Lire la suite
STILPON (~IVe s.)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Chef de l'école philosophique de Mégare vers ~ 330, Stilpon donne à celle-ci, par son habileté dialectique et la puissance de sa personnalité, un rayonnement considérable : il a notamment pour disciple Zénon de Cittium, le futur fondateur du stoïcisme, dont la dialectique reprendra souvent la problématique de l'école de Mégare (voir : P. M. Schuhl… Lire la suite
STOÏCISME

Écrit par :  Jacques BRUNSCHWIGUrs EGLI

Dans le chapitre "La logique comme théorie du langage"  : …  *La logique des stoïciens comporte deux parties : la dialectique, qu'on peut traduire par théorie du langage, et la rhétorique. Cette théorie du langage contient une logique au sens moderne. Trois choses y sont étroitement liées : le signifiant, le signifié ou sémantème (lekton), et le corrélat de ceux-ci dans la réalité. Dans la théorie… Lire la suite
STRAWSON PETER FREDERICK (1919-2006)

Écrit par :  Francis JACQUES

*Né en 1919, fellow de l'université d'Oxford où il fit ses études (St. John's College), Peter Frederick Strawson est l'un des auteurs dominants de la philosophie dite du langage ordinaire, qui procède, pour ses prémisses, du second Wittgenstein, pour sa méthode scrupuleuse, de Moore, et, pour son… Lire la suite
SYMBOLIQUE

Écrit par :  Angèle KREMER-MARIETTI

Dans le chapitre "Élaboration du symbolique"  : …  « La Raison avant Freud », in Scilicet). En effet, avec le parti pris de ne traiter *langage, mythe, art et connaissance que « dans la mouvance des opérations du je », Cassirer emprunte à son linguiste de référence le sens du terme « forme ». En fait, dans son ouvrage De l'origine des formes grammaticales et de leur influence surLire la suite
SYSTÈME, épistémologie

Écrit par :  Jean LADRIÈRE

Dans le chapitre "Le système comme forme de discours"  : …  un discours de type théorique se présente comme une suite de propositions formulées dans un *langage qui peut être entièrement artificiel (c'est-à-dire construit selon des règles précises, adoptées à l'avance) ou consister en une extension du langage naturel (obtenue en ajoutant à celui-ci des termes nouveaux, définis dans le contexte de la… Lire la suite
TEMPS

Écrit par :  Hervé BARREAUOlivier COSTA DE BEAUREGARD

Dans le chapitre "Genèse anthropologique"  : …  très importante dans le temps de l'action, chez l'adulte. Le deuxième instituteur de l'homme est le *langage. L'acquisition de celui-ci est liée aux rapports intersubjectifs de l'enfant, notamment aux relations qu'il entretient dès sa naissance avec sa mère ou son substitut. Grâce au langage, les données mémorielles de l'enfant parviennent à s'… Lire la suite
THÉOLOGIE

Écrit par :  Henry DUMÉRYClaude GEFFRÉJacques POULAIN

Dans le chapitre "Analyse du langage théologique"  : …  *Le langage théologique se présente comme l'ensemble des signes organisables en un ensemble de propositions descriptives qui ne peuvent être comprises qu'en fonction d'un terme clef : « Dieu ». Ce terme spécifie à lui seul un ensemble propositionnel plus vaste : le langage religieux, dont il détermine le sens soit en étant un élément explicite d'au… Lire la suite
THÉOLOGIE NÉGATIVE

Écrit par :  Pierre HADOT

Dans le chapitre "Apophatisme, langage et mystique"  : …  *Nous retrouvons dans le Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein des problèmes analogues à ceux que Damascius avait posés. Mais l'opposition n'est plus cette fois entre le tout et le principe, mais entre le langage ou le monde et son sens : « La proposition est capable de représenter la réalité, écrit-il, mais elle n'est pas capable… Lire la suite
TRACTATUS LOGICO-PHILOSOPHICUS, livre de Ludwig Wittgenstein

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "Le problème de la logique"  : …  qui en décline la composition sur le mode de l’explicitation des propositions principales. *La proposition et la conception du sens qui lui est liée en constituent le centre. Une proposition est un énoncé doué de sens, c’est-à-dire susceptible d’être vrai ou faux. Selon la doctrine du Tractatus, ce qui fait d’un énoncé qu’il est… Lire la suite
VÉRITÉ

Écrit par :  Robert BLANCHÉAntonia SOULEZ

Dans le chapitre " Logique"  : …  Vérité » *ainsi que son antonyme « fausseté » sont des adjectifs substantivés. Ces adjectifs, « vrai » et « faux », ne peuvent être employés proprement que comme prédicats. Quels sont les sujets possibles pour de tels prédicats ? Ils ne peuvent être attribués, en toute rigueur, à des choses, mais seulement à ce que nous pouvons dire ou penser sur… Lire la suite
VOLONTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le noyau phénoménologique"  : …  de l'attitude naturelle. Est-ce à dire que, n'étant pas des causes, les motifs sont des raisons ? *On serait enclin à le croire, comme le font tant d'analystes du langage de l'action, si l'on consultait seulement le langage ; en effet, les motifs trouvent dans le langage une expression privilégiée, lorsqu'ils prennent la forme canonique d'un… Lire la suite
VYGOTSKI LEV SEMENOVITCH (1896-1934)

Écrit par :  Jean-François RICHARD

… *Professeur à l'institut de psychologie de l'université de Moscou, L. S. Vygotski s'est consacré à l'étude du développement des fonctions mentales supérieures. Du fait de la brièveté de sa carrière scientifique et du retard avec lequel son œuvre fut connue en dehors de l'Union soviétique (son ouvrage principal fut traduit seulement en 1956 sous le… Lire la suite
WITTGENSTEIN LUDWIG (1889-1951)

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTIGilles Gaston GRANGER

). Il y expose, en soixante-quinze pages d'aphorismes, que le seul usage correct du *langage est d'exprimer les faits du monde, que les règles a priori de ce langage constituent la logique (telle que l'ont conçue Frege et Russell), que le sens éthique et esthétique du monde relève de l'indicible et que la philosophie, dans son effort pour… Lire la suite

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