Giorgio Agamben, né à Rome en 1942, est très certainement l'une des figures les plus originales de la philosophie italienne de la seconde moitié du xxe siècle. Après des études de droit et une thèse de philosophie juridique sur Simone Weil, il fait la rencontre dans les années 1960, à Rome, de Pasolini, d'Elsa Morante, de Moravia qui contribuent à affiner ses goûts pour la littérature. De 1966 à 1968, il est l'un des rares privilégiés à participer aux séminaires organisés autour de Heidegger, avec René Char et Jean Beaufret, au Thor. Deux autres rencontres furent décisives pour sa pensée, celle de José Bergamín et celle des écrits de Walter Benjamin dont il découvrit à la Bibliothèque nationale, à Paris, des manuscrits qu'il a contribué à éditer alors qu'il préparait l'édition italienne des œuvres complètes de l'écrivain et philosophe. Cette formation et ces rencontres, sa passion pour la philologie et les études érudites, ses intérêts pour la linguistique (avant tout celle de Benveniste) ou la psychanalyse (la théorie lacanienne) contribuent à définir l'originalité d'une pensée et d'une écriture tournées vers la question du langage : « Dans mes livres publi […]
